Griots du Mali, les chasseurs de l’invisible

Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger, photographes

Un Griot ou Jeli est, en Afrique de l’Ouest, un conteur, un chanteur de louanges, un poète et un musicien. Le Griot est un référentiel de la tradition orale. Comme tels, ils sont parfois appelés bardes. Selon Paul Oliver dans son livre Syncopators Savannah,  « Bien que le griot se doit de connaître de nombreux chants traditionnels sans erreur, il doit aussi avoir la capacité à improviser sur les évènements actuels, les incidents de chances et de la scène de passage. Son esprit peut être dévastateur et sa connaissance de l’histoire locale formidable ». Bien qu’ils soient populairement connus comme chanteurs de louanges, les Griots peuvent aussi utiliser leurs compétences vocales pour les commérages, la satire ou un commentaire politique.

Les griots d’aujourd’hui vivent dans de nombreuses régions d’Afrique occidentale et sont présents parmi les Mandé, les Malinké, les Bambara, les Peul etc… De nombreux autres petits groupes vivent notamment en Mauritanie.

Dans les langues africaines, les griots sont mentionnés par un certain nombre de noms : jeli dans les zones Mandé du nord, jali dans les zones Mandé du sud, guewel en Wolof, gawlo en Pulaar (peul).

Les griots constituent une endogamie de caste (fait de se marier à l’intérieur de son groupe tribal).

Origine géographique
L’Empire du Mali ( Malinké Empire), à son apogée au milieu du XIVème siècle, s’étendait de l’Afrique centrale( aujourd’hui le Tchad et le Niger) pour l’Afrique occidentale (aujourd’hui le Mali et le Sénégal). L’empire a été fondé par Soundjata Keita, dont les exploits restent célébrés au Mali, encore aujourd’hui. Dans l’épopée du Soundjata,  le roi Naré Maghann Konaté a offert un griot à son fils pour le conseiller dans son règne ; Balla Fasséké est donc considéré comme le premier griot et  fondateur de la lignée.

Ils nous regardent, ils nous montrent qui ils sont.
Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger vivent et travaillent en France à Pontoise et forment un couple d’artistes. Dany enseigne à l’université de Paris1, Panthéon-Sorbonne depuis 1995, elle anime des  ateliers de pratique artistique à Bamako au Mali et à Ryadh en Arabie Saoudite. Jean-Michel enseigne la photographie à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Nancy. Il mène également des workshops au CAMM de Bamako. Leur travail sur les Chasseurs de l’Invisible a été exposé au Musée Tavet-Delacour en 2010, Christophe Duvivier, Directeur des Musées de Pontoise expliquait : « La figure humaine, envisagée sous l’angle particulier du portrait, relève tout à la fois de la singularité des individus, des modèles et de leur mise en perspective dans le cadre de l’histoire de la peinture. Ici, on prendra conscience d’une tension, celle qui fait de l’individu, extrait du temps commun, par la réalisation de son portrait, un archétype humain… Les sujets nous regardent, ils nous montrent qui ils sont ». 

« Les chasseurs de l’invisible sont ceux qui détiennent la magie, ceux qui touchent le passé, ceux qui savent, ceux qui voient… D’incroyables personnages qui marchent sur le temps ».

                                                     Jean Hurpy

Les féticheurs, eux, sont chargés de patrimoines immémoriaux. N’est pas chasseur qui veut. Pas de chasseurs au petit pied ! « Robert Mapplethorpe photographiant des noirs de New-York, je n’ai jamais pensé une seule seconde à lui, en Afrique », certifie Dany Leriche.
Et encore :  « La photographie n’est plus l’image de la réalité. Elle est enfin libérée des contraintes de l’objectivité. La photographie ne se fige plus. Le médium outrepasse ses limites et revendique sa fonction d’intercesseur entre le visible et le lisible. Les fictions sont alors de mise, qui se construisent comme « una cosa mentale », si chère à Léonard de Vinci. Je ne ressens pas ma pratique comme un direct lien avec la photographie. Je vois d’abord les portraits de la Renaissance, je ne vois jamais la photo. La photo est souvent anecdotique, illustrative, alors que la peinture, elle, transcende. C’est de la mémoire ».

Au Mali, les femmes n’utilisent pas de miroir, elles sont le miroir de l’autre !

Dany Leriche

La volonté de photographier frontalement
Jean-Michel Fickinger explique :  « En général, je décide de la pose ; mais il arrive qu’un féticheur en impose une : ce fut le cas pour Barou (qui voulait une photo de face et une autre de dos pour montrer son carquois) et Tata, Tata de Sido, une personnalité inoubliable, qui a deux poses officielles (Quel que soit le photographe) – la photo de Barou de dos ne figure pas dans le catalogue. En ce qui concerne Tata, il ne s’agit pas d’une question de buste ou de pied, mais une façon de tenir ses deux queues magiques avec lesquelles il est censé pouvoir tuer quelqu’un. Ça n’est pas  une attitude séculaire des Maliens, c’est particulier à Tata. Je suis libre de cadrer comme je l’entends ! ».

La photographie n’est pas au Mali un objet de consensus,
mais d’enchantement ! 

Jean-Michel Fickinger

Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger, extraits des propos recueillis par Alain (Georges) Leduc, membre de l’A.I.C.A, Association Internationale des Critiques d’Art et de l’A.I.S.L.F, Association Internationale des Sociologues de Langue Française.
« Chasseurs de l’invisible », Dany Leriche  Jean Michel Fickinger, Musée Tavet-Delacour, Exposition 2010, catalogue encore disponible.

Nick Brandt: On this earth, A shadow falls

Un nouveau livre rare pour la bibliothèque vient d’arriver ! Il est signé par l’Artiste.


Portrait de l’homme photographe qui murmurait à l’oreille des animaux sauvages.

L’artiste a exposé ses photographies dans le monde entier, Londres, Berlin, Los Angeles, San Francisco, Santa Fe et New York, il vit aujourd’hui à Topanga Canyon en Californie, avec sa femme Orla et toute une ménagerie d’animaux adoptés.

Nick Brandt est un photographe qui exerce son talent exclusivement sur les terres africaines, ses objectifs sont d’enregistrer un témoignage visuel et poétique de la faune sauvage, de leur biotope avant qu’ils ne disparaissent.

Né en 1966, l’artiste a grandi à Londres, en  Angleterre, il y étudia la peinture, puis le cinéma à Saint-Martins School of Art.  Lire la suite

Vivement de nouvelles aventures, en attendant de savoureuses rencontres

L’espace culturel de l’Association Gingko’Art souhaite une bonne et heureuse année 2012 à tous les passionnés d’expressions artistiques.
The cultural team of the Gingko’Art Association wish a very happy New Year 2012 to all the readers passionated by artistic events !

Nous vous remercions de participer toujours plus nombreux à l’aventure du blog.

Le poète a toujours raison

l’Espace Gingko’Art ouvre ses portes le samedi 17 décembre à 17 heures pour accueillir Laurent Letaut, un après-midi sous le signe de la poésie. Auteur d’un recueil intitulé « Pensées pour panser », le pamphlétaire, accompagné pour l’occasion par des comédiennes, fera lecture et dédicace de son livre. 

Né en 1969, Laurent Letaut a passé son enfance dans le Nord de la France avant d’embrasser le métier des armes durant dix-huit ans comme Sous-Officier dans l’Arme du Génie. Il met fin à son enrichissante carrière et intégre la Police Nationale où il est actuellement Agent Spécialisé de la Police Technique et Scientifique.

Son recueil est conçu comme un ensemble de paradoxes avec lesquels l’auteur réussit à donner une émotion, avec des mots et une grammaire qui ne sont pas sans rappeler la fin du XIXème siècle ; pourtant, l’écriture classique ne trahit pas l’époque que nous vivons et ses textes pourraient être lus par un Grand Corps Malade ou slamés. Dans sa promenade au fil des vers, le lecteur pourra constater que l’auteur, loin d’être un révolutionnaire, est, en tout cas, un révolté, un écorché vif.

« Quand j’emprunte des paradoxes, je les rends avec intérêts… »
Léo Ferré

 « Pensées pour Panser », Laurent Letaut, Éditions du Quatrain au Sonnet, 83 pages.


Après-midi poésie, samedi 17 décembre à 17 heures, quelques places sont encore disponibles.
Réservation : gingko-art@orange.fr
tél : 09 71 51 78 54   ou   06 10 20 05 56

Irving Penn : A work record

Un nouveau livre pour la bibliothèque photo vient d’arriver !

Vous le savez maintenant, la bibliothèque de l’espace Gingko’Art comprend plus de mille cinq cents titres concernant les arts, et grâce à la générosité d’un donateur, deux cent cinquante titres concernant les photographes du Xxè siècle. Nous sommes heureux de communiquer sur l’acquisition d’un ouvrage rare, «PASSAGE», IRVING PENN, préface de John Szarkowski aux Editions Alfred A.Knopf-Callaway, New-York 1991.
Véritable concentré de chefs-d’oeuvres couchés en noir et en couleur sur trois cents pages.
Biographie: 
Irving Penn est né à Plainfield, New Jersey, en 1917. En 1934, il suit les cours au Philadelphia Museum School of Industrial Art, il étudie le design avec Alexey Brodovich.En 1938, Penn commence une carrière  d’artiste graphique, après une année à peindre à Mexico, puis il travaille pour le magazine Vogue, Alexander Liberman l’encourage à poursuivre son travail de photographe avec des clichés couleur. Penn est employé par de nombreux magazines et d’importants clients commerciaux, bénéficie d’un crédit artistique sans limites et expose dans les plus grandes galeries et musées internationaux.

Irving Penn est probablement l’un des plus grands photographes au monde.