Le Christ dans l’art, une exposition entre spiritualité et esthétisme

Silvio Cadelo nous entraine au-delà du réel avec trois réalisations vidéo implantées sur le parcours de la passion.
Mon Dieu, Apparition Plurime et temps réel, le maître du trait et de l’image nous suggère une réalité, un songe, ô temps ! Suspends ton vol, et vous, Silvio, à l’heure propice ; de nous entrainer à découvrir votre création. Laissez-nous savourer les circonvolutions de votre Dieu et des plus beaux de ses jours à l’Espace Gingko’Art…

L’artiste dessinateur d’origine italienne, fidèle à la tradition du trait, nous présente les métamorphoses de son Dieu, Dio moi, My God, Mi Dios, Men Gott, Meu Deus, Voihyvä Jumala.

Que d’intelligence, que de sensibilité et que d’amoureuse expérience des choses, ne lui faut-il pas pour se plier à ces modulations infinies, infinies comme la création dont il éprouve le vertige ! Si réservé qu’il soit, quant à lui même, il ne peut se retenir, souvent, de faire passer quelque chose de son être secret dans l’invention, la fièvre, la passion qui anime son trait de dessinateur et de vidéaste.

Jusqu’ici l’artiste se limitait cependant, ou entendait se limiter, à ses sensations, traduites aussi fidèlement que possible, et se fit à sa seule exactitude pour nous faire percevoir les prolongements qu’elles atteignent dans une sensibilité profonde, un rêve inoubliable, l’impression d’un nouveau monde parallèle et paisible.

Cet art du dessin, qui a conduit Silvio à la vidéo reste avant tout sensoriel et plus précisément : optique.

Toutefois, on devine combien, chez les plus grands, l’artiste aspire à prendre son envol dans le sensible, et qui pourrait résister à la précision de l’émotion très justement suggérée, à cette ligne imaginaire qui sépare le sensoriel du sensible, la sensation que procure la vision d’un enfant suspendu à sa corde comme un funambule devant la traversée d’un monde encore inexploré, de la redécouverte d’une jouissance oubliée venant des profondeurs de l’inconscient, du vestige de l’enfance effacée ; le choc initial et réinitialisé par l’empreinte du maître de la conception et de la couleur matérialisée !

Silvio Cadelo libère en nous l’esprit primitif et nous voici passé sur l’autre versant de l’inconscient entre le monde extérieur et le monde intérieur.

Un monde de vibrations, de palpitations, un monde d’intensités, jusque-là réservé à celui qui l’éprouve en son fort intérieur. Le dessin en va relever le tracé, comme la courbe d’un appareil enregistreur inscrit les variations d’un courant sans pour autant pouvoir le capter, juste solliciter une émotion, un transfert de sons et de lumière…

Mon-Dieu
Mon-Dieu est un enfant qui saute à la corde avec une mouche, les yeux fermés.

Cette composition vidéo est le pilote du projet de film d’animation 3D : « L’enfant à la mouche ». La partie finale de ce projet prévoit une séquence destinée à devenir autonome et accéder au statut d’icône.Cette icône en mouvement, loin de poursuivre une représentation allégorique, se propose comme une présence, en qualité d’image, dans une réalité qu’Élie During définit comme « un ensemble innombrable d’images virtuelles ». Je l’appelle, précise Silvio Cadelo, avec la légèreté nécessaire : « Mon-Dieu », en rapport avec l’irréductible singularité de l’individu et à la multiplicité de ses virtualités.

Ici, comme suggéré par un logo, le mot « Mon » est le véritable dieu. L’enfant saute à la corde. Son corps s’appuie sur une jambe en forme de « y », deux cuisses partent du bassin et se réunissent au niveau du genou d’où s’articule la partie inférieure d’une jambe dotée d’un seul pied dont les orteils sont disposés symétriquement. Le torse est bandé jusqu’au bassin qui laisse voir deux petits sexes en érection.

Cette particularité est en relation avec les yeux fermés de la créature, ils sont les symptômes de l’état de rêve. L’enfant qui rêve saute à la corde avec une mouche qui semble l’accompagner dans le jeu. La mouche a une place de renom dans l’histoire de la peinture. Les rayons qui couronnent la tête de l’enfant présentent les couleurs primaires du système de couleur RVB qui, en se croisant, composent les couleurs complémentaires.

Pour les ressources iconographiques, Silvio Cadelo se réfère à deux exemples picturaux, la « Madone avec enfant », de Carlo Crivelli plus particulièrement sur deux des personnages de ces tableaux : l’enfant et la mouche, ainsi qu’au peintre Filippo Lippi et sa marternité.

Le concept de Silvio Cadelo est une liberté de l’emprise limitative de la pensée logique, où certains artistes maintenaient le culte strict des formes, passé à la poésie en se vouant à la couleur et au mouvement. Silvio Cadelo, étendait à l’abri de son atelier, de son laboratoire, les racines dans les profondeurs de l’âme et apprenait à refléter jusqu’à sa part inconsciente : le vécu et non plus seulement le pensé ; l’artiste pouvait atteindre par une technique différente, les formes et les couleurs ne s’associent alors que pour créer des images subjectives.

Dirigé par l’intelligence lucide, l’image peut s’astreindre à représenter des faits déterminés, à figurer des idées ; mais livrée à elle-même et aux jeux de la rêverie, elle devient l’émanation directe de notre être.

S’il existe par ailleurs un langage à l’intelligence dévolu à la parole, l’art de Silvio Cadelo nous libère de notre nature pesante, confuse et totale.

« L’art est la force admirable de créer des dieux…Le polythéisme avait préfiguré le libertinage et la pluralité de pensée de l’homme : la force de se créer des dieux nouveaux et personnels, de plus en plus nouveaux et personnels ; en sorte que, de tous les animaux, l’homme seul échappe à la fixité des persperctives et des horizons éternels. »

F.Nietzche.

Biographie :

L’artiste, né  à Modena dans le nord de l’Italie, après avoir obtenu le diplôme des beaux-arts et l’habilitation à l’éducation artistique, est affichiste-acteur et scénographe avant d’aborder la bande dessinée en 1979. Ses premiers travaux paraissent dans plusieurs magazines dont « Frigidaire » et « Linus ». Il illustre le « Manuel de zoologie fantastique »d’Ettore Tibaldi et le jeux de rôle « VII° Legio ». Pour les éditions Gentiane, il publie le portfolio « Strappi », sorte de détails de fresques imaginaires qui suscite l’intérêt de A.Jodorovsky avec qui il signera deux albums de la Saga d’Alandor, pour les Humanoïdes Associes.Installé à Paris, il crée la première B.D. interactive avec « Envie de chien » pour le magazine « A SUIVRE » chez Casterman. Chez Abin Michel, il publie « La fleur amoureuse » ou, comme pour « Perverse Alice » aux Humanoïdes Associés, il aborde le thème érotique.Pour Kodansha, il dessine la suite d’« Envie de chien » sous forme de manga « Les enfants de Lutèce ». Parallèlement à la bande dessinée, Cadelo peint des toiles de grande dimension sur lesquelles il « capture » les détails d’une immense peinture imaginaire mais visible par petites zones éclairées. Casterman publie « Décollages », un recueil de ses plus beaux dessins,toiles et illustrations. A récemment abordé l’art vidéo et participé aux festivals «VIDEOFORMES » de Clermont-Ferrand et « INSTANTS VIDEO » à Marseille. Il figure dans les catalogues respectifs, ainsi que dans le catalogue de l’exposition

«Jeune création 2011»dans le cadre du partenariat avec le festival « INSTANTS VIDEO »

 

Bibliographie :

INTRODUZIONE ALLA ZOOLOGIA FANTASTICA
texte de Ettore Tibaldi, Éditions, EDITIEMME.

VII° LEGIO jeux de rôle,  Éditions, International Time.

STRAPPI, Ed. Gentiane.

SKEOL,  Ed. Aedena.

LA SAGA D’ALANDOR                                                                                            Ed.Humanoïdes Associés

PERVERSE ALICE                                                                                                                           Humanoïdes Associés.

DECOLLAGE,  Éditions, Casterman.

ENVIE DE CHIEN, Éditions, Casterman.

ENVIE DE CHIEN « DEUX MOUCHES BLANCHES », Éditions, Casterman.

LA FLEUR AMOUREUS,  Ed. Albin Michel.

LES PLAISIRS DE SATURNIN, E.d Glénat.

L’HOMME AUX DINOSAURES Texte deJ-P Andrévon, Éditions du Seuil.

LES FLEURS SECRETES Poèmes de Pierre Louÿs, Éditions, Vertige Graphique.

ENVIE DE CHIEN « LES ENFANTS DE LUTECE » 3 tomes, Ed.U S A.

SULIS ET DEMI-LUNE  2 volumes :

1 ENTRE SANG ET EAU

2 ENTRE GLACE ET FEUX, Éditions,DARGAUD.

YPSINE et la carte du tendre, Éditions,BAGHEERA.

LIBERA tome 1 « TI MÖM »  co-scénariste P.BOISSERIE, Éditions, GLENAT.

LIBERA tome 2 « GRAN MOM » co-scénariste P.BOISSERIE, Éditions, GLENAT

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