Nouvelle exposition à l’espace culturel Gingko’Art de Pontoise: Un rendez-vous placé sous le signe de la représentation animale et du maxiréalisme.

 Le monde merveilleux de Dan Jacobson un nouveau rendez-vous pictural et aussi sculptural dans le cadre de la thématique « Regard sur la création animalière contemporaine », cette édition opus IV propose aux visiteurs de partir vers un voyage extraordinaire!

L’œuvre d’art délivre celui qui la crée, mais aussi ceux qui la contemplent de leurs tensions intérieures en leur permettant de les extérioriser.

Le quatrième rendez-vous de la création animalière contemporaine se déroulera à partir du 15 décembre prochain et jusqu’au 15 janvier 2017. Une nouvelle exposition placée sous le signe de l’Art animalier et plus particulièrement de découvrir les aquarelles inédites du peintre maxiréaliste Dan Jacobson, les sculptures animalières d’Isabelle Panélas Huard notamment le grand hippocampe déjà exposé au Musée national de la Marine à Paris ainsi que l’incontournable « Puppy » une sculpture en substrat représentant un petit chien vert par l’artiste américain Jeff Koons.

Quand le Possible devient Réel…

Le Maxi réalisme

C’est un mouvement réaliste imaginaire, un décalage par rapport au temps présent, passé, ou futur entre deux mondes qui se rejoignent, créant ainsi une virtualité plausible. Physiquement, tout est possible, concrètement le rêve l’emporte sur la réalité. Le Maxiréalisme s’éloigne du réalisme photographique, n’est pas figé comme l’hyperréalisme, plus humain, pas statique mais scénique, intimiste ou humoristique.

Les toiles généralement de grand format, sont brossées ou lissées avec une exigence du dessin et de la perspective poussée à l’extrême de façon à perturber l’œil du spectateur et à créer l’ambiguïté entre le Rêve et le Réel. Le Maxiréalisme apporte une créativité contemporaine nourrie par l’héritage de nos anciens Maîtres. “Rimbaud n’avait-il pas des visions de Bateau Ivre lorsqu’il longeait la seine?” Dan Jacobson.

Ce peintre absorbe le temps pour le remodeler dans un dérèglement qui prend tout son sens. Ses tableaux expriment l’éventualité d’une rencontre entre deux mondes complètement opposés et ne pouvant s’unir que par la force du rêve et de la perception. Le droit au rêve devient une réalité. Les normes du raisonnable se modifient au profit de l’impensable. Par le biais de sa peinture et de ses aquarelles, Dan Jacobson nous guide vers d’autres dimensions parallèles affleurant notre présent. Parfois, elles se résument à la téléportation d’un élément. Mais elles peuvent aussi se transformer en une confrontation entre deux époques. En clair, l’impossible n’est possible que lorsqu’il n’y a plus de barrière. Et cet obstacle, c’est le temps. L’artiste nous en livre la clé par le truchement d’un imaginaire bien plus que réel. Et c’est là le « Paris » de Dan Jacobson.

Extrait de « Arts Actualités Magazine » de Harry Kampianne.

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux d‘hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

« Lire dans l’oeuvre objective…la vision intérieure de l’artiste, voilà le but de l’analyse psychologique. Et cette vision nous mène bientôt à l’état d’âme qui est à sa base. »

Dan Jacobson est un peintre français contemporain, né en 1942 à Paris. Il vit entre ses ateliers du Val d’Oise et de Paris.
Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Graphiques ESTIENNE, ses professeurs sont Albert Flocon et Jean Cluseau Lanauve.
1962 : Il Obtient le Grand Prix de l’Art et l’Industrie aux Beaux Arts de Paris. La Marine Nationale lui commande un reportage de 40 aquarelles sur la vie des marins à la base d’Hourtin.
Parallèlement à sa peinture, il exerce une activité de Directeur Artistique dans les grandes agences de publicités parisiennes.
1975 : Roger Tagliana lui offre les cimaises de la « Maison de Van Gogh » à Auvers sur Oise pour sa première exposition, avec un reportage télévisé par Micheline Sandrel sur FR3.
1978 : la galerie Drouant lui décerne le prix de la Jeune Peinture parrainé par Tofoli ; il y exposera régulièrement.
Ses expositions à thème se multiplient dans les galeries en France et à l’étranger : » la mer et les marins pêcheurs, passion pour la voile, les marchés, les bistrots, Paris d’Hier et d’aujourd’hui, Evasion, à Fleur d’eau » ( galeries les Heures Claires / Médicis / la Caverne des Arts/ les Orfèvres / Drouant / Saint Roch / Colette Dubois / Arts Expo / Opéra Gallery / l’Orée du Rêve …)
1995 : création du mouvement « MAXIREALISTE » au Salon COMPARAISONS; il en devient le chef de file.
Pendant la Coupe du Monde de Football, il expose au Toit de la Grande Arche ses grandes toiles « Imagine Paris » … Depuis l’Edition 1999, Dan figure au « BENEZIT »
2001 : Il est l’invité officiel à MEXICO de « FRANCIA 2001 » organisé par le centre Français du Commerce Extérieur.
2002 : Acquisition d’une de ses œuvres par le Musée de la Marine.
2005 : Le Député Maire Axel PONIATOWSKI invite au Centre d’Art Jacques Henri Lartigue de l’ISLE ADAM « Dan Jacobson et les Maxiréalistes ».
Invité d’honneur dans plusieurs salons, il est Sociétaire du Salon d’Automne / Comparaison / SNBA / Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau / Salon de la Marine. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections particulières.dan-jacobson-le-montreur-dours-sest-echappe

Histoire:
La représentation des animaux dans la peinture est particulièrement ancienne puisqu’on la retrouve dans les premières peintures de la Préhistoire (art rupestre et art pariétal) comme les grandes fresques murales de la grotte Chauvet, la grotte Cosquer et surtout, durant le Magdalénien, dans les grottes de Lascaux et d’Altamira.

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Fresque de Pompéi (premier siècle av. J.-C.)
Durant l’Antiquité, dans l’Égypte antique on trouve de nombreuses représentation de figures d’animaux dont beaucoup avaient une signification religieuse (lion, hyène, chacal, chat, chien, chèvre, loups, bouquetin, oryx ainsi que des oiseaux et des poissons).
Si les Phéniciens ont laissé très peu de peintures animalières, en revanche, les Étrusques représentaient assez souvent des animaux, surtout des chevaux, sur les amphores, les cratères ou les murs de salles funéraires (félins de la période orientalisante). Les Grecs ont également contribué à développer ce genre de peinture même si c’est plutôt dans la sculpture que l’art animalier s’est exprimé. Le goût pour les bêtes peintes apparaît aussi dans les mosaïques et les peintures de Pompéi. La peinture de la Renaissance marqua un renouveau du style avec une volonté d’imiter la nature.

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Isabelle Panélas Huard dite Isabelle Huard commence sa carrière artistique en 1999. Elle fréquente alors l’atelier de l’ADAC de Paris, dans la section modèle vivant. Deux ans plus tard, elle fait sa première exposition au Festival européen de la sculpture avenue Georges V à Paris.
A ses débuts, elle sculpte des nus dans un style académique avant d’évoluer vers un style personnel. Son univers se peuple alors de personnages asiatiques et d’animaux. Elle rapporte de ses voyages des sujets à thèmes, en particulier des Mandarins et des Samouraïs.
Les animaux se font peu à peu très présents avec des hippopotames, des ours, tout en rondeur, aux formes épurées, aux surfaces lisses. Actuellement ses recherches la conduisent vers un travail en force, au couteau, de façon à accentuer la dynamique de l’animal, à donner plus de relief à ses lignes et ses caractéristiques propres. En fonction du message qu’elle veut véhiculer, elle imprime plus ou moins fortement son empreinte dans la terre. C’est le cas de son fameux Rhino-féroce, très travaillé. A noter que ces animaux sont souvent traités dans un sens symbolique, avec une attention toute particulière portée à la tête, généralement plus grosse que la normale : rhinocéros et hippopotames nous apparaissent dotés d’une tête qui fait la moitié du corps alors qu’en réalité elle représente le tiers.
Isabelle Huard développe régulièrement son apprentissage dans le domaine de la ciselure, du moulage et de la patine dans la fonderie d’art Chapon.

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L’artiste participe à de nombreuses exposition depuis 2001, en particulier le salon des Artistes indépendants, le salon Nature et animaux à Paris, le salon international du monde de la culture et des arts à Cannes. Ses travaux ont été de nombreuses fois récompensés, en particulier son Rhino-Féroce, trois médailles d’or. En 2004, elle vient d’être sélectionnée pour le Salon National des Artistes Français. Elle signe ses pièces I.P.H, monogramme de son nom.
Isabelle Panélas-Huard, après avoir travaillé avec différentes galeries de Paris (place des Vosges), de province et à l’étranger (Allemagne, Suisse, Italie), est actuellement exposée en permanence à la « galerie 23 » au domaine de Rochevilaine à Billiers, ainsi qu’a la galerie « les artistes et la mer » à St Malo.
Article paru dans le « Dictionnaire illustré des Sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours » Jean Charles HACHET / Éditeur : argusvalentines. http://www.argusvalentines.com/ Jeff Koons, considéré comme le maître incontestable du kitsch.

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Jeff Koons a commencé sa carrière comme courtier à la bourse de Wall Street à New York avant d’étudier les arts plastiques à Baltimore et Chicago.
Passionné par l’art depuis l’enfance, il installe son atelier à Chelsea où il travaille avec ses collaborateurs toutes sortes de supports et où il pratique le détournement d’objets du quotidien. Koons puise son inspiration dans le thème de l’enfance et réalise des jouets et des animaux gonflables.

Son Rabbit, lapin en acier inoxydable réalisé en 1986, Lobster, son homard géant en aluminium polychrome ou ses Balloon Dogs ont séduit les plus grands collectionneurs.

« L’art m’a permis de développer ma personnalité d’abord au sein de ma famille. J’ai une sœur, de trois ans mon aînée, qui faisait toujours mieux que moi. Elle était meilleure en maths ou en langues mais en art, c’était l’inverse, j’étais plus doué. C’est d’ailleurs le domaine où mes parents me valorisaient un peu. J’étais encore un enfant, je devais avoir 5 ans et cela m’a donné une grande force et une confiance en moi. »

Il est aussi fasciné par les mythes et les légendes de la culture de masse et l’auteur des célèbres sculptures de Michael Jackson et de la Panthère rose. En 1992, l’artiste a conçu Puppy, un chien de douze mètres de haut, recouvert de fleurs, qui se trouve actuellement à l’entrée du musée Guggenheim de Bilbao.

Puppy , fleurs et mascottes

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« Avec Puppy, Koons allie passé et présent, en employant un modèle d’ordinateur sophistiqué pour créer une œuvre qui fait référence à un jardin classique européen du XVIIIe siècle. Le West Highland Terrier géant avec sa livrée de plantes en fleur combine l’iconographie la plus édulcorée — fleurs et mascottes — dans un monument au sentimentalisme. Sa taille imposante, fermement contenue et en même temps, échappant à tout contrôle apparent (l’animal continue de grandir, au sens littéral et au figuré), et la juxtaposition de références élitistes et de la culture populaire (l’art de sculpter des arbustes et l’élevage de chiens, la céramique décorative et les cartes de vœux), peuvent être interprétées comme une analogie de la culture contemporaine. Koons a irrévocablement cherché, avec cette sculpture publique, à attirer, à inspirer l’optimisme et à transmettre, selon ses propres mots, « confiance et sécurité ». Puppy, gardien majestueux et robuste des portes du Musée, remplit les spectateurs d’admiration et de joie.»

« Mon père était décorateur architecte d’intérieur et il avait un magasin de meubles. C’est donc à travers lui que j’ai découvert l’esthétique, et c’est à ses côtés que j’ai appris la couleur et comment différentes combinaisons de couleurs et de surfaces peuvent faire éprouver des émotions extrêmement variées. »

Son art peut être considéré comme le croisement entre les ready-made de Marcel Duchamp et le Pop Art d’Andy Warhol, le tout mêlé à l’imagerie populaire américain.

« Je suis probablement devenu artiste car mon père était décorateur d’intérieur. C’est lui qui m’a initié à l’esthétique. Je me rendais dans son magasin et je voyais toutes ces couleurs, ces textures et ces objets : des lampes, des tables, des chaises… »

L’ARTISTE ET L’ANIMAL : DE L’ESTHÉTIQUE A L’ÉTHIQUE

Animal : du latin anima « vent, souffle, respiration, être vivant, être animé, créature »

Premier sujet de l’art, toujours à l’étude, l’animal représenté témoigne de la longue et lointaine relation qui l’unit à l’homme, dans tous les arts et dans tous les pays, réunissant dès l’origine tout le répertoire des formes : naturalisme, symbolisme, stylisation, hybridation.

C’est à partir du XVIIe siècle que la représentation des animaux devient un genre particulier de la peinture occidentale. Longtemps tenue pour mineure, la sculpture animalière connaît son apogée au XIXe siècle. Le premier salon d’art animalier ouvre ses portes en 1912. L’artiste animalier choisit de faire de l’animal le sujet principal de son œuvre où lui donne la prééminence, se distinguant en cela des artistes qui l’intègrent à des scènes plus générales.

Cet art nécessite une observation patiente et sensible afin de saisir la justesse des formes et des postures et faire en sorte de « déceler l’âme animale » (Les représentations plastiques de l’animal / Claude-Georges Mallet). Dans la hiérarchie des genres « celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que celui qui représente des choses mortes et sans mouvement » (Conférences de l’Académie / André Félibien, 1667), pour autant des peintres de chasse et de natures mortes comme le flamand Snyders et les français Desportes et Oudry excellèrent en cette manière. Bien loin de la création fabuleuse tirée du bestiaire médiéval (Le jardin des délices de Bosch), l’étude quasi scientifique de l’animal par les maîtres anciens comme Léonard de Vinci (Étude de chevaux) ou Dürer (Le lièvre) ouvre la voie à des illustrateurs chevronnés auxquels fera appel Buffon pour les planches de son « Histoire naturelle » -revisitée par Picasso- puis aux naturalistes du XIXe siècle (Birds of America du peintre naturaliste Jacques-Audubon) resserrant ainsi les liens entre art et science.

La relation plus intime que l’homme et l’animal nouent à la Renaissance prend un caractère plus familier voire anecdotique au XVIIIe siècle avec la mode de la scène de genre, qui associe aux portraits de femmes et d’enfants un animal de compagnie (Greuze). L’animal devient le miroir des émotions humaines. L’intérêt grandissant pour la représentation des animaux familiers, animaux domestiques (Paulus Potter) ou animaux sauvages (Barye) trouve un nouveau souffle au XIXe siècle. Parmi les animaux les plus représentés figure le cheval, symbole de noblesse et de liberté. Depuis la préhistoire, la liste est longue des artistes qui tentèrent de capturer sa beauté naturelle (…Wouvermans, Stubbs, dit le peintre du cheval, Géricault, Delacroix, Degas, Franz Marc…).

Sa représentation, qui tient de la fascination et du sentiment, se transforme dans l’art contemporain en d’inquiétantes et tragiques mises en scène comme dans La Ballade de Trotski, « un véritable cheval empaillé à suspendre à un haut plafond », de Maurizio Cattelan ou dans Le cheval noir, cheval empaillé à l’agonie, de Berlinde de Bruyckere.

Dans le même registre regardons « les chiens multicolores, couleurs du temps », Puppies de Jeff Koons, dérisoire avatar du fidèle compagnon de l’homme ou encore les hybrides monstrueux de Barney (Cycle Cremaster) ou Piccini…dans un rapport inversé animalité/ humanité, lointaine référence à la mythologie ou aux études de physiognomonie de Le Brun.

Ainsi, depuis une cinquantaine d’années, l’art contemporain développe une antithèse de la sacralisation de l’animal des temps anciens, et exprime peut-être le regret du lien vital, de notre humanité perdue. Cependant, l’utilisation transgressive de l’animal au-delà de ce qu’elle dénonce (exploitation, clonage, fétichisme, réification…) pose la question éthique et la légitimité de la démarche artistique.

Marié aux larges masses d’insoumis, brassé dans l’universel attroupement des choses, livré aux dénicheurs de graves tourments, aux radicelles humaines figées dans le recueillement et la complicité des jaloux, tu te regardes accomplir les gestes quotidiens dans les limites serrées des souples ‘branches. Au désir de papier buvard, tu t’opposes, tu t’agites sous le vent d’un sillage toujours en fleurs. Que je n’arrive pas à distinguer des choses les fantômes des parties qui ont aidé à leur épanchement hors de moi, cela est dû à la continuité de leur action médiatrice entre le monde et mon adolescence. Et, désormais soumis à un sentiment, morcelé et étranger, de gouffre, pouvais-je, sinon subir avec terreur leur désertique et ferrugineux appel? Tout l’espace terreux se cabrait sous les bancs de nuages. Je me suis entouré d’hivernages fragiles, de forces desséchantes. Que reste-t-il d’humain sur les glabres visages tannés par les lectures et les astreignantes politesses des dossiers dont je me suis constitué un décor famélique? Coutumière faiblesse il sera dit un jour de révolte que les yeux qu’on a cherchés étaient vides de la joie des hommes. Et les hommes et la joie, j’ai toujours essayé de me mêler à eux, à défaut de la féroce fusion promise que l’on trouve cependant encore vivante au fond résiduel des contes, parmi les germes de froid et les portes parsemées d’enfances.

TRISTAN TZARA – LA MAIN PASSE

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PARIS NEW MOON PARIS, LE NOUVEAU LIVRE DE RAPHAËL RINALDI

L’ESPACE CULTUREL GINGKO’ART DE PONTOISE ET LES ÉDITIONS ISANDRA, PRÉSENTENT LE 21 AVRIL PROCHAIN À PARTIR DE 18HO0; LE NOUVEAU LIVRE DE RAPHAËL RINALDI, « PARIS NEW MOON PARIS », UNE SOIRÉE PLACÉE SOUS LE SIGNE DE LA DÉDICACE ET DU DIALOGUE AVEC L’ARTISTE AUTOUR D’UNE L’EXPOSITION ÉPHÉMÈRE DE PHOTOGRAPHIES ARGENTIQUES SUR PAPIER BARYTÉ QUI PRÉSENTENT L’UNIVERS DU PHOTOGRAPHE TOUT EN METTANT EN AVANT UNE DES SCÈNES DU ROCK PARISIEN: LE NEW MOON.

A la fin des années 1980, la Mano Negra, les Wampas et bien d’autres y ont fait leurs armes. Retour sur l’histoire d’un club libertaire et agité qui réveilla Paris. Alors qu’un livre et une exposition ressuscitent le mythe, un journaliste se souvient.

Dans « Paris New Moon Paris », le photographe Raphaël Rinaldi nous embarque pour une virée au 66 rue Pigalle, au pays des groupes de rock, à une époque charnière où les synthés se taisent, la techno déboule et les guitares alternatives sont au sommet.

_1-Jean louis Aubert Daniel Roux Richard Kolinka Copyright Raphaël Rinaldi

Le New Moon, les fidèles l’ont vécu à fond sans se soucier de la trace que laisserait ce clair de lune électrique. Et puis les années sont passées, le bâtiment a été détruit, mais on n’efface pas les souvenirs, surtout quand ils sont bons!

Laurent Jézéquel pour télérama.

Se plonger dans Paris New Moon Paris, c’est découvrir l’empreinte d’une poignée d’esprits frappeurs et d’un lieu oublié qui pourtant ont contribué à la légende parisienne au même titre que les dadaïstes du Boeuf sur le toit ou les zazous des caves de Saint-Germain-des-Prés.

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Octobre 2014

Le rock français ? Eternel oxymore que d’aucuns ont toujours pris malin plaisir à railler. Certes Yves Adrien proclamait en 1973: « Je chante le rock électrique » mais n’avait-il prouvé par la suite sa constante tendance à entendre des voix ? Et si la France connaît sa vogue punk avec les Stinky Toys, Asphalt Jungle, Métal Urbain et quelques autres, celle-ci a tôt fait de muter en une coldwave élégante pour « chérubins électriques ». Vae victis : l’esprit novö avait pris le pouvoir!

1989: fin de partie ! Une poignée de fanzines s’activent en coulisse mais le Libération rock de Pacadis, Bayon et Daney achève son tour de piste. Les années Palace s’éteignent tragiquement dans le fric, la dope et le sida. La French Touch n’a pas encore réveiller les corps et les échos du CBGB ou du Marque, se font lointains. A peine entend-on en provenance de l’Hacienda, les ressacs de la vague « Madchester ». Le New Moon, installé dans les murs d’un ancien cabaret du Pigalle canaille et populaire, naît du pari que sous les cendres couve encore le feu sacré. Et il faut bien cette nouvelle phase de lune pour réenchanter la marée. Aux gueules de bois des lendemains de « nuits de la pleine lune » succède alors la sueur et la lueur d’une salle de concert prototypique, véritable creuset underground, qui plus de 300 jours par an fait monter sur scène groupes et projets musicaux de tous horizons. Un seul mot d’ordre: découvrir, explorer, révéler. Ce n’est pas le Cabaret Voltaire mais, si l’on ose, un « Cabaret Volts R » : R comme Rock et son halo de volts.

L’énergie du désespoir

Mais pourquoi se replonger aujourd’hui dans cette aventure ? Pourquoi perdre ses pas sous les néons d’une impasse nocturne où le souvenir dispute son héritage à la fantasmagorie. Nous dont la patrie est nimbée de nappes synthétiques, dont les affinités chics sont à chercher chez les jeunes gens modernes, qu’aurions nous à retenir du cri des derniers épigones d’un punk crade et cramé ? Nous qui vînmes au monde en cette année 1989, nous n’aurions même pas l’excuse de la nostalgie qui nous oriente plutôt vers les destins antérieurs à notre naissance comme l’énonce cette trop méconnue « loi de Sainte-Beuve » qu’on trouve dans Volupté : «Comment les souvenirs ainsi communiqués nous font entrer dans la fleur des choses précédentes et repoussent doucement notre berceau en arrière !…

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Les plus attrayantes couleurs de notre idéal, par la suite, sont dérobées à ces reflets d’une époque légèrement antérieure où nous berce la tradition de famille et où nous croyons volontiers avoir existé».

Et pourtant, ce n’est pas la nostalgie que Paris New Moon Paris cherche à exciter en nous. Ce beau livre édité par le Castor Astral n’est en effet ni un mémorial à la gloire des anciens combattants ni un énième coffee table book qu’on feuilletterait négligemment avant qu’il ne rejoigne son cimetière en quelque grenier. Son prisme est plus subtil. Plus intéressant aussi. Cette myriade de portraits rassemblés par le photographe Raphaël Rinaldi forme assurément un hommage mais surtout un manifeste à rebours. Poussière sélène qui, par ses rémanences voilées, nous dit quelque chose d’aujourd’hui. En observant cette succession de visages baignés par l’énergie, la provocation et la camaraderie, on se prend à entrer dans la danse. Ces instantanés en noir et blanc n’ont rien de figé, ils s’animent, chuchotent, ils ont une âme comme pouvait l’avoir le lieu qui les réunissait. Vases communicants, champs magnétiques: ce sont des conducteurs d’atmosphère.

Regards croisés sur une épopée d’anonymes

Dans cet aller-retour aux allures de cycle, on croise des noms bien connus : la Mano Negra, la Grande Sophie, Arno, … Mais ce sont les anonymes, les profils perdus de ces hérauts de la scène alternative, aventuriers clandestins dont les textes maladroits autant qu’émouvants s’entrecroisent au cœur des pages, qui nous parlent davantage. Parce qu’ils n’ont rien renié, qu’ils mettent la joie d’avoir partagé au-dessus de l’amertume. C’est à eux que s’adressent les préfaces des fondateurs Pierre Soler et Roland Piqueras, de l’excellent journaliste David Dufresne, de Marsu, le manager du label Bondage et des Béruriers Noirs. À eux, et au public du 66 rue Pigalle. Entre ces deux pôles aimantés par l’électricité de la musique la frontière était de toute manière ténue. Pourtant, une telle bulle amniotique, zébrée de flashs et propice à tous les échanges vitaux, ne pouvait décemment tenir la distance.

1993: le New Moon baisse le rideau. Pigalle range ses guitares. La foule se désagrège.

2004: l’esprit destroy trouve sa défaite apparente et paradoxale sous les chenilles du bulldozer qui vient raser l’ancien sanctuaire.

Resterait une chose à faire, se réapproprier l’ambiguïté du « caractère destructeur » qu’évoquait Walter Benjamin: « Voyant partout des chemins, il est lui-même toujours à la croisée des chemins. Aucun instant ne peut connaître le suivant. Il démolit ce qui existe, non pour l’amour des décombres, mais pour l’amour du chemin qui les traverse… »  Il faudrait suivre ce chemin. Comme dirait l’autre : « Paris vaut-bien une messe ». Mais pour que Paris soit Paris, encore faut-il que l’office trouve ses célébrants et ses témoins.

On pourrait se lamenter sur notre époque de basses-eaux, se résoudre à ce que le paysage urbain s’aseptise et que les nuits aient la couleur d’une ville-disneyland…

On peut aussi soutenir des lieux comme La Miroiterie qui perpétuent l’héritage et constituent autant de marges et d’interstices où soufflent l’esprit libertaire, son intransigeance et ses folies.

On peut récuser le nihilisme et saluer la beauté du geste de Raphaël Rinaldi. Par son excipit photographique, il donne raison à Léon-Paul Fargue, cet apache qui jamais n’avait cessé d’effectuer le trajet Paris-Paris : « Point n’est besoin d’écrire pour avoir de la poésie dans ses poches.»

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On peut, enfin, prêter pour une fois l’oreille aux syncopes d’Yves Adrien : « Du verre brisé, des cuirs flamboyants, et overdose sur overdose d’électricité. Laissez-vous porter, pendant un an, par cette rockanroll music (… It’s got a back beat, you can‘t lose it) : get yer ya ya’s out. Il n’est jamais trop tard pour tout recommencer. »

Guillaume Pinaut.

Raphaël Rinaldi, Paris New Moon Paris, Le Castor Astral, 336 pages, 45 euros.

Dans le silence de l’atelier! L’Espace culturel Gingko’Art de Pontoise présente: Du 14 avril au 12 juin, Joël Moulin, peintre et pastelliste, une exposition intitulée, « l’Esprit de la lumière »

La peinture une exposition intitulée,  « l’Esprit de la lumière » de Joël Moulin, non contente de me séduire, m’intimide. Elle joue avec la lumière. Vous croyez avoir perçu quelque chose et, dans la minute qui suit, elle n’est déjà plus de ce temps.

À une période où le futile envahit notre quotidien, l’art du peintre de Valmondois devrait nous interroger sur le sens que nous donnons au monde. Je suis un artisan, lui est un artiste. Je le rejoins sur le regard qui vise l’essentiel. Ses œuvres accrochent la lumière et je suis aussi fasciné par la lumière qui émane de ses oeuvres. Sa faculté de pénétrer les éléments m’impressionne.

C’est peut-être le cheminement que l’artiste nous lègue aujourd’hui par delà la lumière!

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L’artiste, le poète de la craie, Joël Moulin nous délivre de la peur et de la solitude par son travail, il a modelé, il a transformé, il s’est affranchit lui-même et a affranchit la matière. On peut dire que, dans cette démarche, l’art précède la science et lui ouvre les horizons de la liberté picturale.

Au cours de la deuxième décennie du vingtième siècle, un tournant radical et déterminant s’opère en peinture, l’invention de l’abstraction.
Certes, depuis la nuit des temps, des formes non figuratives ont été utilisées au sein de programmes décoratifs, par exemple les grecques ornant les terres cuites de l’Antiquité, les arabesques des ferronneries baroques ou les volutes de l’Art Nouveau. Mais ces motifs étaient subordonnés à des finalités extérieures, comme l’embellissement d’un lieu ou d’un objet. 
La démarche qui caractérise les maîtres de l’abstraction du début du 20 ème siècle consiste à proposer, purement et simplement, une « image abstraite ». 
L’oxymore que constitue cette expression, une image étant traditionnellement définie comme une réplique de la réalité, indique la nouveauté de l’entreprise.

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Les peintures abstraites sont des images autonomes qui ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Dans ce sens, elles s’apparentent aux icônes de la religion orthodoxe qui manifestent la présence d’un contenu plutôt qu’elles ne le représentent, mais, à la différence de ces images religieuses, les peintures abstraites rompent avec le monde des apparences. Elles révèlent l’existence de réalités jusqu’alors invisibles et inconnues, que chaque artiste détermine à sa façon, selon ses propres convictions, son parcours et sa culture, de l’art populaire aux théories les plus spéculatives.

Chacun des quatre artistes pionniers de l’abstraction, Frantisek Kupka, Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch et Piet Mondrian, aboutit ainsi à sa propre formulation de l’abstraction, indépendamment des autres. 
Ils ont néanmoins franchi le seuil de l’abstraction à peu près au même moment, entre 1911 et 1917, simultanéité qui peut s’expliquer par des préoccupations communes. Ils avaient tous une pratique spirituelle ou ésotérique.

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Ils étaient aussi, pour certains d’entre eux, très attachés à la musique, le moins imitatif de tous les arts, qu’ils ont parfois pris comme modèle. Et, plus généralement, ils travaillaient dans un contexte culturel, en particulier scientifique avec l’apparition de la physique quantique et de la théorie de la relativité, où la notion de réalité devenait problématique.

Comme le remarquait Paul Valéry à cette époque, « Ni la matière, ni l’espace, ni le temps ne sont depuis vingt ans ce qu’ils étaient depuis toujours« .

Dans ce contexte culturel et scientifique du début du 20e siècle, la réalité est moins ce que l’on perçoit à l’aide des cinq sens qu’une entité que l’on approche par des expériences de pensée. 
Les inventeurs de l’abstraction proposent une nouvelle forme de peinture en adéquation avec cette conception du monde.


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« Parler du pastel c’est parler du plaisir physique, du bonheur de la main qui trace, qui devient outil, médiatrice de la fusion de la craie et du papier c’est la fulgurance la réponse immédiate souvent à la limite extrême de la sensation où l’imperceptible prend forme, la précarité du moyen devient sa force.»

Joël Moulin.

Jeune étudiant à l’École des beaux-arts de Paris, Joël Moulin (1935-1997) obtient le prix de la Jeune peinture en 1958, puis le « Premier Grand Prix de Rome » en 1961. Parallèlement à ses expositions particulières, il participe à de nombreuses manifestations de groupe. Faisant le choix d’un travail solitaire, il se tient néanmoins à l’écart des galeries, enseignant dans le cadre de l’école d’arts de Cergy. Dans ce tableau, il révèle une perception intime d’un paysage à la réalité fugitive. Les détails se résument en une gestuelle de quelques lignes allusives, se rapprochant des expériences de Turner et de Monet.

A Vamondois, jouxtant la maison familiale,
l’atelier de Joël Moulin est resté en l’état depuis la disparition du peintre, en 1997. En plein
coeur de la végétation, presque invisible au milieu des arbres, un escalier raide conduit dans
l’antre du Val-d’Oisien d’adoption, né en 1935 à La Rochelle.

Mais arrivé en haut, le travail
de l’artiste prend tout son sens : une immense fenêtre s’ouvre sur le jardin. « Vues imprenables
» sur la nature. Comme le titre de l’exposition en deux volets qui lui était consacrée à l’abbaye
de Maubuisson et à L’Isle-Adam.


« L’atelier la nuit; une table dans l’ombre et son désordre indistinct. Une lumière suspendue comme une lune: c’est le reflet de la lampe dans la verrière, dont la structure, irrégulièrement soulignée par endroits d’un ocre calligraphié au bout du pinceau, semble flotter devant la profondeur bleue.

Un grand déversement blanc traverse la fenêtre et brouille l’étagement des plans. La transparence de la peinture, passée en voiles successifs, fait remonter l’opacité nocturne. Les formes restent encore enveloppées d’une nuit bleutée, ont-elles servi de transition nécessaire vers les dernières peintures, dans lesquelles le motif disparaît au fur et à mesure que la couleur s’affirme, couleur toujours claire, où les jaunes vont petit à petit gagner sur les bleus, sans que l’artiste ait jamais renoncé à de subtils mélanges sur la palette, ni la douceur des tons pastel.»

Extrait de Joël Moulin, Colette Garraud, historienne d’art.

C’est en 1959, deux ans après être sorti des beaux-arts de Paris,
que Joël Moulin rencontre le succès : il reçoit le Prix de la jeune peinture et, en 1961, le
premier Grand Prix de Rome lui ouvre les portes de la Villa Médicis, où, au contact de Balthus,
le peintre se détache des influences cubistes du Braque de ses débuts.

De retour d’Italie, en
1965, Joël Moulin entame une démarche vers l’abstraction et la luminosité : le motif est dissous
pour finalement disparaître presque totalement de la toile.

« Je vois
enfin la lumière»


En 1968, son installation dans le Val-d’Oise va beaucoup
contribuer à l’évolution du peintre. Dans l’atelier gris, d’abord, où il peint d’immenses pastels,
dans une tourelle, ensuite, où il installe un atelier surplombant le jardin. Un cadre propice
à la recherche de cette lumière, de ce mouvement, aussi, que Joël Moulin n’a de cesse de vouloir
apprivoiser. Il peint de sa fenêtre, totalement immergé dans la nature, cherchant son inspiration
dans son environnement très proche. « Joël avait avec la nature une relation privilégiée, presque
un rapport de force, se souvient Anne-Marie Moulin, la veuve de l’artiste. Il aimait s’y confronter.
»


Le principe de la nature morte est d’affirmer sa présence par l’absence de celle de l’homme. Elle a donc, par essence, un côté fantomatique : elle décrit la présence d’un absent. Plus elle évoque cette absence et plus elle est réussie.

Par ailleurs, au moment de la conception du tableau par le peintre, une tension s’établit entre le réel et la conception que le peintre se fait de la construction nécessaire. Au fur et à mesure de l’installation de la nature morte vont émerger progressivement les lignes solides de la composition. Du fantôme idéalisé de l’esquisse, on va passe progressivement à la solidité de la nature morte en place.

La nature morte est ainsi constituée au carrefour de 2 fantômes : le fantôme de sa conception, qui va en reculant au fur et à mesure que la nature morte se constitue ; le fantôme de l’homme, de plus en plus présent au fur et à mesure que la nature morte se dessine et que le fantôme de la conception s’éloigne.

Ce double fantôme avait été parfaitement compris et mis en valeur par un peintre contemporain, Joël Moulin , qui fut hanté par la description de l’essence des choses ; à ma connaissance, il fut celui qui alla le plus loin sur le chemin de la description fantomatique de ce qui peut constituer la présence d’une chose.

Cette approche fit merveille sur la représentation d’objets proches.

Apprivoiser la surface !

C’est en 1972, lors de l’exposition Rothko au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, dans des salles alors à peu près vides, que Joël Moulin découvrit la peinture de Mark Rothko, sans doute l’une des formes les plus abouties de cet art de « dilater le temps » dont il rêvait. On ne saurait parler d’influence directe. La peinture de Joël Moulin n’a jamais été à proprement parler abstraite; même si les objets y sont parfois peu discernables, jamais sa couleur n’a cherché la saturation, et s’il joue des transparences de l’huile, il semble éviter les vastes surfaces, leur préférant un entrecroisement de touches longues. Pourtant, cette rencontre devait être déterminante, et s’inscrire logiquement dans la continuité de celle du peintre Turner – dont le voisinage envisagé à la Tate Gallery ne déplaisait pas à Rothko -, pour un artiste qui s’efforcerait plus tard de « conquérir la couleur », selon ses propres termes, avec une timidité avouée, presque avec peur.

« Je pense que mon travail actuel au pastel et au fusain doit à la longue modifier profondément ma façon d’aborder l’huile – c’est une remontée de la couleur que j’attends de tout cela! Je me souviens que, dans les années 60, c’est avec l’aquarelle que, petit à petit, j’avais construit cette façon de peindre en glacis.»

Peu à peu, le peintre abandonne les figures pour se concentrer sur l’atelier
et les paysages. Parallèlement, en 1982, alors devenu enseignant à l’École nationale supérieure
d’arts de Cergy-Pontoise, il décide de ne plus exposer. « Joël n’aimait que l’acte de peindre,
la finalité ne l’intéressait pas, souligne Anne-Marie Moulin. Dès 1959, alors très sollicité
par les marchands, il avait compris que le commerce le gênait pour mener à bien son travail.
Pour lui, le succès corrompait, et chaque exposition était un déchirement. »

« Exposer, c’est
arrêter sa recherche, ajoute Florence Moulin, la fille de l’artiste. Or, lui n’avait jamais
terminé. »


Ce n’est que quinze ans plus tard que Joël Moulin exposera de nouveau. Malade, peut-être
sent-il l’urgence d’achever sa quête ? Peut-être, simplement, a-t-il trouvé la lumière, comme
il l’écrit, en 1997, l’année de sa disparition :

« C’est étrange, je suis si heureux en ce moment
dans l’atelier. Je vois enfin la lumière. Elle a ouvert la porte et elle est entrée… »

Joël Moulin ( 1935-1997)

Né à la Rochelle

Parcours

1952/57 Études à l’École des Beaux-Arts de Paris

1959 Prix de la Jeune Peinture

1961 Premier Grand Prix de Rome de Peinture

1962/65 Séjour à la Villa Médicis, Rome

1968 Installation dans le Val-d’Oise

1982/97 Enseignant à l’École nationale supérieure d’arts de Cergy-Pontoise

Expositions personnelles ( sélection)

1960/72 Galerie Visconti, Paris

1972 Centre culturel d’Argenteuil

1982 Galerie Philippe Fregnac, Paris

1997 Espace Bateau-Lavoir, Paris

1998 Hommage à Joël Moulin, Villa Daumier Valmondois

1999 Espace Bateau-Lavoir, Paris

1999 Galerie d’art contemporain, Auvers-sur-Oise

2003 Centre d’art Jacques Henri Lartigue, l’Isle-Adam

Expositions de groupe et Salons

1958 à 1963 Salon de la Jeune Peinture, Paris

1961 à 1966 Grands et Jeunes d’Aujourd’hui, Paris

1969 à 1972 Salon de Mai, Paris

1972 Salon des Réalités Nouvelles, Paris

1975 et 1976Bienale de Toulon

1981 Exposition « Les chiens »

Galerie Philippe Fregnac, Paris

1982 Salon de Montrouge

1989 Fondation René Dubos, Pontoise

2003 Domaine départemental de Maubuisson, abbaye, Saint-Ouen-l’Aumône

Collections

Collections particulières ( France, USA)

École supérieure des beaux-arts de Paris et Ville de Paris

Lowe Art Center, Syracuse – New York, USA

Art Museum Corpus Christi, Texas, USA

 

Une semaine culturelle au nom de la femme: parce que nous le valons bien…

Une soirée pour célébrer la journée mondiale de la femme avec Isabelle, une après-midi écriture en compagnie de Marie-Véronique, une soirée avec l’auteure Micheline Hecquard et la semaine en photographies avec les œuvres de Valérie…Venez accrocher vos cadenas d’amours sur les grilles placées dans la bibliothèque.

Portez le ruban blanc. Pour montrer votre opposition à la violence des hommes envers les femmes, portez un ruban blanc épinglé à votre vêtement.

A une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

Victor Hugo

Le mardi 8 mars

L’espace culturel Gingko’Art de Pontoise & Isandra Éditions célèbrent
la journée internationale des femmes

et vous invitent à la soirée du mardi 8 mars  à partir de 19 heures
(Apéritif dinatoire.)

Une soirée pour découvrir les photographies de l’artiste Valérie Hamel, une exposition intitulée « Au-Delà du silence ».

Et des œuvres proposées par la galerie Isandra.

Venez accrocher vos cadenas d’amours sur les grilles placées dans la bibliothèque.

Portez le ruban blanc pour montrer votre opposition à la violence des hommes envers les femmes, portez un ruban blanc épinglé à votre vêtement.

La Journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars de chaque année par des groupes de femmes dans le monde entier. Elle est également célébrée à l’ONU et, dans de nombreux pays, c’est un jour de fête nationale. Lorsque les femmes de tous les continents, souvent divisées par les frontières nationales et par des différences ethniques, linguistiques, culturelles, économiques et politiques, se réunissent pour célébrer leur Journée, elles peuvent voir, si elles jettent un regard en arrière, qu’il s’agit d’une tradition représentant au moins 90 ans de lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement.

Des femmes qui ont fait l’histoire

Rosa Luxemburg

La Journée internationale de la femme est l’histoire de femmes ordinaires qui ont fait l’histoire. Elle puise ses racines dans la lutte menée par les femmes depuis des siècles pour participer à la société sur un pied d’égalité avec les hommes. Dans l’antiquité grecque, Lysistrata avait lancé une « grève sexuelle » contre les hommes pour mettre fin à la guerre. Pendant la révolution française, des Parisiennes demandant « liberté, égalité, fraternité » ont marché sur Versailles pour exiger le droit de vote des femmes.

L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est fait jour au tournant des XIXe et XXe siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et l’émergence des idéologies radicales.

Repères chronologiques :

1909 – Conformément à une déclaration du Parti Socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis, le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.

1910 – L’Internationale socialiste réunie à Copenhague a instauré une Journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. La proposition a été approuvée à l’unanimité par la conférence qui comprenait plus de 100 femmes venant de 17 pays, dont les trois premières femmes élues au Parlement finlandais. Aucune date précise n’a été fixée pour cette célébration.

1911 – À la suite de la décision prise à Copenhague l’année précédente, la Journée internationale de la femme a été célébrée pour la première fois, le 19 mars, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes ont assisté à des rassemblements. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigeaient le droit au travail, à la formation professionnelle, et la cessation de la discrimination sur le lieu de travail.

Moins d’une semaine après, le 25 mars, le tragique incendie de l’atelier Triangle à New York a coûté la vie à plus de 140 ouvrières, pour la plupart des immigrantes italiennes et juives. Cet événement a eu une forte influence sur la législation du travail aux États-Unis, et l’on a évoqué les conditions de travail qui avaient amené cette catastrophe au cours des célébrations subséquentes de la Journée internationale de la femme.

1913-1914 – Dans le cadre du mouvement pacifiste qui fermentait à la veille de la Première Guerre mondiale, les femmes russes ont célébré leur première Journée internationale de la femme le dernier dimanche de février 1913. Dans les autres pays d’Europe, le 8 mars ou à un ou deux jours de cette date, les femmes ont tenu des rassemblements soit pour protester contre la guerre, soit pour exprimer leur solidarité avec leurs soeurs.

1917 – Deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève pour obtenir  » du pain et la paix « . Les dirigeants politiques se sont élevés contre la date choisie pour cette grève, mais les femmes ont passé outre. Le reste se trouve dans les livres d’histoire : quatre jours plus tard, le tsar a été obligé d’abdiquer et le gouvernement provisoire a accordé le droit de vote aux femmes. Ce dimanche historique tombait le 23 février dans le calendrier julien qui était alors en usage en Russie, mais le 8 mars dans le calendrier géorgien utilisé ailleurs.

Depuis ces années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. Le mouvement féministe en plein essor, qui avait été renforcé par quatre conférences mondiales sur les femmes organisées sous l’égide de l’ONU, a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.

Le rôle des Nations Unies

Rares sont les causes dont l’ONU assure la promotion qui aient suscité un appui plus intense et plus vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger l’égalité des droits des femmes. La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Depuis, l’Organisation a aidé à créer un patrimoine historique de stratégies, normes, programmes et objectifs convenus au plan international pour améliorer la condition de la femme dans le monde entier.

Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises : promotion de mesures juridiques; mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale; formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe; et assistance directe aux groupes désavantagés. Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux des travaux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation, des femmes du monde entier.

Le samedi 12 mars

« Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose (…)»

À l’occasion du 18e Printemps des poètes, l’écriture s’invite
et vous invite à l’espace culturel Gingko’Art
samedi 12 mars 2016 de 15 h à 19 h

marguerite duras

« On ne trouve pas la solitude, on la fait. La solitude elle se fait seule. Je l’ai faite. Parce que j’ai décidé que c’était là que je devrais être seule, que je serais seule pour écrire des livres. »

Marguerite Duras

Au programme:

 

Marie-Véronique

De 15 h à 17 h

Vous aimez inventer des histoires? Vous écrivez déjà?
Vous avez envie de vous essayer à l’écriture?
Pas besoin d’être écrivain pour venir passer un moment convivial.
Autour des photographies originales de l’artiste Valérie Hamel et les cadenas d’amour!
Une exposition intitulée: « Au-delà du silence…»

Et…

Avec l’auteur Micheline Hecquard Avec la participation de
Jeanne et Marguerite Hecquard
Illustrations : Jean-Philippe Aizier

Micheline Hecquard

à partir de 17 heures

Lecture des poésies de l’auteur avec un recueil avant l’édition, « Au cours des jours, la vie», une exclusivité avant la lettre! Les textes sont illustrés par Jean-Philippe Aizier et quelques œuvres originales seront exposées.


La montagne

Blanche
Ou bleutée
Verte
Ou fleurie
Tu me ravis
Et m’éblouis
Je ne connaissais que la mer
Le vent et la campagne
J’aimais l’espace et la nature
Je regardais le ciel très pur
J’étais en Normandie
Et nous sommes partis
J’avais 20 ans
Depuis peu de temps
Nous avions décidé
De te rencontrer
Å Saint-Gervais-les-Bains
Arrivés un matin
Ta majesté
Ton immensité
Ton éclat
Toujours là
Ta fraîcheur
Un bonheur
Ont fermé ma bouche
Agrandi mes yeux
Pendant des années
Nous sommes retournés
Avec nos enfants
Nous poser sur tes pans
Écouter tes ruisseaux
Et savourer leur eau
Puis je suis allée
Découvrir les névés
Marcher ou skier
Ou me poser
Dans le silence
La différence
Qui étais-je avant
Privée si longtemps ?

Micheline Hecquard.

Camille Claudel

« Je réclame la liberté à grand cri ».

Camille Claudel

 

 

 

 

L’Espace culturel Gingko’art de Pontoise présente: Valérie Hamel, photographe, une exposition intitulée, « Au-delà du silence…»

L’artiste trouve dans le tissu urbain une inspiration sans cesse renouvelée. A travers près de 40 images, l’exposition retrace plus de quinze ans d’un parcours photographique qui a mené cette artiste des atmosphères de son lieu d’habitation aux squares parisiens via les plages de Normandie, avec toujours cette attention si particulière portée à l’énigmatique. L’artiste n’aperçoit pas la nature des choses comme elle apparaît au commun, puisque son émotion lui révèle les vérités intérieures sous les apparences.

Un appel à la contemplation, une invitation à abandonner une forme de rationalité pour accéder à l’impossible et en profiter.

La photographie est souvent considérée comme un art qui se suffit à lui même, et leurs auteurs peu enclins au travail littéraire.

Témoignage précieux d’un temps passé, écrin de tranches de vie, sensation du toucher au-delà de l’image…

La passagère du Pont des Arts

La passagère du Pont des Arts

Conçues comme des poèmes visuels, ses images nous entraînent dans le monde de l’infini et de l’indicible, dans un univers où le mystère côtoie le familier, l’étrange, le poétique. Elles invitent à la plus grande concentration au milieu même des choses les plus insignifiantes, célèbrent une certaine qualité de lumière qui renvoie à un profond mystère et cherchent à dépasser, en une image, la simple forme des choses pour exprimer tout à la fois les sensations, les sentiments et les pensées.

Pourtant lorsqu’on a l’occasion d’en apprendre plus sur ce qu’une image veut dire ou les directions, les inspirations qui ont menées la photographe, l’œuvre s’enrichit d’autant. En rencontrant Valérie Hamel qui travaille d’abord la construction mentale qu’elle illustre de photographies, nous allons à la recherche de ces artistes vers une voie où l’image et la pensée sont indissociables.

« La composition doit être une de nos préoccupations constantes, mais au moment de photographier elle ne peut être qu’intuitive, car nous sommes aux prises avec des instants fugitifs où les rapports sont mouvants.

Le temps court et s’écoule et notre mort seule arrive à le rattraper. La photographie est un couperet qui dans l’éternité saisit l’instant qui l’a éblouie. »

Henri Cartier-Bresson

«Un monde d’une transparence unique, léger, doux, accueillant et sensible pour une série d’images indatables, entre nostalgie et rêve, qui en appellent au bonheur. Chaque carré est comme un petit conte séduisant dans lequel on a envie de se lover, de rester, de se protéger puisque le temps est arrêté, que la lumière est là, installée telle une caresse et qu’il n’y a plus aucune raison d’aller retrouver ailleurs un monde qui ne saurait avoir des teintes aussi raffinées. […] Un appel à la contemplation, une invite à abandonner une forme de rationalité pour accéder à l’impossible et en profiter.»

Porte close

Porte close

Depuis 1997, Valérie Hamel photographie avec un Pentax K1000. Il y a presque 4 décennies, si vous vouliez apprendre les ficelles de la photo, l’une de vos options en matière d’appareil était un reflex basique 35mm manufacturé par Pentax : le K1000. Ce reflex abordable avait tout ce dont le photographe amateur avait besoin : il était complètement mécanique, avait des réglages manuels, un système de mesure TTL, des vitesses d’obturation allant de 1/1000 à 1 seconde et était compatible avec tous les objectifs pour boîtier K disponibles. Remarqué pour sa longévité exceptionnelle, Pentax produisit cet appareil basique mais fonctionnel de 1976 à 1997, en vendant plus de 3 millions d’unités.

L’appareil devient extension de l’œil. Tout au fil de sa carrière, ce type d’appareil ne la quittera jamais… Le format de ses images (inhérent à ce type d’appareil) est rectangulaire, ce qui renforce, plus que le format carré, la dynamique de ses sujets. Quant à ses tirages (sur papier presque mat), elle les aime dans toutes les nuances de gris. Ses photographies sont essentiellement en noir et blanc.

Valérie Hamel a réalisée un travail onirique assez étonnant. Elle a une lumière très particulière, assez transparente et extrêmement légère. On devine des ombres qui se promènent dans des paysages urbains qui sont à la fois des mélanges de paysages d’intérieur et d’extérieur, des paysages mentaux inquiétants et très énigmatiques.

On a l’impression de se promener dans une sorte de rêve nuageux, léger et aérien. C’est un travail qui procède beaucoup de cette sorte de transparence de l’image.

Il ne faut pas que la technique envahisse la photographie comme pour faire écran à son essence.

La photographie comme la peinture est l’expression d’un condensé de « l’Esprit » ou de la « Conscience » humaine, dans sa dimension la plus profonde.

Sur la plage abandonnée

Sur la plage abandonnée

Tout le contraire de ce flot d’images pour la plupart inutiles, éphémères et superficielles, dont nous bombardent continuellement les médias,
au point de créer la plus grande confusion intérieure.

La photographie telle que je la conçois, est « un arrêt sur image »,
de sorte que la pensée émotionnelle dans sa cacophonie et sa bousculade effrénées,
s’arrête enfin paisiblement, et que l’Esprit dont la Nature essentielle est l’immobilité contemplative, émerge tout à coup dans la lumière de la Beauté éternelle.

La photographie argentique est une technique photographique permettant l’obtention d’une photographie par un processus photochimique comprenant l’exposition d’une pellicule sensible à la lumière puis son développement et, éventuellement, son tirage sur papier.

Elle se pratique en noir et blanc et en couleur.

« Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans
un
pays étrange. »

Bill Brandt

Le terme « argentique » s’est répandu au début des années 2000 quand le besoin s’est fait sentir de distinguer la photographie classique, sur pellicule, de la photographie dite « numérique » en plein essor.

Emprunté au vocabulaire de la chimie, il fait référence aux minuscules agrégats d’argent qui constituent les images produites selon ce procédé. Il doit probablement son succès en français à une heureuse euphonie avec « numérique » (« digital » en anglais) dont il paraît l’antonyme naturel: même nombre de syllabes, même terminaison en «ique », même distinction savante. Cependant, le terme « numérique », dans cette acception, est issu de la théorie du signal où les procédés non numériques sont plus généralement appelés « analogiques ». On parle donc aussi parfois de « photographie analogique » et c’est plutôt ainsi qu’elle est désignée en anglais. L’image inscrite sur la pellicule est en effet une reproduction analogue de ce qui est photographié alors que dans un appareil numérique, l’image est codée sous forme binaire.

Enregistrement des images sur pellicule:

La pellicule est constituée d’un film support en plastique, recouvert d’une émulsion : c’est une couche de gélatine sur laquelle sont couchés en suspension des cristaux d’halogénure d’argent; pour les émulsions modernes il s’agit de bromure d’argent (AgBr). Dans ce cas, chaque cristal est formé de plusieurs milliards d’ions d’argent (Ag+) et d’ions de brome (Br−) organisés en un réseau cubique.

Lors de l’exposition à la lumière, une image latente se forme en petite gouttelette:

  • des photons provenant de la partie éclairée du sujet arrivent sur la pellicule;
  • pour chaque photon absorbé se forme une paire électron-trou: un électron se libère du réseau et va être capté par un ion Ag+;
  • cet ion Ag+ est réduit, c’est-à-dire qu’il se transforme en un atome d’argent qui est exclu du réseau cristallin.

Pour chaque cristal, selon l’intensité lumineuse de la partie du sujet qu’il décrit, de zéro à une dizaine d’atomes se forment. Ces atomes ont tendance à s’agglutiner pour former un agrégat (cluster en anglais).

Pour les émulsions actuelles, seuls les cristaux contenant au moins quatre atomes d’argent pourront être entièrement réduits lors du développement photographique, en particules noires visibles par l’œil humain (les grains d’argent) pour cause de la bande interdite (issue du modèle des bandes). Le développement est un phénomène d’accélération de la réduction des ions Ag+ en atomes d’argent : les cristaux contenant un agrégat ayant un potentiel électrique supérieur à celui du révélateur, c’est-à-dire un agrégat de quatre atomes ou plus, vont attirer les électrons du révélateur vers les ions du cristal, qui vont finir par tous être réduits. En revanche, les autres cristaux n’atteignant pas la masse critique de quatre atomes en agrégat rendent des électrons au révélateur et se transforment en ions invisibles. Ces ions seront ensuite dispersés lors d’une phase de lavage et de fixage. C’est la gélatine qui isole les cristaux les uns des autres et leur permet de réagir individuellement.

Le jardin des tuileries

Le jardin des tuileries

À cause d’un phénomène de recombinaison rapide de la paire électron-trou sans effet chimique, et de l’oxydation par le trou de certains atomes d’argent provisoirement formés, le rendement de la réaction de formation initiale des atomes d’argent est de 0,2 atome par photon. Il faut donc 15 photons pour produire les 3 atomes d’argent nécessaires à la formation des grains lors du développement. D’un point de vue macro, on peut donc constater que 80% de la lumière qui arrive sur la pellicule est non-assimilée.

Une publication de décembre 1999 dans la revue Nature par Jacqueline Belloni, Mona Treguer, Hynd Remita et René de Keyser montre qu’on peut décupler le rendement de cette réaction en incorporant dans l’émulsion du formiate d’argent (HCO2− + Ag+), qui agit comme un « piège à trou », c’est-à-dire un inhibiteur des phénomènes compétitifs qui limitent habituellement le rendement de la réaction2. La société de chimie Agfa est détentrice de brevets déposés à la suite de cette découverte, mais aucune application commerciale de cette dernière n’est apparue sur le marché.

Résolution des images:

Dans le cas d’une pellicule à grains fins (donc peu sensible à la lumière), la taille moyenne d’un grain d’argent est d’environ 20 micromètres. Il y en a donc environ 2 millions à la surface d’un négatif de 24 mm x 36 mm, et près de 180 millions à la surface d’une plaque de 24 cm x 30 cm. Même si un grain d’argent n’est pas exactement l’équivalent d’un pixel puisqu’il ne peut (à l’issue du développement) être que réduit ou intact, alors qu’un pixel peut enregistrer l’intensité lumineuse reçue, on constate que la résolution d’une image obtenue à l’aide d’une plaque photographique peut aujourd’hui encore être nettement supérieure à celle des meilleurs appareils photographiques numériques.

Espace Gingko’Art
2, Place de l’Hôtel de ville
01 34 43 55 13 & 06 10 20 05 56
gingko-art@orange.fr

Ouverture du mardi au samedi de 15h30 à 17 heures
Accès par A15, direction Rouen, sortie n°9 direction centre ville-Hôtel de ville.
SNCF gares du Nord ou Saint-Lazare Pontoise RER ligne C Terminus Pontoise Gare