Expo Irina Ionesco, « Fashion Victimes »

L’Espace Gingko’Art accueille l’icône de la photographie érotique du 12 avril au 12 juin.
Irina Ionesco propose le Japon des Yakusas, les Métamorphoses de la Méduse et des clichés inédits sur la mode, ses « Fashion Victimes », en noir et en couleur. Une exposition où l’esthétisme se conjugue avec l’érotisme.

Née le trois septembre dix neuf cent trente-cinq à Paris, d’un père violoniste et d’une mère trapéziste, la jeune Irina est abandonnée à l’âge de quatre ans et envoyée en Roumanie. Elle a passé sa jeunesse, élevée dans le monde du cirque par sa grand-mère et ses oncles, avant de s’installer définitivement à Paris. Irina Ionesco rêvait de devenir danseuse mais son corps frêle et souple la prédisposait à être contorsionniste ; de quinze à vingt-deux ans, elle a fait le tour des cabarets, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique avec deux boas géants.
« J’étais l’esclave des serpents, à la fin, j’en ai eu marre ! ».

Irina est victime d’un accident lors d’un numéro de danse à Damas ; convalescente, elle commence à dessiner, à peindre…Mais, avant de suivre des études d’art à Paris, elle voyage avec un riche joueur iranien qui la couvre de bijoux et de vêtements de luxe. L’artiste a voyagé et peint durant des années avant de découvrir la photographie. Son travail est qualifié d’érotique. Noël dix neuf cent soixante-quatre, son ami de l’époque, le peintre d’avant-garde belge Corneille, lui offre son premier appareil photographique, un reflex Nikon, que l’artiste continue à utiliser aujourd’hui.
Irina Ionesco est une artiste autodidacte ; elle photographie ses amis et leurs filles avec des pellicules de 400 et 800 ASA, en utilisant des bougies pour l’éclairage…Elle vide ses placards remplis de vêtements chics et chocs et des costumes de scène pour habiller ses modèles, toujours avec une interprétation très théâtrale. En 1974, son exposition à la Nikon Gallery a fortement attiré l’attention, Irina fut bientôt publiée dans de nombreux magazines et exposa dans les galeries du monde entier.

« La photographie est pour moi un élément essentiellement poétique, je l’envisage comme une écriture théâtrale, où je fixe dans un déroulement obsessionnel et incessant tous mes fantasmes ».
Chaque séance est une mise en scène conçue comme une composition théâtrale qui intègre le modèle dans un univers de rêve, où Irina devient mythique, presque métaphysique.
« J’aime l’excès, dit-elle, l’onirisme, l’insolite, ainsi je fais mienne cette phrase de Baudelaire : Dans l’art, il n’y a que le bizarre qui soit beau… ».
Son univers visuel est dominé par la présence des femmes – on y trouve très peu d’hommes – probablement lié à l’absence de sa mère entre l’âge de quatre et quinze ans.
« C’est la recherche de cette femme qui m’a manqué et qui était ma mère… Son regard aussi m’a beaucoup manqué ».
Irina Ionesco n’éprouve donc de besoin que de femmes pour interpréter des rôles lorsque la nuit est propice aux prises de vues de son théâtre imaginaire, levant ainsi le voile de l’ésotérisme visible pour confondre l’impertinence de l’invisible. Une icône gothique impose son esthétisme par des compositions érotiques, complexes et captivantes. Artiste internationalement reconnue, ses multiples expositions et les publications de ses photographies révèlent ce monde étrange de femmes maquillées, habillées et mises en scènes afin d’évoluer aux confins des ténèbres, au-delà du réel…

Aujourd’hui l’artiste travaille pour l’Unesco, en Mauritanie et en Egypte.
Avec l’Oeil de la Poupée, son premier roman, la photographe s’expose elle-même dans une mise en scène autobiographique, qui la dévoile sans restrictions.

« J’adore faire de la photo de mode et mes photographes préférés sont Cecil Beaton, August Sander, Richard Mapplethorpe et Diana Arbus ».

L’artiste remercie tout particulièrement, son amie Laurence Benaïm et la styliste Catherine Baba.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s