Les Métamorphoses de la Méduse

Livrée à elle même, dans un rêve nocturne, évoluant jusqu’à sa part d’inconscience, libérée des racines de la profondeur de son âme, elle regardait les métamorphoses et telle la chrysalide lucide aux formes et aux couleurs de sa nature spontanée, elle venait de rêver Ionesco…

Transpercée immobile, grand sphinx ou paon de nuit, elle s’est retenue papillon dans les tourments de l’épingle. Pourtant manifeste la part de l’ange lui souffle encore intimée la nécessite de tendre à la liberté.
De guise en guise méconnaissable, la Méduse invente à mesure les règles d’un jeu qui de loin la dépasse, et travestie trompe la mort qui fatidique en son ombre s’est coulée : le moment venu d’être emportée elle ne sera pas reconnue .
Immobile et composée, la Méduse a conservé le souvenir du mouvement et garde ondulante sa chevelure, telle un ange enchainé se forgeant des ailes pour une fantasmatique évasion.

Immobile et composée, elle habite son décor sans l’user ni le souiller. Lourde tenture et brillante glace affirment l’Adamante résistance de luxe et son rêve de pureté. Le caméléon prend-il sans vergogne les couleurs à l’entour ? Muse la Méduse, à son image volage, se crée secrète son propre écrin…Où elle est rien n’existe qui ne soit d’elle, en son palais souveraine infatuée de son pouvoir absolu. Sœur de pharaon, divinisée reine d’Egypte, elle a conservé du commun ce qui sous les royaux attributs fit d’elle un jour une femme au corps formé. La Méduse porte haut sa poitrine idéale et regarde au delà du monde, mais implacable elle nous refuse un terrible oracle.

Irina Ionesco poursuit une voie personnelle dans l’éclectisme hérité du dix-neuvième siècle, entretenant un feu brûlant dans ce grenier glacé. En une monstrueuse et fascinante hybridation des âmes et des styles, elle emprunte au symbolisme décadent la conception d’un art médiateur entre l’homme et le sens caché de l’univers. Elle délaisse légère un désuet discours moralisateur pour s’essayer sans le décrire à suggérer un état intérieur (l’art du yûgen chez les Japonais), et en appelle à une communauté de sensibilité à travers la singularité du ressenti. L’art est profondément humaniste quand l’individu, réceptacle et source du sens, y est révélé dans ce qui le distingue et l’assimile à autrui.

« Et, dans l’immobilité de la nuit, d’autant plus irrésistible, apparaît le bondissement cabré, la charge précipitée et déséquilibrée de la femme tel un papillon naissant de l’imaginaire d’une artiste, de la pensée d’Irina Ionesco. »

Une réflexion au sujet de « Les Métamorphoses de la Méduse »

  1. Cette série de photographie des « Métamorphoses de la Méduse » est à consonance ultra féminine. Que nous montre cette femme ? Que nous montrent ces photographies ? Que voulons-nous y voir ? Une icône, une présence. Elle attend, immobile. Elle nous regarde comme pour mieux transpercer la frontière entre l’œuvre et le spectateur. Et nous-mêmes, nous regardons cette Méduse sexuelle et dangereuse, trop heureux que ce ne soit que des photographies.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s