Nouveauté : Le Portfolio de Yi Myung Rim

Entre l’encre et le mûrier ! À la rencontre du pays du matin calme…
L’espace culturel gingko’art de pontoise propose un extraordinaire portfolio, réalisé par l’artiste coréenne Yi Myung Rim ; Ce coffret comprenant quatorze impressions numériques fait suite à l’exposition, « Le Christ dans L’Art », et aux travaux inédits dans l’histoire de l’Art, revisiter par l’abstraction le chemin de croix et les Stations, sur les traces des grands Maîtres de la peinture ancienne.
Le portfolio est tiré à 30 exemplaires seulement, sur le plus beau des papiers Albrecht Dürer et chaque planche disposée entre les feuilles de papier végétal obtenu à partir du mûrier de Corée ; puis, signée par l’artiste à la main ainsi que des cachets rouges.

Il faut prendre le temps d’écouter ces textes.
Les laisser fondre dans notre existence.
Sentir leur parfum.
Déguster leur présence.
Parcourir leurs sillages,
Qui ne laissent pas de trace.

Ancien poème du Bouddhisme Coréen.

Avec cette œuvre inédite dans l’histoire de la peinture contemporaine, l’artiste renoue avec la tradition, illustrant ainsi les cérémonies  fréquentes pendant le carême, et surtout le Vendredi saint.
Par ses compositions subtiles et pleines d’énergie, Myung Rim s’accorde aux sources de l’âme et au miroir de l’esprit, ainsi le spectateur ne discerne plus si le paysage intérieur est un reflet du paysage extérieur-ou le contraire. Le dialogue du dessin et de l’encre se poursuit, mais dans un autre univers, mystique et primordial.
L’intelligence, l’intuition et une maîtrise parfaite des techniques, nous fait découvrir ici, un  disciple révélé par  l’enseignement et la philosophie des grands maître d’Extrême-Orient, et précisément de ceux qui furent profondément imprégnés de bouddhisme, ou de la philosophie morale du Tao.
Une célèbre phrase de Paul Valéry, à laquelle les surréalistes souvent se réfèrent, constate que « l’homme possède un certain regard qui le fait disparaître ; lui et tout le reste, êtres, terre et ciel ; et qui fixe un temps, hors du temps. » Mais l’oeuvre de Myung Rim ne fait pas disparaître les êtres, la terre, le ciel, elle anéantit seulement toute séparation entre l’homme et Dieu, entre la spiritualité et l’homme.

C’est à l’âge de13 ans, que la jeune adolescente découvre les écrits du philosophe chinois Zhuangzi et son ouvrage, « le rêve du papillon ». L’auteur, apprécié par celle qui venait de découvrir les métaphores de l’écrivain avait permis de révéler une
sensibilité naturelle, elle avait alors pris conscience du silence dans lequel était muré ce qu’il y avait de plus précieux, de plus unique et inexploré en chacun.

L’expression du vide comme un état primordial et nécessaire à toute création objective, le vide par quoi tout commence et tout s’achève ; un principe que l’artiste préconise dans la construction métaphysiques de ses créations.
Le papier coréen hanji (한지 en coréen, 韓紙 en caractères chinois) est fabriqué à la main à partir d’une pâte de Mûrier à papier cultivé en Corée (mucilage visqueux). Il est utilisé pour l’écriture, la peinture, les emballages, les papiers spéciaux et sert également de tissu. Ces nombreuses qualités rendent son utilisation permanente en Corée : longévité, résistance, doux, lisse au toucher, blanc allant jusqu’à être translucide, absorbant, excellent pour la peinture, résistant aux insectes et aux champignons. Dès le XIe siècle, la Corée a exporté le papier hanji en Chine puis dans les autres pays de l’Extrême-Orient.

Le matière première se compose de fibre de mûrier – appelé dak – à papier : les branches de mûriers sont récoltées, épluchées, cuites, lavées, blanchies à la lumière. Ces branches de mûriers ont été cultivées dans l’année et récoltées l’hiver. La cuisson se fait à la vapeur, on enlève l’écorce noire des branches pour ne garder que l’intérieur de celles-ci. On effectue une seconde cuisson avec des cendres de végétaux. À ce stade, il ne reste que 8 % de la quantité initiale avant un lavage à l’eau courante de manière à blanchir les fibres. Dans un deuxième temps, il convient de préparer la pâte à papier par le mucilage des végétaux et l’ajout de racines d’hibiscus. À l’aide de maillets de bois, le papetier effectue un battage doux sur pierre ou sur bois.

Les feuilles sont réalisées à l’aide de panneaux qui font des tissages de fibres ; la pâte est posée deux fois sur le panneau pour que les structures soient équilibrées à gauche et à droite. S’ensuivent: les actions de pressage avec des maillets, d’essorage, de séchage sur les panneaux. À la finition s’effectuent les actions de lissage avec des maillets, de dotchim, de battage manuel qui augmente la densité du papier afin que le papier offre une surface régulière et la moins poreuse possible.

Les panneaux appelés en occident formes sont constitués d’un châssis en bambou et de fibres en crin de cheval.
Depuis son adolescence, Apollinaire connaît la Corée à cause de son intérêt passionné pour l’Extrême-Orient et il décrit — cas rare pour les écrivains français — des aspects pittoresques de la Corée dans son œuvre. Nous ne pouvons pas savoir exactement comment Apollinaire a découvert ce pays. Michel Décaudin note la lecture par le poète du Journal asiatique, en relevant que l’intérêt d’Apollinaire pour l’Asie est dû à sa curiosité inlassable pour les sujets étonnants et inattendus, d’où la légende chinoise des pihis et  des pimus introduite dans «Zone» d’Alcools. Il explique aussi la connaissance que le poète a de la poésie coréenne par la lecture de la même revue des années 1896-18971.

« Quand il pleut, pour protéger son chapeau de crin, le Coréen ajuste, par-dessus, un cône de papier huilé, qui a exactement la forme d’un filtre, se replie et se glisse dans la poche lorsqu’il fait beau temps. La robe est garantie par un vaste manteau également en papier huilé, et rien n’est plus surprenant que cette superposition d’habits d’un nouveau genre, dans lesquels se promènent, étrangement engoncés, les graves citadins qui ne circulent pas en chaise.

Il me faudrait tout un chapitre pour raconter la fabrication de ce fameux papier coréen, fort résistant, indéchirable, et ses nombreux usages. […] Bref le papier et la paille ont des usages innombrables en Corée.
L’inconnu écouta un moment avec attention ces rumeurs. Tout à coup il se leva, et, faisant un geste à la fois efféminé et théâtral, la main droite étendue, la gauche sur son cœur, tandis que des sites oraux s’avançait le cortège, il s’écria :
«Royaume ermite! ô pays du Matin Calme! »
Guillaume Apollinaire

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