L’espace culturel Gingko’Art de Pontoise et les journées du Patrimoine :« La Création Animalière contemporaine II », du 20 septembre au 14 décembre 2014.

L’espace culturel Gingko’Art de Pontoise et les journées du Patrimoine : l’inauguration d’un nouveau rendez-vous artistique sur le thème de la représentation animale II, à l’occasion des journées Européennes du Patrimoine. Une nouvelle exposition placée sous le signe du surréalisme dans la création animalière contemporaine… L’invité d’honneur est la plasticienne italienne Laura Cadelo-Bertrand sélectionnée par le MAD, museum de New York pour exposer soixante créations originales.

Ce deuxième rendez-vous de la création animalière contemporaine se déroulera à partir du 20 septembre prochain, en harmonie avec les Journées du Patrimoine. Une nouvelle exposition dont l’ambition première est de revisiter l’Art animalier, avec des disciplines aussi variées que le dessin, la gravure, la photographie, la peinture et la sculpture; cette année plusieurs nouveautés pour la deuxième édition, du design, de la vidéo . plus de quarante œuvres d’art réalisées par douze artistes dont quatre représentants(es) des Ateliers de la Cité Cézanne de Pontoise.

Avec la participation de Klod Amar, Laura Cadelo-Bertrand, Silvio Cadelo, Salvador Dali, Audrey Duchet-Caillas, Fanny Fage, Dominique Giral, Isabelle Panelas-Huard, Clotilde Prévost, Mirabelle Roosenburg, Bernadette Wiener et Myung Rim Yi.

La relation au patrimoine peut quelquefois confiner au passéisme ou à la nostalgie. L’introduction, apparemment paradoxale au sein du patrimoine, d’artistes pleinement engagés dans les problématiques actuelles est pourtant susceptible de retisser un lien vivant entre le passé et notre époque contemporaine. Mais si l’art éclaire le patrimoine, il convient néanmoins de ne pas l’instrumentaliser :

L’art reste irréductible à une mission précise, il s’épanouit par la liberté qu’il incarne.

Klod Amar, une artiste pontoisienne participe à cette nouvelle aventure animalière avec une œuvre originale intitulée « Myrmécophaga-tridactyla».

en fait, un ensemble de dessins sur le thème de la personnalité esthétique des fourmis, un prétexte plasticien à une installation qui propose l’observation sous verre, à la loupe, du comportement de ses charmantes créatures…

Une création métaphorique de la société, un plaidoyer pour la paix dans le monde !

Klod-Amar,-__Myrmécophaga-t

Les entomologistes savent depuis longtemps que certaines espèces de fourmis forment des sociétés très unies, qui comptent des millions d’individus. Ces insectes présentent des comportements complexes, tels que le contrôle de la circulation, la gestion des déchets, l’élevage des pucerons, la culture des champignons, et, plus surprenant encore, la guerre, sous forme d’engagements organisés d’une armée contre une autre, où les deux camps risquent d’être anéantis.

En fait, nous ressemblons davantage aux fourmis qu’à nos plus proches parents vivants, les grands singes, qui vivent en sociétés beaucoup plus restreintes. Nous nous ressemblons jusque dans nos stratégies guerrières ! Pour les fourmis, comme pour l’homme, la guerre implique une étonnante variété de choix tactiques quant aux modes d’attaque et aux décisions stratégiques déterminant où et quand livrer bataille.

« Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, la sur-réalité […] c’est à sa conquête que je vais. »

Une plongée dans l’univers de Dali.

L’art de Dali tourne essentiellement autour de lui-même. C’est pourquoi, on retrouve, dans ce court-métrage, les symboles propres à la mythographie du maître du surréalisme.

Les fourmis, par exemple, récurrentes dans l’œuvre de Dali, symbolisent la putréfaction. Le fait de vivre sans se poser de question sur la vie, le fait d’agir sans se demander pourquoi cette action, tombée dans la routine, mène immanquablement à la putréfaction.

Dans le film, « Le chien Andalou »l’homme, en regardant sa main, peut-être trop consacrée à l’onanisme, se rend compte de cette putréfaction et cette prise de conscience déclenche ce besoin de donner une impulsion à sa vie.

Une invité d’honneur en la personne de Laura Cadelo-Bertrand, une artiste italienne spécialisée dans le design et la sculpture .

Sculptrice, jewel Designer, lampes, décors…

Laura-Cadelo-Bertrand,-_Jar

Depuis 1997 sur la base de ses propres créations théâtrales, elle créer des sculptures, des décors et des bijoux artistiques en utilisant principalement les métaux.

De 2001 à 2007 elle créer des bijoux pour diverses marques de mode et en 2007 elle ouvre son atelier – espace vente à Reggio Emilia, où sont souvent organisées des expositions d’artistes de tous genres.

Elle a exposé á la Triennale de Milan, à la Fondazione Monte Paschi Siena (« Insetti Insiena » 2013), dans nombreuses galeries et publiée sur des magazines tels que Vogue, Elle, Vanity Fair, A&D, Illustrati, Collezioni (Accessori, Trends, Haute Couture Sposa).

Elle participe régulièrement au Salon parisien « Maison & Objet », où elle a été sélectionnée pour le secteur CRAFT géré par les Ateliers d’Art de France.

Elle est co-fondatrice de l’Espace artistique « Ateliers Viaduegobbitre » à Reggio Emilia, formé par plusieurs artistes de diverses disciplines qui organise régulièrement expos et évènements.

Elle a été nommée pour les Arts & Crafts Design Award 2014, et invitée au MAD Museum de New York à exposer 60 pièces pour l’évènement sur la bijouterie contemporaine LOOT Mad for Jewelry 2014, du 4 au 6 octobre 2014.

Sylphide créature aux allants mécaniques,
La demoiselle s’abandonne aux migrations
Pour l’azur meilleur et dans sa folle ascension
L’insolente poursuit son envolée oblique.
Quel est donc cet orfèvre des arts métalliques
Qui te vêt des tourmalines attributions ?
Diaphanes élytres sous les hélianthes scions
–
Ton enveloppe flamboie de feux organiques.
La libellule, ma passionnelle bestiole
Sait consoler dûment mes peines vitrioles.

Silvio Cadelo est né le 10 octobre 1948 à Modène, est un auteur de bande dessinée italien. Après avoir fait les beaux-arts, il intègre une troupe de théâtre expérimental. Son parcours théâtral dure quelques années au cours desquelles il officie en tant que scénographe, acteur et metteur en scène.
Il travailla également comme affichiste. À la fin des années 1970, tenté par la peinture, il se porte finalement sur la bande dessinée qu’il juge moins mercantile. Il dessine pour les revues italiennes Linus, Alter et Frigidaire. Il rencontre alors Jean Annestay qui lui ouvre des perspectives sur la France. En 1981, il publie son premier album Skeol au graphisme très inspiré de l’école Métal hurlant, notamment Moebius. On y découvre sa propension pour les créatures aux morphologies exotiques, que l’on retrouve à la même époque dans ses illustrations pour le jeu de rôle VII Legio d’International Team1 et dans Introduzione Alla Zoologia Fantastica d’Ettore Tibaldi. À l’occasion de la publication du portfolio Strappi, Annestay demande à Alejandro Jodorowsky d’en écrire la préface. Séduit, Jodorowsky lui propose de travailler ensemble, Cadelo s’installe alors à Paris pour réaliser La saga d’Alandor avec lui, mais leurs ambitions divergent sur l’orientation du récit et le courant passe mal entre les deux artistes, la série restera inachevée avec deux tomes. Néanmoins, ce travail l’aura fait connaître et aura familiarisé le public avec son style particulier empreint de symbolisme.

Silvio-Cadelo,-_In-Karna_

Se glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit.
Suivre tes pas, ton ombre à la fenêtre.
Cette ombre à la fenêtre c’est toi, ce n’est pas une autre, c’est toi.
N’ouvre pas cette fenêtre derrière les rideaux de laquelle tu bouges.
Ferme les yeux.
Je voudrais les fermer avec mes lèvres.
Mais la fenêtre s’ouvre et le vent, le vent qui balance bizarrement
la flamme et le drapeau entoure ma fuite de son manteau.
La fenêtre s’ouvre: ce n’est pas toi.
Je le savais bien.

Salvador Dali

Originaire de Catalogne, Salvador Dali entre en 1921 à l’École des Beaux-arts de Madrid, d’où il est renvoyé en 1926 pour indiscipline. De cette formation, il conserve malgré tout l’amour de la grande peinture, qu’il complète par la découverte des avant-gardes artistiques telles que le Futurisme italien, le Cubisme et l’œuvre de De Chirico. À cette époque, il fréquente les milieux anarchistes et se lie d’une profonde amitié avec le poète Federico Garcia Lorca, qui écrit l’Ode à Salvador Dali, et avec Luis Buñuel alors étudiant.

Il commence à produire une œuvre personnelle autour de 1927, par exemple la toile intitulée Le sang est plus doux que le miel, qui dépeint un paysage désertique où sont dispersées des figures insolites, dont ses premières formes molles. Mais ce n’est qu’avec le film Un Chien andalou, réalisé en 1929 avec Luis Buñuel, qu’il s’impose dans le milieu artistique et attire l’attention des Surréalistes.

Au cours de l’été 1929, ses nouveaux amis lui rendent visite en Catalogne avec, parmi eux, Helena Diakonova, surnommée Gala, future compagne de Dali. La même année a lieu sa première exposition personnelle à Paris. À partir de 1930, le scandale causé par la projection de L’Age d’or accroît sa notoriété. Il réalise de multiples objets surréalistes et applique à sa peinture la méthode paranoïaque critique.

Pendant la guerre, il séjourne aux États-Unis où il produit des illustrations, des publicités et rédige sa biographie, La Vie secrète de Salvador Dali. Il conçoit aussi des décors de théâtre et de cinéma, notamment pour Spellbound en 1945 (La Maison du Dr Edwardes) d’Alfred Hitchcock. Par la suite, il partage son temps entre New York, Paris et Port-Lligat, où se trouve sa propriété de Cadaqués, ne cessant d’apparaître au cours d’interventions provocatrices.

Salvador-Dali,-__Caducée__

Audrey Duchet-Caillas ou la vie en plein vol : J’ai devant les yeux un visage hallucinant, un visage composé de morceaux d’espace ou plus exactement, l’ expression d’un visage qui n’a que cela à montrer, un instant d’excès : une expression très marquante mais sans identité particulière. D’identité, il en eut forcément une ce visage, mais la peinture l’a ignorée car il n’était pas important que ce visage pût être identifié en tant que visage de telle ou telle personne mais en tant qu’expression ou simple état possible du visage humain. Mais alors pourquoi cette expression plutôt qu’une autre, sinon parce que dans son excès, celle-ci a la capacité de frapper l’ attention. Le choix du traitement n’est donc pas innocent. Pour provoquer une émotion révélatrice, Audrey Duchet-Caillas a choisi de montrer un aspect particulier du visage humain. S’il fallait absolument classer la peinture de A.D.C dans une catégorie, on pourrait dire alors qu’elle réalise une peinture possédant les caractères d’une vision extraordinaire. Extraordinaire ne signifie pas fantastique, car c’est bien notre monde qu’elle peint, pas les chimères qui apprivoisent notre terreur cosmique. Chaque peintre possède une capacité de saisie particulière qui sur la toile devient le signe emblématique de sa vision. Le signe de Audrey, son style, c’est la vitesse de saisie. Quant à la peinture proprement dite et ses techniques, elles sont sommées d’obéir à quelqu’un qui ne prend le temps de s’attarder ni aux rêves ni aux détails.

Audrey-Duchet-Caillas

Extrait d’un texte de Claude Margat du 7 Novembre. 2013

Les plaines de la mer, immobiles et nues,
Coupent d’un long trait d’or la profondeur des nues.
Seul, un rose brouillard, attardé dans les cieux,
Se tord languissamment comme un grêle reptile
Au faîte dentelé des monts silencieux.
Un souffle lent, chargé d’une ivresse subtile,
Nage sur la savane et les versants moussus
Où les taureaux aux poils lustrés, aux cornes hautes,
À l’oeil cave et sanglant, musculeux et bossus,
Paissent l’herbe salée et rampante des côtes.

Fanny Fage est née à Algrange, en Moselle en 1987.

« Après des cours d’aquarelle et de dessin durant mon enfance et mon adolescence, la décision était prise : je voulais travailler dans le monde du dessin, et plus précisément celui de l’illustration ! Quelque chose m’attirait dans le fait de donner vie aux mots, aux textes par la réalisation d’images. Une amie m’a raconté une fois que, lorsqu’elle était petite, alors qu’elle lisait un livre, elle s’était soudain précipitée vers sa mère en lui disant : « je ne comprends pas, quand je lis, j’ai des images qui viennent dans ma tête ! » Quelque part, je trouve cela magique de pouvoir moi-même poser ces images sur le papier, afin de partager ce qu’un texte m’évoque.

Après une licence arts plastiques à Montpellier, j’ai effectué 3 années d’études à l’ESA St Luc de Bruxelles, en option illustration où j’ai pu pleinement évoluer dans mon domaine, et trouver, petit à petit, un style graphique qui me convienne. »

Fanny-Fage,-_Chat-final_-

Je vis et travaille au Plessis Bouchard dans le Val d’Oise ! J’ai des projets plein la tête, qui j’espère, se retrouveront très prochainement en librairie et ailleurs !

« Donner vie aux mots et aux images…Voilà le but de Fanny Fage, dessinatrice dans l’âme et illustratrice depuis la fin de ses études en art. Fanny Fage cherche en permanence, par l’aquarelle et le dessin, à transcrire ses sentiments, son imaginaire sur papier.
Mais au contraire d’une simple illustration, les oeuvres de Fanny Fage se suffisent à elles-mêmes. Ce sont des planches douces, poétiques et mystérieuses, empruntent d’une vague nostalgie et d’une réelle intemporalité. On peut y admirer la finesse du dessin et la légèreté de la couleur, mais aussi et surtout se créer, grâce à ses planches, de nouvelles histoires, des contes d’hier et aujourd’hui. »

Dominique Giral artiste numérique basé à Saint-Ouen-l’aumône, propose une œuvre interactive ou le spectateur influence le déroulement des images.

Le visiteur contemple l’évolution des images et des sons dans un espace émotionnel.

Le temps ne s’arrête pas, mais le visiteur, par son mouvement, peut influencer momentanément le déroulement des images: De notre naissance dépend l’association d’un des 12 animaux de l’astrologie chinoise ( selon les mois ) et de l’un des cinq éléments (selon l’année : Bois, Feu, Terre, Métal ou Eau) pour établir un cycle sexagésimal ( note : quel coïncidence avec mon age pour la création de ce travail ). Par ce biais, je souhaitai montrer une certaine diversité de notre univers par une boucle de vie qui se renouvelle jamais de la même manière, mais qui vit dans la complémentarité (YIN YANG) .

Dominique-Giral,_yinyang_

«  Acteur et spectateur »

Le visiteur contemple l’évolution des images et des sons dans un espace émotionnel.

Avec de l’infiniment petit jusqu’au fin fond de l’univers toujours en mouvement, le YIN YANG se colore selon les caractères des animaux ou selon les cinq éléments .

Les couleurs peuvent être arbitraires en rapport avec les éléments selon notre connaissance, mais aléatoires en début et en fin de cycle (la naissance ou la mort )

le YIN ( ombre ) Yang ( lumière ) peuvent être symbolisés par le soleil ou la lune, le masculin ou le féminin.

Ce sont les symboles qui constituent l’univers ou les deux formes complémentaires prises par l’énergie ( un rapport avec la théorie de la relativité ? ), les deux polarités qui s’attirent ou se repoussent.

Le temps ne s’arrête pas, mais le visiteur, par son mouvement, peut influencer momentanément le déroulement des images:

Les animaux sortent de leur parcours ou virevoltent
La pluie ou les astres modifient leurs trajectoires

Les animaux de l’astrologie chinoise expriment des traits de caractères où l’on peut se reconnaître ou non, qui expliquent notre diversité et nos complémentarités.

Isabelle Panelas-Huard dite Isabelle Huard commence sa carrière artistique en 1999. Elle fréquente alors l’atelier de l’ADAC de Paris, dans la section modèle vivant. Deux ans plus tard, elle fait sa première exposition au Festival européen de la sculpture avenue Georges V à Paris.

A ses débuts, elle sculpte des nus dans un style académique avant d’évoluer vers un style personnel. Son univers se peuple alors de personnages asiatiques et d’animaux. Elle rapporte de ses voyages des sujets à thèmes, en particulier des Mandarins et des Samouraïs.

Les animaux se font peu à peu très présents avec des hippopotames, des ours, tout en rondeur, aux formes épurées, aux surfaces lisses. Actuellement ses recherches la conduisent vers un travail en force, au couteau, de façon à accentuer la dynamique de l’animal, à donner plus de relief à ses lignes et ses caractéristiques propres. En fonction du message qu’elle veut véhiculer, elle imprime plus ou moins fortement son empreinte dans la terre. C’est le cas de son fameux Rhino-féroce, très travaillé.

A noter que ces animaux sont souvent traités dans un sens symbolique, avec une attention toute particulière portée à la tête, généralement plus grosse que la normale : rhinocéros et hippopotames nous apparaissent dotés d’une tête qui fait la moitié du corps alors qu’en réalité elle représente le tiers.

Isabelle Huard développe régulièrement son apprentissage dans le domaine de la ciselure, du moulage et de la patine dans la fonderie d’art Chapon.

L’artiste participe à de nombreuses exposition depuis 2001, en particulier le salon des Artistes indépendants, le salon Nature et animaux à Paris, le salon international du monde de la culture et des arts à Cannes. Ses travaux ont été de nombreuses fois récompensés, en particulier son Rhino-Féroce, trois médailles d’or. En 2004, elle vient d’être sélectionnée pour le Salon National des Artistes Français. Elle signe ses pièces I.P.H, monogramme de son nom.

Isabelle Panélas-Huard, après avoir travaillé avec différentes galeries de Paris (place des Vosges), de province et à l’étranger (Allemagne, Suisse, Italie), est actuellement exposée en permanence à la « galerie 23 » au domaine de Rochevilaine à Billiers, ainsi qu’a la galerie « les artistes et la mer » à St Malo.

Isabelle-Panelas-Huard,-_To

Ses secrets partout qu’il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé
Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l’ai quitté
Et les teintes d’aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d’une nuit d’été

Clotilde prévost résidente de la Cité Cézanne de Pontoise nous propose cette année l’originalité surréaliste avec la réalisation sculpturale d’une impressionnante mouche de métal et de jeux de miroirs. L’oeuvre est réalisée spécialement pour l’espace Gingko’Art, et, sera placée sur le plancher de verre situé dans la chapelle du XVème siècle, là où bossuet fût sacré Évêque de Condom, le 21 septembre 1670.

Jʼinstalle dans le paysage des sculptures dʼanimaux. La sculpture pouvant devenir environnement.

Mouche 1 est une sculpture faisant suite à une succession de Vaches* où le matériau métal et miroir joue avec le vide et le plein, créant des jeux dʼoptique, dʼapparitions, disparitions, fragmentations …

Lʼoeuvre rejoignant ainsi le domaine de lʼart cinétique. Mouche 1 ouvre à travers son regard les perspectives de lʼanamorphose et du mouvement.

Sa structure filiforme est légèreté, apportant aussi un effet vibratoire au touché. Pensée de Dali :

Imaginativement la vie humaine nʼa pas plus de valeur que la vie dʼune mouche.

Pratiquement, je respecte toute vie, même celle dʼune mouche, animal aussi énigmatique et admirable quʼune fée.

Clotilde-Prévost,-__Mouche-

J’ai horreur des mouches sales. Je n’aime que les mouches proprissimes/très propres.

Salvador Dalí


Mirabelle Roosenburg
nous propose cette année un ensemble, une trilogie de trois collages ;

l’un d’entre eux est utilisé pour la conception de l’affiche de l’exposition.

La technique du collage est particulièrement apte à provoquer cette étincelle. Les surréalistes en furent particulièrement conscients. Le nombre des collages qu’ils ont exécutés en témoigne.

De tous les surréalistes, Max Ernst est certainement celui qui a composé le plus de collages, dont il exécuta les premiers en 1920. Il les réunit dans trois grands recueils qui sont restés en date dans l’histoire du surréalisme: La Femme sans Tête (1929), Rêve d’une petite fille qui voulut entrer au Carmel (1930) et Une Semaine de Bonté ou les Sept Péchés capitaux (1934).

Mirabelle-Roosenburg,_conso

Max Ernst : « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage. »

« Le mot image veut dire ce qu’il veut dire, ce qu’on lui fait dire, aussi bien ce que les gens ont appelé une métaphore : c’est un mot un peu drôle, un peu savant, comme une figure ou un visage de rhétorique, toutes ces choses ont des noms ! Mais du moment qu’on écrit avec de l’encre ou un crayon, on peut faire des images aussi, surtout comme moi, quand on ne sait pas dessiner, on peut faire des images avec de la colle et des ciseaux, et c’est pareil qu’un texte, ça dit la même chose ».

Jacques Prévert.

Avec l’artiste sculptrice-céramiste Bernadette Wiener, l’idée dominante de son œuvre intitulée « Célestes », c’est de proposer l’inattendu, changer les repères, accueillir le sourire…
Nécessité d’aller sur des chemins plus légers que ceux empruntés dans les installations que je réalise par ailleurs. Dérision et poésie sont ici mes guides, même si la part symbolique est toujours présente.

Le choix de l’éléphant avec tout ce qu’il évoque dans la civilisation indienne et africaine, dans nos propres souvenirs d’enfant, ce qu’il représente aujourd’hui dans notre monde «électronisé», le fait de le placer où il n’est pas attendu… La présence du ressort et de ses volutes, de la spirale qu’il développe… Autant d’éléments que je vous propose pour susciter vos propres rêveries, vous laisser vagabonder dans votre imaginaire. Et si les Célestes c’était moi, c’était toi, c’était nous :
l’enfant qui reste en chacun, le facétieux qui sommeille en tout être sérieux, le tendre qui se cache derrière les gros durs,
L’esprit vagabond qui se trouve pris au piège de la réalité…
La sortie serait-elle là où l’on ne l’attend pas …

Bernadette-Wiener,-__Célest

Et moi j’apercevais – pourtant
Qu’on fût loin de Cythère –
Un objet singulier. Mystère :
C’est un éléphant.
Notre maison étant tout proche,
On le prit avec nous.
Il mettait, pour chercher des sous
Sa trompe dans ma poche.

Yi Myung Rim a étudié sans cesse tout ce qui était nécessaire à sa finalité, et ne commence jamais un tableau sans avoir bien médité sur les attitudes de ses figures qu’elle dessine toutes en particulier avec soin. Aussi nous pouvons sur ses premières pensées et sur les simples esquisses qu’elle fait, connaître que son ouvrage est conforme à ce qu’elle présage du résultat.

Les créations de Yi Myung Rim reflètent alors des états de conscience, ses compositions obéissent aux lois de l’équilibre et de l’harmonie, mais encore à une logique interne, organisatrice des mouvements et des attitudes.

Quand Yi Myung Rim peint un tableau, que ce soit un songe, une plaine, un océan ou le ciel, la voie lactée ou la planète du Petit Prince, songez toujours à la présence de l’homme, à ses affinités de joie ou de souffrance avec un tel spectacle ; alors, l’artiste,
d’une voix intime vous parlera de ses origines, de ses occupations, de ses inquiétudes, de ses prédilections ; l’idée entraînera dans cette galaxie l’humanité tout entière, en créant un paysage mental, vous penserez à illuminer la vie, à l’histoire du monde…

Yi-Myung-Rim,-_Nautile_

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots ! que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir, quand vous venez vers nous…

La sculpture animalière est un genre de sculpture qui se caractérise par des œuvres dont le sujet principal est un animal, domestique, sauvage ou imaginaire.

En Europe, la sculpture animalière a longtemps été tenue pour mineure. Elle connaît un tournant à l’occasion du Salon de Paris de 1831 où une sculpture d’Antoine-Louis Barye intitulée le Tigre dévorant un gavial suscite l’admiration du public. Barye est l’un des premiers sculpteurs à abandonner la représentation mythologique de l’animal au profit d’une représentation naturaliste. C’est à cette période, à la fin du XIXème siècle, que se développe le renouveau de la sculpture animalière.

Cette année le surréalisme dans la création animalière est le fil conducteur, le lien entre les artistes, entre la forme animale et les formes du désir.

Le surréalisme s’inspire des théories psychanalytiques de Freud. À travers une exploration de l’inconscient et l’interprétation des rêves, les surréalistes proposent des images de mondes poétiques empreintes d’une atmosphère énigmatique.

Au début du siècle, les nouvelles théories de Freud sur l’inconscient et l’analyse des rêves intéressent et fascine nombre d’intellectuels.

Cette nouvelle approche de la personnalité de l’individu et de l’être ouvre de nouvelles perspectives aux artistes qui voient à travers la création artistique une excellente manière d’explorer davantage ce monde énigmatique et intérieur qu’est le MOI.

Mais les surréalistes ne cherchent pas à interpréter les rêves ou l’inconscient. Ils les révèlent esthétiquement. C’est une sorte de création du rêve à travers la peinture. D’ailleurs, les artistes de ce mouvement tentent de se mettre en état de rêve pour créer. Leurs tableaux sont une expression du fonctionnement de la pensée.

Max Ernst propose des mondes étranges peuplés d’êtres hybrides fantastiques qui évoquent les représentations du passé médiéval de Jérôme Bosch ou des Riches Heures du Duc de Berry.

Magritte crée des images fortement symboliques, énigmes et de non-sens linguistiques. L’artiste semble s’amuser de jeux de mots ou jeux de sens en composant des images de mondes poétiques.

C’est ainsi qu’il nous peint pas exemple le fameux tableau Ceci n’est pas une pipe (en effet, c’est la peinture d’une pipe), ou encore des visages sur lesquels se dessinent des nuages (on peut vraiment avoir la tête dans les nuages). Le style de ses tableaux est très net et a un caractère presque naïf comparé à celui de Dali.

contre le silence de la nuit ; contre les chouettes, dont le vol oblique leur rase le museau, emportant un rat ou une grenouille dans le bec, nourriture vivante, douce pour les petits ; contre les lièvres, qui disparaissent en un clin d’œil ; contre le voleur, qui s’enfuit au galop de son cheval après avoir commis un crime ; contre les serpents, remuant les bruyères, qui leur font trembler la peau, grincer les dents ; contre leurs propres aboiements, qui leur font peur à eux-mêmes ; contre les crapauds, qu’ils broient d’un seul coup sec de mâchoire (pourquoi se sont-ils éloignés du marais ?) ; contre les arbres, dont les feuilles, mollement bercées, sont autant de mystères qu’ils ne comprennent pas, qu’ils veulent découvrir avec leurs yeux fixes, intelligents ; contre les araignées, suspendues entre leur longues pattes, qui grimpent sur les arbres pour se sauver ; contre les corbeaux, qui n’ont pas trouvé de quoi manger pendant la journée, et qui s’en reviennent au gîte l’aile fatiguée ; contre les rochers du rivage ; contre les feux, qui paraissent aux mâts des navires invisibles ; contre le bruit sourd des vagues ; contre les grands poissons, qui, nageant, montrent leur dos noir, puis s’enfoncent dans l’abîme ; et contre l’homme qui les rend esclaves. Après quoi ils se mettent à courir dans la campagne, en sautant, de leurs pattes sanglantes par-dessus les fossés, les chemins, les champs, les herbes et les pierres escarpées.

Lautréamont, Les Chants de Maldoror, I

Dalí était un grand passionné des mouches qu’il considérait comme l’insecte paranoïaque-critique par excellence, cependant il exprimait une aversion atavique pour les fourmis. Lorsqu’il était petit, il vit une fourmi dévorer un lézard en état de décomposition. Plus tard, déjà adolescent, dans ses rites de sublimation de l’angoisse et de l’exorcisme de la mort, il avait l’habitude de se risquer à regarder une caisse pleine de fourmis illuminées par des gouttes phosphorescentes afin de conjurer le funeste Destin. Ainsi, ses insectes, emblème de Cérès, restèrent associés à l’image de la mort et c’est pour cela que l’apparition des fourmis tout au long de son œuvre transmit une connotation lugubre. Dalí, toujours ambivalent, a incorporé à son univers boulimique le beau qui l’exaltait mais aussi le sinistre qui l’horrifiait et il Dalínisa aussi bien ses craintes que ses phobies, sentiments qui étaient, pour lui, inextricablement liés. Pour lui, la répugnance est une sentinelle qui reste très proche de nos plus profonds désirs. Pour preuve, une procession de minuscules et frénétiques fourmis parcourt toute son œuvre, pullulant à travers ce saisissant, extravagant et singulier camembert paranoïaque-critique qu’est l’espace temps Dalínien.

***

« La Création Animalière contemporaine II », du 20 septembre au 14 décembre 2014.
L’exposition participe aux journées Européennes du Patrimoine : ouverture le samedi 20 septembre de 10h à 19h, et le dimanche  21 septembre de 10H à 19h.

Le site de la Fondation Gala – Salvador Dali :
http://www.salvador-dali.org/

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