Exposition : Serge Jacques, le Jazz dans tous ses états

L’artiste photographe expose du 15 décembre au 14 février prochain ses clichés inédits à l’espace Gingko’Art.
Pour la génération qui découvrait le Rock’n roll et le scooter, une profonde remise en question des valeurs morales était à l’ordre du jour. La censure peinait de plus en plus à se faire respecter… Du côté de la rive-gauche, les caves raisonnaient, du bruit des cuivres et des cordes !

La revue Paris Hollywood est créée
Consacrée au cinéma, avec des couvertures en hélio extraordinaires et un intérieur aussi somptueux. Les premiers numéros ne sont pas datés. Serge Jacques, un jeune photographe de nu et de charme allait bouleverser les canons d’esthétisme des revues et s’attirer de nombreux ennuis.
Photographier des jeunes filles nues, tous poils pubiens à l’air, constituait un grave délit dans la France des années 50. 

A Paris-Hollywood, il introduisit un concept nouveau, le strip-tease… plutôt que de photographier le modèle en situation, il préférait le dévoiler peu à peu, à travers un effeuillage, dont aucun détail n’était laissé au hasard, afin de captiver toute l’attention du lecteur, les tenues sexy des modèles étaient choisies avec soin, le décor soigné, on se rend compte en regardant les photos de Serge Jacques, qu’elles recèlent en elle tous les procédés encore utilisés de nos jours par les plus grands magazines de charme, et les photographes d’érotisme les plus expérimentés.

Du côté de Saint-Germain-des-Prés
Un jeune homme photographiait les musiciens de jazz sans relâche. Une époque qui nous semble aujourd’hui irréelle car la plupart des grands jazzmen venait des Etats-Unis et traversait l’Atlantique pour jouer en Europe. Bechet, Parker, Ben Webster ou Max Roach, prenaient l’avion pour Paris, et puis, l’usage de substances illicites était bien plus sévèrement réprimé à New York. Serge Jacques ne s’est jamais posé la question de savoir, pourquoi dès son plus jeune âge, il aimait le jazz. C’est son jardin secret, son histoire, un morceau de sa vie :

«Les grands musiciens de jazz, c’est exactement çà, Tight Like Vice (Armstrong), Blue Serge (Ellington), Ko-Ko (Parker),  Senior Blues (Horace Silver), Bemsha Swing (Monk), je peux les écouter des heures, les thèmes tournent dans ma tête en une boucle effrénée, un peu comme la musique concrète. C’est au fond la même époque et c’est également un peu le même son que les révolutionnaires de la musique occidentale des dix-huitième et dix-neuvième siècles».

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Une réflexion au sujet de « Exposition : Serge Jacques, le Jazz dans tous ses états »

  1. Moi qui ne suit pas connaisseur de Jazz, beaucoup des noms des jazzmen exposés me sont inconnus. J’ai plutôt l’œil d’un amateur de peinture minimaliste. J’ai été agréablement surpris par les photographies de Buck Clayton et de Big Chief, où nous ne voyons que le musicien et son instrument se détachant du fond. Des photographies avec seulement deux tons, en quelque sorte. La photo de Buck Clayton est pour moi magnifique : une photographie tout en mouvement, avec la puissance du fond noir et la force du musicien gris clair. L’art est ici à sa tension maximale.

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