Le tatouage, une pratique ancestrale

Vicky au pays des signes magiques, cabalistiques ou ésotériques, là où vivent les dragons, les têtes de morts et les serpents, là où la pratique du paganisme se situe entre la peau et l’âme

Le mot tatouage tire son origine du tahitien « TA-TU », qui dérive lui-même de l’expression « TA-ATOUAS », composée de « TA », (dessin) et « ATOUAS », (esprit). En effet, les indigènes marquaient ainsi leur corps afin de concilier les grâces, la protection et les faveurs de leurs esprits, de leur « ange-gardien ».

La toute première description d’une marque distinctive se trouve dans la bible (genèse IV – 15) : « Et YHVH mit un signe sur Caïn pour que ne le frappe pas qui le rencontrerait ».

« Vous ne ferez point d’incision dans votre chair pour un mort et vous n’imprimerez point de figures sur vous. Je suis l’Éternel »  extrait de Lévitique chapitre 19, verset 28.

Il est difficile encore aujourd’hui d’affirmer avec certitude le lieu de naissance du premier tatouage, mais nous connaissons la publication de la découverte d’une momie, la prêtresse d’Hator datant de la XIème dynastie (2200 av JC), qui présente clairement des marques de tatouages sur le corps. Nous pouvons voir au musée de Leningrad le corps d’un guerrier Shiite, conservé dans les glaces pendant deux mille ans, découvert en parfait état de conservation en 1947 et dont les bras sont recouverts de tatouages très sophistiqués.

Plus près de nous, en Europe, on trouve traces de tatouages chez les gaulois, les ethnies « britanniques » (César note dans « De Bello Gallica » que tous les bretons se colorent la peau avec une matière colorante de teinte bleue). Les romains utilisaient le tatouage pour marquer les mercenaires, les esclaves, les criminels et les hérétiques.

Les premiers chrétiens d’Orient, et en particulier les coptes, se faisaient tatouer les symboles de leur religion, cette coutume s’est d’ailleurs perpétuée longtemps. Les historiens affirment, qu’après la bataille de Hastings, le corps décapité et mutilé du roi Arnold put être identifié par le mot « Edith » qu’il portait tatoué sur sa poitrine. Le tatouage a donc été utilisé pratiquement en tous lieux et à toutes les époques, mais souvent dans des couches sociales bien délimitées : chez les bagnards, les corsaires, les esclaves, les galériens, les marins, les pirates et les prisonniers.

La marque n’est pas toujours volontaire ; les esclaves de l’antiquité par exemple ou encore plus près de nous les déportés pour bien leur signifier que ces personnes ne s’appartenaient plus. On trouve des tatouages ornementaux, magiques ou religieux, au Japon chez les samouraïs et la mafia, en Chine, en Birmanie, en Afrique du Nord, entre autres chez les tribus Berbères, en Polynésie. Il existe aussi des tatouages qui indiquent une appartenance familiale ou tribale, ou le fait qu’un pacte ou un contrat ait été conclu : adhésion à une société secrète, lien avec une puissance spirituelle (démon, divinité païenne) ; par exemple, l’étoile à cinq pointes sur les pommettes de la figure signifie : « Je suis Dieu et je guéris par la force de Satan ».

Si les formes avouent leur pertinence là où la pratique suffit à l’expliquer, leur évolution dans le domaine purement esthétique n’est pas moins évidente. Il se dégage un style, donc un goût, qui viennent renforcer la simple acceptation d’une donnée fonctionnelle à l’origine…

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