Nouvelle exposition : « Le Christ dans l’Art »

Une préface biblique aux journées du Patrimoine

Au-delà de l’invisible, le visible persiste ! 
Entre  ciel et terre, la vie de Jésus Christ vue par les artistes du xviième siècle à nos jours.

Le vendredi 14 septembre, à partir de 18 heures , l’Espace culturel propose de commencer ce début d’automne avec une visite des principes liturgiques et particulièrement de revisiter la vie et la Passion du Christ !

L’Exposition, « Le Christ dans l’Art », qui se déroulera du 14 septembre au 14 novembre, a été conçue autour d’une scénographie comprenant dix-sept artistes du XVIIème siècle à nos jours et  participera à évoquer les différentes étapes de la vie du Christ, de la naissance à la résurrection…Art Conceptuel, Art numérique, Oeuvres sur papier, dessins et encres de chine, installation, Peintures, photographies, sculptures, vidéos seront représentés.

Pour cet évènement plusieurs œuvres provenant de collections privées, comme la grande Nativité du Maître anversois Jan Ikens ou encore le Baptême du Christ par Simon Vouet, plus en avant le Christ aux liens une sculpture réalisée par le Pontoisien Simon Mazières, un bois sculpté en taille directe par celui qui fût autrefois choisi pour les créations monumentales du Château de Versailles. C’est encore Salvador Dali et sa sculpture en bronze doré, un Saint Jean de la croix très surréaliste comme le Maître espagnol se définissait et une remarquable tête d’expression par le sculpteur normand Roger Douville admirateur de Brancusi, située dans l’entrée de l’espace Gingko’Art, elle illumine par sa beauté

Les artistes contemporains de notre région ont relevé le défi de créations originales notamment Yi Myung Rim  qui  participe avec une création objective : réaliser, les quatorze stations de Jésus, des compositions à l’encre de chine, des métamorphoses inspirées par la Passion du Christ, sur les traces des panneaux du chemin de croix d’Albrecht Altdorfer, vers 1509-1516.

Artiste, peintre et sculptrice,  originaire de la Corée du Sud et installée à Pontoise depuis  dix neuf cent quatre vingt dix-huit, diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Versailles, section peinture, licenciée es lettres (sociologie), Université de Ewha, Séoul.

Inspirée par
la confession catholique et le chemin de croix (via crucis), l’artiste nous désigne une cérémonie célébrée pour commémorer la Passion du Christ en évoquant 14 moments particuliers de celle-ci.

De maille en maille !

Patrick Platel, d’emblée, il faut bien le dire, transgresse la  règle habituelle, celle d’une pratique de la sculpture traditionnelle. Sa technique en élimine le principe tout en privilégiant la seule figuration portée par son imaginaire, s’entend une composition dépourvue de toute fonction réaliste, assujettie aux seuls contours de ses apparences. L’artiste a réalisé son Christ à partir du matériaux grillage ; l’oeuvre est placée dans l’espace jardin. Emprisonner des formes qui n’existent pas – et néanmoins les révéler –, capter l’invisible jusqu’à le tenailler dans la tension extrême du maillage, se jouer de transparences pour rendre visible l’immatériel et, paradoxalement, lui donner corps, à  mains nues,  avec des pinces pour seul outil, voilà bien, sans filet, l’exercice périlleux auquel se livre Patrick Platel.

 La croix multimedia, ou les derniers instants de la vie de Jésus sur terre.

L’artiste  numérique, Dominique Giral, résidant sur la commune de Saint-Ouen-l’Aumône présente son animation ; les derniers évènements de la Passion du Christ, la mort de Jésus, la descente de la croix puis la résurrection. L’expression de la douleur et de la compassion est soulignée par l’artiste. L’œuvre cinétique s’impose et nous conduit à percevoir différemment, le jeu des couleurs, le mouvement symboliste et les distensions de la matière et donc du temps. L’idée d’une mémoire résiduelle, comme des infimes particules de souvenirs que seul Jésus aurait pu avoir, nous informe et nous confond vers un parti-pris aléatoire…

C’est le symbole de la croix qui se multiplie, se déforme en différentes images géométriques à la mesure de chacun et en superposition des iconographies inspirées par le déluge, la tempête ou le calme, avec des contorsions pour s’immiscer dans la croyance, finalement toujours vivante dans la posture intellectuelle de l’artiste par la résurrection. L’accompagnement musical par des chœurs vocaux ou des symboles de la pratique religieuse affirme la foi selon les mots sacrés du Sanctus ou l’espérance de nos prières.

Puis, comme une bénédiction, le hasard (pour les Chrétiens, le hasard, c’est Dieu qui voyage incognito!), nous a fait rencontrer l’artiste international Mounir Fatmi, qui a souhaité participer avec deux œuvres ;

La Piéta, une Séquence Sculpture Bas-Relief, réalisée avec du câble d’antenne coaxial et attaches sur panneau en bois de deux mètres soixante de hauteur, revisitant ainsi la célèbre Piéta de Michel-Ange ainsi que son « Présumé Innocent », une Séquence Sculpture Bas-Relief réalisée en 2007, toujours à partir du câble d’antenne coaxial et attaches sur panneau en bois.

Né en 1970 à Tanger Mounir Fatmi construit des espaces et des jeux de langage qui libèrent tout particulièrement la parole de ceux qui les regardent. Ses vidéos, installations, dessins, peintures ou sculptures mettent au jour nos ambiguïtés, nos doutes, nos peurs, nos désirs. Ils pointent l’actuel de notre monde, ce qui survient dans l’accident et en révèle la structure.

Son travail traite de la désacralisation de l’objet religieux, de la déconstruction et de la fin des dogmes et des idéologies. Il s’intéresse spécialement à l’idée de la mort de l’objet de consommation. Cela peut s’appliquer à des câbles d’antennes, des machines photocopieurs, des cassettes VHS, ainsi que à une langue morte ou à un mouvement politique. Bien qu’esthétiquement très séduisant, le travail de Mounir Fatmi offre un regard sur le monde à partir d’un autre angle de vue, en refusant d’être aveuglé par les conventions.

En 2008, son travail fait partie de la programmation Paradise Now ! Essential French Avant-garde Cinema 1890-2008 à la Tate Modern de Londres, ainsi qu’à l’exposition Traces du Sacré au Centre Georges Pompidou à Paris. Depuis 1993, il a reçu plusieurs prix dont le Grand Prix Léopold Sédar Senghor, la plus haute récompense de la 7e Biennale de Dakar, le prix de la meilleure création vidéo au 8e Festival international de la vidéo, Îles Canaries, le Uriôt prize, stichting kunstprijs Willem F.C, à la Rijksakademie, Amsterdam. Il reçoit en 2010 le prix de la Biennale du Caire.

Il participe à la première exposition pan-arabe The Future of a Promise à la 54e Biennale de Venise en 2011. l’artiste  vit et travaille entre Tanger et Paris.

Une exposition internationale ! 

Une réunion de dix-sept artistes, dont neuf représentants, Américain, Corée, Espagne, Italie, Maroc, Pays-Bas, Roumanie et  Russie.

Cadelo Silvio, dessinateur-vidéaste, de Champagne Philippe, peintre, Dali Salvador, peintre-sculpteur, Douville Roger, sculpteur, Fatmi Mounir, peintre, sculpteur et vidéaste, Girarl Dominique, artiste numérique, Ikens Jan, peintre, Ionesco Irina, photographe, Mazières Simon, sculpteur, Mourthé Christophe, photographe, Platel Patrick, sculpteur, Quemper Alain, photographe, Quinby Diana, dessin, Rosa Salvador, peintre, Vasilieva Elena, photographe, Vouet Simon, peintre, Yi Myung Rim, peintre-sculptrice.

Pourquoi une exposition sur le Christ dans l’Art ?
De l’ordre des choses a l’ordre de l’homme

De l’essence la plus petite particule de son être, de celle où il voit  sa propriété et sa valeur, l’artiste entend tirer une réalité qui lui survive, qui lui soit comme son propre monument et cette réalité il la veut simplifiée jusqu’à ce qu’elle émeuve le plus grand nombre de ses semblables. Créer une œuvre d’art à caractère spirituel reste la plus prodigieuse tentative de l’être humain-artiste pour enfreindre les limites où le temps et l’espace le définissent et l’enferment pour trouver à son activité un débouché vers la durée et vers autrui, une expression qui fasse éclater sa condition d’individu, restreinte et éphémère…Peut-être la beauté et la poursuite d’un absolu le prédispose à l’éternité !

Chaque époque a produit des représentations imagées du Jésus des évangiles et de sa passion pour l’humanité. Les plus anciennes « images » représentent le Christ sous la figure du pasteur. Le signe du poisson fut utilisé comme signe de reconnaissance, etc. Pour comprendre ces représentations, il est indispensable de mettre en rapport ces manières de se représenter le Christ avec le contexte de société et la théologie enseignée à l’époque. Par exemple, il était inconcevable aux premiers chrétiens de représenter la croix, tant elle représentait ce qu’il y a de plus infamant comme supplice.

Portail de Sainte Sabine,

À Rome, daté du Vème siècle. On y voit représentés Jésus et les deux larrons, crucifiés avec lui. Mais il n’y a pas de représentation de la croix.

Le poisson était un signe de reconnaissance discret pour les chrétiens persécutés. Chacune des lettres du mot grec (i.ch.th.u.s.) correspond à une affirmation sur la personne de Jésus: Jésus, le Christ, de Dieu le fils, sauveur

Il suffisait aux chrétiens initiés de dessiner sur le sable les lignes d’un poisson pour se reconnaître entre eux.

La figure du pasteur fait référence aux paraboles.

Le bon berger connaît ses brebis, et ses brebis connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu. Le berger, lui, entre par la porte.  Les premiers chrétiens, suivant la tradition juive ne représentaient pas de figure humaine dans leurs décorations.

Quatre lettres enlacées qui affirment la foi au Christ, qui est au commencement et à la fin des temps.  Au centre, un X (lettre ki); elle correspond au « Ch » français; La seconde, majuscule grecque R, qui  ressemble au « P » français. Sur le médaillon ci-contre, on trouve aussi l’alpha et l’oméga, c’est-à-dire la première et la dernière lettre de l’alphabet grec.

Les Églises d’Orient représentent le Christ dans la sérénité, la majesté. Par exemple, le Messie baptisé dans le Jourdain par Jean, mosaïque de Ravenne; ou le Christ qui prend la main d’Adam et Ève aux enfers pour les entraîner vers la résurrection l’église de la Résurrection, Constantinople.

L’occident a davantage représenté le Christ souffrant.

L’obsession de la mort aux XIV et XV ème siècle

Ce n’est que très tardivement, à partir des  XIII et XIVème siècle que l’on voit le regard des artistes et du peuple chrétien se fixer sur les détails de la passion du Christ et surtout les souffrances qu’il a endurées… « pour nous« , ce que la théologie traduira par « à cause de nous« . L’obsession de la mort hante les esprits à la fin de Moyen-Age. Une spiritualité « doloriste » va se développer, dont les exagérations seront contestées, car trop éloignées du message des évangiles.

On voit aussi se développer les piéta, qui présente Marie dans la douleur, ou encore des descentes de la croix, où le Christ est déposé sur ses genoux. Cette scène est absente des évangiles. Au cours de la renaissance fleuriront de nombreuses piéta où les peintres peignent tout à la fois la douleur et la sérénité de celle qui reçoit le corps de son fils.

Le retable d’Issenheim, Christ en majesté

Sculpté au XIIIème siècle, il accueillait les fidèles à l’entrée de la cathédrale de Thérouanne, détruite par Charles-Quint en 1555. L’ensemble est aujourd’hui visible dans la cathédrale de Saint-Omer.

Christ glorieux

Les chrétiens orthodoxes en particulier ont représenté le Christ en majesté. Ils associent ainsi le Christ en croix et le Christ ressuscité. Le christianisme occidental a repris depuis le milieu du XXème siècle la méditation du Christ mort et ressuscité. Ainsi, le traditionnel chemin de croix s’arrêtait autrefois avec la mise au tombeau, remettant à plus tard la méditation sur le Christ ressuscité. Ce fut un des fruits conciliaires d’insérer dans cette oeuvre de piété une quinzième station, rappelant le Christ ressuscité. (Le chemin de croix)

Retable réalisé vers 1515 par le peintre Grünewald, pour le couvent des Antonistes, ordre religieux spécialisé dans le soin des malades atteints du « mal des ardents » ou « feu de St Antoine », il servait à la dévotion des malades. Pour les malades, contemplant le réalisme des morsures de la flagellation inscrites  dans la chair du Christ, leur méditation du Christ souffrant était une manière d’associer leurs souffrances à celles du Christ.

L’insistance sur les détails de la passion se développe sous les influences convergentes d’un courant théologique insistant sur le sacrifice et le rachat, influence d’une certaine spiritualité monastique ascétique à l’extrême, influence aussi du temps où l’on payait et rachetait les chrétiens tombés aux mains des maures lors des croisades. C’est aussi l’influence de l’expérience de la souffrance, dans la période noire de l’histoire que furent les année 1400-1500, où la mort rode à chaque porte, dans chaque village (guerre, épidémies, disettes). Aussi lorsque Grünewald peint le Christ dit d’Issenheim, sa pensée va associer le corps de ses contemporains défigurés par les maladies au corps du Christ couvert de plaies… une association des souffrances des hommes aux souffrances  du Christ.

La spiritualité janséniste du XVIIème siècle

Le Christ en majesté des croix orthodoxes, où les bras à l’horizontale font discerner le Christ vainqueur de la mort, habillé des vêtements royaux, ou encore le crucifix en bronze de la chapelle de Zuydcotte (nord de la France), où le Christ vainqueur s’élève dans le ciel, emportant la croix comme un trophée. Ces représentations témoignent de différentes sensibilités chrétiennes, selon qu’on insiste sur le Christ »effondré dans la :mort », ou le Christ, « passé de la mort à la Résurrection », entré dans la gloire de Dieu. Le Christ représenté sur la croisse de Jean-Paull II reprend cette vision du Christ supplicié.

Les artistes du XXème siècle seront marqués par l’expérience des guerres et de leurs millions de morts. Ainsi le « Christ rouge »,  peint  par Lovis Corinth, en 1922. Ce Crucifié a beaucoup choqué. La composition est pourtant traditionnelle: le Christ se trouve entre le porte-lance à gauche et le porte-éponge à droite; au second plan, Jean soutient la Vierge. C’est la manière qui est neuve: l’artiste a su se frayer un accès jusqu’à une image « criante », où la souffrance atteint un paroxysme. Le Crucifié paraît suspendu, les mains coupées, aux coins du panneau; ses jambes se replient sur la croix. L’œuvre, tachée de rouge, semble saigner elle-même. Le visage du Christ semble se déconstruire: il ne comprend pas. L’espérance fait ici défaut.

La passion du Christ de Mel Gibson reprend une approche doloriste et sanguinolente, dans le contexte d’un début de 21ème siècle marqué par la violence. 

La vérité historique, il faut l’avouer, n’est ni plus définitive ni plus stable que la vérité scientifique. C’est un procès toujours ouvert et en perpétuelle révision. Les faits, dit-on, et il suffit de les connaître. Les faits peut-être, mais le sens qu’on leur donne ? Les faits ce n’est que le passé ; leur signification, c’est l’histoire.

 

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