Sur la route de l’encre de chine… Un Maître de la calligraphie nous offre sa performance sur l’asphalte de la Place de l’Hôtel de Ville

artiste Le coup d’envoi de l’exposition l’Art & l’âme, un voyage au centre des œuvres inédites de l’artiste coréenne Yi Myung Rim, installée à pontoise depuis 16 ans, s’est déroulé le samedi 5 juillet avec la participation exceptionnelle du Maître coréen Park Jong – Hoi. L’artiste âgé de soixante dix ans aidé de deux assistants a déroulé le papier de soie sur la chaussée de la place de l’Hôtel de Ville et, pendant plus de deux heures, les pinceaux ont calligraphié, structuré les contours d’une vigne, d’un cerisier en fleurs ou encore la légèreté d’un chrysanthème et des pousses de bambous.

copyright : Zen@Com conseil / Laurent Lebaillif

L’art performance propose l’expérience unique de partage d’un temps, d’un espace, d’une action. Expression éphémère, la performance n’a lieu qu’une fois et pour un public déterminé. Le spectateur a assisté alors à un événement non reproductible – en tout cas tel quel. Dans son communiqué de 1966 sur « Comment faire un happening » , Allan Kaprow (1927-2006) relevait déjà la non-reproductibilité au nombre des règles à respecter : « N’exécutez le happening qu’une seule fois. Le réitérer c’est l’éventrer, ça ressemble à du théâtre et ça provoque la même chose que la répétition : ça oblige à penser qu’il pourrait y avoir amélioration. Parfois, ce serait de toute façon presque impossible à répéter – imaginez-vous faire des copies de vos vieilles lettres d’amour pour voir la pluie délaver vos tendres pensées. Alors pourquoi s’en soucier ? ». Autre exigence du genre : obtenir du temps réel. Bien que les actions puissent être simplement suggérées, on verra plus souvent les artistes aller au bout de ce qu’ils ont entrepris (sans accélérer ni ralentir les actions pour les rendre plus expressives qu’elles ne le sont naturellement), quitte à laisser s’installer une inévitable durée. Rien ne sert de faire les choses à moitié ; il faut laisser l’expérience parvenir à maturation. Voilà pourquoi certaines performances s’étalent sur plusieurs heures, plusieurs jours (voire davantage).

Encres-de-chine-II-et-acrylL’oeuvre qui résulte de cette performance est visible par transparence sur le plancher de verre dans la chapelle de l’espace Gingko’Art jusqu’au 20 septembre.

copyright : Zen@Com conseil / Laurent LebaillifLa démarche qui caractérise Yi Myung Rim, devenue Maître de l’abstraction, consiste à proposer, purement et simplement, une "image abstraite". 
L’oxymore que constitue cette expression, une image étant traditionnellement définie comme une réplique de la réalité, indique la nouveauté de l’entreprise. Les peintures abstraites sont des images autonomes qui ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Dans ce sens, elles s’apparentent aux icônes de la religion orthodoxe qui manifestent la présence d’un contenu plutôt qu’elles ne le représentent, mais, à la différence de ces images religieuses, les peintures abstraites rompent avec le monde des apparences. Elles révèlent l’existence de réalités jusqu’alors invisibles et inconnues, que chaque artiste détermine à sa façon, selon ses propres convictions, son parcours et sa culture, de l’art populaire aux théories les plus spéculatives.

Exposition, Yi Myung Rim, « L’Art & l’Âme »,
jusqu’au 20 septembre 2014

Espace Gingko’Art de Pontoise
2, Place de l’Hôtel de Ville 95300 Pontoise
Ouvertures : du mardi au samedi, de 15h30 à 19 heures et sur rendez-vous.

Contacts:
01 34 43 55 13  et 06 10 20 05 56
gingko-art@orange.fr
gingko art.wordpress.com

 

Nouvelle exposition à l’Espace culturel Gingko’Art de Pontoise: Yi Myung Rim, « L’Art & l’Âme »

Yi Myung Rim, « L’Art & l’Âme »
이명림 : “예술과 영혼”

Les dernières créations de l’artiste coréenne seront présentées aux cimaises de l’espace culturel jusqu’au vingt septembre. Cette nouvelle exposition s’inscrit dans le cadre des festivités organisées autour de la commémoration des relations Franco-Coréennes; cent trente ans d’échanges culturels entre Paris et Séoul.

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La population coréenne en France est estimée à 13.000 personnes :

 il s’agit d’abord d’étudiants (ou d’anciens étudiants ayant choisi de rester en France, souvent suite à des mariages mixtes franco-coréens), notamment en français, en philosophie et dans les disciplines artistiques (beaux-arts, architecture, musique, danse et, plus largement, arts du spectacle) ;

lorsque les militaires étaient au pouvoir en Corée du Sud (de 1961 à 1993), des Coréens ont également choisi de s’installer en France : certains appartenaient à des mouvements d’opposition réprimés ; d’autres, issus des milieux artistiques, ont ouvert la voie aux nombreux étudiants coréens qui viennent aujourd’hui en France pour acquérir ou compléter une formation en art ;

les cadres d’entreprises coréennes en France sont, enfin, devenus de plus en plus nombreux, au fur et à mesure que le développement économique de la Corée du Sud a porté ce pays à son rang actuel de dixième puissance économique mondiale.

La démarche qui caractérise Yi Myung Rim, devenue Maître de l’abstraction, consiste à proposer, purement et simplement, une "image abstraite". L’oxymore que constitue cette expression, une image étant traditionnellement définie comme une réplique de la réalité, indique la nouveauté de l’entreprise. Les peintures abstraites sont des images autonomes qui ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Dans ce sens, elles s’apparentent aux icônes de la religion orthodoxe qui manifestent la présence d’un contenu plutôt qu’elles ne le représentent, mais, à la différence de ces images religieuses, les peintures abstraites rompent avec le monde des apparences. Elles révèlent l’existence de réalités jusqu’alors invisibles et inconnues, que chaque artiste détermine à sa façon, selon ses propres convictions, son parcours et sa culture, de l’art populaire aux théories les plus spéculatives.

L’espace et l’art de la lumière.

La forme vaincue par la lumière : L’antagonisme, le duel du jour et de la nuit. Pour exister, la clarté lutte contre l’ombre. Car, Paul Valery l’a dit :

« Mais rendre la lumière
 Suppose d’ombre une morne moitié ».

On ne peut aborder la lumière sans voir surgir immédiatement son double néfaste qui cherche à l’entamer, à la détruire, à l’anéantir. L’agression d’ailleurs est réciproque.Cette alternance de la lumière, qui fait exister les choses, et des ténèbres, qui les replongent dans un apparent néant, cohabitent avec et grâce à la symbolique instinctive que l’artiste traduit avec une imagination, une concentration extrême.Une lumière associée au vide lumineux, à l’air, à l’impalpable, tandis que le noir traduit la masse opaque et dense de la matière.

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Yi Myung Rim dispose sur une table de petits récipients contenant cette précieuse substance noire, épaisse et profonde comme les abysses de la pensée et colore peu à peu la surface du papier pour juger de l’effet et de la disposition de tous les corps entre eux, des circonvolutions de la matière, et cherche sans cesse à s’inspirer de la lumière, à la recherche de l’unité de la forme et du contenu…Puis, la feuille propose les aspects de la nature et de la vie, tels qu’ils nous sont représentés par l’artiste, en accord avec nos habitudes spatiales, que notre regard soit sollicité de tourner et comprendre des volumes réduits à deux dimensions et remis en relief par une juste répartition des ombres et des clairs.

Les créations de Yi Myung Rim reflètent alors des états de conscience, ses compositions obéissent aux lois de l’équilibre et de l’harmonie, mais encore à une logique interne, organisatrice des mouvements et des attitudes.

L’Art de l’artiste coréenne Yi Myung Rim, aide l’homme à être le plus paisible, car il lui permet de réagir contre un certain processus d’aliénation spirituelle, dont les métaphysiques de la matière et de l’esprit représentent les moments extrêmes.

Céder à ce processus, c’est se précipiter dans l’une ou l’autre de ces abstractions inhumaines, fatalistes qui s’appellent existentialisme et angélisme.La vraie culture est au contraire un protocole de conscience.A mesure que l’homme, découvre, grâce au travail de l’artiste, la stérilité de son égocentrisme, il enrichit des facultés, et, en tirant des énergies nouvelles de cette encre de chine appliquée et captivante, qu’elle contribue à notre développement spirituel et moral.

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Ce que je connais des travaux de Yi Myung Rim quand elle était encore à l’École des Beaux-arts de Versailles, une artiste adolescente qui s’efforçait d’être une « grande personne », comme Matisse, comme Picasso. La brusque plongée dans le monde étranger à sa Corée natale, la boulimie de musées, de galeries, de rencontres, de lectures notamment Rimbaud, de voyages en particulier l’Italie et la culture occidentale, la découverte des maîtres anciens, puis le peintre Giogio Morandi, l’esprit se questionne, et rajeunit l’oeil de Yi Myung Rim. Puis, c’est à cette époque qu’elle reçoit l’inattendu, l’œuvre de Paul Klee qui jusque là était seulement entrevue ; Klee va devenir un médiateur, un recours merveilleux contre deux périls qui menacent alors la jeune artiste : rester un peintre enraciné à l’excès dans l’admirable passé de son peuple, ou se trouver agressivement détachée de celui-ci, européanisée, et peut-être par la même dénaturée.

L’intelligence, l’intuition et la chance de Yi Myung Rim vont la préserver de ces deux écueils. La rencontre des œuvres de Klee lui fait découvrir un maître européen dont l’enseignement et l’exemple ne l’arracheront pas brutalement à l’esprit de sa culture originelle. Klee n’a jamais été, vers l’Orient, plus loin que Kairouan. Il n’a pas subi d’influence précise de la part des paysagistes ou des calligraphes chinois.

Mais il aborde la peinture avec une attitude intérieure analogue à celle des grands maîtres d’Extrême-Orient, et très précisément de ceux qui furent profondément imprégnés de bouddhisme, ou de la philosophie morale du Tao.

« Avant de faire le tour du monde, proposait Diderot, si nous faisions le tour de nous-mêmes ».

Yi Myung Rim a évolué comme Kandinsky et Klee et ne songe qu’au vrai, à détacher la subjectivité du peintre et de la réalité objective, à opposer le monde du dehors à l’univers intérieur. Il ne s’agit pas pour l’artiste coréenne de s’abstraire non plus que de se retraire. Il s’agit de se retrouver, que l’eau calme du lac et le calme miroir du ciel s’accordent aux sources de l’âme et au miroir de l’esprit, et qu’on ne puisse plus discerner si le paysage intérieur est un reflet du paysage extérieur – ou le contraire.

Comme certains dinosaures de la peinture, Yi Myung Rim a reçu une première révélation dès l’âge de six ans, à la lecture du « Petit Prince », de Saint Exupéry et plus précisément à la découverte de ses illustrations – le trait et la couleur employée ne cesseront de conditionner

C’est à l’âge de13 ans, que la jeune adolescente découvre les écrits du philosophe chinois Zhuangzi et son ouvrage, « le rêve du papillon ».

L’auteur, apprécié par celle qui venait de découvrir les métaphores de l’écrivain avait permis de révéler une sensibilité naturelle, elle avait alors pris conscience du silence dans lequel était muré ce qu’il y avait de plus précieux, de plus unique et inexploré en chacun. L’expression du vide comme un état primordial et nécessaire à toute création objective, le vide par quoi tout commence et tout s’achève ; un principe que l’artiste préconise dans la construction métaphysiques de ses créations.Des conceptions originales définies par le temps, l’espace, les variations chromatiques de la lumière ainsi qu’une observation rigoureuse de la nature. Se confondre dans l’essence même des protocoles d’évolution que seuls les mouvements perpétuels imposés par « Dame Nature », préfaces à l’interprétation du trait et des gestes des pinceaux de soie qui déposent le précieux produit noir ; l’encre de Chine…

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« Un jour, le philosophe Zhuangzi s’endormit dans un jardin fleuri, et fit un rêve. Il rêva qu’il était un très beau papillon. Le papillon vola çà et là jusqu’à l’épuisement ;  puis, il s’endormit à son tour. Le papillon fit un rêve aussi. Il rêva qu’il était Zhuangzi. À cet instant, Zhuangzi se réveilla. Il ne savait point s’il était, maintenant,
 le véritable Zhuangzi ou bien le Zhuangzi du rêve du papillon.

Il ne savait pas non plus si c’était lui qui avait rêvé du papillon, ou le papillon qui avait rêvé de lui».

La période Parisienne.

L’année 1992 représente les années dites urbaines, l’artiste installée dans un ancien hangar de la S.N.C.F, à proximité de Paris,  Yi Myung Rim déambule dans les rues à la recherche de l’objet délaissé, à la recherche du temps perdu, et de cette récupération fortuite recomposer, créer certains paysages abstraits fait de matériaux composites et défini par un ordre mental qui deviennent des vérités si profonde que dans le fragment de la nature intérieur qu’ils contiennent on puisse lire toute la vaste continuité de la terre et du ciel. Certains de ses morceaux de vies caressés d’ombres portées qui varient selon que l’artiste décide d’une finalité, de donner un sens qui se pose sur l’élément eau, sur une herbe imaginaire côtoyant la proximité d’un vieux tesson ou encore d’un élément de vannerie, radiographies, aussi un martinet usagé, une sonnette, une petite échelle, du sel, des graines non germées, une boîte aux lettres, des bobines de films cinématographiques, de grandes clefs anciennes et rouillées, et même un nid d’abeilles, des branches, en fait, tout un univers à la Prévert ! Ainsi, la création fait montre de curiosité de ce qui dans la nature imposée par le paysage urbain n’est que flux passager, attitude inconnue dans la peinture européenne de ces temps.

L’art de Yi Myung Rim à cette époque n’est pas un sépulcre fastueux perdu dans le rêve immuable d’une éternité solitaire ; l’artiste épanouie appartient à la procession de la vie, s’adapte constamment aux surprises découvertes qui l’assaillent, explorant ainsi des sanctuaires de réalité inconnus révélé par la société de consommation ; et tout au long de ses pèlerinages urbains elle construit une œuvre, compose des symphonies picturales réalisé en partie avec des éléments et matériaux de récupération…

Un futur aussi différent du passé que l’arbre est différent de la graine qui l’a vu s’épanouir…

Ces créations aperçues dans l’atelier révèlent une certaine manière de distinguer la forme du contenu. Cette distinction abstraite, qui sépare les termes et les redéfinirent après les avoir isolés sur un morceau de toile découpée comme des unités essentielles et recomposées, des parcelles de nature et de vie.

« Il ne faut peindre que ce qu’on aime ».Picasso

La peinture de Yi Myung Rim est un langage, un moyen de communiquer, un moyen de liaison entre la nature sauvage et la nature humaine : une preuve de l’existence, mais aussi de confiance dans cette existence. Si par époque de création originale l’on retranche certaines œuvres et avec elles le vœu de l’abstraction totale renonçant désespérément de croire au nirvâna pictural, il n’y a pas dans toute son œuvre accomplie, de peinture irréaliste, ni pessimiste, et c’est là une des supériorités incontestables de la peinture poétique de l’artiste; toujours présent une description du monde naturel et surnaturel, de la terre et du ciel, de la vie et de l’espace.

Bientôt, après quelques années passées en Europe, la création rêveuse de l’artiste est devenue plus profonde, une liberté plus souveraine, un champ plus vaste ou les formes et les couleurs dans un certain ordre assemblées, proposent des plaisirs plus dépouillés et séduisent par la finesse et la vigueur des accords et des tons.

Au fil du temps, l’oeuvre de Yi Myung Rim a suscité des réactions étonnamment diverses. On a salué en elle l’artiste du quotidien, on a admiré son inlassable fidélité, principalement à la nature et le sentiment de solitude qu’elle a su traduire.

Sa peinture est considérée comme indéniablement moderne, capable de transcender la pensée, le motif intérieur pour atteindre à la forme pure ; les œuvres peuvent paraître interchangeables, mais elles forment en réalité, une chaîne d’une extrême précision, qui construit un mode de penser, un mode de vie.

Le labyrinthe d’une œuvre se révèle être le mystère d’une femme.

Et ce silence, cette pudeur, ce délicat touché de l’encre de chine étirée, de quelques fragments de papiers collés, derniers témoins de la nature avant de vider les lieux…
Pour l’œil encore ouvert du spectateur, l’œuvre de Yi Myung Rim pose avec évidence le rapport qui lie son créateur au monde de la nature cachée, de la symétrie qui se donne à elle comme celui de la beauté , de l’accord parfait, de la vie, le miracle deux fois possible du même que : des yeux aux regards, des ailes de papillons aux tables de la Loi.

Encres de chine II et acryliques sur papier, coréen, 1M X 190 CM

L’artiste a étudié sans cesse tout ce qui était nécessaire à sa finalité, et ne commence jamais un tableau sans avoir bien médité sur les attitudes de ses figures qu’elle dessine toutes en particulier avec soin. Aussi nous pouvons sur ses premières pensées et sur les simples esquisses qu’elle fait, connaître que son ouvrage est conforme à ce qu’elle présage du résultat.

Yi Myung Rim dispose sur une table de petits récipients contenant cette précieuse substance noire, épaisse et profonde comme les abysses de la pensée et colore peu à peu la surface du papier pour juger de l’effet et de la disposition de tous les corps entre eux, des circonvolutions de la matière, et cherche sans cesse à s’inspirer de la lumière, à la recherche de l’unité de la forme et du contenu…Puis, la feuille propose les aspects de la nature et de la vie, tels qu’ils nous sont représentés par l’artiste, en accord avec nos habitudes spatiales, que notre regard soit sollicité de tourner et comprendre des volumes réduits à deux dimensions et remis en relief par une juste répartition des ombres et des clairs. Les créations de Yi Myung Rim reflètent alors des états de conscience, ses compositions obéissent aux lois de l’équilibre et de l’harmonie, mais encore à une logique interne, organisatrice des mouvements et des attitudes.

Quand l’artiste peint un tableau, que ce soit un songe, une plaine, un océan ou le ciel, la voie lactée ou la planète du Petit Prince, songez toujours à la présence de l’homme, à ses affinités de joie ou de souffrance avec un tel spectacle ; alors, l’artiste,
d’une voix intime vous parlera de ses origines, de ses occupations, de ses inquiétudes, de ses prédilections; l’idée entraînera dans cette galaxie l’humanité tout entière, en créant un paysage mental, vous penserez à illuminer la vie, à l’histoire du monde…

 

Exposition, Yi Myung Rim, « L’Art & l’Âme », jusqu’au 20 septembre 2014

Espace Gingko’Art de Pontoise
2, Place de l’Hôtel de Ville
95300 Pontoise

Ouverture: du mardi au samedi, de 15h30 à 19 heures et sur rendez-vous

Contacts:
01 34 43 55 13
06 10 20 05 56

E.mail :  gingko-art@orange.fr
Blog :   gingko art.wordpress.com

 

 

 

 

 

 

L’Espace Culturel Gingko’Art vous donne Rendez-vous aux Jardins

De la flore à la faune, l’esprit de la beauté et de la sagesse pour l’âge d’Airain avec l’invitée d’honneur, Isabelle Panelas-Huard...

Pour la troisième année, l’espace Culturel Gingko’Art de Pontoise ouvrira ses portes pour accueillir plus de trois cent personnes autour de son jardin Zen et présenter l’œuvre du sculpteur animalier Isabelle Panelas-Huard. Des sculptures originales revisitent un bestiaire éblouissant de réalisme et de modernité avec entre autres, le grand Hippocampe, déjà exposé au Musée de la Marine, le rhinocéros, le grand requin et le bernard l’ermite.

Isabelle Panélas Huard dite Isabelle Huard commence sa carrière artistique en 1999. Elle fréquente alors l’atelier de l’ADAC de Paris, dans la section modèle vivant. Deux ans plus tard, elle fait sa première exposition au Festival européen de la sculpture avenue Georges V à Paris.

oeuvre sculptee GF_3A ses débuts, elle sculpte des nus dans un style académique avant d’évoluer vers un style personnel. Son univers se peuple alors de personnages asiatiques et d’animaux. Elle rapporte de ses voyages des sujets à thèmes, en particulier des Mandarins et des Samouraïs.

Les animaux se font peu à peu très présents avec des hippopotames, des ours, tout en rondeur, aux formes épurées, aux surfaces lisses. Actuellement ses recherches la conduisent vers un travail en force, au couteau, de façon à accentuer la dynamique de l’animal, à donner plus de relief à ses lignes et ses caractéristiques propres.

oeuvre sculptee GF_1En fonction du message qu’elle veut véhiculer, elle imprime plus ou moins fortement son empreinte dans la terre. C’est le cas de son fameux Rhino-féroce, très travaillé.

A noter que ces animaux sont souvent traités dans un sens symbolique, avec une attention toute particulière portée à la tête, généralement plus grosse que la normale : rhinocéros et hippopotames nous apparaissent dotés d’une tête qui fait la moitié du corps alors qu’en réalité elle représente le tiers.

Isabelle Panélas Huard développe régulièrement son apprentissage dans le domaine de la ciselure, du moulage et de la patine dans la fonderie d’art Chapon.

Elle participe à de nombreuses expositions depuis 2001, en particulier le salon des Artistes Indépendants, le salon Nature et animaux à Paris, le salon international du monde de la culture et des arts à Cannes. Ses travaux ont été de nombreuses fois récompensés, en particulier son Rhino-Féroce, trois médailles d’or. En 2004, elle vient d’être sélectionnée pour le Salon National des Artistes Français.

oeuvre sculptee GF_2Elle signe ses pièces I.P.H, monogramme de son nom.

Pourquoi Dieu a-t-il fait l’homme jardinier ?
C’est parce qu’il savait qu’au jardin la moitié du travail se fait à genoux.

Rudyard Kipling

Les Rendez-Vous aux Jardins

Amoureux de la nature et des cadres bucoliques, à vos agendas ! Le samedi 31 mai et le dimanche 1er juin  de 10h à 18h aura lieu la 12ème édition des ‘‘Rendez-vous aux Jardins’’.

Jardin de l’espace Gingko’Art – 2, place de l’Hôtel de Ville
L’esprit de ce jardin terrasse de 170 m² vous rappellera les jardins monastiques d’autrefois, agrémentés cette fois-ci de plusieurs touches japonisantes. Au centre du jardin, vous pourrez découvrir une feuille de ginkgo biloba du sculpteur Xavier Boggio ainsi qu’une rétrospective du sculpteur animalier Isabelle Panelas-Huard.

Contacts:
01 34 43 55 13
06 10 20 05 56
gingko-art@orange.fr

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Signature d’un nouveau roman érotique le samedi 26 avril à partir de 19 heures

 

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Une nouvelle édition évènement à l’Espace Culturel Gingko’Art de Pontoise: La signature d’un nouveau roman érotique, le samedi 26 avril à partir de 19 heures, une collaboration entre deux talents, Miss Kat écrivain et Denis, illustrateur.
Un rendez-vous très attendu avec l’arrivée du printemps, le «Sacre» de deux virtuoses de l’écriture et du dessin pour nous présenter l’ouvrage suivant: «Les Amoureux libertins», aux Éditions I L V, dans la Collection, « La tulipe noire »…

Miss Kat vous offre aujourd’hui une scénette, écrite spécialement pour vous et qui nous raconte la rencontre de nos deux Amoureux Libertins.

- Il est parti, dit Franck, un peu surpris.
– Ce n’est pas une perte, dit Noémie en se relevant doucement du matelas, depuis lequel elle profitait d’un divin massage de la voûte plantaire.
– Il a l’air vexé.
– Sans doute, mais il n’avait qu’à savoir lécher une femme correctement, rétorque Noémie en souriant.
– Vous êtes venus ensemble, il me semble… Vous voulez sans doute aller le rejoindre ?
– Non, répond Noémie. Mais j’ai soif.
– Alors, allons boire un verre, dit Franck en souriant à son tour.
Devant leurs coupes de champagne, les deux nouveaux « amis » restent muets. Que doit-on dire à une jolie femme après lui avoir massé les pieds ?
L’amant « officiel » et éconduit passe devant leur table sans un regard, sans doute déjà à la recherche d’une autre conquête pour ne pas finir la soirée seul.
– Vous voyez bien que je ne lui manque pas ! dit Noémie.
– Et sinon… C’est votre première fois en club ? demande Franck, maladroitement.
Noémie éclate de rire :
– Arrêtez, s’il vous plait. Vous êtes charmant, mais nul en drague.
Elle lui tend la main par-dessus la table :
– Je m’appelle Noémie.
– Franck, dit-il en attrapant sa main.
Il la garde au creux de sa paume bien plus longtemps que nécessaire et finit par y déposer un baiser. La chaleur irradie dans tout le bras de Noémie et jusqu’à ses joues, qui rosissent joliment.
– Et maintenant, Franck ? demande Noémie, troublée.
– On rentre à la maison ? propose-t-il, taquin…

Illustrateur depuis plus de 30 ans, Denis est né dans le sud de la France au milieu des années soixante. Féru de belles femmes et d’aquarelle, il fait se rencontrer ses passions sur la blancheur du papier. Il a composé son style graphique au fil de ses voyages en Europe et aux Etats-Unis. Il partage avec Pratt et Hemingway un amour profond pour la Venise sensuelle et mystérieuse, peuplée de masques au clair de lune, qui fait vibrer son trait et anime son pinceau.
Sa première commande est un recueil illustré aux éditions Dominique LEROY. D’autres titres viendront, chez le même éditeur, ainsi que  des couvertures pour les éditions L’ivre book.
Parallèlement, d’autres commandes d’auteurs érotiques lui permettent d’illustrer des nouvelles, notamment pour Julie DERUSSY, Miss Kat, Gilles MILO VACERI et Florean MC.

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Les Amoureux libertins,
Texte : Miss Kat
Illustrations : Denis
Dans la Collection, « La Tulipe noire », ILV Édition.

Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis…
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L’une moitié toute embrasée
L’autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers

Frederico Garcia Lorca (1898-1936)

 

Nouvelle exposition à l’espace culturel Gingko’Art de Pontoise : un essai critique sur le dessin contemporain !

Ce qui vient des âges de la vie; née de l’homme-artiste, l’image du dessin réagit sur lui…

Chaque année à cette période, Paris devient la capitale du dessin où les plus grands collectionneurs français et étrangers ainsi que les conservateurs des musées du monde entier se retrouvent pour partager leurs connaissances. Le Palais de la Bourse devient alors le centre névralgique de ces échanges, tant marchands qu’intellectuels, où l’on peut découvrir et acquérir les plus belles pièces réservées tout au long de l’année par des galeries triées sur le volet. .« Regards sur le dessin contemporain», est une exposition qui présente un Cabinet d’art graphique composé par quatre artistes, Silvio Cadelo, Denis Verlaine, Michel Houplain et Mehran Zirak; ainsi l’espace Gingko’Art de Pontoise se place dans l’actualité avec une exposition toute en nuance.

Des actes créateurs qui s’offrent à l’artiste, le plus immédiatement lisible est le dessin; il est aussi le premier auquel l’artiste ait recours pour ébaucher la forme future de ce qu’il se borne encore à ressentir en lui.

Il est encore celui où s’inscrit le plus directement, le plus spontanément son système nerveux et musculaire. Il est un geste, même quand il se veut une pensée.

Et ce geste est solidaire, donc expressif de l’organisme, du tempérament, de la psychologie dont il devient la pointe agissante.

lascaux-1001L’histoire du dessin a des origines aussi floues et anciennes que les premières peintures rupestres de la Préhistoire. L’histoire, et donc la technique du dessin, évolue avec les supports et les outils. Les hommes préhistoriques dessinent sur des parois, sur des roches, des os, en utilisant d’une part l’incision et d’autre part les pigments colorés appliqués au moyen d’outils rudimentaires. Le dessin plus proche des conceptions actuelles apparaît avec les supports tels que le papyrus, le parchemin, puis le papier, et les outils de traçage comme le calame (roseau), la plume d’oiseau taillée. En Orient prédomine le pinceau. Les Romains utilisent les pointes de métal, ancêtres de la mine de crayon moderne sur un support préparé, enduit d’un mélange, généralement constitué de pigments, de blanc d’Espagne, de gomme arabique et de poudre d’os.

Léonard-de-VinciDès le Moyen Âge les artistes tracent les grandes lignes de ce qui sera leur œuvre avant de la commencer ou présentent leurs esquisses à d’éventuels clients. Le mot dessin est tiré de dessigner, avec l’influence de l’italien disegno signifiant représentation graphique (1444). Le terme italien signifiait à la fois la pratique, et le projet ou intention. Ce double sens a été conservé avec le mot français dessein. Ce n’est qu’au xviiie siècle, vers 1750, que le champ sémantique évolue, dessin (sans e après ss) ne signifiant plus que la mise en forme. Le sens de projet ou de conception a été conservé dans le terme anglais design, qui vient de l’italien designo et du français dessein.

RembrandtLe XVIIe siècle est une période de grands développements pour le dessin, puisque de nouvelles techniques sont élaborées par des artistes de renom, tels Poussin ou Rembrandt. Dans le monde moderne, on assiste à l’avènement de la bande dessinée et aux avancées techniques qui permettent au dessin de poursuivre son évolution.

PicassoLigne, tracé, trait, contour… Qu’est-ce que le dessin? À l’origine, dessiner signifiait tout aussi bien former le projet que tracer les contours. Dessein et dessin ont ainsi destins liés. Projet, visée, idée… Que représente le dessin pour le dessein d’un artiste? Le dessin est autant de l’ordre de la volonté, de la détermination et du désir que de celui de la trace, de la ligne et du trait. En accord avec son histoire, nous avons choisi, sans avoir la prétention de couvrir la vaste question du dessin, de traiter le dessin dans ses deux aspects originels. C’est ainsi que le dessin comme «idée» et le dessin comme «contour» délimiteront le champ de deux dossiers.

Support de la pensée, expression singulière du projet d’un artiste ou réponse collective idéologique d’une époque, quel rôle le dessin tient-il dans la production artistique d’aujourd’hui? Demeure-t-il l’outil privilégié de l’artiste qui souhaite exprimer son dessein? Pour ce premier dossier s’intéressant à la «question du dessin», nous avons privilégié une approche du dessin comme outil de conception, en ancrant la réflexion dans l’histoire de l’art, sans négliger d’aborder les questions toujours sous-jacentes de son apprentissage et de son enseignement.

Deux articles posent des repères. Nicole Floner propose une réflexion étayée historiquement sur le dessin compris comme élaboration d’un projet artistique à résonance ontologique, idéologique ou politique. Elle nous démontre comment s’opère un balancement entre dessein et dessin depuis la Renaissance jusqu’au XXème siècle. Marie Lavin analyse la naissance de l’Académie et la formation des artistes en France au XVIIe siècle; elle nous éclaire ainsi sur les origines de cette suprématie du dessin comme «probité de l’art», selon la formule consacrée par Ingres.

Jean-François Aubaret ouvre la question à un autre champ disciplinaire: le français. Il expose les liens antiques qui unissent l’écriture au dessin pour aboutir à la poésie visuelle ou concrète contemporaine.

En raison de son économie de moyen, on considère souvent à tort le dessin comme une étude préparatoire de petit format en vue d’une œuvre plus aboutie. Il est vrai que, jusqu’au milieu du XIXe siècle, le dessin précédait le travail du peintre, du sculpteur ou de l’architecte. Si le dessin moderne, tel celui de Picasso, conserve ses fonctions expérimentales, il apparaît désormais comme une finalité en soi. Combinant l’exercice d’observation et la recherche formelle capable de synthétiser à la fois le monde environnant et l’univers poétique de l’artiste, il acquiert au début du XXe siècle une valeur autonome. Cependant, jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, peu d’artistes le pratiquent ou du moins ne l’affichent.

En présentant, en 1959, à la galerie Iris Clert à Paris ses Méta-Matics – des sculptures en mouvement qui dessinent -, Jean Tinguely (1925-1991) bouscule la conception traditionnelle du dessin d’art et l’attention que l’amateur lui prête. En effet, le visiteur est ici convié non à contempler le travail d’un artiste exposant mais, comme le tract édité à cette occasion le précise, à créer lui-même "avec fougue, fureur, douceur ou élégance sa peinture en collaboration avec les Méta-Matics". Ainsi, le dessin n’est plus le fruit d’une exécution manuelle et réfléchie de l’artiste et son statut se confond à présent avec celui de la peinture. A la difficulté de définir le dessin comme une œuvre indépendante, s’ajoute l’impossibilité de le différencier des autres arts que sont la peinture et la sculpture.

En 1977, lors de son transfert au Centre Pompidou, le Musée National d’Art Moderne se dote d’une structure spécifiquement destinée à la conservation des oeuvres sur papier : le Cabinet d’art graphique. La nouveauté de cette désignation qui substitue au "des dessins" un "d’art graphique" permet d’englober à la notion traditionnelle de dessin toutes les expériences et les techniques réalisées sur papier telles que la gravure ou la photographie. Mais cette nouvelle désignation englobe-t-elle pour autant tous les aspects du dessin ? Pour y répondre, faut-il encore savoir ce que l’on entend par dessin contemporain et connaître sa place dans l’art actuel ?

Selon Françoise Viatte, ancienne conservatrice au Cabinet d’Arts Graphiques du Louvre, "c’est le papier qui fait le dessin, non la technique employée" (Le Point n°1332, 28 mars 1998). La technique usitée n’est, certes, pas un critère qui entre dans définition du dessin. Certaines peintures, par exemple, présente un aspect graphique. Jean Dubuffet (1901-1985), en montrant un intérêt pour les dessins d’enfants, retient la crudité de la couleur et la matérialité de la peinture pour offrir dans la série des Psycho-sites ou dans celle des Mires des œuvres d’un graphisme violent. De plus, si la frontière entre peinture et dessin tend à disparaître chez Dubuffet, ces travaux, bien que marouflés sur toile, ont été réalisés sur papier.

La nature du support ne peut non plus définir le dessin, sinon comment envisager autrement les peintures au brou de noix sur papier marouflé de Pierre Soulages (né en 1919)? Car, lorsque Soulages travaille sur des feuilles de papier, introduisant ainsi dans ses contrastes habituels du noir sur blanc des ocres, il donne pour titre Peintures sur papier niant ainsi toute référence possible au dessin. Il arrive aussi que le dessin se fasse installation, perdant alors son support de papier. Stéphane Lallemand (né en 1958) dessine, par exemple, sur des télécrans qu’il expose en série. Ici, la ligne délimitant la forme et la fragilité de l’œuvre (le moindre mouvement des objets efface les tracés) relèvent des caractéristiques inhérentes au dessin.

Le dessin peut enfin retrouver le monumental et le mural avec Felice Varini (né en 1952) qui situe son travail en fonction du lieu de présentation. Sur les murs de la Vieille Charité à Marseille, son 360° rouge n°2 maintient l’ambigüité entre le dessin (la ligne), la peinture (le rouge), l’architecture (le lieu), la sculpture (le dessin dans l’espace), la photographie (le constat et la mémoire du travail). Le spectateur est alors requis comme acteur pour donner sens à l’œuvre puisque, placé au centre du dispositif, il perçoit une bande rouge continue ; hors de ce point de vue, il fait éclater la cohérence de sa vision de l’œuvre en une multitude d’images.

L’histoire de l’art révèle que le dessin tient aussi bien du geste que de la pensée. Qu’il se caractérise par des taches d’encre sur papier comme chez Henri Michaux (1899-1984) ou par une ligne tracée dans l’espace comme chez Velice Varini, le dessin contemporain établit de nouveaux rapports entre le mouvement, l’espace et le temps. Evoquer le dessin serait finalement convoquer l’écriture, tant il est vrai que ces deux vocables sont liés à une étymologie grecque commune – graphein – qui signifie "écrire" et d’où sont issus "graphisme", "graphie", "graphique", et que l’un et l’autre ont cheminé de pair dans le tracé de la ligne et dans l’inscription de signes.

Silvio Cadelo

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L’artiste est né le 10 octobre 1948 à Modène, est un auteur de bande dessinée italien. Après avoir fait les beaux-arts, il intègre une troupe de théâtre expérimental. Son parcours théâtral dure quelques années au cours desquelles il officie en tant que scénographe, acteur et metteur en scène.
Il travailla également comme affichiste. À la fin des années 1970, tenté par la peinture, il se porte finalement sur la bande dessinée qu’il juge moins mercantile. Il dessine pour les revues italiennes Linus, Alter et Frigidaire. Il rencontre alors Jean Annestay qui lui ouvre des perspectives sur la France. En 1981, il publie son premier album Skeol au graphisme très inspiré de l’école Métal hurlant, notamment Moebius. On y découvre sa propension pour les créatures aux morphologies exotiques, que l’on retrouve à la même époque dans ses illustrations pour le jeu de rôle VII Legio d’International Team1 et dans Introduzione Alla Zoologia Fantastica d’Ettore Tibaldi. À l’occasion de la publication du portfolio Strappi, Annestay demande à Alejandro Jodorowsky d’en écrire la préface. Séduit, Jodorowsky lui propose de travailler ensemble, Cadelo s’installe alors à Paris pour réaliser La saga d’Alandor avec lui, mais leurs ambitions divergent sur l’orientation du récit et le courant passe mal entre les deux artistes, la série restera inachevée avec deux tomes. Néanmoins, ce travail l’aura fait connaître et aura familiarisé le public avec son style particulier empreint de symbolisme.

L’enfant

Jean-Marie Delassus l’inventeur de la « Maternologie », nous rappelle que L’enfant vient de l’absolu, de l’originaire ventre maternel et il en portera l’empreinte.

Pendant le temps de la petite enfance, l’absolu serait encore présent en lui, dans toute sa puissance.

Le vent parcourt les couloirs des arbres, fait courir les nuages, caresse la peau et les fruits avec la même douceur. Les mains de la mère qui le maintiennent stable au contact de son corps, le rassurent sur la certitude que le monde est une expansion lumineuse du ventre maternel et de son liquide où tout est dans la continuité de son propre corps.

Mais voilà que le temps s’impose, la mouche se pose sur les fruits et sur la chair, le détail inopportun s’invite. L’enfant se détourne et choisit le chardonneret. Son autonomie, son esprit d’opposition, sa volonté se manifestent dans un mouvement – la recherche d’un nouvel équilibre – qui annonce la perte de l’absolu.

Ce sentiment de plénitude, d’adhésion fusionnelle à la nature des choses et à leur mystère, Crivelli le rend visible sur le visage de la Madone – mère – déesse.

Dans le trouble qui la fait se crisper à la vue de la mouche, on peut lire, au-delà de l’annonce du tragique destin évangélique réservé à l’enfant, le maternel regret de le voir s’éloigner de l’absolu originaire qui les unit pour un temps.

La mouche ou, la mort vient du dehors

La mouche est l’insecte symptôme de la peinture, elle est son détail, son image-mouvement.

Daniel Arasse a montré que le motif de la mouche dans la peinture a acquis au fil du temps, sa propre histoire au cours de laquelle sa signification a subi de sensibles variations. L’anecdote rapportée par Vasari selon laquelle Giotto aurait trompé son maître en peignant une mouche sur son tableau, sera interprétée comme virtuosité mimétique des nouveaux moyens de la représentation artistique, puis comme idée de la peinture en tant qu’artifice. Ensuite, la mouche gagnera un statut polysémique complexe dans les tableaux à sujet religieux comme dans le cas des « mémento mori »et « l’imago pietatis » où elle évoquera les plaies de Christ. Elle symbolisera en tant qu’insecte, l’échelon le plus modeste dans la hiérarchie de valeurs de la beauté, pour prendre progressivement un poids iconographique spécifique par son pouvoir de convoquer le regard et l’attention. Jusqu’à devenir selon Daniel Arasse, la métaphore même de l’oeil du critique d’art, contraints de regarder de près la surface du tableau pour en lire les détails.

Ici, la mouche est à la fois, le point de convergence des regards des personnages à l’intérieur du tableau même, l’origine de son trouble et le générateur de son mouvement.

Crivelli lui donne, pour la première fois, le statut de personnage en l’introduisant dans la « historia ». Les dimensions de la mouche sont plus proportionnelles à la dimension du tableau qu’à celles des personnages. L’invité inopportun vient donc, du dehors du tableau et il y pénètre car rien n’est incorruptible. Elle amène avec soi, l’inquiétude de la passion triste absolue : la peur de la mort, celle-là même à laquelle la chrétienté oppose la promesse du paradis. Avec le frottement de ses pattes avant, elle vient semer le doute. On a beau le chasser, il revient comme une mouche avec son vol têtu, arbitraire, déterminé, obsessionnel. Pour la mouche, toutes les choses du monde ne sont que surfaces sur lesquelles se poser, les visages comme les fruits, les choses vivantes comme les mortes ; pour elle, il n’y a ni endroit ni envers, ni dogmes ni blasphèmes.

Elle devient le pivot du tableau, c’est par elle que le mouvement de la vierge et de l’enfant se déclenche et avec lui, le temps et ses corrélats tels que la mémoire et la conscience de la finitude de la vie. S’ouvre ainsi, « la brèche de l’altérité du réel ». À la certitude rassurante des dogmes théologiques, comme celui de la résurrection symbolisée par le chardonneret, ou celui de la virginité de la mère sur laquelle se base le dogme même de l’incarnation, fait place la multiplicité des facettes du doute.

La mouche est le symptôme de l’effondrement potentiel du tableau et de ses dogmes. C’est la tension même qu’elle y crée, tension persistante et opérante, qui fait que le tableau est image. La mouche ne peut être chassée car c’est elle qui fait que cette image rejoint la dimension du sublime.

Michel Houplain

Michel-Houplain

Les corps segmentés: fragments d’enquête sur Michel Houplain.

Le corps, l’anthropologie sont à la fois des concepts antinomiques et complémentaires qui contiennent dans leur abstraction fondamentale les notions propices à tous les glissements possibles et apparemment irrationnels.

Créateur forcené aux prises avec le dépassement du visible, entité restreignante et figeante, Michel Houplain livre quelques réflexions à l’oeil du public qui aura le privilège et la chance de se rendre dans l’oratoire du XVème siècle de l’espace culturel du Gingko’Art lieu dédié à la mise en place d’une installation récente…

L’oeuvre de Michel Houplain privilégie depuis les débuts de son activité graphique, l’homme, son enveloppe à la fois charnelle et virtuelle : le corps. Quelques témoignages très denses sont fournis par des lithographies au format raisin, sur les quelles déjà, le foisonnement vital agite les personnages qu’un obélisque turgescent, mesure du Temps, de l’Histoire, accompagne, monolithique et imposant.

Un constat d’obscurité patent: Le mur d’images.

Un ensemble de dessins constituent un mur d’images. Ils proviennent de différentes étapes du processus de création : de l’esquisse la plus approximative, presque, à des œuvres achevées, sur papier préparé, en technique mixte : crayon, rehauts de lavis, sanguine,…

La précision formelle est jugée comme utile relief d’un automatisme refoulant; l’usure du dessin, poussé alors dans la recherche d’une fin particulière, aide à inciter le spectateur à pénétrer au-delà des apparences.

Michel Houplain est né le 10 Mars 1955 à Neuilly sur Seine. Dès son enfance, il côtoie les arts et la peinture. Sa grand-mère est l’amie de musiciens et de peintres, et les tableaux font immédiatement partie de l’environnement naturel de Michel Houplain. Son oncle, Jacques Houplain, est peintre et graveur.

Son père, soucieux de son avenir, s’oppose à une orientation vers une carrière artistique. A 17 ans, Michel Houplain décide alors de quitter le domicile familial pour suivre sa vocation.

L’année mille neuf cent soixante seize il illustre, avec Carzou qui en réalise le frontispice, le « K » de Dino Buzzati, édité par J.J.J. Rigal aux Impénitents.

C’est en 1977 que le jeune homme entre à Paris VIII, dans la section Arts Plastiques et en1981 qu’il intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris. Il étudie en peinture, à l’atelier CARON; en gravure, à l’atelier COURTIN; en lithographie, à l’atelier HADAD; en sculpture, à l’atelier CARDOT, JEANCLOS. Sa première exposition, « Petits Formats », se tient à la Galerie Bernier, à Paris. 
Il a 26 ans.

ACQUISITIONS

  • Le Musée de Digne-les-Bains.
  • Le Musée d’Art Moderne de Paris.
  • Le Musée de Tokyo, Japon.
  • Le Musée de Ferrol, Espagne.
  • Collection particulière, San Diego.
  • Nombreux collectionneurs italiens.

EDITIONS

  • " L’estampe de la gravure à l’impression ", Editions Fleurus, Jörge de Sousa, 1991.
  • " La lithographie ", Editions Technorama, Jörge de Sousa, 1990.
  • " L’esprit de la révolution ", Editions Babylone, A.R.T., Paris, 1989.

Denis Verlaine

Denis-Verlaine

Illustrateur depuis plus de 30 ans, Denis est né dans le sud de la France au milieu des années soixante. Féru de belles femmes et d’aquarelle, il fait se rencontrer ses passions sur la blancheur du papier. Il a composé son style graphique au fil de ses voyages en Europe et aux Etats-Unis. Il partage avec Pratt et Hemingway un amour profond pour la Venise sensuelle et mystérieuse, peuplée de masques au clair de lune, qui fait vibrer son trait et anime son pinceau.

Sa première commande est un recueil illustré aux éditions Dominique LEROY. D’autres titres viendront, chez le même éditeur, ainsi que pour des couvertures du L’Ivre book de Lilian RONCHAUD.

Parallèlement, d’autres commandes d’auteurs érotiques lui permettent d’illustrer des nouvelles, notamment pour Julie DERUSSY, Miss Kat, Gilles MILO VACERI et Florean MC.

L’âme étant, en règle générale, étroitement liée au corps, il est possible qu’une émotion psychique en entraîne une autre, correspondante, par association. Par exemple, la couleur rouge peut provoquer une vibration de l’âme semblable à celle produite par une flamme, car le rouge est la couleur de la flamme. Le rouge chaud est excitant, cette excitation pouvant être douloureuse ou pénible, peut-être parce qu’il ressemble au sang qui coule. Ici cette couleur éveille le souvenir d’un autre agent physique qui, toujours, exerce sur l’âme une action pénible. Si c’était le cas, nous trouverions facilement par l’association une explication des autres effets physiques de la couleur, c’est-à-dire non plus seulement sur l’œil mais également sur les autres sens. On pourrait par exemple admettre que le jaune clair a un effet acide, par association avec le citron. Mais il est à peine possible d’accepter de telles explications. A propos du goût de la couleur, les exemples ne manquent pas où cette explication ne peut être retenue. Un médecin de Dresde rapporte que l’un de ses patients, qu’il caractérise comme un homme d’un « niveau intellectuel très supérieur », avait coutume de dire qu’une certaine sauce avait immanquablement le goût de « bleu », c’est-à-dire qu’il la ressentait comme la couleur bleue. (…) Ce serait une sorte d’écho ou de résonance, comme cela se produit avec les instruments de musique dont les cordes, ébranlées par le son d’un autre instrument, s’émeuvent à leur tour. Des hommes d’une telle sensibilité sont comme l’un de ces bons violons dont on a beaucoup joué et qui, au moindre contact de l’archet, vibrent de toutes leurs cordes. Si l’on admet cette explication, il ne faut pas mettre l’œil uniquement en liaison avec le goût, mais également avec tous les autres sens. Certaines couleurs peuvent avoir un aspect rugueux, épineux, d’autres, par contre, donnent une impression de lisse, de velouté, que l’on a envie de caresser (le bleu outremer foncé, le vert de chrome, le carmin). Même la différence d’impression de chaud ou de froid des tons de couleurs repose sur cette sensation. (…) Enfin l’audition des couleurs est tellement précise qu’on ne trouverait certainement personne qui tente de rendre l’impression de jaune criard sur les basses d’un piano ou compare le carmin foncé à une voix de soprano.

Vassily Kandinsky, Du spirituel dans l’art, V

Voilà donc quelle est la droite voie qu’il faut suivre dans le domaine des choses de l’amour ou sur laquelle il faut se laisser conduire par un autre: c’est, en prenant son point de départ dans les beautés d’ici-bas pour aller vers cette beauté-là, de s’élever toujours, comme au moyen d’échelons, en passant d’un seul beau corps à deux, de deux beaux corps à tous les beaux corps, et des beaux corps aux belles occupations, et des occupations vers les belles connaissances qui sont certaines, puis des belles connaissances qui sont certaines vers cette connaissance qui constitue le terme, celle qui n’est autre que la science du beau lui-même, dans le but de connaître finalement la beauté en soi.

Mehran Zirak

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De quoi donc est faite la particularité de l’œuvre de Mehran ?
Comment se révèle-t-elle ?
L’œuvre de Mehran Zirak reflète d’abord une part d’organisation lucide où trouvent à s’appliquer les convictions intellectuelles de l’artiste, l’échelle des valeurs dont est constituée sa pensée. Mehran se fait une certaine idée du monde et de lui-même, de la réalité et de son art ; fatalement, il entend y conformer son œuvre. Là est la part consciente, raisonnée, voire systématique de sa création. Là aussi est la part où il reflète le plus le milieu mental où il place ses sujets, ses motifs picturaux. Les principes que Mehran adopte ne sont plus alors, le plus souvent, que l’écho de celles qui dominent son temps, même s’il les infléchit à sa propre mesure…
Après voir suivi ses études à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Téhéran puis de Paris, Mehran Zirak a suivi une formation de typographie à Rotterdam. La peinture de Zirak s’inscrit dans la tradition réaliste et psychologique de la peinture française. Sa technique classique, – la peinture à l’huile par glacis  successifs -, implique un travail lent, soigneusement préparé par des études et le dessin. Cette dimension introspective de sa peinture lui permet d’approfondir l’étude psychologique de ses modèles. Ses travaux récents, des autoportraits et une importante suite dédiée à son père, révèlent une démarche autobiographique.
"La peinture à l’huile, définitivement, donne une profondeur matérielle permettant de saisir un au-delà des corps. Attention, magie noire, ZIRAK l’iranien est un voleur d’âme." Robert Cremieux
Mehran Zirak a obtenu le Prix du portrait Paul-Louis Weiller en 1986.

Les dessins confiés par l’artiste pour cette exposition sont issus d’une série d’études de personnes, des femmes, étendues dans un hamac. Ils participent, comme la plupart de mes sujets de prédilection, d’une recherche, qui est aussi un éloge, de la légèreté. Le partage de leur vision a pour but d’alléger la gravité, de libérer les attaches, de tendre vers l’apaisement.

La tension des fils du hamac figure le poids du modèle suspendu dans le vide, vide qui impose sa loi. C’est le travail de ce vide qui rend possibles et plausibles les poses du modèle et donne sens à l’ensemble. Comme disait mon professeur de dessin, "C’est encore le blanc qui gère le noir et pas l’inverse".

"Je ne suis pas à la merci du boucher"

« La magie s’opère grâce à une nouvelle représentation des choses, une ré-explication du monde qui place le spectateur dans un jeu de miroir, le poussant à se défaire de ses préjugés et de ses certitudes, le confrontant à lui même. Le spectateur pose ainsi nu comme pour un autoportrait.

Le partage de cette vision a pour but d’alléger la gravité des choses et de tendre vers l’apaisement en suggérant la possibilité d’un univers pictural où la mélancolie remplacerait l’insupportable.

L’amertume de cette mélancolie est diluée par la dérision du texte persan, succession de lettres isolées évoquant une frise, qui est extrait d’une expression populaire d’un registre familier dont la forme complète est : "je mange la chair de ma bite et ne suis pas à la merci du boucher".

Au delà du rire, ce proverbe dit à la fois la mise en danger et l’affirmation d’une indépendance, celles du peintre mais aussi celles qu’il suscite chez le spectateur.»

Mehran Zirak

« La première chose que j’ai faite au monde, c’est dessiner, comme tous les gosses d’ailleurs, mais beaucoup ne continuent pas »

Pablo Picasso, in Guillaume Apollinaire, "Propos de Pablo Picasso", in Correspondance Picasso / Apollinaire, Edition de Pierre Caizergues et Hélène Seckel, Paris, Gallimard / RMN, 1992

Espace Culturel Gingko’Art de Pontoise
2, Place de l’Hôtel de Ville 95300 Pontoise

« Regards sur le dessin contemporain », du 20 mars au 20 avril 2014

La galerie est ouverte du mardi au samedi de 15 heures à 19 heures et le dimanche de 16 heures à 19 heures.

Contacts:
01 34 43 55 13
06 10 20 05 56
gingko-art@orange.fr
gingko art.wordpress.com

Actualités:
Du mercredi 26 mars au lundi 31 mars 2014 au Palais Brongniart – PARIS:
23ème édition du Salon du dessin
Présidé par Louis de Bayser, Le Salon du dessin est une manifestation unique de renommée internationale, devenue référence dans le monde du dessin de collection.
Collectionneurs, experts, conservateurs, chercheurs ou amateurs venus du monde entier participent à cet événement qui occupe une place majeure dans le paysage du marché de l’art. Le Salon du dessin accueille cette année 39 galeries, spécialisées dans les dessins anciens, modernes ou contemporains et figurant parmi les plus prestigieuses de la profession. Ce sont plus de 1000 dessins qui seront alors regroupés dans le cadre historique du Palais Brongniart, pour votre plus grand plaisir.