Yi Myung Rim sur le chemin des Nymphéas: Entre l’eau et la lumière du peintre Claude Monet

« La femme-artiste possède un certain regard qui la fait disparaître; elle et tout le reste, êtres, terre et ciel; et qui fixe un temps, hors du temps.»

Yi Myung Rim portrait

« J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas… Je les cultivais sans songer à les peindre… Un paysage ne vous imprègne pas en un jour… Et puis, tout d’un coup, j’ai eu la révélation des féeries de mon étang. J’ai pris ma palette. Depuis ce temps, je n’ai guère eu d’autre modèle. »

Claude Monet

Le ministère de la culture et de la communication présente: « RENDEZ-VOUS AUX JARDINS » les, 3, 4 et 5 juin 2016.

Cette année: « Les couleurs du jardin », l’espace culturel Gingko’Art de Pontoise participe avec en exclusivité la présentation des Nymphéas, un hommage au peintre Claude Monet par l’artiste coréenne Yi Myung Rim.

Près de 3000 événements à découvrir partout en France pour la 14ème édition des Rendez-vous aux jardins. Retrouvez le programme des 2 300 jardins participants sur la carte interactive et dans la rubrique « Dans votre région » !

http://rendezvousauxjardins.culturecommunication.gouv.fr/

L’artiste coréenne s’inspire des chefs-d’œuvre du Maître de l’impressionnisme et trempe son pinceau dans l’eau de l’étang de Giverny; déjà, autrefois, l’artiste expressionniste américaine Joan Mitchell avait dans une technique picturale appelée « All over », réalisée de remarquable compositions abstraites. Tandis que le peintre chinois Zao Wou-Ki grand admirateur de Monet, réalisa en 1991 un triptyque intitulé hommage à Claude Monet qui évoque d’une part le pont et les nymphéas de Giverny.

Claude Monet

Au printemps de 1883, après avoir arpenté les rives de la Seine du Havre à Paris pendant vingt ans, Claude Monet (1840-1926) se fixe à Giverny. Le peintre a participé à l’aventure collective de l’impressionnisme et exposé aux quatre premières expositions du groupe, de 1874 à 1879. Auréolé de succès, il se retire et acquiert la maison du Pressoir en 1890. Sa peinture prend bientôt un tour différent. Alors que l’exaltation de la couleur demeure, l’étude de l’espace pictural l’occupe de plus en plus. En 1893, Claude Monet demande l’autorisation de détourner la rivière du Ru afin de créer un « jardin d’eau ». Il aménage un bassin enjambé par un pont, référence à l’art japonais qu’il apprécie tout particulièrement.

Dès 1899, avec la série des Nymphéas, Monet oriente son oeuvre vers une recherche inédite en s’attachant à un motif qui deviendra comme une signature. Ayant achevé en 1900 la série du pont japonais, l’artiste entreprend de se consacrer à l’étang fleuri de nénuphars. D’abord par intermittence, quand il ne travaille pas à sa série consacrée au Waterloo Bridge, puis de façon continue à partir de 1904, il se lance dans une grande série consacrée à ce thème. Du printemps à l’automne, l’artiste, installé au bord de l’étang, traduit simultanément sur plusieurs toiles des sensations qu’il reprendra ensuite à l’atelier. Les Nymphéas du MuMa, peints en 1904, font partie d’un ensemble de quarante-huit tableaux intitulés « Les Nymphéas, séries de paysages d’eau », exposés à la galerie Durand-Ruel à Paris en 1909.

« Le jardin de Monet compte parmi ses œuvres, réalisant le charme d’une adaptation de la nature aux travaux du peintre et de la lumière. Un prolongement d’atelier en plein air, avec des palettes de couleurs profusément répandues de toutes parts pour les gymnastiques de l’œil, au travers des appétits de vibrations dont une rétine fiévreuse attend des joies jamais apaisées (…). Il n’est pas besoin de savoir comment il fit son jardin. Il est bien certain qu’il le fit tel que son œil le commanda successivement, aux invitations de chaque journée, pour la satisfaction de ses appétits de couleurs. »

Georges Clemenceau

Monet conçoit donc les Nymphéas comme un ensemble devant lequel le spectateur peut laisser vagabonder son esprit, il voyage. Or ce voyage spirituel n’est possible que grâce à la grande maîtrise du peintre qui a su illustrer les changements éphémères de la lumière naturelle par ses habiles jeux de couleurs.

Méditation

Monet a soixante-quatorze ans quand il commence ce décor et son élaboration coïncide avec le début de la Première Guerre mondiale. Ce projet de peinture a une mission ambitieuse : réaliser une œuvre de paix dans un monde en guerre. L’artiste plonge le spectateur dans une nature pure et silencieuse propice à la rêverie et à la réflexion. L’indéterminé stimule l’imaginaire même si le regard est arrêté par quelques nymphéas, dont le rythme pourrait suggérer une douce musique. Ce paysage, sans présence humaine ni animale, pose une question sur le lien entre l’homme et la nature, un lien perdu, peut-être, avec l’ère industrielle et la civilisation urbaine. Plus on avance dans les salles, plus le calme et le silence nous entourent. Le temps s’écoule avec la course des nuages et la scansion des arbres. Une tonalité bleue, propice à la méditation et chère aux symbolistes, y domine. L’Orangerie prend, au cœur de Paris, une dimension paisible : c’est un havre où l’on s’abrite des trépidations de la vie moderne. Un message universel d’espoir et de recommencement possible est induit par le cycle rassurant de la course du soleil.

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*La force et la signification du geste créateur, le traitement large de toute la surface de la toile sans distinction de plans, sont autant d’éléments qui séduiront, après 1945, les jeunes artistes américains de l’expressionnisme abstrait, comme Joan Mitchell dans ses œuvres « all over ».*

Joan Mitchell et les nymphéas

Fonctionnant souvent en diptyque, les œuvres doivent être vues de loin, dans leur ensemble. Ainsi, Edrita Fried (1981) est constituée de quatre panneaux parcourus de grandes traces bleues, violettes et jaunes. Par endroits, on croit reconnaître des feuillages, des tiges. Le mouvement naît de ces gerbes colorées qui investissent tout l’espace. C’est depuis les années cinquante que Joan Mitchell, qui fait partie de l’École de New-York, réalise des toiles où la composition naît de la gestuelle. L’emploi de couleurs vives et variées, comme la répétition de gestes expansifs, caractérise son style expressionniste abstrait. Née à Chicago en 1925, l’artiste n’a pas seulement été influencée par des peintres américains, comme Franz Kline et Willem de Kooning. En 1955, Joan Mitchell s’installe en France pour rejoindre son compagnon le peintre canadien Jean-Paul Riopelle. C’est à Vétheuil, qu’elle passe l’essentiel de sa carrière, à quelques kilomètres de l’atelier de Claude Monet à Giverny. Marquée par les nymphéas du peintre impressionniste, Joan Mitchell peint de grandes toiles, avec pour ambition de retranscrire ses souvenirs de jardins environnants et les paysages de la Seine. Ainsi La Grande Vallée IX (1983) donne à voir la vallée de la Seine dans deux panneaux verticaux. Les larges coups de pinceaux envahissent l’espace.

Yi Myung Rim et les nymphéas

Par ses compositions subtiles et pleines d’énergie, Myung Rim s’accorde aux sources de l’âme et au miroir de l’esprit, ainsi le spectateur ne discerne plus si le paysage intérieur est un reflet du paysage extérieur-ou le contraire. Le dialogue du dessin et de l’encre se poursuit, mais dans un autre univers, mystique et primordial. L’intelligence, l’intuition et une maîtrise parfaite des techniques, nous fait découvrir ici, un  disciple révélé par l’enseignement et la philosophie des grands maître d’Extrême-Orient, et précisément de ceux qui furent profondément imprégnés de bouddhisme, ou de la philosophie morale du Tao. Une célèbre phrase de Paul Valéry, à laquelle les surréalistes souvent se réfèrent, constate que « l’homme possède un certain regard qui le fait disparaître; lui et tout le reste, êtres, terre et ciel; et qui fixe un temps, hors du temps.»

Mais l’œuvre de Myung Rim ne fait pas disparaître les êtres, la terre, le ciel, elle anéantit seulement toute séparation entre l’homme et Dieu, entre la spiritualité et l’homme.

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C’est à l’âge de13 ans, que la jeune adolescente découvre les écrits du philosophe chinois Zhuangzi et son ouvrage, « le rêve du papillon ». L’auteur, apprécié par celle qui venait de découvrir les métaphores de l’écrivain avait permis de révéler une sensibilité naturelle, elle avait alors pris conscience du silence dans lequel était muré ce qu’il y avait de plus précieux, de plus unique et inexploré en chacun.

L’expression du vide comme un état primordial et nécessaire à toute création objective, le vide par quoi tout commence et tout s’achève; un principe que l’artiste préconise dans la construction métaphysiques de ses créations.

Zao Wou-Ki et Claude Monet

Né à Pékin en 1921, dans une famille de grands lettrés chinois, Zao Wou-Ki passe son enfance à étudier la calligraphie, puis la peinture chinoise et occidentale à l’école des Beaux-arts de Hang-Tcheou. Il arrive à Paris en 1948 et s’installe à Montparnasse, la France étant devenue son pays d’adoption. Grand admirateur de Monet, Zao Wou-Ki réalisa en 1991 un triptyque intitulé Hommage à Claude Monet qui évoque d’une part le pont et les nymphéas de Giverny et d’autre part le pont que Zao Wou-Ki est parvenu à jeter entre la peinture chinoise et la peinture occidentale. Un paysage onirique à la gloire du génie des hommes. Comment Zao Wou-Ki a-t-il connu Monet ? Quel a été son impact sur son œuvre ? Quel rôle la France a t-elle joué sur lui ? sont les questions que nous posons à notre invité rencontré au domicile de l’académicien des beaux-arts. Yann Hendgen nous rappelle que Zao Wou-Ki a été formé en Chine, à l’école de Hang-Tcheou. Dans le cadre de cette formation il suit un double cursus composé de tradition chinoise (calligraphie, peinture chinoise) et de l’enseignement de la peinture occidentale (perspective, peinture à l’huile). Il étudie le fauvisme et l’impressionnisme.

C’est certainement à ce moment-là que l’académicien entend parler de Monet pour la première fois.

Il apparait évident que Zao Wou-Ki a cherché à aller au-delà de la simple étude de quelques tableaux du peintre impressionniste. Dès le départ il acquiert des livres, des revues, des périodiques qui traitent du Paris des années 40 mais il s’intéresse aussi à Renoir et Modigliani. Il voue très tôt un véritable intérêt pour l’impressionnisme. Lorsqu’il arrive à Paris, son premier geste est d’aller au musée du Louvre et au musée de l’Orangerie.

*Le all-over est une pratique apparue en peinture vers 1948, qui consiste à répartir de façon plus ou moins uniforme les éléments picturaux sur toute (en anglais all over) la surface du tableau ; celle-ci semble ainsi se prolonger au-delà des bords, ce qui élimine le problème du champ. Chaque coup de pinceau annule le précédent et le rapport de celui-ci avec la surface du fond. Cette technique a été inventée par Janet Sobel (1894–1968), peintre américaine d’origine ukrainienne. Jackson Pollock a vu son travail exposé en 1944, à la galerie Art of This Century, et s’en est inspiré pour créer ses propres drippings, en 19451. Avec sa manière, qui était de peindre une toile étendue sur le sol, il ne pouvait jamais voir la composition de façon globale. Par conséquent, la seule façon de lui redonner une unité était pour lui de répandre de la peinture partout, de manière égale[réf. nécessaire]. Dans son cas, il utilisait des bâtonnets et de la peinture industrielle, qu’il répartissait par gestes amples, mais contrôlés. Le résultat est une pure abstraction dans l’espace pictural.

Cycle des Nymphéas:

Offerts par le peintre Claude Monet à la France le lendemain même de l’armistice du 11 novembre 1918 comme symbole de la paix, les Nymphéas sont installés selon ses plans au musée de l’Orangerie en 1927, quelques mois après sa mort. Cet ensemble unique, véritable « Sixtine de l’impressionnisme », selon l’expression d’André Masson en 1952, offre un témoignage de l’œuvre du dernier Monet conçu comme un véritable environnement et vient couronner le cycle des Nymphéas débuté près d’une trentaine d’années auparavant. L’ensemble est l’une des plus vastes réalisations monumentales de la peinture de la première moitié du XXe siècle. Les dimensions et la surface couverte par la peinture environnent et englobent le spectateur sur près de cent mètres linéaires où se déploie un paysage d’eau jalonné de nymphéas, de branches de saules, de reflets d’arbres et de nuages, donnant « l’illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage » selon les termes mêmes de Monet. Ce chef-d’œuvre unique ne connaît pas d’équivalent de par le monde.

Expressionnisme abstrait :

Mouvement de peintres américains qui renouvellent l’abstraction après 1945. Chez ces peintres, le tableau est affirmé comme surface peinte et expérience intérieure du réel.

On distingue généralement deux groupes : le color field, qui valorise le champ coloré (Mark Rothko, Barnett Newman…) et l’action painting qui valorise la gestuelle (Jackson Pollock, Willem de Kooning…).

« Si je puis voir un jour le jardin de Claude Monet, je sens bien que j’y verrai, dans un jardin de tons et de couleurs plus encore que de fleurs, un jardin qui doit être moins l’ancien jardin-fleuriste qu’un jardin coloriste, si l’on peut dire, des fleurs disposés en un ensemble qui n’est pas tout à fait celui de la nature, puisqu’elles ont été semées de façon que ne fleurissent en même temps que celles dont les nuances s’assortissent, s’harmonisent à l’infini en une étendue bleue ou rosée, et que cette intention de peintre puissamment manifestée a dématérialisée, en quelque sorte, de tout ce qui n’est pas la couleur. »

Marcel Proust

Zao Wou Ki-COLLAGE 1

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IMAGINE LES ANIMAUX de DAN JACOBSON : soirée dédicace à l’espace GINGKO’ART 

L’ESPACE CULTUREL GINGKO’ART ET LES ÉDITIONS ISANDRA, PRÉSENTENT LE 19 NOVEMBRE PROCHAIN À PARTIR DE 18H30: LE NOUVEAU LIVRE DE DAN JACOBSON, « IMAGINE LES ANIMAUX », UNE SOIRÉE PLACÉE SOUS LE SIGNE DE LA DÉDICACE ET DU DIALOGUE AVEC LES ARTISTES PHOTOGRAPHES AURÉLIANE CHAILLET-VESTUR ET CATHERINE GUGELMANN AINSI QUE L’ARTISTE NUMÉRIQUE ENZO ABAK. ENTRE CRÉATION ANIMALIÈRE ET SUBLIGRAPHIES…

Quand le Possible devient Réel…

Le Maxi réalisme

C’est un mouvement réaliste imaginaire, un décalage par rapport au temps présent, passé, 
ou futur entre deux mondes qui se rejoignent, créant ainsi une virtualité plausible.
 Physiquement, tout est possible, concrètement le rêve l’emporte sur la réalité. Le Maxiréalisme s’éloigne du réalisme photographique, n’est pas figé comme l’hyperréalisme, plus humain, pas statique mais scénique, intimiste ou humoristique. Les toiles généralement de grand format, sont brossées ou lissées avec une exigence du dessin et de la perspective poussée à l’extrême de façon à perturber l’œil du spectateur et à créer l’ambiguïté entre le Rêve et le Réel.
 Le Maxiréalisme apporte une créativité contemporaine nourrie par l’héritage de nos anciens Maîtres.

Rimbaud n’avait-il pas des visions de Bateau Ivre lorsqu’il longeait la seine?”
Dan Jacobson.

Ce peintre absorbe le temps pour le remodeler dans un dérèglement qui prend tout son sens. Ses tableaux expriment l’éventualité d’une rencontre entre deux mondes complètement opposés et ne pouvant s’unir que par la force du rêve et de la perception. Le droit au rêve devient une réalité. Les normes du raisonnable se modifient au profit de l’impensable. Par le biais de sa peinture et de ses aquarelles, Dan Jacobson nous guide vers d’autres dimensions parallèles affleurant notre présent. Parfois, elles se résument à la téléportation d’un élément. Mais elles peuvent aussi se transformer en une confrontation entre deux époques. En clair, l’impossible n’est possible que lorsqu’il n’y a plus de barrière. Et cet obstacle, c’est le temps. L’artiste nous en livre la clé par le truchement d’un imaginaire bien plus que réel. Et c’est là le « Paris » de Dan Jacobson.

Extrait de « Arts  Actualités Magazine » de Harry Kampianne.

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
 d‘hommes !
Des arcs-en-ciel tendus comme des brides

Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

Dan Jacobson1

Dan Jacobson est un peintre français contemporain, né en 1942 à Paris. Il vit entre ses ateliers du Val d’Oise et de Paris.

Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Graphiques ESTIENNE, ses professeurs sont Albert Flocon et Jean Cluseau Lanauve.

1962 : Il Obtient le Grand Prix de l’Art et l’Industrie aux Beaux Arts de Paris.

La Marine Nationale lui commande un reportage de 40 aquarelles sur la vie des marins à la base d’Hourtin.

Parallèlement à sa peinture, il exerce une activité de Directeur Artistique dans les grandes agences de publicités parisiennes.

1975 : Roger Tagliana lui offre les cimaises de la « Maison de Van Gogh » à Auvers sur Oise pour sa première exposition, avec un reportage télévisé par Micheline Sandrel sur FR3.

1978 : la galerie Drouant lui décerne le prix de la Jeune Peinture parrainé par TOFOLI ;
il y exposera régulièrement.

Ses expositions à thème  se multiplient dans les galeries  en France et à l’étranger :
 » la mer et les marins pêcheurs, passion pour la voile, les marchés, les bistrots, Paris d’Hier et d’aujourd’hui, Evasion, à Fleur d’eau » ( galeries les Heures Claires / Médicis / la Caverne des Arts/ les Orfèvres / Drouant / Saint Roch / Colette Dubois / Arts Expo / Opéra Gallery / l’Orée du Rêve …)

1995 : création du mouvement « MAXIREALISTE » au Salon COMPARAISONS;
il en devient le chef de file.

Pendant la Coupe du Monde de Football, il expose au Toit de la Grande Arche
ses grandes toiles « Imagine Paris » …

Depuis l’Edition 1999, Dan figure au « BENEZIT »

2001 : Il est l’invité officiel à MEXICO de « FRANCIA 2001 » organisé par le centre Français du Commerce Extérieur.

2002 : Acquisition d’une de ses œuvres par le Musée de la Marine.

2005 : Le Député Maire Axel PONIATOWSKI invite au Centre d’Art Jacques Henri Lartigue de l’ISLE ADAM « Dan Jacobson et les Maxiréalistes ».

Invité d’honneur dans plusieurs salons, il est Sociétaire du Salon d’Automne / Comparaison / SNBA / Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau / Salon de la Marine.

Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections particulières.

Auréliane Chaillet-Vestur

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EXCLUSION

L’artiste nous propose ici un travail plongeant dans le monde de Kafka et de « La Métamorphose ».

C’est en utilisant la métaphore des insectes que je souhaite parler du phénomène d’exclusion que ressentent, de par une différence quelle qu’elle soit, des personnes au sein d’une société. Au travers de paysages et de portraits hybrides, l’insecte, sans nul doute l’animal le plus exclu de notre société, qui nous inspire peur, curiosité, sentiment d’envahissement et dégout se mêle à l’humain dans une représentation fantastique très imagée. L’exclu, en marge, devient tel qu’il est perçu ; un parasite qui ne peut que se greffer à une société qui le repousse.

Ces images volontairement fantastiques pour la plupart d’entre elles résultent de ma volonté de faire passer un message face à ces exclusions autrement que par un reportage plus proche de la réalité. Ma passion des insectes a également pesé dans mon choix de ce sujet et c’est en ramenant ces « petites bêtes » à une échelle humaine que je souhaite attirer l’attention sur ceux à qui nous ne prêtons que rarement attention.

Ce travail de photographie contemporaine cherche à faire passer un message mais aussi à provoquer chez vous, contemplateurs, des émotions et des interprétations qui vous seront propres.

« L’araignée qui fait peur est écrasée, le phasme parmi ses branchages est occulté, le papillon de nuit drogué de lumière est ignoré jusqu’à sa funeste overdose, une cité de fourmis devenue gênante gazée. »

Catherine Gugelmann.

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Née en 1969, Catherine Gugelmann commence la photo à 16 ans.

Après des études de cinéma, elle travaille comme photographe indépendante puis, depuis 2001, avec l’Agence France Presse et l’agence Opale. Tout en privilégiant le portrait, elle développe un travail personnel présenté en expositions, mêlant numérique et argentique, autour du street art, du corps et des portraits d’animaux. »

J’ai voulu donner une vision pérenne à ces silhouettes fugaces, prolonger la durée de vie de ces visions.

Pour la présentation de l’exposition « Jungle urbaine » autour de la création animale:

« Jungle urbaine » présente un panorama incomplet et partial de la créativité de la représentation animale dans le street art, à travers des photographies réalisées à Paris, Berlin, Marseille, Bruxelles ou New York. Alors que le contexte urbain accentue la frontière entre Nature et Culture, une faune exilée hante les murs des capitales et interroge sur la présence de l’animal dans nos vies. Bestiaire ludique où animaux réels et imaginaires affichent leur personnalité, s’imposant, démesurés, sur toute une façade ou à déceler, minuscules, au détour d’une ruelle.

J’ai voulu mêler numérique et argentique dans ma démarche. Avec le numérique, faire la prise de vue, nettoyer les traces et dégradations, et ajuster la réalité à mon idée. Avec l’argentique, retrouver la poésie de l’aléatoire, utiliser des plaques de verre du début du XXème siècle et leur émulsion chimique altérée comme ces surfaces de mur soumises aux diktats du temps qui passe.

J’ai voulu donner une vision pérenne à ces silhouettes fugaces, prolonger la durée de vie de ces visions colorées qui égayent la ville et sont vouées à disparaître sous les graffs d’autres artistes, les tracés intempestifs du vandalisme, les manifestations météorologiques ou sous le Torcher des services de la ville

Enzo Abak

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Cette série de peintures numériques est teintée d’influences
hétéroclites et baroques.

Par ce biais je souhaite donner à mes vanités une liberté visuelle et symbolique plus large. J’évite de les rattacher trop explicitement à une époque ou un courant esthétique donné.

Elles oscillent entre la représentation sacralisée de la mort, la farce et l’effroi.

Pour ces variations, j’ai puisé l’inspiration non seulement dans des représentations très contemporaines de la mort, mais aussi dans des évocations plus tribales.

Invoquer les anciens esprits à travers les masques rappelle parfois l’effet de sidération produit par la diffusion continuelle d’images macabres déversées jusqu’à l’overdose par les médias actuels.»

Ces mises en scène revêtent un esthétisme souvent douteux, voire choquant.

Cette prolifération virtuelle finit par désincarner la mort dans nos cultures, mais

le magnétisme qu’elle exerce reste naturellement aussi fort.

Une telle déréalisation m’apparaît comme une tentative, vaine par définition, de se soustraire à la décrépitude programmée. Le besoin de rentrer dans une transe visuelle qui ne livre aucun secret. Son pouvoir hypnotique réside dans la boulimie de représentations qu’elle exhibe.

J’expose ce télescopage visuel pour en tirer une harmonie paradoxale, comme si
elle relevait d’une constante universelle, voire d’une nécessité culturelle.

Nous étions trois ou quatre au bout du jour assis
A marier les sons pour rebâtir les choses
Sans cesse procédant à des métamorphoses
Et nous faisions surgir d’étranges animaux
Car l’un de nous avait inventé pour les mots
Le piège à loup de la vitesse
Garçon de quoi écrire
Et naissaient à nos pas
L’antilope-plaisir les mouettes compas
Les tamanoirs de la tristesse
Images à l’envers comme on peint les plafonds
Hybrides du sommeil inconnus à Buffon
Êtres de déraison Chimères
Vaste alphabet d’oiseaux tracé sur l’horizon
De coraux sur le fond des mers
Hiéroglyphes aux murs cyniques des prisons
N’attendez pas de moi que je les énumère
Chasse à courre aux taillis épais Ténèbres-mère
Cargaison de rébus devant les victimaires
Louves de la rosée Élans des lunaisons
Floraisons à rebours où Mesmer mime Homère
Sur le marbre où les mots entre nos mains s’aimèrent
Voici le gibier mort voici la cargaison
Voici le bestiaire et voici le blason
Au soir on compte les têtes de venaison
Nous nous grisons d’alcools amers
O saisons
Du langage ô conjugaison
Des éphémères
Nous traversons la toile et le toit des maisons
Serait-ce la fin de ce vieux monde brumaire
Les prodiges sont là qui frappent la cloison
Et déjà nos cahiers s’en firent le sommaire
Couverture illustrée où l’on voit Barbizon
La mort du Grand Ferré Jason et la Toison
Déjà le papier manque au temps mort du délire
Garçon de quoi écrire

invitation

Louis Aragon évoque, dans ce poème intitulé « Les mots m’ont pris par la main »
(Le Roman inachevé, 1956), la période au cours de laquelle le groupe surréaliste élabora les principes de l’écriture automatique.

couverture

 

La paisibilité à l’espace Gingko’Art de Pontoise: une invitation au voyage vers la connaissance de soi avec l’américaine Chistina Courmont et le Shiatsu…

Rendez-vous avec le Do In, le dimanche 5 octobre de 10h à 12h, initiation et dégustation de produit Bio avec la participation de Christina Courmont praticienne en Shiatsu, diplomée et certifiée depuis 2010, en Amma Assis et Amma Allongé enseigné par Tony Neuman, Certitifée depuis 2014 de « L’ Ecole de Shiatsu D O », enseigné par Jacques Laurent. Élève de « L’Ecole Tsugo », enseigné par Jean Demay.

Aujourd’hui ces méthodes de médecine douce qui trouvent leurs origines dans les médecines ancestrales, sont de plus en plus adaptées dans notre société et continuent dans le 21ème siècle à confirmer leurs capacités à procurer la sensation de bien-être à l’être humain.

Je souhaite pouvoir vous apporter le bien-être dans votre quotidien…

L’histoire du Amma & Shiatsu

Désigné par deux caractères chinois AN et MO, signifiant  » calmer par le toucher « , le shiatsu est adopté par les japonais et prononcé AMMA, Les arts traditionnels chinois, comme l’ herbologie, l’acupuncture, le moxa et le massage ont été introduits au Japon il y a environ 1 300 ans.

Le Amma demeure alors longtemps la pratique principale de méthode bien-être au Japon. Après la seconde guerre mondiale, la popularité du shiatsu s’accroît au Japon, grâce à une commercialisation efficace . Le shiatsu, dans ses contacts avec l’étranger, se fait connaître comme l’approche traditionnelle japonaise, alors que la véritable origine du shiatsu, le Amma à disparu. En fait, les techniques du shiatsu dérivent du Amma et leurs théories coïncident. Dans le livre Ampuku Zukai, écrit en 1827 par Shinsai Ota, sont décrits les premiers protocoles de pressions, fondateurs du Shiatsu actuel.

À partir de 1868, la médecine occidentale fut imposée et les disciplines manuelles de prévention d’un état de bien être par des vibrations, percussions et étirements perdirent de leur importance, au profit de techniques curatives comme la chiropraxie, l’ostéopathie et les « massages occidentaux ».

PRINCIPES FONDAMENTAUX DU SHIATSU

C’est une discipline de thérapie manuelle japonaise séculaire s’exerçant surtout dans le domaine de la prévention et du bien-être.

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Les principes fondamentaux du shiatsu proviennent de la tradition de l’énergétique orientale (Acupuncture, Do In Ankyo) avec une actualisation permanente en fonction des développements de la science médicale moderne et des thérapeutiques alternatives et holistiques. En Orient, la pensée n’est pas séparable du corps, il n’existe pas de terme ‘psychologie’ à proprement parler, on définit des déséquilibres dans le cycle d’évolution de l’homme. La compréhension de l’être humain dans son entièreté a été développée dans la philosophie chinoise, dans l’ouvrage le Tao Te King enseigné par Lao Tseu (autour du IIème siècle avant notre ère).

La médecine traditionnelle orientale se définit par ‘le respect de la personne dans sa dimension corps-esprit en harmonie avec son environnement’ et joint cette maxime populaire chinoise ‘soigner ce qui n’est pas encore malade’ – le médecin chinois ne recevait des émoluments que si son patient restait en bonne santé, il devenait en quelque sorte le garant de sa longévité.

Le shiatsu repose essentiellement sur une technique de pressions stables et continues – dérivées de l’Anma* traditionnel – exercées au moyen des doigts ou des mains sur les méridiens ou sur les points d’acupuncture des méridiens, visant à prévenir ou à réparer les dysfonctionnements organiques par un rééquilibrage des souffles.

Shiatsu_ideogramme-181x300SHI’    Doigt :

idéogramme désignant les ‘doigts de la main’, composé du caractère, symbolisant la main, et du caractère qui correspond au son ‘shi’ de la lettre, signifiant ‘ramification’, ‘se ramifier’, ‘se diviser’, désignant les doigts.

‘ATSU’    Pression :

‘Tenir’, ‘maintenir’, ‘pousser’, ‘presser’.

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* Anma, le terme qui associe les deux idées de pression profonde, stable et continue et de masser, frotter pour enlever, est l’exacte traduction de la technique du Shiatsu dans son double aspect de Ho (tonifier par l’An) et de Sha (disperser pour enlever par le Ma).

Le shiatsu est fait non seulement pour se détendre, mais aussi pour développer notre compréhension de nous-mêmes. Au Japon, on dit : ‘Le shiatsu est semblable à l’affection maternelle, la pression des mains fait jaillir la vie.’ Le Shiatsu est une appellation moderne pour exprimer la notion de thérapie manuelle ‘TéaTé’.

Selon la Médecine Traditionnelle Chinoise, Le shiatsu permet de percevoir l’expression de la circulation du KI dans les méridiens.

Le KI conduit le mouvement, et le sang conduit le Shen ou l’esprit, l’animation du corps. Ainsi le corps et l’esprit ont leur expression dans la manifestation qu’est l’incarnation de toutes formes d’êtres vivants. Les êtres humains sont soumis aux lois de la Nature, de leur environnement proche et lointain ; ces lois décrites sous la forme des cinq éléments évoluent dans le cycle des quatre saisons que forment les 365 jours de l’année.

Entrée gratuite avec réservation au préalable.

Espace Gingko’Art de Pontoise.
2, Place de l’Hôtel de Ville , 95300 Pontoise
Tel : 01 34 43 55 13 et 06 10 20 05 56
E.mail : gingko-art@orange.fr

Christina

Christina Courmont
Amma Art de Bien-Être 

Tél. 06.81.92.02.66
E.mail : amma-art-de-bien-etre@hotmail.fr
http://www.christina-courmont.com/

 Apporter une tenue confortable en coton si possible.

 

 

L’espace culturel Gingko’Art de Pontoise et les journées du Patrimoine :« La Création Animalière contemporaine II », du 20 septembre au 14 décembre 2014.

L’espace culturel Gingko’Art de Pontoise et les journées du Patrimoine : l’inauguration d’un nouveau rendez-vous artistique sur le thème de la représentation animale II, à l’occasion des journées Européennes du Patrimoine. Une nouvelle exposition placée sous le signe du surréalisme dans la création animalière contemporaine… L’invité d’honneur est la plasticienne italienne Laura Cadelo-Bertrand sélectionnée par le MAD, museum de New York pour exposer soixante créations originales.

Ce deuxième rendez-vous de la création animalière contemporaine se déroulera à partir du 20 septembre prochain, en harmonie avec les Journées du Patrimoine. Une nouvelle exposition dont l’ambition première est de revisiter l’Art animalier, avec des disciplines aussi variées que le dessin, la gravure, la photographie, la peinture et la sculpture; cette année plusieurs nouveautés pour la deuxième édition, du design, de la vidéo . plus de quarante œuvres d’art réalisées par douze artistes dont quatre représentants(es) des Ateliers de la Cité Cézanne de Pontoise.

Avec la participation de Klod Amar, Laura Cadelo-Bertrand, Silvio Cadelo, Salvador Dali, Audrey Duchet-Caillas, Fanny Fage, Dominique Giral, Isabelle Panelas-Huard, Clotilde Prévost, Mirabelle Roosenburg, Bernadette Wiener et Myung Rim Yi.

La relation au patrimoine peut quelquefois confiner au passéisme ou à la nostalgie. L’introduction, apparemment paradoxale au sein du patrimoine, d’artistes pleinement engagés dans les problématiques actuelles est pourtant susceptible de retisser un lien vivant entre le passé et notre époque contemporaine. Mais si l’art éclaire le patrimoine, il convient néanmoins de ne pas l’instrumentaliser :

L’art reste irréductible à une mission précise, il s’épanouit par la liberté qu’il incarne.

Klod Amar, une artiste pontoisienne participe à cette nouvelle aventure animalière avec une œuvre originale intitulée « Myrmécophaga-tridactyla».

en fait, un ensemble de dessins sur le thème de la personnalité esthétique des fourmis, un prétexte plasticien à une installation qui propose l’observation sous verre, à la loupe, du comportement de ses charmantes créatures…

Une création métaphorique de la société, un plaidoyer pour la paix dans le monde !

Klod-Amar,-__Myrmécophaga-t

Les entomologistes savent depuis longtemps que certaines espèces de fourmis forment des sociétés très unies, qui comptent des millions d’individus. Ces insectes présentent des comportements complexes, tels que le contrôle de la circulation, la gestion des déchets, l’élevage des pucerons, la culture des champignons, et, plus surprenant encore, la guerre, sous forme d’engagements organisés d’une armée contre une autre, où les deux camps risquent d’être anéantis.

En fait, nous ressemblons davantage aux fourmis qu’à nos plus proches parents vivants, les grands singes, qui vivent en sociétés beaucoup plus restreintes. Nous nous ressemblons jusque dans nos stratégies guerrières ! Pour les fourmis, comme pour l’homme, la guerre implique une étonnante variété de choix tactiques quant aux modes d’attaque et aux décisions stratégiques déterminant où et quand livrer bataille.

« Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, la sur-réalité […] c’est à sa conquête que je vais. »

Une plongée dans l’univers de Dali.

L’art de Dali tourne essentiellement autour de lui-même. C’est pourquoi, on retrouve, dans ce court-métrage, les symboles propres à la mythographie du maître du surréalisme.

Les fourmis, par exemple, récurrentes dans l’œuvre de Dali, symbolisent la putréfaction. Le fait de vivre sans se poser de question sur la vie, le fait d’agir sans se demander pourquoi cette action, tombée dans la routine, mène immanquablement à la putréfaction.

Dans le film, « Le chien Andalou »l’homme, en regardant sa main, peut-être trop consacrée à l’onanisme, se rend compte de cette putréfaction et cette prise de conscience déclenche ce besoin de donner une impulsion à sa vie.

Une invité d’honneur en la personne de Laura Cadelo-Bertrand, une artiste italienne spécialisée dans le design et la sculpture .

Sculptrice, jewel Designer, lampes, décors…

Laura-Cadelo-Bertrand,-_Jar

Depuis 1997 sur la base de ses propres créations théâtrales, elle créer des sculptures, des décors et des bijoux artistiques en utilisant principalement les métaux.

De 2001 à 2007 elle créer des bijoux pour diverses marques de mode et en 2007 elle ouvre son atelier – espace vente à Reggio Emilia, où sont souvent organisées des expositions d’artistes de tous genres.

Elle a exposé á la Triennale de Milan, à la Fondazione Monte Paschi Siena (« Insetti Insiena » 2013), dans nombreuses galeries et publiée sur des magazines tels que Vogue, Elle, Vanity Fair, A&D, Illustrati, Collezioni (Accessori, Trends, Haute Couture Sposa).

Elle participe régulièrement au Salon parisien « Maison & Objet », où elle a été sélectionnée pour le secteur CRAFT géré par les Ateliers d’Art de France.

Elle est co-fondatrice de l’Espace artistique « Ateliers Viaduegobbitre » à Reggio Emilia, formé par plusieurs artistes de diverses disciplines qui organise régulièrement expos et évènements.

Elle a été nommée pour les Arts & Crafts Design Award 2014, et invitée au MAD Museum de New York à exposer 60 pièces pour l’évènement sur la bijouterie contemporaine LOOT Mad for Jewelry 2014, du 4 au 6 octobre 2014.

Sylphide créature aux allants mécaniques,
La demoiselle s’abandonne aux migrations
Pour l’azur meilleur et dans sa folle ascension
L’insolente poursuit son envolée oblique.
Quel est donc cet orfèvre des arts métalliques
Qui te vêt des tourmalines attributions ?
Diaphanes élytres sous les hélianthes scions
–
Ton enveloppe flamboie de feux organiques.
La libellule, ma passionnelle bestiole
Sait consoler dûment mes peines vitrioles.

Silvio Cadelo est né le 10 octobre 1948 à Modène, est un auteur de bande dessinée italien. Après avoir fait les beaux-arts, il intègre une troupe de théâtre expérimental. Son parcours théâtral dure quelques années au cours desquelles il officie en tant que scénographe, acteur et metteur en scène.
Il travailla également comme affichiste. À la fin des années 1970, tenté par la peinture, il se porte finalement sur la bande dessinée qu’il juge moins mercantile. Il dessine pour les revues italiennes Linus, Alter et Frigidaire. Il rencontre alors Jean Annestay qui lui ouvre des perspectives sur la France. En 1981, il publie son premier album Skeol au graphisme très inspiré de l’école Métal hurlant, notamment Moebius. On y découvre sa propension pour les créatures aux morphologies exotiques, que l’on retrouve à la même époque dans ses illustrations pour le jeu de rôle VII Legio d’International Team1 et dans Introduzione Alla Zoologia Fantastica d’Ettore Tibaldi. À l’occasion de la publication du portfolio Strappi, Annestay demande à Alejandro Jodorowsky d’en écrire la préface. Séduit, Jodorowsky lui propose de travailler ensemble, Cadelo s’installe alors à Paris pour réaliser La saga d’Alandor avec lui, mais leurs ambitions divergent sur l’orientation du récit et le courant passe mal entre les deux artistes, la série restera inachevée avec deux tomes. Néanmoins, ce travail l’aura fait connaître et aura familiarisé le public avec son style particulier empreint de symbolisme.

Silvio-Cadelo,-_In-Karna_

Se glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit.
Suivre tes pas, ton ombre à la fenêtre.
Cette ombre à la fenêtre c’est toi, ce n’est pas une autre, c’est toi.
N’ouvre pas cette fenêtre derrière les rideaux de laquelle tu bouges.
Ferme les yeux.
Je voudrais les fermer avec mes lèvres.
Mais la fenêtre s’ouvre et le vent, le vent qui balance bizarrement
la flamme et le drapeau entoure ma fuite de son manteau.
La fenêtre s’ouvre: ce n’est pas toi.
Je le savais bien.

Salvador Dali

Originaire de Catalogne, Salvador Dali entre en 1921 à l’École des Beaux-arts de Madrid, d’où il est renvoyé en 1926 pour indiscipline. De cette formation, il conserve malgré tout l’amour de la grande peinture, qu’il complète par la découverte des avant-gardes artistiques telles que le Futurisme italien, le Cubisme et l’œuvre de De Chirico. À cette époque, il fréquente les milieux anarchistes et se lie d’une profonde amitié avec le poète Federico Garcia Lorca, qui écrit l’Ode à Salvador Dali, et avec Luis Buñuel alors étudiant.

Il commence à produire une œuvre personnelle autour de 1927, par exemple la toile intitulée Le sang est plus doux que le miel, qui dépeint un paysage désertique où sont dispersées des figures insolites, dont ses premières formes molles. Mais ce n’est qu’avec le film Un Chien andalou, réalisé en 1929 avec Luis Buñuel, qu’il s’impose dans le milieu artistique et attire l’attention des Surréalistes.

Au cours de l’été 1929, ses nouveaux amis lui rendent visite en Catalogne avec, parmi eux, Helena Diakonova, surnommée Gala, future compagne de Dali. La même année a lieu sa première exposition personnelle à Paris. À partir de 1930, le scandale causé par la projection de L’Age d’or accroît sa notoriété. Il réalise de multiples objets surréalistes et applique à sa peinture la méthode paranoïaque critique.

Pendant la guerre, il séjourne aux États-Unis où il produit des illustrations, des publicités et rédige sa biographie, La Vie secrète de Salvador Dali. Il conçoit aussi des décors de théâtre et de cinéma, notamment pour Spellbound en 1945 (La Maison du Dr Edwardes) d’Alfred Hitchcock. Par la suite, il partage son temps entre New York, Paris et Port-Lligat, où se trouve sa propriété de Cadaqués, ne cessant d’apparaître au cours d’interventions provocatrices.

Salvador-Dali,-__Caducée__

Audrey Duchet-Caillas ou la vie en plein vol : J’ai devant les yeux un visage hallucinant, un visage composé de morceaux d’espace ou plus exactement, l’ expression d’un visage qui n’a que cela à montrer, un instant d’excès : une expression très marquante mais sans identité particulière. D’identité, il en eut forcément une ce visage, mais la peinture l’a ignorée car il n’était pas important que ce visage pût être identifié en tant que visage de telle ou telle personne mais en tant qu’expression ou simple état possible du visage humain. Mais alors pourquoi cette expression plutôt qu’une autre, sinon parce que dans son excès, celle-ci a la capacité de frapper l’ attention. Le choix du traitement n’est donc pas innocent. Pour provoquer une émotion révélatrice, Audrey Duchet-Caillas a choisi de montrer un aspect particulier du visage humain. S’il fallait absolument classer la peinture de A.D.C dans une catégorie, on pourrait dire alors qu’elle réalise une peinture possédant les caractères d’une vision extraordinaire. Extraordinaire ne signifie pas fantastique, car c’est bien notre monde qu’elle peint, pas les chimères qui apprivoisent notre terreur cosmique. Chaque peintre possède une capacité de saisie particulière qui sur la toile devient le signe emblématique de sa vision. Le signe de Audrey, son style, c’est la vitesse de saisie. Quant à la peinture proprement dite et ses techniques, elles sont sommées d’obéir à quelqu’un qui ne prend le temps de s’attarder ni aux rêves ni aux détails.

Audrey-Duchet-Caillas

Extrait d’un texte de Claude Margat du 7 Novembre. 2013

Les plaines de la mer, immobiles et nues,
Coupent d’un long trait d’or la profondeur des nues.
Seul, un rose brouillard, attardé dans les cieux,
Se tord languissamment comme un grêle reptile
Au faîte dentelé des monts silencieux.
Un souffle lent, chargé d’une ivresse subtile,
Nage sur la savane et les versants moussus
Où les taureaux aux poils lustrés, aux cornes hautes,
À l’oeil cave et sanglant, musculeux et bossus,
Paissent l’herbe salée et rampante des côtes.

Fanny Fage est née à Algrange, en Moselle en 1987.

« Après des cours d’aquarelle et de dessin durant mon enfance et mon adolescence, la décision était prise : je voulais travailler dans le monde du dessin, et plus précisément celui de l’illustration ! Quelque chose m’attirait dans le fait de donner vie aux mots, aux textes par la réalisation d’images. Une amie m’a raconté une fois que, lorsqu’elle était petite, alors qu’elle lisait un livre, elle s’était soudain précipitée vers sa mère en lui disant : « je ne comprends pas, quand je lis, j’ai des images qui viennent dans ma tête ! » Quelque part, je trouve cela magique de pouvoir moi-même poser ces images sur le papier, afin de partager ce qu’un texte m’évoque.

Après une licence arts plastiques à Montpellier, j’ai effectué 3 années d’études à l’ESA St Luc de Bruxelles, en option illustration où j’ai pu pleinement évoluer dans mon domaine, et trouver, petit à petit, un style graphique qui me convienne. »

Fanny-Fage,-_Chat-final_-

Je vis et travaille au Plessis Bouchard dans le Val d’Oise ! J’ai des projets plein la tête, qui j’espère, se retrouveront très prochainement en librairie et ailleurs !

« Donner vie aux mots et aux images…Voilà le but de Fanny Fage, dessinatrice dans l’âme et illustratrice depuis la fin de ses études en art. Fanny Fage cherche en permanence, par l’aquarelle et le dessin, à transcrire ses sentiments, son imaginaire sur papier.
Mais au contraire d’une simple illustration, les oeuvres de Fanny Fage se suffisent à elles-mêmes. Ce sont des planches douces, poétiques et mystérieuses, empruntent d’une vague nostalgie et d’une réelle intemporalité. On peut y admirer la finesse du dessin et la légèreté de la couleur, mais aussi et surtout se créer, grâce à ses planches, de nouvelles histoires, des contes d’hier et aujourd’hui. »

Dominique Giral artiste numérique basé à Saint-Ouen-l’aumône, propose une œuvre interactive ou le spectateur influence le déroulement des images.

Le visiteur contemple l’évolution des images et des sons dans un espace émotionnel.

Le temps ne s’arrête pas, mais le visiteur, par son mouvement, peut influencer momentanément le déroulement des images: De notre naissance dépend l’association d’un des 12 animaux de l’astrologie chinoise ( selon les mois ) et de l’un des cinq éléments (selon l’année : Bois, Feu, Terre, Métal ou Eau) pour établir un cycle sexagésimal ( note : quel coïncidence avec mon age pour la création de ce travail ). Par ce biais, je souhaitai montrer une certaine diversité de notre univers par une boucle de vie qui se renouvelle jamais de la même manière, mais qui vit dans la complémentarité (YIN YANG) .

Dominique-Giral,_yinyang_

«  Acteur et spectateur »

Le visiteur contemple l’évolution des images et des sons dans un espace émotionnel.

Avec de l’infiniment petit jusqu’au fin fond de l’univers toujours en mouvement, le YIN YANG se colore selon les caractères des animaux ou selon les cinq éléments .

Les couleurs peuvent être arbitraires en rapport avec les éléments selon notre connaissance, mais aléatoires en début et en fin de cycle (la naissance ou la mort )

le YIN ( ombre ) Yang ( lumière ) peuvent être symbolisés par le soleil ou la lune, le masculin ou le féminin.

Ce sont les symboles qui constituent l’univers ou les deux formes complémentaires prises par l’énergie ( un rapport avec la théorie de la relativité ? ), les deux polarités qui s’attirent ou se repoussent.

Le temps ne s’arrête pas, mais le visiteur, par son mouvement, peut influencer momentanément le déroulement des images:

Les animaux sortent de leur parcours ou virevoltent
La pluie ou les astres modifient leurs trajectoires

Les animaux de l’astrologie chinoise expriment des traits de caractères où l’on peut se reconnaître ou non, qui expliquent notre diversité et nos complémentarités.

Isabelle Panelas-Huard dite Isabelle Huard commence sa carrière artistique en 1999. Elle fréquente alors l’atelier de l’ADAC de Paris, dans la section modèle vivant. Deux ans plus tard, elle fait sa première exposition au Festival européen de la sculpture avenue Georges V à Paris.

A ses débuts, elle sculpte des nus dans un style académique avant d’évoluer vers un style personnel. Son univers se peuple alors de personnages asiatiques et d’animaux. Elle rapporte de ses voyages des sujets à thèmes, en particulier des Mandarins et des Samouraïs.

Les animaux se font peu à peu très présents avec des hippopotames, des ours, tout en rondeur, aux formes épurées, aux surfaces lisses. Actuellement ses recherches la conduisent vers un travail en force, au couteau, de façon à accentuer la dynamique de l’animal, à donner plus de relief à ses lignes et ses caractéristiques propres. En fonction du message qu’elle veut véhiculer, elle imprime plus ou moins fortement son empreinte dans la terre. C’est le cas de son fameux Rhino-féroce, très travaillé.

A noter que ces animaux sont souvent traités dans un sens symbolique, avec une attention toute particulière portée à la tête, généralement plus grosse que la normale : rhinocéros et hippopotames nous apparaissent dotés d’une tête qui fait la moitié du corps alors qu’en réalité elle représente le tiers.

Isabelle Huard développe régulièrement son apprentissage dans le domaine de la ciselure, du moulage et de la patine dans la fonderie d’art Chapon.

L’artiste participe à de nombreuses exposition depuis 2001, en particulier le salon des Artistes indépendants, le salon Nature et animaux à Paris, le salon international du monde de la culture et des arts à Cannes. Ses travaux ont été de nombreuses fois récompensés, en particulier son Rhino-Féroce, trois médailles d’or. En 2004, elle vient d’être sélectionnée pour le Salon National des Artistes Français. Elle signe ses pièces I.P.H, monogramme de son nom.

Isabelle Panélas-Huard, après avoir travaillé avec différentes galeries de Paris (place des Vosges), de province et à l’étranger (Allemagne, Suisse, Italie), est actuellement exposée en permanence à la « galerie 23 » au domaine de Rochevilaine à Billiers, ainsi qu’a la galerie « les artistes et la mer » à St Malo.

Isabelle-Panelas-Huard,-_To

Ses secrets partout qu’il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé
Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l’ai quitté
Et les teintes d’aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d’une nuit d’été

Clotilde prévost résidente de la Cité Cézanne de Pontoise nous propose cette année l’originalité surréaliste avec la réalisation sculpturale d’une impressionnante mouche de métal et de jeux de miroirs. L’oeuvre est réalisée spécialement pour l’espace Gingko’Art, et, sera placée sur le plancher de verre situé dans la chapelle du XVème siècle, là où bossuet fût sacré Évêque de Condom, le 21 septembre 1670.

Jʼinstalle dans le paysage des sculptures dʼanimaux. La sculpture pouvant devenir environnement.

Mouche 1 est une sculpture faisant suite à une succession de Vaches* où le matériau métal et miroir joue avec le vide et le plein, créant des jeux dʼoptique, dʼapparitions, disparitions, fragmentations …

Lʼoeuvre rejoignant ainsi le domaine de lʼart cinétique. Mouche 1 ouvre à travers son regard les perspectives de lʼanamorphose et du mouvement.

Sa structure filiforme est légèreté, apportant aussi un effet vibratoire au touché. Pensée de Dali :

Imaginativement la vie humaine nʼa pas plus de valeur que la vie dʼune mouche.

Pratiquement, je respecte toute vie, même celle dʼune mouche, animal aussi énigmatique et admirable quʼune fée.

Clotilde-Prévost,-__Mouche-

J’ai horreur des mouches sales. Je n’aime que les mouches proprissimes/très propres.

Salvador Dalí


Mirabelle Roosenburg
nous propose cette année un ensemble, une trilogie de trois collages ;

l’un d’entre eux est utilisé pour la conception de l’affiche de l’exposition.

La technique du collage est particulièrement apte à provoquer cette étincelle. Les surréalistes en furent particulièrement conscients. Le nombre des collages qu’ils ont exécutés en témoigne.

De tous les surréalistes, Max Ernst est certainement celui qui a composé le plus de collages, dont il exécuta les premiers en 1920. Il les réunit dans trois grands recueils qui sont restés en date dans l’histoire du surréalisme: La Femme sans Tête (1929), Rêve d’une petite fille qui voulut entrer au Carmel (1930) et Une Semaine de Bonté ou les Sept Péchés capitaux (1934).

Mirabelle-Roosenburg,_conso

Max Ernst : « Si ce sont les plumes qui font le plumage, ce n’est pas la colle qui fait le collage. »

« Le mot image veut dire ce qu’il veut dire, ce qu’on lui fait dire, aussi bien ce que les gens ont appelé une métaphore : c’est un mot un peu drôle, un peu savant, comme une figure ou un visage de rhétorique, toutes ces choses ont des noms ! Mais du moment qu’on écrit avec de l’encre ou un crayon, on peut faire des images aussi, surtout comme moi, quand on ne sait pas dessiner, on peut faire des images avec de la colle et des ciseaux, et c’est pareil qu’un texte, ça dit la même chose ».

Jacques Prévert.

Avec l’artiste sculptrice-céramiste Bernadette Wiener, l’idée dominante de son œuvre intitulée « Célestes », c’est de proposer l’inattendu, changer les repères, accueillir le sourire…
Nécessité d’aller sur des chemins plus légers que ceux empruntés dans les installations que je réalise par ailleurs. Dérision et poésie sont ici mes guides, même si la part symbolique est toujours présente.

Le choix de l’éléphant avec tout ce qu’il évoque dans la civilisation indienne et africaine, dans nos propres souvenirs d’enfant, ce qu’il représente aujourd’hui dans notre monde «électronisé», le fait de le placer où il n’est pas attendu… La présence du ressort et de ses volutes, de la spirale qu’il développe… Autant d’éléments que je vous propose pour susciter vos propres rêveries, vous laisser vagabonder dans votre imaginaire. Et si les Célestes c’était moi, c’était toi, c’était nous :
l’enfant qui reste en chacun, le facétieux qui sommeille en tout être sérieux, le tendre qui se cache derrière les gros durs,
L’esprit vagabond qui se trouve pris au piège de la réalité…
La sortie serait-elle là où l’on ne l’attend pas …

Bernadette-Wiener,-__Célest

Et moi j’apercevais – pourtant
Qu’on fût loin de Cythère –
Un objet singulier. Mystère :
C’est un éléphant.
Notre maison étant tout proche,
On le prit avec nous.
Il mettait, pour chercher des sous
Sa trompe dans ma poche.

Yi Myung Rim a étudié sans cesse tout ce qui était nécessaire à sa finalité, et ne commence jamais un tableau sans avoir bien médité sur les attitudes de ses figures qu’elle dessine toutes en particulier avec soin. Aussi nous pouvons sur ses premières pensées et sur les simples esquisses qu’elle fait, connaître que son ouvrage est conforme à ce qu’elle présage du résultat.

Les créations de Yi Myung Rim reflètent alors des états de conscience, ses compositions obéissent aux lois de l’équilibre et de l’harmonie, mais encore à une logique interne, organisatrice des mouvements et des attitudes.

Quand Yi Myung Rim peint un tableau, que ce soit un songe, une plaine, un océan ou le ciel, la voie lactée ou la planète du Petit Prince, songez toujours à la présence de l’homme, à ses affinités de joie ou de souffrance avec un tel spectacle ; alors, l’artiste,
d’une voix intime vous parlera de ses origines, de ses occupations, de ses inquiétudes, de ses prédilections ; l’idée entraînera dans cette galaxie l’humanité tout entière, en créant un paysage mental, vous penserez à illuminer la vie, à l’histoire du monde…

Yi-Myung-Rim,-_Nautile_

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots ! que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir, quand vous venez vers nous…

La sculpture animalière est un genre de sculpture qui se caractérise par des œuvres dont le sujet principal est un animal, domestique, sauvage ou imaginaire.

En Europe, la sculpture animalière a longtemps été tenue pour mineure. Elle connaît un tournant à l’occasion du Salon de Paris de 1831 où une sculpture d’Antoine-Louis Barye intitulée le Tigre dévorant un gavial suscite l’admiration du public. Barye est l’un des premiers sculpteurs à abandonner la représentation mythologique de l’animal au profit d’une représentation naturaliste. C’est à cette période, à la fin du XIXème siècle, que se développe le renouveau de la sculpture animalière.

Cette année le surréalisme dans la création animalière est le fil conducteur, le lien entre les artistes, entre la forme animale et les formes du désir.

Le surréalisme s’inspire des théories psychanalytiques de Freud. À travers une exploration de l’inconscient et l’interprétation des rêves, les surréalistes proposent des images de mondes poétiques empreintes d’une atmosphère énigmatique.

Au début du siècle, les nouvelles théories de Freud sur l’inconscient et l’analyse des rêves intéressent et fascine nombre d’intellectuels.

Cette nouvelle approche de la personnalité de l’individu et de l’être ouvre de nouvelles perspectives aux artistes qui voient à travers la création artistique une excellente manière d’explorer davantage ce monde énigmatique et intérieur qu’est le MOI.

Mais les surréalistes ne cherchent pas à interpréter les rêves ou l’inconscient. Ils les révèlent esthétiquement. C’est une sorte de création du rêve à travers la peinture. D’ailleurs, les artistes de ce mouvement tentent de se mettre en état de rêve pour créer. Leurs tableaux sont une expression du fonctionnement de la pensée.

Max Ernst propose des mondes étranges peuplés d’êtres hybrides fantastiques qui évoquent les représentations du passé médiéval de Jérôme Bosch ou des Riches Heures du Duc de Berry.

Magritte crée des images fortement symboliques, énigmes et de non-sens linguistiques. L’artiste semble s’amuser de jeux de mots ou jeux de sens en composant des images de mondes poétiques.

C’est ainsi qu’il nous peint pas exemple le fameux tableau Ceci n’est pas une pipe (en effet, c’est la peinture d’une pipe), ou encore des visages sur lesquels se dessinent des nuages (on peut vraiment avoir la tête dans les nuages). Le style de ses tableaux est très net et a un caractère presque naïf comparé à celui de Dali.

contre le silence de la nuit ; contre les chouettes, dont le vol oblique leur rase le museau, emportant un rat ou une grenouille dans le bec, nourriture vivante, douce pour les petits ; contre les lièvres, qui disparaissent en un clin d’œil ; contre le voleur, qui s’enfuit au galop de son cheval après avoir commis un crime ; contre les serpents, remuant les bruyères, qui leur font trembler la peau, grincer les dents ; contre leurs propres aboiements, qui leur font peur à eux-mêmes ; contre les crapauds, qu’ils broient d’un seul coup sec de mâchoire (pourquoi se sont-ils éloignés du marais ?) ; contre les arbres, dont les feuilles, mollement bercées, sont autant de mystères qu’ils ne comprennent pas, qu’ils veulent découvrir avec leurs yeux fixes, intelligents ; contre les araignées, suspendues entre leur longues pattes, qui grimpent sur les arbres pour se sauver ; contre les corbeaux, qui n’ont pas trouvé de quoi manger pendant la journée, et qui s’en reviennent au gîte l’aile fatiguée ; contre les rochers du rivage ; contre les feux, qui paraissent aux mâts des navires invisibles ; contre le bruit sourd des vagues ; contre les grands poissons, qui, nageant, montrent leur dos noir, puis s’enfoncent dans l’abîme ; et contre l’homme qui les rend esclaves. Après quoi ils se mettent à courir dans la campagne, en sautant, de leurs pattes sanglantes par-dessus les fossés, les chemins, les champs, les herbes et les pierres escarpées.

Lautréamont, Les Chants de Maldoror, I

Dalí était un grand passionné des mouches qu’il considérait comme l’insecte paranoïaque-critique par excellence, cependant il exprimait une aversion atavique pour les fourmis. Lorsqu’il était petit, il vit une fourmi dévorer un lézard en état de décomposition. Plus tard, déjà adolescent, dans ses rites de sublimation de l’angoisse et de l’exorcisme de la mort, il avait l’habitude de se risquer à regarder une caisse pleine de fourmis illuminées par des gouttes phosphorescentes afin de conjurer le funeste Destin. Ainsi, ses insectes, emblème de Cérès, restèrent associés à l’image de la mort et c’est pour cela que l’apparition des fourmis tout au long de son œuvre transmit une connotation lugubre. Dalí, toujours ambivalent, a incorporé à son univers boulimique le beau qui l’exaltait mais aussi le sinistre qui l’horrifiait et il Dalínisa aussi bien ses craintes que ses phobies, sentiments qui étaient, pour lui, inextricablement liés. Pour lui, la répugnance est une sentinelle qui reste très proche de nos plus profonds désirs. Pour preuve, une procession de minuscules et frénétiques fourmis parcourt toute son œuvre, pullulant à travers ce saisissant, extravagant et singulier camembert paranoïaque-critique qu’est l’espace temps Dalínien.

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« La Création Animalière contemporaine II », du 20 septembre au 14 décembre 2014.
L’exposition participe aux journées Européennes du Patrimoine : ouverture le samedi 20 septembre de 10h à 19h, et le dimanche  21 septembre de 10H à 19h.

Le site de la Fondation Gala – Salvador Dali :
http://www.salvador-dali.org/

Sur la route de l’encre de chine… Un Maître de la calligraphie nous offre sa performance sur l’asphalte de la Place de l’Hôtel de Ville

artiste Le coup d’envoi de l’exposition l’Art & l’âme, un voyage au centre des œuvres inédites de l’artiste coréenne Yi Myung Rim, installée à pontoise depuis 16 ans, s’est déroulé le samedi 5 juillet avec la participation exceptionnelle du Maître coréen Park Jong – Hoi. L’artiste âgé de soixante dix ans aidé de deux assistants a déroulé le papier de soie sur la chaussée de la place de l’Hôtel de Ville et, pendant plus de deux heures, les pinceaux ont calligraphié, structuré les contours d’une vigne, d’un cerisier en fleurs ou encore la légèreté d’un chrysanthème et des pousses de bambous.

copyright : Zen@Com conseil / Laurent Lebaillif

L’art performance propose l’expérience unique de partage d’un temps, d’un espace, d’une action. Expression éphémère, la performance n’a lieu qu’une fois et pour un public déterminé. Le spectateur a assisté alors à un événement non reproductible – en tout cas tel quel. Dans son communiqué de 1966 sur « Comment faire un happening » , Allan Kaprow (1927-2006) relevait déjà la non-reproductibilité au nombre des règles à respecter : « N’exécutez le happening qu’une seule fois. Le réitérer c’est l’éventrer, ça ressemble à du théâtre et ça provoque la même chose que la répétition : ça oblige à penser qu’il pourrait y avoir amélioration. Parfois, ce serait de toute façon presque impossible à répéter – imaginez-vous faire des copies de vos vieilles lettres d’amour pour voir la pluie délaver vos tendres pensées. Alors pourquoi s’en soucier ? ». Autre exigence du genre : obtenir du temps réel. Bien que les actions puissent être simplement suggérées, on verra plus souvent les artistes aller au bout de ce qu’ils ont entrepris (sans accélérer ni ralentir les actions pour les rendre plus expressives qu’elles ne le sont naturellement), quitte à laisser s’installer une inévitable durée. Rien ne sert de faire les choses à moitié ; il faut laisser l’expérience parvenir à maturation. Voilà pourquoi certaines performances s’étalent sur plusieurs heures, plusieurs jours (voire davantage).

Encres-de-chine-II-et-acrylL’oeuvre qui résulte de cette performance est visible par transparence sur le plancher de verre dans la chapelle de l’espace Gingko’Art jusqu’au 20 septembre.

copyright : Zen@Com conseil / Laurent LebaillifLa démarche qui caractérise Yi Myung Rim, devenue Maître de l’abstraction, consiste à proposer, purement et simplement, une « image abstraite ». 
L’oxymore que constitue cette expression, une image étant traditionnellement définie comme une réplique de la réalité, indique la nouveauté de l’entreprise. Les peintures abstraites sont des images autonomes qui ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Dans ce sens, elles s’apparentent aux icônes de la religion orthodoxe qui manifestent la présence d’un contenu plutôt qu’elles ne le représentent, mais, à la différence de ces images religieuses, les peintures abstraites rompent avec le monde des apparences. Elles révèlent l’existence de réalités jusqu’alors invisibles et inconnues, que chaque artiste détermine à sa façon, selon ses propres convictions, son parcours et sa culture, de l’art populaire aux théories les plus spéculatives.

Exposition, Yi Myung Rim, « L’Art & l’Âme »,
jusqu’au 20 septembre 2014

Espace Gingko’Art de Pontoise
2, Place de l’Hôtel de Ville 95300 Pontoise
Ouvertures : du mardi au samedi, de 15h30 à 19 heures et sur rendez-vous.

Contacts:
01 34 43 55 13  et 06 10 20 05 56
gingko-art@orange.fr
gingko art.wordpress.com