Les impressions de Yi Myung Rim

L ‘artiste Coréenne, installée à Pontoise depuis  plusieurs années, signe ses premières réalisations en manière de lithographies ; une série de quatre compositions abstraites tirées par le laboratoire Anxolab de Paris. Chaque épreuve est imprimée à quinze exemplaires sur papier hahnemühle Fine Art Albrecht Dürer.

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« Soyez à vous-mêmes votre propre refuge. Soyez à vous-mêmes votre propre lumière».
de Bouddha
Extrait du Dhammapada

Les quatres éléments souhaité par l’artiste ont été réalisé dans l’esprit et la tradition des multiples sur une qualité de papier correspondant par la texture et la beauté, à ceux utilisé par les Maîtres anciens, des XVème et XVIème siècle…comme Albrecht Dürer ou encore Martin Schongauer et Roger van der Weyden.
Des planches d’une exceptionnelle paisibilité ou l’encre rivalise de contraste, de lumière et de profondeur.

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L’espace et l’art de la lumière.

La forme vaincue par la lumière : L’antagonisme, le duel du jour et de la nuit . Pour exister,  la clarté lutte contre l’ombre. Car, Paul Valery l’a dit :

« Mais rendre la lumière
Suppose d’ombre une morne moitié ».

On ne peut aborder la lumière sans voir surgir immédiatement son double néfaste qui cherche à l’entamer, à la détruire, à l’anéantir. L’agression d’ailleurs est réciproque.
Cette alternance de la lumière, qui fait exister les choses, et des ténèbres, qui les replongent dans un apparent néant, cohabitent avec et grâce à la symbolique instinctive que l’artiste traduit avec une imagination, une concentration extrême.
Une lumière associée au vide lumineux, à l’air, à l’impalpable, tandis que le noir traduit la masse opaque et dense de la matière.

Yi Myung Rim dispose sur une table de petits récipients contenant cette précieuse substance noire, épaisse et profonde comme les abysses de la pensée et colore peu à peu la surface du papier pour juger de l’effet et de la disposition de tous les corps entre eux, des circonvolutions de la matière, et cherche sans cesse à s’inspirer de la lumière, à la recherche de l’unité de la forme et du contenu…Puis, la feuille propose les aspects de la nature et de la vie, tels qu’ils nous sont représentés par l’artiste, en accord avec nos habitudes spatiales, que notre regard soit sollicité de tourner et comprendre des volumes réduits à deux dimensions et remis en relief par une juste répartition des ombres et des clairs. Les créations de Yi Myung Rim reflètent alors des états de conscience, ses compositions obéissent aux lois de l’équilibre et de l’harmonie, mais encore à une logique interne, organisatrice des mouvements et des attitudes.

La gravure : Une tradition millénaire en Corée, Yi Myung Rim s’inspire des Maîtres du Tripitaka, un retour vers les sources créatives du Pays du Matin calme.

Le Goryeo Daejanggyeong (Tripitaka de la dynastie Goryeo), que les érudits contemporains appellent le « Tripitaka Koreana », est un recueil coréen du Tripitaka (textes sacrés bouddhiques). Gravé sur 81 258 tablettes de bois au XIIIe siècle, sur ordre de la dynastie Goryeo de Corée (918-1392 apr. J.-C.).

Ce recueil est actuellement conservé au temple d’Haeinsa au sud-ouest de la péninsule coréenne. On l’appelle souvent le Palman Daejanggyeong (« Tripitaka des quatre-vingt mille ») par référence au nombre de planchettes de bois qui le composent.Le Tripitaka (« la triple corbeille » en sanskrit), Daejanggyeong en coréen, renvoie au recueil des textes sacrés du bouddhisme, ou canon bouddhique, qui ont trait aux entretiens avec le Bouddha (Sutta-pitaka), aux règles de la vie monastique (Vinaya-pitaka), et aux commentaires des soutras rédigés par des moines et érudits renommés (Abhidhamma-pitaka).

Quand le bouddhisme se répandit en Extrême-Orient via la Chine et que les textes bouddhiques furent traduits à partir de diverses langues de l’Inde et de l’Asie centrale en chinois classique (lingua franca des lettrés dans tout l’Extrême-Orient, y compris
la Corée), plusieurs pays tentèrent de les retranscrire sur des tablettes de bois pour en accroître la diffusion.

Cependant, le Tripitaka Koreana est le seul canon complet subsistant en Asie continentale.Les tablettes du Tripitaka Koreana et d’autres textes sacrés ont une grande valeur culturelle en tant qu’exemples des meilleures techniques d’impression et de publication de l’époque. Chaque tablette fut systématiquement et méticuleusement préparée, et gravée individuellement avec un grand sens de la beauté et beaucoup de régularité. L’excellente conservation des tablettes n’est plus à démontrer car elles peuvent imprimer, aujourd’hui encore, des exemplaires précis et complets du Tripitaka, 760 ans après leur réalisation.
L’encre de Chine 墨 est un type d’encre principalement utilisé pour l’écriture orientale, le dessin et la peinture. Elle jouit d’un prestige exceptionnel auprès de nombreuses personnes, qui mettent en avant son caractère indélébile et définitif, et une réputation de produit mystérieux, issu de secrets de fabrication ancestraux, etc. La réalité est plus nuancée.
Par sa grande densité, qui lui vaut auprès du grand public une réputation (fausse) d’« encre indélébile », elle est autant utilisée pour le trait et pour le remplissage que pour le lavis, par mélange avec une plus ou moins grande quantité d’eau selon l’intensité recherchée.
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De la « Pierre Noire » au « Noir de Fumée ».

Le caractère chinois de l’encre, 墨 ou Mo (Me) est une combinaison de deux caractères, 黑 hei ou « noir » et 土 “t’u” qui signifie « terre » (me= tou+he). On retrouve des objets peints à l’encre de Chine 4000 ou 5000 av.J-C 1.
La «  Pierre noire » : Les Chinois font remonter l’invention de l’encre à Tien-Chen sous le règne de Houang-ti (2697 avant J.-C.) : c’était alors une sorte de laque qu’on déposait sur de la soie avec un bâton de bambou puis la laque fut remplacée par une pierre noire qu’on trempait dans l’eau. Le Kian-King-Yuan-Cheng-Ki donne le nom de cette encre : Heï-tan-che-nié.Cette pierre Me selon les auteur exprimait une liqueur noire, après avoir été mouillée ou bien un suc noir, ou bien on la calcinait en poudre, et on en faisait une encre liquide de cette poudre. L’Empereur Vouvang (1120 avant J-C.) aurait eu comme dicton : « Comme la pierre «me», dont on se sert pour noircir les Lettres gravées, ne peut jamais devenir blanche; de même un cœur noirci d’impudicité retiendra toujours sa noirceur. ».
Le Mo Ch’ing est un livre chinois signifiant Livre sur Encre écrit par Tchao Kouan-tche au XIIème siècle. Le Mo pu fu shu ou « Livre de la fabrication de l’Encre » fut écrit par Li Hsia-su de la dynastie Sung. Il y a encore bien d’autres livres écrits sur ce sujet comme les Mo-p’ou fa-che, 1095 « Le manuel de l’encre avec recettes et échantillons » de Li Hiao-mei vers 1100, Fang shih mo p’u, Ch’eng shih mo yuan et Mo fu chi yao. Le Yen lin ou Forêt des pierres à encre de Yu Huai, fut écrit en 1600 puis le Pao yen t’ang yen pien ou Discussion sur les pierres d’encre de Ho Chu’an-yao et Tuan his yen shih sur les Pierres de Tuan Hi’s par Wu Lan-hsui, publiés en 1830.

En 260 avant J.-C. on commença à faire de l’encre noir de fumée par combustion de laque avec du charbon de bois de sapin, qui se présentait sous la forme d’une grosse boule et fut préférée à l’autre, la meilleure provenant des sapins de collines de Lou-Chan province de Xiang-Xi, qui avait le privilège de la fabrication de l’encre.
En 620, le roi de Corée, dans ses présents annuels qu’il faisait à l’empereur de Chine, avait mis plusieurs morceaux et tablettes d’une encre magnifique composée de noir de fumée et de gélatine de corne de cerf. Cette encre était si éclatante qu’elle ressemblait à un vernis : ceci suscita l’émulation des Chinois, qui se mirent à en étudier la composition, parvinrent à imiter l’encre coréenne : ce serait l’encre de Chine.

C’est donc sous la dynastie des Tang (618-904) qu’on commença à faire du noir de fumée qui était dur comme la pierre. Le Li-ché (Si) était le fonctionnaire chargé de la fabrication des encres dans les fabriques, il devait envoyer chaque année un tribut de bâtons d’encre de Chine à la cour. Cette charge était héréditaire. Sous les Tang, les bâtons d’encre portaient une inscription mentionnant le fabricant. Sous cette dynastie des Tong, l’empereur Hiaun-Tsong envoyait chaque année 336 boules d’encre Chang-kou aux deux collèges qu’il avait fondé. Les bâtons de King-huan portaient d’un côté les caractères Siang-Pi (jade parfumé) et Fou-mo-tze de l’autre. Tchou-feu fabriqua alors dans « l’atelier où brûle le sapin » de l’encre très estimée portant la devise Hsiuan- tchong-tze ou Cho-chiang-tze.
Li-Tchao (李超, Xi-Tchao, Xi-Zhao) et son fils s’établirent alors à Choo-tcheou et y établit une fabrique d’encre près d’une forêt de sapins. Son fils Li-ting-Koueï (李廷珪) devint expert pour fabriquer les encres, présentée en forme de gâteau rond ou en forme d’épée ( Kien-ki). Son encre était célèbre pour rester intacte, six mois après immersion dans de l’eau. Il avait quatre qualités d’encre : première qualité (koueï), seconde qualité (koueï), troisième qualité (koueï), quatrième qualité (Chi-Ting-koueï). Jao-li-tching-Koueï accompagnait sa signature avec une petite phrase publicitaire « Après cent ans je suis dure comme pierre et mes traits ressemblent à la laque. » L’encre de la famille Xi plut à l’empereur Tang Li Houzhu, qui donna à Xi Zhao le nom impérial « Li » à toute sa famille.
Tchang-yu en était le fabricant le plus célèbre. Les bâtons Long-chiang-ki ou encres parfumées au dragon étaient destinées au palais impérial. Il fabriquait aussi des boules d’encre ornées de dragons enroulés et de l’encre parfumée au musc (Tchan-yu-tchou-chiang-moo). Pang-kou et Tchaï-Sin furent encore deux fabricants célèbres.

« Si le papillon s’est brûlé à la lumière, la lumière a connu les ailes du papillon et les a aimées ».
Extrait de la bible.

Signatures de Yi Myung Rim, en français, en coréen et en chinois et les visuels des  cachets à l’encre rouge de l’artiste.

Signature en françaisSignature en chinois
Signature en coréen
Cachet à l'encre rouge carré Cachet à l'encre rouge circulaire

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