Sur les ailes du temps: un rendez-vous placé sous le signe de la représentation animale et de la vanité

Nouvelle exposition à l’espace culturel Gingko’Art de Pontoise:

Un rendez-vous placé sous le signe de la représentation animale et de la vanité: Sur les ailes du temps, cette nouvelle exposition propose aux visiteurs de partir vers un voyage intérieur et d’entendre les voix du silence!

L’œuvre d’art délivre celui qui la crée, mais aussi ceux qui la contemplent de leurs tensions intérieures en leur permettant de les extérioriser.

Le troisième rendez-vous de la création animalière contemporaine se déroulera à partir du 10 septembre prochain et jusqu’au 10 novembre 2015. Une nouvelle exposition placée sous le signe de l’Art animalier et plus particulièrement des techniques de la photographie.

Des « exclusions » en tirages numériques réalisées par l’artiste Auréliane Chaillet-Vestur, un travail qui plonge le spectateur dans le monde de Kafka et de « La Métamorphose », aux « Jungles urbaines » proposées à partir de clichés-verre par la photographe Catherine Gugelmann, un panorama incomplet et partial de la créativité de la représentation animale dans le street art, à travers des photographies réalisées à Paris, Berlin, Marseille,Bruxelles ou New York. Alors que le contexte urbain accentue la frontière entre Nature et Culture, une faune exilée hante les murs des capitales et interroge sur la présence de l’animal dans nos vies.

L’espace culturel Gingko’Art est heureux de rendre hommage à la trentième édition du festival baroque de Pontoise et de présenter en partenariat avec nos amis de la musique une exposition sur le thème de la vanité, huit subligraphies réalisées par l’artiste Enzo Abak et présentées dans la chapelle du XIVème siècle.

Une série de peintures numériques teintée d’influences hétéroclites et baroques, des crânes scintillant de rêves ont parfois fait sombrer des équipages dans la nuit sans faire ce vain détour par la gloire et la fortune.

L’exposition se prolonge avec une œuvre symboliste réalisée par l’artiste numérique Dominique Giral, la « Rosace.» La rosace symbolise la terre ou les planètes, la terre et ses quatre éléments ( la terre, le feu, l’air et l’eau ) , les schémas de l’harmonie des saisons et des éléments, des éléments et des humeurs du corps humain.

«Acteur et spectateur»

Le visiteur contemple l’évolution des images et des sons dans un espace émotionnel.

L’œuvre d’art délivre celui qui la crée, mais aussi ceux qui la contemplent de leurs tensions intérieures en leur permettant de les extérioriser. Telle un sismographe ultra-sensible, elle enregistre les désirs et les craintes, la façon de concevoir la vie et le monde, les émotions familières, et la façon d’y vibrer propre aux hommes d’une même foi, d’une même époque, d’un même groupe social, d’une même culture. En même temps, l’art est un des rares moyens dont dispose un individu pour rendre perceptible aux autres ce qui le différencie d’eux : le monde de rêves, de tourments ou d’obsessions dont il est seul à porter le poids. De chacun, alors, il exprime ce qu’on croyait inexprimable : son secret.

Memento mori,
« Souviens-toi que tu vas mourir! »

La nature de l’amour-propre et de ce moi humain est de n’aimer que soi et de ne considérer que soi. Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu’il aime ne soit plein de défauts et de misères : il veut être grand, il se voit petit ; il veut être heureux, et il se voit misérable ; il veut être parfait, et il se voit plein d’imperfections ; il veut être l’objet de l’amour et de l’estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris.

Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu’il soit possible d’imaginer ; car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts. Il désirerait de l’anéantir, et, ne pouvant la détruire elle-même il la détruit autant qu’il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres ; c’est-à-dire qu’il met tout son soin à couvrir ses défauts et aux autres et à soi-même, et qu’il ne peut souffrir qu’on les lui fasse voir ni qu’on les voie.
C’est sans doute un mal que d’être plein de défauts ; mais c’est encore un plus grand mal que d’en être plein et de ne les vouloir pas reconnaître, puisque c’est y ajouter encore celui d’une illusion volontaire. Nous ne voulons pas que les autres nous trompent ; nous ne trouvons pas juste qu’ils veuillent être estimés de nous plus qu’ils ne méritent : il n’est donc pas juste aussi que nous les trompions et que nous voulions qu’ils nous estiment plus que nous ne méritons. »

(Pascal, Pensées)

Variation sur les vanités

« Vanité des vanités, dit le Maître, oui vanité des vanités !

Tout est dérisoire. Quel avantage l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil » Ecclésiaste « Loué soit Dieu, le Père de notre Seigneur : Jésus le Christ, car il nous a comblés des bénédictions de l’Esprit dans le monde céleste qui, toutes, sont en Christ. » L’homme le plus sage de tous les temps, Salomon, a éprouvé toutes les satisfactions de son temps sur le plan du pouvoir, de la science, des plaisirs du corps, de tout ce qu’on peut imaginer alors. Il a fait toutes les expériences possibles, tiré toutes les déductions, examiné toutes les possibilités pour conclure enfin : « Vanité des vanités ! Tout est vanité » et ce mot vanité désigne quelque chose qui n’existe pas: le néant: tout est néant ! Voilà ce qui caractérise ce qui est sous le soleil, sur cette terre sans relation avec Dieu qui est dans le ciel. « Quel profit tire l’homme de tout son labeur dont il se tourmente sous le soleil »

Auréliane CHAILLET-VESTUR

aureliane

EXCLUSION

L’artiste nous propose ici un travail plongeant dans le monde de Kafka et de
« La Métamorphose ». 

C’est en utilisant la métaphore des insectes que je souhaite parler du phénomène d’exclusion que ressentent, de par une différence quelle qu’elle soit, des personnes au sein d’une société. Au travers de paysages et de portraits hybrides, l’insecte, sans nul doute l’animal le plus exclu de notre société, qui nous inspire peur, curiosité, sentiment d’envahissement et dégout se mêle à l’humain dans une représentation fantastique très imagée. L’exclu, en marge, devient tel qu’il est perçu ; un parasite qui ne peut que se greffer à une société qui le repousse.

Afin de réaliser ce projet, j’ai choisi le genre portrait ainsi que le genre paysage comportant deux approches.

Dans un premier temps, j’ai réalisé des photographies de paysages au grand format présentés en diptyques afin de confronter deux points de vues d’usagers de la ville: celui qui en fait partie intégrante dans son quotidien et celui qui comme l’insecte se glisse dans ses interstices voyant tout sans être remarqué mais n’en faisant pas vraiment parti.

Le premier point de vue représente ce que l’ont exclu consciemment ou inconsciemment lors de nos déplacements, dans l’espace urbain, dans notre quotidien. Le principe de l’anti scheimpflug sert à mettre en exergue une seule partie de l’image (une seule ligne de netteté), afin de souligner cette exclusion visuelle. Le second, point de vue de l’insecte, de l’exclu, présent dans des interstices, perçoit tout de façon net car il ne peut se permettre d’exclure quoi que ce soit de sa vision.

J’ai réalisé dans un deuxième temps, des photo-montages entre des paysages et des éléments insectes. J’ai, pour cette approche, voulu représenter à travers des greffes dans le paysage urbain, les personnes exclues qui ne peuvent que venir se greffer à la société sans parvenir à s’y inclure totalement. Ces paysages imaginaires où quelque chose s’est glissée sont inspirés du travail de John Goto dans sa série « Hight Summer ». Ces greffes insectes perçues comme venant parasiter l’espace urbain sont également en lien avec le travail du sculpteur Tadashi Kawamata. Le paysage étonnant garde néanmoins des couleurs naturelles ce qui permet une progression dans un univers fantastique.

Dans un dernier temps, j’ai également produit des photos montages représentant des êtres hybrides et fantastiques à partir de portraits et de photographies d’insectes réalisés en studio avec un éclairage construit. Inspiré du travail de J. Bosch et de F. Kafka ces créatures sont dans des postures d’exclusion comme la honte, la souffrance, le repli sur soi même.

Ces images volontairement fantastiques pour la plupart d’entre elles résultent de ma volonté de faire passer un message face à ces exclusions autrement que par un reportage plus proche de la réalité. Ma passion des insectes a également pesé dans mon choix de ce sujet et c’est en ramenant ces « petites bêtes » à une échelle humaine que je souhaite attirer l’attention sur ceux à qui nous ne prêtons que rarement attention.

Ce travail de photographie contemporaine cherche à faire passer un message mais aussi à provoquer chez vous, contemplateurs, des émotions et des interprétations qui vous seront propres.

« L’araignée qui fait peur est écrasée, le phasme parmi ses branchages est occulté, le papillon de nuit drogué de lumière est ignoré jusqu’à sa funeste overdose, une cité de fourmis devenue gênante gazée. »

Catherine Gugelmann

catherine

Née en 1969, Catherine Gugelmann commence la photo à 16 ans.

Après des études de cinéma, elle travaille comme photographe indépendante puis, depuis 2001, avec l’Agence France Presse et l’agence Opale. Tout en privilégiant le portrait, elle développe un travail personnel présenté en expositions, mêlant numérique et argentique, autour du street art, du corps et des portraits d’animaux. »

Pour la présentation de l’exposition « Jungle urbaine » autour de la création animale:

« Jungle urbaine » présente un panorama incomplet et partial de la créativité de la représentation animale dans le street art, à travers des photographies réalisées à Paris, Berlin, Marseille,Bruxelles ou New York. Alors que le contexte urbain accentue la frontière entre Nature et Culture, une faune exilée hante les murs des capitales et interroge sur la présence de l’animal dans nos vies. Bestiaire ludique où animaux réels et imaginaires affichent leur personnalité, s’imposant, démesurés, sur toute une façade ou à déceler, minuscules, au détour d’une ruelle.

J’ai voulu donner une vision pérenne à ces silhouettes fugaces, prolonger la durée de vie de ces visions

J’ai voulu mêler numérique et argentique dans ma démarche. Avec le numérique, faire la prise de vue, nettoyer les traces et dégradations, et ajuster la réalité à mon idée. Avec l’argentique, retrouver la poésie de l’aléatoire, utiliser des plaques de verre du début du XXème siècle et leur émulsion chimique altérée comme ces surfaces de mur soumises aux diktats du temps qui passe.

J’ai voulu donner une vision pérenne à ces silhouettes fugaces, prolonger la durée de vie de ces visions colorées qui égayent la ville et sont vouées à disparaître sous les graffs d’autres artistes, les tracés intempestifs du vandalisme, les manifestations météorologiques ou sous le Torcher des services de la ville. »

Un portrait n’est pas une ressemblance. Dès lors qu’une émotion ou qu’un fait est traduit en photo, il cesse d’être un fait pour devenir une opinion. L’inexactitude n’existe pas en photographie. Toutes les photos sont exactes. Aucune d’elles n’est la vérité. »
Richard Avedon.

La photographe ne va pas seulement à la découverte d’images. Ou plutôt au cours de son exercice l’artiste découvre autre chose qui est la nature de son propre regard: d’où et comment elle regarde le monde. Apprendre à se connaître soi-même, finalement, c’est prendre connaissance de cet angle qui nous fixe dans un rapport singulier au monde.

Cette connaissance est d’un accès direct impossible. Il faut un détour pour qu’apparaissent la position subjective d’où on regarde. La photographie peut-être ce détour. De ce point de vue, une image s’origine en dehors d’elle-même, mais l’ombre de cette origine y est décelable : c’est l’ombre du regard du photographe.

«La photo n’est pas à l’extérieur du photographe, elle est en lui-même, comme la rencontre qu’il attend.»

Edouard BOUBAT

Le « Street art » est l’art, développé sous une multitude de formes, dans des endroits publiques ou dans la rue. Le terme englobe la pratique du graffiti, du graffiti au pochoir, de la projection vidéo, de la création d’affiche, du pastel sur rues et trottoirs. Le terme « street art » est habituellement utilisé pour distinguer une forme d’art d’un acte de vandalisme réalisé par un individu ou un groupe d’individus qui défendent leur territoire, qui expriment par le billet du graffiti leur appartenance à un groupe ou encore qui désirent passer un message qui n’a aucune valeur artistique.
La valeur subversive du « street art » est très puissante et les motivations qui poussent les artistes à afficher leur art dans la rue sont des plus variées. Parfois par activisme, parfois pour signifier un mécontentement face à un fait de société ou tout simplement pour passer un message percutant, le « street art » est un peu la tribune libre des artistes contemporains. Il s’agit d’un médium de communication très puissant qui vise un large public puisque facilement accessible et visible.

La rue devient un musée à ciel ouvert…
Enzo Abak

enzo

Cette série de peintures numériques est teintée d’influences hétéroclites et baroques.

Par ce biais je souhaite donner à mes vanités une liberté visuelle et symbolique plus large. J’évite de les rattacher trop explicitement à une époque ou un courant esthétique donné.

Elles oscillent entre la représentation sacralisée de la mort, la farce et l’effroi.

Pour ces variations, j’ai puisé l’inspiration non seulement dans des représentations très contemporaines de la mort, mais aussi dans des évocations plus tribales.

Invoquer les anciens esprits à travers les masques rappelle parfois l’effet de sidération produit par la diffusion continuelle d’images macabres déversées jusqu’à l’overdose par les médias actuels.»

Ces mises en scène revêtent un esthétisme souvent douteux, voire choquant.

Cette prolifération virtuelle finit par désincarner la mort dans nos cultures, mais le magnétisme qu’elle exerce reste naturellement aussi fort.

Une telle déréalisation m’apparaît comme une tentative, vaine par définition, de se soustraire à la décrépitude programmée. Le besoin de rentrer dans une transe visuelle qui ne livre aucun secret. Son pouvoir hypnotique réside dans la boulimie de représentations qu’elle exhibe.

J’expose ce télescopage visuel pour en tirer une harmonie paradoxale, comme si elle relevait d’une constante universelle, voire d’une nécessité culturelle.

Les Tableaux « Enchaînement » et « Mine d’Or » des subligraphies bienveillantes aux contours étranges de deux masques dorés qui correspondent à la fascination qui mêle les rêves de richesse et la foi en la bienveillance du sort.

Leurs regards voraces creusent l’espace et invitent le spectateur à y plonger.

J’ai voulu figer l’avidité, le vertige et la terreur, dans une seule et même expression, fondue dans un bain d’or.

Le masque « Mine d’Or » semble mâcher des dés d’or ou broyer les cailloux d’une mine.

Précieuses ou non, ces pépites indigestes étouffent son avidité boulimique et la pétrifie.

Le crâne bloque jalousement entre ses mâchoires ses rêves de pierre.

Le sourire du hasard se métamorphose finalement en rictus doré.

Le masque « Enchaînement » joue sur les deux sens du terme.

D’une part, les liens qui enchaînent, et d’autre part, le roulement implacable des cycles naturels qui poussent la vie dans l’abîme.

Sa surface est faite de maillons de chaînes inextricables soudées entre elles, épousant parfaitement sa forme.

Pris dans son propre excès, le masque devient lui-même objet de surabondance et affiche cette expression bouffonne et hallucinée propre à la suffocation.

Le Tableau « Crack » Subligraphie:

Le terme « crack » évoque une crise boursière. Plus trivialement, c’est aussi le nom donné aux champions. L’ironie veut que certains de ces champions sont régulièrement à l’origine des crises qu’ils chercheraient à nous épargner.

Cette vanité écarlate exhibe ses chiffres comme une peinture de guerre. Elle voudrait planter son étendard sur tous les écrans. Elle n’affiche ses courbes que sous leur profil le plus flatteur, comme un horizon trompeur.

Ce crâne grimé de graphiques se convertit en sinistre clown. Objet de dévotion moderne, l’économie commandant les activités humaines bat le rythme d’une ronde parfois macabre. Elle demande sacrifices et prosternation, telle une divinité insatiable.

Son ciel bleu promet un Paradis plombé, et son électrocardiogramme suit les rythmes boursiers avec frénésie.

Puis le public découvrira une série de 3 tableaux : Santa Muerte I, II et Croque La Mort.

Au Mexique, le rapport à la mort est très équivoque. Le mélange constant de sacré et de dérision, de fêtes et de fatalités mélancoliques me captivent particulièrement. L’humour et la « gourmandise macabre » ajoutent à ce cocktail une saveur particulière.

La série des Santa Muerte 1 et 2 s’inspire des crânes mexicains omniprésents dans cette culture, mais aussi d’un culte assez récent nommé Santa Muerte que l’église officielle taxe de satanique.

Ces dualités se traduisent récemment par une lutte insolite entre les cérémonies « traditionnelles » et les rituels parfois sulfureux du culte de la mort que prône Santa Muerte. Ces derniers puisent davantage leurs racines dans des adorations et des croyances religieuses pré-hispaniques et viennent bousculer les coutumes catholiques.

Le tableau Croque La Mort quant à lui, fait référence à cette coutume qui consiste à manger des têtes de mort sous forme de pâtisseries ou de friandises durant les fêtes. La métaphore évidente souligne son caractère folklorique banalisé et naïf, où enfants et adultes jouent à croquer la mort à pleines dents pour la conjurer, s’en emparer ou simplement l’accepter.

La Galaxie des Vanités
« La Galaxie des Vanités » se rattache indirectement à la série
des « Vanités Martiennes ».

Ici, les constellations formant une tête de mort sortent du chaos galactique.

C’est une allusion contemporaine à la recherche de la Terra Incognita qui supposait la traversée des océans, avec pour seul guide, la voûte étoilée.

Ces crânes scintillant de rêves ont parfois fait sombrer des équipages dans la nuit sans faire ce vain détour par la gloire et la fortune.

Réunir des astres pour courir aux désastres, ad vitam aeternam.

Tableau « Meridiani Planum II »

(Issu de la série « Les Vanités Martiennes* »)

Ce tableau fait partie d’une série intitulée « Les Vanités Martiennes ». Chaque œuvre porte le nom d’une région de la planète rouge.

Dans ce tableau, je symbolise la trace que l’homme espère laisser durant la prochaine étape de l’exploration spatiale que Mars représente.

Mais certains y avaient déjà projeté leur image narcissique en croyant distinguer à sa surface des visages humains qui ne sont en réalité qu’un chaos de roches fracassées et de cratères refroidis.

Le crâne déifié que j’ai placé au centre de l’impact, et le cycle perpétuel des autres crânes autour de lui représentent ce bel acharnement stérile à investir d’un caractère sacré la moindre pierre tombée du ciel, en oubliant que nous marchons déjà sur un caillou perdu dans l’espace qui file aussi vers sa désintégration totale.

J’aborde aussi dans cette peinture le fantasme de propager la vie à travers l’univers, dans l’hypothèse où elle n’aurait pas eu « l’intelligence » de se développer ailleurs que sur la Terre. Le désir impatient de se substituer à Dieu, et de tenter le Diable, avec l’infini pour limite.

Les contours arbitraires des constellations balisaient autrefois le chemin des explorateurs. Le désir d’expansion de l’humanité se tourne aujourd’hui vers Mars en priant pour y trouver d’anciennes traces de vie, qu’on appelle encore autrement : la mort.

Repousser inlassablement les frontières, c’est aussi s’exposer à une fin prématurée. C’est l’évasion, invariablement avortée, d’une prison dont les murs reculent toujours plus loin.

L’homme plante des drapeaux, imprime sa marque, dresse des temples et sculpte les montagnes. Il creuse des chemins qui ont parfois l’allure d’impasses ou la forme de tremplins qui se jettent dans un vide infini. Quels que soient l’élan et la vitesse, la nuit insondable le ramène à sa condition dérisoire.

J’utilise comme point de départ de ces créations des photos de Mars prises par HiRISE (télescope embarqué à bord de la sonde spatiale Mars Reconnaissance Orbiter) pour cartographier sa surface afin de préparer l’envoi de futures colonies humaines.

Dominique Giral

dominique

La «Rosace», un monde en état de rotation, le projet d’une installation interactive sur le mur de la chapelle du couvent des cordeliers, une architecture gothique pour recevoir le spectacle conçu par l’artiste numérique local.

Avec un ciel ou des astres toujours en mouvement, la rosace se colore selon les saisons et les planètes .

Chacun vit au rythme du temps. Le cycle des saisons s’enchaine inexorablement et nous rappelle le pouvoir et la beauté de la nature.

Dans le monde en rotation, l’homme acteur ou spectateur tente de nous en donner une représentation , en allant même au delà de son univers.

Le temps ne s’arrête pas, mais le visiteur, par son mouvement, peut influencer momentanément son déroulement:

  • La rosace ou le monde vont tourner, dans le bon sens ou à l’envers ?
  • Les vitraux, modulées en transparence ou en couleurs, filtrent le ciel à l’intérieur de la rosace ( une vision différente ou sélective du monde?) .
  • Des sons in-harmoniques de cloches l’interpellent alors que des sons harmoniques de chœur monastique l’incite à la méditation.
  • La pluie ou les astres modifient leurs trajectoires

Toutes les formes de rosaces réalisées dans nos églises et cathédrales ne sont pas des virtuosités uniquement architecturales et esthétiques, mais elles sont des schémas de la conception du Monde. Ces rosaces peuvent être comprises comme étant les représentations de rituels soit quotidiens, saisonniers, cosmiques ou liturgiques.

«Nous voulons intéresser le spectateur, le sortir des inhibitions, le décontracter
Nous voulons le faire participer.
Nous voulons le placer dans une situation qu’il déclenche et qu’il transforme par sa seule présence.
Nous voulons qu’il s’oriente vers une interaction avec d’autres spectateurs.
Enfin, nous souhaitons développer chez le spectateur une forte capacité de perception et d’action.»

Vingt ans auront suffi pour que l’ordinateur, artefact technologique principal de la fin du XXe siècle, investisse de manière durable le champ artistique et qu’une forme d’art prenne corps et s’affirme. Paru en anglais à Londres en 2003, cet ouvrage fait suite aux propos engagés par Michael Rush (Les nouveaux Médias dans l’art, trad. de l’anglais par Chr.-M. Diebold, Paris, Thames & Hudson, coll. L’univers de l’art, 2003), publié par le même éditeur à un an d’intervalle. L’auteure de L’art numérique esquisse un premier bilan de deux décennies – fastes au plan du développement technologique du médium numérique – et propose des pistes d’avenir.

Prenant soin d’éviter l’utilisation du qualificatif nouveau au risque d’ajouter au caractère éphémère de la dénomination qui est passée de « l’art à l’ordinateur » ou de « l’art informatique » des années 70 à celle d’« art multimédia » pour devenir aujourd’hui « art numérique », cette conservatrice – adjointe au département d’art des nouveaux médias du Whitney Museum à New York – rappelle d’entrée que la véritable nouveauté réside dans le degré de développement « auquel la technologie est parvenue [et que ce progrès technologique ouvre] des perspectives radicalement nouvelles à la création et à 7). Qu’on ne se trompe pas, » (p. l’expérience de l’art il ne s’agit pas pour Christiane Paul de plonger dans les racines de l’art technologique ou de l’art conceptuel pour justifier de l’articité des expériences relatées dans son ouvrage.

Bien au contraire, elle prend soin de rappeler les moments forts qui ont balisé l’introduction de la technologie dans l’art et replace le développement technique dans un contexte fertile qui amène certains artistes pionniers de la réflexion (Marcel Duchamp, László Moholy-Nagy, Man Ray et Raymond Queneau ainsi que les artistes de Fluxus, puis John Cage et Nam June Paik) tout comme certains parmi leurs dignes héritiers actuels à croiser potentialités et promesses technologiques avec leurs interrogations esthétiques.

Du concept visionnaire de Memex imaginé par Vannevar Bush, qui fait figure d’ancêtre de l’hypertexte, à la cybernétique de Norbert Wiener, de l’invention de l’hypertexte par Theodor Nelson que l’on côtoie au quotidien dans le réseau internet, toutes les inventions sont accompagnées du regard et de l’expérimentation d’artistes soucieux de remettre en cause l’unicité et la matérialité de l’art et curieux au point d’user des dispositifs techniques pour explorer, à travers la création artistique, des concepts aussi divers que l’aléatoire .

« Pour Malraux, l’art est, en soi, une médiation immédiate. Cette conception résonne avec celle de Kant pour qui l’art est une finalité sans fin opérant sans la médiation du concept. L’idéologie de l’art de Malraux est bien un point de vue de la médiation, mais d’une médiation qui n’aurait pas besoin de médiateur ni de technique propédeutique, ni même de sensibilisation. La rencontre avec l’art est dans la politique de Malraux le moyen de l’acculturation. »

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