Une semaine culturelle au nom de la femme: parce que nous le valons bien…

Une soirée pour célébrer la journée mondiale de la femme avec Isabelle, une après-midi écriture en compagnie de Marie-Véronique, une soirée avec l’auteure Micheline Hecquard et la semaine en photographies avec les œuvres de Valérie…Venez accrocher vos cadenas d’amours sur les grilles placées dans la bibliothèque.

Portez le ruban blanc. Pour montrer votre opposition à la violence des hommes envers les femmes, portez un ruban blanc épinglé à votre vêtement.

A une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

Victor Hugo

Le mardi 8 mars

L’espace culturel Gingko’Art de Pontoise & Isandra Éditions célèbrent
la journée internationale des femmes

et vous invitent à la soirée du mardi 8 mars  à partir de 19 heures
(Apéritif dinatoire.)

Une soirée pour découvrir les photographies de l’artiste Valérie Hamel, une exposition intitulée « Au-Delà du silence ».

Et des œuvres proposées par la galerie Isandra.

Venez accrocher vos cadenas d’amours sur les grilles placées dans la bibliothèque.

Portez le ruban blanc pour montrer votre opposition à la violence des hommes envers les femmes, portez un ruban blanc épinglé à votre vêtement.

La Journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars de chaque année par des groupes de femmes dans le monde entier. Elle est également célébrée à l’ONU et, dans de nombreux pays, c’est un jour de fête nationale. Lorsque les femmes de tous les continents, souvent divisées par les frontières nationales et par des différences ethniques, linguistiques, culturelles, économiques et politiques, se réunissent pour célébrer leur Journée, elles peuvent voir, si elles jettent un regard en arrière, qu’il s’agit d’une tradition représentant au moins 90 ans de lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement.

Des femmes qui ont fait l’histoire

Rosa Luxemburg

La Journée internationale de la femme est l’histoire de femmes ordinaires qui ont fait l’histoire. Elle puise ses racines dans la lutte menée par les femmes depuis des siècles pour participer à la société sur un pied d’égalité avec les hommes. Dans l’antiquité grecque, Lysistrata avait lancé une « grève sexuelle » contre les hommes pour mettre fin à la guerre. Pendant la révolution française, des Parisiennes demandant « liberté, égalité, fraternité » ont marché sur Versailles pour exiger le droit de vote des femmes.

L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est fait jour au tournant des XIXe et XXe siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et l’émergence des idéologies radicales.

Repères chronologiques :

1909 – Conformément à une déclaration du Parti Socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis, le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.

1910 – L’Internationale socialiste réunie à Copenhague a instauré une Journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. La proposition a été approuvée à l’unanimité par la conférence qui comprenait plus de 100 femmes venant de 17 pays, dont les trois premières femmes élues au Parlement finlandais. Aucune date précise n’a été fixée pour cette célébration.

1911 – À la suite de la décision prise à Copenhague l’année précédente, la Journée internationale de la femme a été célébrée pour la première fois, le 19 mars, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes ont assisté à des rassemblements. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigeaient le droit au travail, à la formation professionnelle, et la cessation de la discrimination sur le lieu de travail.

Moins d’une semaine après, le 25 mars, le tragique incendie de l’atelier Triangle à New York a coûté la vie à plus de 140 ouvrières, pour la plupart des immigrantes italiennes et juives. Cet événement a eu une forte influence sur la législation du travail aux États-Unis, et l’on a évoqué les conditions de travail qui avaient amené cette catastrophe au cours des célébrations subséquentes de la Journée internationale de la femme.

1913-1914 – Dans le cadre du mouvement pacifiste qui fermentait à la veille de la Première Guerre mondiale, les femmes russes ont célébré leur première Journée internationale de la femme le dernier dimanche de février 1913. Dans les autres pays d’Europe, le 8 mars ou à un ou deux jours de cette date, les femmes ont tenu des rassemblements soit pour protester contre la guerre, soit pour exprimer leur solidarité avec leurs soeurs.

1917 – Deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève pour obtenir  » du pain et la paix « . Les dirigeants politiques se sont élevés contre la date choisie pour cette grève, mais les femmes ont passé outre. Le reste se trouve dans les livres d’histoire : quatre jours plus tard, le tsar a été obligé d’abdiquer et le gouvernement provisoire a accordé le droit de vote aux femmes. Ce dimanche historique tombait le 23 février dans le calendrier julien qui était alors en usage en Russie, mais le 8 mars dans le calendrier géorgien utilisé ailleurs.

Depuis ces années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. Le mouvement féministe en plein essor, qui avait été renforcé par quatre conférences mondiales sur les femmes organisées sous l’égide de l’ONU, a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.

Le rôle des Nations Unies

Rares sont les causes dont l’ONU assure la promotion qui aient suscité un appui plus intense et plus vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger l’égalité des droits des femmes. La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Depuis, l’Organisation a aidé à créer un patrimoine historique de stratégies, normes, programmes et objectifs convenus au plan international pour améliorer la condition de la femme dans le monde entier.

Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises : promotion de mesures juridiques; mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale; formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe; et assistance directe aux groupes désavantagés. Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux des travaux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation, des femmes du monde entier.

Le samedi 12 mars

« Écrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose (…)»

À l’occasion du 18e Printemps des poètes, l’écriture s’invite
et vous invite à l’espace culturel Gingko’Art
samedi 12 mars 2016 de 15 h à 19 h

marguerite duras

« On ne trouve pas la solitude, on la fait. La solitude elle se fait seule. Je l’ai faite. Parce que j’ai décidé que c’était là que je devrais être seule, que je serais seule pour écrire des livres. »

Marguerite Duras

Au programme:

 

Marie-Véronique

De 15 h à 17 h

Vous aimez inventer des histoires? Vous écrivez déjà?
Vous avez envie de vous essayer à l’écriture?
Pas besoin d’être écrivain pour venir passer un moment convivial.
Autour des photographies originales de l’artiste Valérie Hamel et les cadenas d’amour!
Une exposition intitulée: « Au-delà du silence…»

Et…

Avec l’auteur Micheline Hecquard Avec la participation de
Jeanne et Marguerite Hecquard
Illustrations : Jean-Philippe Aizier

Micheline Hecquard

à partir de 17 heures

Lecture des poésies de l’auteur avec un recueil avant l’édition, « Au cours des jours, la vie», une exclusivité avant la lettre! Les textes sont illustrés par Jean-Philippe Aizier et quelques œuvres originales seront exposées.


La montagne

Blanche
Ou bleutée
Verte
Ou fleurie
Tu me ravis
Et m’éblouis
Je ne connaissais que la mer
Le vent et la campagne
J’aimais l’espace et la nature
Je regardais le ciel très pur
J’étais en Normandie
Et nous sommes partis
J’avais 20 ans
Depuis peu de temps
Nous avions décidé
De te rencontrer
Å Saint-Gervais-les-Bains
Arrivés un matin
Ta majesté
Ton immensité
Ton éclat
Toujours là
Ta fraîcheur
Un bonheur
Ont fermé ma bouche
Agrandi mes yeux
Pendant des années
Nous sommes retournés
Avec nos enfants
Nous poser sur tes pans
Écouter tes ruisseaux
Et savourer leur eau
Puis je suis allée
Découvrir les névés
Marcher ou skier
Ou me poser
Dans le silence
La différence
Qui étais-je avant
Privée si longtemps ?

Micheline Hecquard.

Camille Claudel

« Je réclame la liberté à grand cri ».

Camille Claudel

 

 

 

 

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L’Espace culturel Gingko’art de Pontoise présente: Valérie Hamel, photographe, une exposition intitulée, « Au-delà du silence…»

L’artiste trouve dans le tissu urbain une inspiration sans cesse renouvelée. A travers près de 40 images, l’exposition retrace plus de quinze ans d’un parcours photographique qui a mené cette artiste des atmosphères de son lieu d’habitation aux squares parisiens via les plages de Normandie, avec toujours cette attention si particulière portée à l’énigmatique. L’artiste n’aperçoit pas la nature des choses comme elle apparaît au commun, puisque son émotion lui révèle les vérités intérieures sous les apparences.

Un appel à la contemplation, une invitation à abandonner une forme de rationalité pour accéder à l’impossible et en profiter.

La photographie est souvent considérée comme un art qui se suffit à lui même, et leurs auteurs peu enclins au travail littéraire.

Témoignage précieux d’un temps passé, écrin de tranches de vie, sensation du toucher au-delà de l’image…

La passagère du Pont des Arts

La passagère du Pont des Arts

Conçues comme des poèmes visuels, ses images nous entraînent dans le monde de l’infini et de l’indicible, dans un univers où le mystère côtoie le familier, l’étrange, le poétique. Elles invitent à la plus grande concentration au milieu même des choses les plus insignifiantes, célèbrent une certaine qualité de lumière qui renvoie à un profond mystère et cherchent à dépasser, en une image, la simple forme des choses pour exprimer tout à la fois les sensations, les sentiments et les pensées.

Pourtant lorsqu’on a l’occasion d’en apprendre plus sur ce qu’une image veut dire ou les directions, les inspirations qui ont menées la photographe, l’œuvre s’enrichit d’autant. En rencontrant Valérie Hamel qui travaille d’abord la construction mentale qu’elle illustre de photographies, nous allons à la recherche de ces artistes vers une voie où l’image et la pensée sont indissociables.

« La composition doit être une de nos préoccupations constantes, mais au moment de photographier elle ne peut être qu’intuitive, car nous sommes aux prises avec des instants fugitifs où les rapports sont mouvants.

Le temps court et s’écoule et notre mort seule arrive à le rattraper. La photographie est un couperet qui dans l’éternité saisit l’instant qui l’a éblouie. »

Henri Cartier-Bresson

«Un monde d’une transparence unique, léger, doux, accueillant et sensible pour une série d’images indatables, entre nostalgie et rêve, qui en appellent au bonheur. Chaque carré est comme un petit conte séduisant dans lequel on a envie de se lover, de rester, de se protéger puisque le temps est arrêté, que la lumière est là, installée telle une caresse et qu’il n’y a plus aucune raison d’aller retrouver ailleurs un monde qui ne saurait avoir des teintes aussi raffinées. […] Un appel à la contemplation, une invite à abandonner une forme de rationalité pour accéder à l’impossible et en profiter.»

Porte close

Porte close

Depuis 1997, Valérie Hamel photographie avec un Pentax K1000. Il y a presque 4 décennies, si vous vouliez apprendre les ficelles de la photo, l’une de vos options en matière d’appareil était un reflex basique 35mm manufacturé par Pentax : le K1000. Ce reflex abordable avait tout ce dont le photographe amateur avait besoin : il était complètement mécanique, avait des réglages manuels, un système de mesure TTL, des vitesses d’obturation allant de 1/1000 à 1 seconde et était compatible avec tous les objectifs pour boîtier K disponibles. Remarqué pour sa longévité exceptionnelle, Pentax produisit cet appareil basique mais fonctionnel de 1976 à 1997, en vendant plus de 3 millions d’unités.

L’appareil devient extension de l’œil. Tout au fil de sa carrière, ce type d’appareil ne la quittera jamais… Le format de ses images (inhérent à ce type d’appareil) est rectangulaire, ce qui renforce, plus que le format carré, la dynamique de ses sujets. Quant à ses tirages (sur papier presque mat), elle les aime dans toutes les nuances de gris. Ses photographies sont essentiellement en noir et blanc.

Valérie Hamel a réalisée un travail onirique assez étonnant. Elle a une lumière très particulière, assez transparente et extrêmement légère. On devine des ombres qui se promènent dans des paysages urbains qui sont à la fois des mélanges de paysages d’intérieur et d’extérieur, des paysages mentaux inquiétants et très énigmatiques.

On a l’impression de se promener dans une sorte de rêve nuageux, léger et aérien. C’est un travail qui procède beaucoup de cette sorte de transparence de l’image.

Il ne faut pas que la technique envahisse la photographie comme pour faire écran à son essence.

La photographie comme la peinture est l’expression d’un condensé de « l’Esprit » ou de la « Conscience » humaine, dans sa dimension la plus profonde.

Sur la plage abandonnée

Sur la plage abandonnée

Tout le contraire de ce flot d’images pour la plupart inutiles, éphémères et superficielles, dont nous bombardent continuellement les médias,
au point de créer la plus grande confusion intérieure.

La photographie telle que je la conçois, est « un arrêt sur image »,
de sorte que la pensée émotionnelle dans sa cacophonie et sa bousculade effrénées,
s’arrête enfin paisiblement, et que l’Esprit dont la Nature essentielle est l’immobilité contemplative, émerge tout à coup dans la lumière de la Beauté éternelle.

La photographie argentique est une technique photographique permettant l’obtention d’une photographie par un processus photochimique comprenant l’exposition d’une pellicule sensible à la lumière puis son développement et, éventuellement, son tirage sur papier.

Elle se pratique en noir et blanc et en couleur.

« Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l’enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans
un
pays étrange. »

Bill Brandt

Le terme « argentique » s’est répandu au début des années 2000 quand le besoin s’est fait sentir de distinguer la photographie classique, sur pellicule, de la photographie dite « numérique » en plein essor.

Emprunté au vocabulaire de la chimie, il fait référence aux minuscules agrégats d’argent qui constituent les images produites selon ce procédé. Il doit probablement son succès en français à une heureuse euphonie avec « numérique » (« digital » en anglais) dont il paraît l’antonyme naturel: même nombre de syllabes, même terminaison en «ique », même distinction savante. Cependant, le terme « numérique », dans cette acception, est issu de la théorie du signal où les procédés non numériques sont plus généralement appelés « analogiques ». On parle donc aussi parfois de « photographie analogique » et c’est plutôt ainsi qu’elle est désignée en anglais. L’image inscrite sur la pellicule est en effet une reproduction analogue de ce qui est photographié alors que dans un appareil numérique, l’image est codée sous forme binaire.

Enregistrement des images sur pellicule:

La pellicule est constituée d’un film support en plastique, recouvert d’une émulsion : c’est une couche de gélatine sur laquelle sont couchés en suspension des cristaux d’halogénure d’argent; pour les émulsions modernes il s’agit de bromure d’argent (AgBr). Dans ce cas, chaque cristal est formé de plusieurs milliards d’ions d’argent (Ag+) et d’ions de brome (Br−) organisés en un réseau cubique.

Lors de l’exposition à la lumière, une image latente se forme en petite gouttelette:

  • des photons provenant de la partie éclairée du sujet arrivent sur la pellicule;
  • pour chaque photon absorbé se forme une paire électron-trou: un électron se libère du réseau et va être capté par un ion Ag+;
  • cet ion Ag+ est réduit, c’est-à-dire qu’il se transforme en un atome d’argent qui est exclu du réseau cristallin.

Pour chaque cristal, selon l’intensité lumineuse de la partie du sujet qu’il décrit, de zéro à une dizaine d’atomes se forment. Ces atomes ont tendance à s’agglutiner pour former un agrégat (cluster en anglais).

Pour les émulsions actuelles, seuls les cristaux contenant au moins quatre atomes d’argent pourront être entièrement réduits lors du développement photographique, en particules noires visibles par l’œil humain (les grains d’argent) pour cause de la bande interdite (issue du modèle des bandes). Le développement est un phénomène d’accélération de la réduction des ions Ag+ en atomes d’argent : les cristaux contenant un agrégat ayant un potentiel électrique supérieur à celui du révélateur, c’est-à-dire un agrégat de quatre atomes ou plus, vont attirer les électrons du révélateur vers les ions du cristal, qui vont finir par tous être réduits. En revanche, les autres cristaux n’atteignant pas la masse critique de quatre atomes en agrégat rendent des électrons au révélateur et se transforment en ions invisibles. Ces ions seront ensuite dispersés lors d’une phase de lavage et de fixage. C’est la gélatine qui isole les cristaux les uns des autres et leur permet de réagir individuellement.

Le jardin des tuileries

Le jardin des tuileries

À cause d’un phénomène de recombinaison rapide de la paire électron-trou sans effet chimique, et de l’oxydation par le trou de certains atomes d’argent provisoirement formés, le rendement de la réaction de formation initiale des atomes d’argent est de 0,2 atome par photon. Il faut donc 15 photons pour produire les 3 atomes d’argent nécessaires à la formation des grains lors du développement. D’un point de vue macro, on peut donc constater que 80% de la lumière qui arrive sur la pellicule est non-assimilée.

Une publication de décembre 1999 dans la revue Nature par Jacqueline Belloni, Mona Treguer, Hynd Remita et René de Keyser montre qu’on peut décupler le rendement de cette réaction en incorporant dans l’émulsion du formiate d’argent (HCO2− + Ag+), qui agit comme un « piège à trou », c’est-à-dire un inhibiteur des phénomènes compétitifs qui limitent habituellement le rendement de la réaction2. La société de chimie Agfa est détentrice de brevets déposés à la suite de cette découverte, mais aucune application commerciale de cette dernière n’est apparue sur le marché.

Résolution des images:

Dans le cas d’une pellicule à grains fins (donc peu sensible à la lumière), la taille moyenne d’un grain d’argent est d’environ 20 micromètres. Il y en a donc environ 2 millions à la surface d’un négatif de 24 mm x 36 mm, et près de 180 millions à la surface d’une plaque de 24 cm x 30 cm. Même si un grain d’argent n’est pas exactement l’équivalent d’un pixel puisqu’il ne peut (à l’issue du développement) être que réduit ou intact, alors qu’un pixel peut enregistrer l’intensité lumineuse reçue, on constate que la résolution d’une image obtenue à l’aide d’une plaque photographique peut aujourd’hui encore être nettement supérieure à celle des meilleurs appareils photographiques numériques.

Espace Gingko’Art
2, Place de l’Hôtel de ville
01 34 43 55 13 & 06 10 20 05 56
gingko-art@orange.fr

Ouverture du mardi au samedi de 15h30 à 17 heures
Accès par A15, direction Rouen, sortie n°9 direction centre ville-Hôtel de ville.
SNCF gares du Nord ou Saint-Lazare Pontoise RER ligne C Terminus Pontoise Gare

Exposition : Artistes coréens en France, musée Cernuschi, d
u 16 octobre 2015 au 7 février 2016

A l’occasion de l’Année de la Corée en France, le musée Cernuschi organise une exposition consacrée aux artistes coréens contemporains ayant travaillé ou travaillant toujours en France.

L’Année France-Corée 2015-2016, qui vient célébrer les 130 ans de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, a été inaugurée le 18 septembre 2015. Elle marque la volonté des deux pays d’intensifier et de densifier leurs relations, de valoriser toute la richesse et la diversité de leurs échanges résolument tournés vers l’avenir.

Cette Année propose, en France puis en Corée, des événements culturels d’envergure dans les musées, les théâtres, les salles de concert mais aussi des manifestations dans les espaces publics. Associant toutes les formes artistiques, des plus classiques aux plus novatrices (art digital, twittérature, etc.), elle réunira aussi tous les publics lors de grands événements sportifs, scientifiques ou encore gastronomiques. Dans le domaine économique, elle permettra de valoriser tous les savoir-faire d’excellence et les pratiques innovantes, tout en favorisant les relations commerciales déjà très dynamiques entre les deux pays. Sur le plan universitaire et scientifique, elle développera des partenariats structurants entre les établissements supérieurs d’enseignement et de recherche.

Bénéficiant d’une volonté et d’une implication politique aux plus hauts niveaux, l’Année France-Corée offrira une visibilité nationale et une ouverture internationale à de nombreux opérateurs français, aux collectivités territoriales, aux partenaires publics et privés qui permettent sa mise en œuvre.

Privilégiant le dialogue et les regards croisés, l’Année France-Corée 2015-2016 permettra de renforcer toutes les formes de coopération pour construire ensemble un partenariat global pour le XXIe siècle.

Artistes coréens en France
16 octobre 2015 – 7 février 2016 au musée Cernuschi



A l’occasion de l’Année de la Corée en France, le musée Cernuschi organise une exposition consacrée aux artistes coréens contemporains ayant travaillé ou travaillant toujours en France.

Attirés à partir des années 1950 par le rayonnement culturel de Paris, ces derniers ont étudié dans la capitale, se sont intégrés aux milieux artistiques français et ont, par leur travail, participé activement au renouveau de la peinture coréenne ainsi qu’à sa diffusion en Europe.

Bang Hai Ja, photo 1

Bang Hai Ja

L’exposition propose une approche historique et thématique de ce sujet à travers des sections consacrées à la génération des pionniers de l’art coréen contemporain, à l’Académie de peinture orientale, aux rapports entre artistes coréens et école de Paris,  aux conséquences de la pratique calligraphique sur l’œuvre de ces artistes, à l’intérêt porté à des matériaux traditionnels ainsi qu’à leur attrait pour la valorisation des processus créatifs.

Moon Shin, 2

Moon Shin

Les plus importants artistes coréens du XXe siècle, ainsi que quelques artistes plus jeunes, sont présents dans l’exposition: Pai Unsung, Rhee Seund Ja, Kim Whanki, Lee Ungno,  Bang Hai Ja, Han Mook, Moon Shin, Nam Kwan, Park Seo- Bo, Kim Tschang-Yeul, Yun Hyong-Keun, Shim Kyung Ja, Lee Bae, Chung Sang-Hwa, Paek Youngsu, Kim Guiline, Park In-Kyung, Hong Insook, Lee Jinwoo, Chae Sung-Pil, Won Sou-Yeol, Yoon-Hee.

Kim Tschang-Yeul, 3

Kin Tschang Yeul

Les soixante œuvres exposées proviennent des collections du Musée Cernuschi, du Musée national d’art moderne  et contemporain de Corée, du musée Lee Ungno de Daejeon ainsi que de collections privées.

Cette exposition  s’inscrit dans les manifestations de l’Année France-Corée 2015/2016/www.anneefrancecoree.com.

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Lee Ungno

Elle est organisée avec le soutien de l’Institut français, de la Société des Amis du Musée Cernuschi et le concours du Musée Lee Ungno de Daejeon (Corée).
Elle a bénéficié de l’aide de Dior Parfums et de la Fondation Loo & Lou sous l’égide de la Fondation de Luxembourg.

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Kim Whanki

Figurations coréennes 16 octobre – 7 novembre 2015 à la mairie du 8e arrondissement de Paris, 3 rue de Lisbonne 75008 – Paris



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Lee Bae

Tandis que les artistes présentés au musée deviennent pour la plupart de grands peintres abstraits, la mairie du 8e arrondissement , en partenariat avec le musée Cernuschi et la Société des Amis du Musée Cernuschi, propose au public des oeuvres figuratives d’autres artistes. Leurs choix de techniques, traditionnelles ou occidentales, leurs styles et leurs expérimentations témoignent de leur rapport complexe à la figuration. Ils révèlent aussi leurs différentes sensibilités et leur relation contrastée à leur culture d’origine.

Artistes présentés : Son Seock, Yi Myung-Rim, Tchine Yu Yeung, Yoo Hye-Sook, Moon Chang-Dawn, Hwang Hosup, Jeung Hyun, Kwak Soo-Young, Kwum Sun-Cheol, Min Jung-Yeon.

Commissaire :
Mael Bellec, conservateur du patrimoine au musée Cernuschi – See more at: http://parismusees.paris.fr/fr/exposition/seoul-paris-seoul#sthash.ilSieIEU.dpuf

YI MYUNG RIM

L’Art de l’artiste coréenne Yi Myung Rim, aide l’homme à être le plus paisible, car il lui permet de réagir contre un certain processus d’aliénation spirituelle, dont les métaphysiques de la matière et de l’esprit représentent les moments extrêmes. Céder à ce processus, c’est se précipiter dans l’une ou l’autre de ces abstractions inhumaines, fatalistes qui s’appellent existentialisme et angélisme. La vraie culture est au contraire un protocole de conscience.

Yi Myung Rim

Yi Myung Rim

Le labyrinthe d’une œuvre se révèle être le mystère d’une femme.

Des conceptions originales définies par le temps, l’espace, les variations chromatiques de la lumière ainsi qu’une observation rigoureuse de la nature. Se confondre dans l’essence même des protocoles d’évolution que seul les mouvements perpétuels imposé par « Dame Nature », préfaces à l’interprétation du trait et des gestes des pinceaux de soie qui déposent le précieux produit noir; l’encre de Chine…

Des conceptions originales définies par le temps, l’espace, les variations chromatiques de la lumière ainsi qu’une observation rigoureuse de la nature.

La peinture de Yi Myung Rim est un langage, un moyen de communiquer, un moyen de liaison entre la nature sauvage et la nature humaine: une preuve de l’existence, mais aussi de confiance dans cette existence. Si par époque de création originale l’on retranche certaines œuvres et avec elles le vœu de l’abstraction totale renonçant désespérément de croire au nirvâna pictural, il n’y a pas dans toute son œuvre accomplie, de peinture irréaliste, ni pessimiste, et c’est là une des supériorités incontestables de la peinture poétique de l’artiste; toujours présent une description du monde naturel et surnaturel, de la terre et du ciel, de la vie et de l’espace.

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Un regard sur l’exposition « De Vincent van Gogh à Pablo Ruiz Picasso.»

La ballade des deux amies, Hanna et Julie ou l’expression d’un  désir de  curiosité vers l’Art, un regard sur l’exposition « De Vincent van Gogh à Pablo Ruiz Picasso.»: Mais quand la question est de savoir si une chose est belle, ce que l’on veut savoir, ce n’est pas si l’existence de cette chose a ou pourrait avoir quelque importance pour nous-même ou pour quiconque, mais comment nous en jugeons quand nous nous contentons de la considérer (dans l’intuition ou la réflexion).

 JulieHanna

 Si l’art n’a jamais occupé les esprits comme en ce début de XXIème siècle, s’il prend une place sans cesse croissante dans les curiosités de l’homme cultivé, c’est qu’il bénéficie d’un phénomène beaucoup plus ample : le monde moderne est sollicité, obsédé par tout ce qui est visuel.

On appelle intérêt la satisfaction qui est liée pour nous à la représentation de l’existence d’un objet. Une telle représentation a donc toujours du coup une relation à la faculté de désirer, soit en tant qu’elle est son principe déterminant, soit en tant qu’elle est tout au moins nécessairement liée à son principe déterminant. Mais quand la question est de savoir si une chose est belle, ce que l’on veut savoir, ce n’est pas si l’existence de cette chose a ou pourrait avoir quelque importance pour nous-même ou pour quiconque, mais comment nous en jugeons quand nous nous contentons de la considérer (dans l’intuition ou la réflexion). Si quelqu’un me demande si je trouve beau le palais que j’ai devant les yeux, je peux toujours répondre que je n’aime pas ce genre de choses qui ne sont faites que pour les badauds ; ou bien, comme ce sachem iroquois, qui n’appréciait rien à Paris autant que les rôtisseries ; je peux aussi, dans le plus pur style de Rousseau, récriminer contre la vanité des Grands, qui font servir la sueur du peuple à des choses si superflues ; je puis enfin me persuader bien aisément que si je me trouvais dans une île déserte, sans espoir de revenir jamais parmi les hommes, et si j’avais le pouvoir de faire apparaître par magie, par le simple fait de ma volonté, un édifice si somptueux, je ne prendrais même pas cette peine dès lors que je disposerais déjà d’une cabane qui serait assez confortable pour moi. On peut m’accorder tout cela et y souscrire : mais là n’est pas le problème. En posant ladite question, on veut seulement savoir si cette pure et simple représentation de l’objet s’accompagne en moi de satisfaction, quelle que puisse être mon indifférence concernant l’existence de l’objet de cette représentation. (…) Il ne faut pas se soucier le moins du monde de l’existence de la chose, mais y être totalement indifférent, pour jouer le rôle de juge en matière de goût.

dans le but de connaître finalement la beauté en soi.

Diotime : Voilà donc quelle est la droite voie qu’il faut suivre dans le domaine des choses de l’amour ou sur laquelle il faut se laisser conduire par un autre : c’est, en prenant son point de départ dans les beautés d’ici-bas pour aller vers cette beauté-là, de s’élever toujours, comme au moyen d’échelons, en passant d’un seul beau corps à deux, de deux beaux corps à tous les beaux corps, et des beaux corps aux belles occupations, et des occupations vers les belles connaissances qui sont certaines, puis des belles connaissances qui sont certaines vers cette connaissance qui constitue le terme, celle qui n’est autre que la science du beau lui-même, dans le but de connaître finalement la beauté en soi.

Platon, Le Banquet, 211b-211c

 Gravures de Picasso

A l’origine de l’art poétique dans son ensemble, il semble bien y avoir deux causes, toutes deux naturelles. Imiter est en effet, dès leur enfance, une tendance naturelle aux hommes – et ils se différencient des autres animaux en ce qu’ils sont des êtres fort enclins à imiter et qu’ils commencent à apprendre à travers l’imitation –, comme la tendance commune à tous, de prendre plaisir aux représentations ; la preuve en est ce qui se passe dans les faits : nous prenons plaisir à contempler les images les plus exactes de choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, comme les formes d’animaux les plus méprisés et des cadavres. Une autre raison est qu’apprendre est un grand plaisir non seulement pour les philosophes, mais pareillement aussi pour les autres hommes – quoique les points communs entre eux soient peu nombreux à ce sujet. On se plaît en effet à regarder les images car leur contemplation apporte un enseignement et permet de se rendre compte de ce qu’est chaque chose, par exemple que ce portrait-là, c’est un tel ; car si l’on se trouve ne pas l’avoir vu auparavant, ce n’est pas en tant que représentation que ce portrait procurera le plaisir, mais en raison du fini dans l’exécution, de la couleur ou d’une autre chose de ce genre.

Aristote, Poétique, chap. IV

Devant le Vincent van Gogh

L’art est supérieur à la nature car il exprime la pensée

D’une façon générale, il faut dire que l’art, quand il se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature, et qu’il ressemble à un ver qui s’efforce en rampant d’imiter un éléphant. Dans ces reproductions toujours plus ou moins réussies, si on les compare aux modèles naturels, le seul but que puisse se proposer l’homme, c’est le plaisir de créer quelque chose qui ressemble à la nature. Et de fait, il peut se réjouir de produire lui aussi, grâce à son travail, son habileté, quelque chose qui existe déjà indépendamment de lui. Mais justement, plus la reproduction est semblable au modèle, plus sa joie et son admiration se refroidissent, si même elles ne tournent pas à l’ennui et au dégoût. Il y a des portraits dont on a dit spirituellement qu’ils sont ressemblants à vous donner la nausée. Kant donne un autre exemple de ce plaisir qu’on prend aux imitations : qu’un homme imite les trilles du rossignol à la perfection comme cela arrive parfois, et nous en avons vite assez ; dès que nous découvrons que l’homme en est l’auteur, le chant nous paraît fastidieux  ; à ce moment nous n’y voyons qu’un artifice, nous ne le tenons ni pour une œuvre d’art, ni pour une libre production de la nature.

Friedrich Hegel, Introduction à l’esthétique.

La chaise de Bernadette Wiener

Qu’est-ce que dessiner ? Comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible, qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur, sachant qu’il ne sert à rien d’y frapper fort ? A mon avis on doit miner ce mur et le traverser à la lime, lentement et avec patience.

Lettre de Vincent Van Gogh à Théo, 22 octobre 1882

J’ai voulu susciter l’idée que ces gens qui mangent des pommes de terre à la clarté de leur lampe ont creusé la terre de leurs mains, ces mêmes mains avec lesquelles ils mangent, et ainsi cela suggère le travail manuel et un plat honnêtement gagné.

Lettre de Vincent à Théo, 30 avril 1885

J’ai essayé d’exprimer les terribles passions de l’humanité au moyen du rouge et du vert.

Lettre de Vincent à Théo, 8 septembre 1888

Dans mon tableau Le Café la nuit j’ai cherché à exprimer l’idée que le café est un endroit où l’on peut se ruiner, devenir fou, commettre des crimes. Alors j’ai cherché, par des contrastes de rose tendre et de rouge sang, de doux vert Louis XV et Véronèse, contrastant avec les jaune et les vert-bleu durs, tout cela dans une atmosphère de fournaise infernale, de soufre pâle, à exprimer comme la puissance des ténèbres d’un assommoir.

Et en même temps, avec un apparence de gaieté japonaise et la bonhomie du Tartarin…

Lettre de Vincent à Théo, 9 septembre 1888

Hanna et Julie devant la Vénus de Rodin

La peinture linéaire pure me rendait fou depuis longtemps lorsque j’ai rencontré Van Gogh qui peignait, non pas des lignes ou des formes, mais des choses de la nature inerte comme en pleines convulsions.

Et inertes.

Comme sous le terrible coup de boutoir de cette force d’inertie dont tout le monde parle à mots couverts, et qui n’est jamais devenue si obscure que depuis que toute la terre et la vie présente se sont mêlées de l’élucider.

Or, c’est de son coup de massue, vraiment de son coup de massue que Van Gogh ne cesse de frapper toutes les formes de la nature et les objets.

Cardés par le clou de Van Gogh,

les paysages montrent leur chair hostile,

la hargne de leurs replis éventrés,

que l’on ne sait quelle force étrange est, d’autre part, en train de métamorphoser. (…)

Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,

alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.

En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.

Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.

Antonin Artaud, Van Gogh le suicidé de la société 1947

Hanna et le Bonobo

« Je crois sincèrement que la meilleure critique est celle qui est amusante et poétique ; non pas celle-ci, froide et algébrique, qui, sous prétexte de tout expliquer, n’a ni haine ni amour, et se dépouille volontairement de toute espèce de tempérament ; mais, – un beau tableau étant la nature réfléchie par un artiste, – celle qui sera ce tableau réfléchi par un esprit intelligent et sensible. […] Pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons. »

Charles Beaudelaire.

 L'Oratoire et l'hippocampe de Isabelle Panélas-Huard

Nous avons l’art afin de ne pas mourir de la vérité.

Nietzsche, Werke, XVI, 248

 

L’œuvre d’art délivre celui qui la crée, mais aussi ceux qui la contemplent de leurs tensions intérieures en leur permettant de les extérioriser. Telle un sismographe ultra-sensible, elle enregistre les désirs et les craintes, la façon de concevoir la vie et le monde, les émotions familières, et la façon d’y vibrer propre aux hommes d’une même foi, d’une même époque, d’un même groupe social, d’une même culture. En même temps, l’art est un des rares moyens dont dispose un individu pour rendre perceptible aux autres ce qui le différencie d’eux : le monde de rêves, de tourments ou d’obsessions dont il est seul à porter le poids. De chacun, alors, il exprime ce qu’on croyait inexprimable : son secret.

René Huyghe, l’Art et l’Homme, 1957.

 Devant la vierge noire

Regarde la lumière et considère sa beauté. Bats (cligne) l’oeil et regarde-là ; ce que tu vois n’était pas d’abord et ce qui en était n’est plus. Qui est celui qui la refait si celui qui l’a faite meurt continuellement ? De même que la pierre jetée dans l’eau se fait centre et cause de divers cercles, et que le son produit dans l’air se répand circulairement sa voix, de même les corps se répandent, ainsi tout corps placé parmi l’air lumineux se répand circulairement, emplit les parties environnantes de ses infinies images (son image indéfiniment reproduite) et apparaît tout en tout, et tout en chaque petite partie. Toutes les choses qui sont cachées en hiver et sous la neige resteront découvertes et manifestes en été. Dit pour le mensonge qui ne peut rester occulte.

Léonard de Vinci.

 

« De Vincent van Gogh à Pablo Ruiz Picasso.»

L’Espace culturel se propose de retrouver l’esprit du noir & blanc avec la découverte de quelques chefs-d’oeuvres de la gravure, de l’unique eau-forte gravée par van Gogh, le portrait du Docteur Gachet, « L’homme à la pipe » à la série des quatorze illustrations de Picasso. Degas, Matisse, Paul van Ryssel, et les invités contemporains: Klod Amar, Silvio Cadelo, Hélène Legrand, Isabelle Panelas-Huard, David Rondin, Bernadette Wiener, un hommage à van Gogh, Yi Myung Rim.

 » Car on ne contrecarre pas aussi directement une lucidité et une sensibilité de la trempe de celle de Van Gogh le martyrisé. Il y a des consciences qui, à de certains jours, se tueraient pour une simple contradiction, et il n’est pas besoin pour cela d’être fou, fou repéré et catalogué, il suffit au contraire, d’être en bonne santé et d’avoir la raison de son côté. » 

Van Gogh ou le suicidé de la société est le vibrant hommage d’un fou rendu à un autre fou. Mais que signifie donc être fou ? Artaud interroge sur le bienfondé de cette société qui condamne ses génies à la camisole. Accusant les psychiatres d’avoir assassiné Van Gogh, Antonin Artaud rappelle que ce meurtre est aussi le sien. Lorsqu’il déclare qu’ il y a dans tout dément un génie incompris dont l’idée qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n’a pu trouver que dans le délire une issue aux étranglements que lui avait préparé la vie. » (p.51), doit-on comprendre par là que la folie est pour lui la manifestation du génie ? La réponse est oui et pour Artaud, la société craignant les esprits libres, est coupable du suicide de Van Gogh mais de bien d’autres encore : Baudelaire, Edgar Poe, Gérard de Nerval, Nietzsche, Kierkegaard, Hölderlin, Coleridge, Lautréamont, tous ont fait l’objet de procès injustifiés. Van Gogh, fustigé par une société indigne de son talent en est mort, abandonné aux souffrances les plus insensées et anéanti par l’incompréhension la plus totale…

« Doué d’un esprit juste et d’une mémoire fidèle, il n’oublie ni le bienfait, ni l’injure. Il sera très vindicatif.

Enclin à la discussion, à la lutte, qu’il aime, qu’il recherche, son intelligence l’y fait souvent briller.

L’orgueil, l’ambition, l’égoïsme, sont trois mobiles qui rendront l’être mélancolique le plus malheureux.

On pourrait presque dire que tous les grands hommes, les philosophes, les tyrans, les grands conspirateurs, les grands criminels, les grands poètes, les grands artistes, étaient essentiellement mélancoliques.

L’homme-Dieu est le type idéal de la mélancolie moderne.»

Paul-Ferdinand Gachet.

Le Docteur Paul Ferdinand Gachet, homéopathe, collectionneur et ami de nombreux peintres impressionnistes et néo-impressionnistes, soigna Vincent van Gogh durant les dernières semaines de sa vie. En retour, il fut immortalisé par cette gravure particulièrement expressive, unique eau-forte jamais réalisée par van Gogh, ainsi que par deux huiles sur toiles (Portrait du Dr Gachet, de La Faille, nos. F 753, fig.1, et no. F 754). La technique de l’eau forte fut enseignée à van Gogh par Gachet lui-même. L’artiste hollandais envoya l’une des premières preuves du présent sujet à son frère Théo, qui s’enthousiasma:

« Il faut que je te dise quelque chose sur ton eau-forte. C’est une vraie eau-forte de peintre. J’aime beaucoup ce dessin » (lettre du 23 juin 1890).

L’inscription au revers de la présente preuve indique qu’elle fut réalisée sous la direction du fils du Docteur Gachet, après le décès de ce dernier en 1909.

Paul Ferdinand Gachet, homeopathic doctor, collector and friend of many Impressionist and Post-Impressionist painters, is immortalized in this expressive print, Van Gogh’s only etching, and in two painted portraits (Portrait du Dr Gachet, de La Faille, nos. F 753, fig.1, et no. F 754). It was Dr. Gachet himself who taught the young Dutch artist how to make etchings. Vincent sent an early impression of the present work to his brother Theo, who upon receipt replied « And now I must tell you something about your etching. It is a true painter’s etching, I find it a very beautiful drawing ». (Letter to Vincent, 23rd June 1890). The inscription on the reverse of the present impression confirms that it was made under the direction of Gachets son Paul after the death of his father in 1909.

« Aujourd’hui, j’ai revu le Dr Gachet et je vais peindre chez lui mardi matin puis je dînerai avec lui et après, il viendrait voir ma peinture.

Il me paraît très raisonnable mais est aussi découragé dans son métier de médecin de campagne que moi dans ma peinture…Enfin, je crois volontiers que je finirai par être ami avec lui.»

Vincent van Gogh.

Vincent van Gogh_photo 1

Figure inséparable de la dernière période de la vie de Vincent à Auvers, le docteur Gachet revêtait une personnalité originale. Médecin homéopathe s’intéressant à la chiromancie, sa véritable passion le portait vers les arts. Il était lui-même un bon graveur et entretenait des relations avec une multitude d’artistes, parmi lesquels Manet, Monet, Renoir et Cézanne. C’est donc naturellement que van Gogh se présenta chez lui au lendemain de son internement à Saint-Rémy-de-Provence, sur les conseils de son frère Théo. Spécialisé en psychiatrie, le praticien aida de son mieux Vincent à vaincre ses angoisses tout en lui offrant un confort matériel propice à l’épanouissement.

Le portrait du docteur participe de cette phase créative particulièrement intense. Modèle privilégié, il est campé dans une attitude mélancolique, reflet de « l’expression navrée de notre temps », ainsi que l’écrira van Gogh. Seule touche d’espoir dans ce portrait sévère, aux tonalités froides, la fleur de digitale qui, par ses vertus curatives, apporte un peu de réconfort et d’apaisement. Malgré son dévouement, le docteur Gachet ne pourra empêcher le geste irrémédiable de van Gogh, qui devait bientôt se donner la mort.

Pablo Ruiz Picasso

tryptique_picasso copie

Hélène chez Archimède , textes de André Suarès, illustrations de Pablo Picasso.

A travers une sélection de 14 bois gravé réalisées en 1955, le public est invité à découvrir les multiples variations que l’artiste a créées autour de “ l’éternel féminin ”.

L’ensemble des gravures exposées, permet de voir combien les femmes de la vie de Picasso, mais aussi les femmes imaginées, rêvées et fantasmées ont compté dans sa production artistique. Leurs portraits nous font entrer dans leur intimité.

La gravure occupe une place privilégiée dans la pensée picturale de Picasso. Véritable journal intime de sa création, elle est le lieu où s’expriment tous ses thèmes de prédilection : l’éros, la famille, la référence aux grands maîtres, le peintre et son modèle dans l’atelier, l’illustration d’ouvrages poétiques.

Passionnante et originale par les multiples facettes qu’elle révèle autour du thème central de la femme dans l’œuvre de Picasso, cette exposition permet de mettre en lumière l’oeuvre gravé de l’artiste, rarement montré en France.

Le sourire de Picasso devant la porte du château de Vauvenargues, 1957

En constante recherche d’innovation, Picasso a sans doute donné à l’art du XXème siècle, selon Pierre Daix, les plus belles et les plus nombreuses représentations de la femme mais aussi les plus disloquées. Leur place privilégiée dans l’œuvre de l’artiste ne témoigne toutefois pas seulement du lien étroit entre sa production artistique et sa vie familiale, mais également de sa perpétuelle interrogation sur le sens de l’art et le mystère de la création.

S’il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire cent toiles sur le même thème.”

Pablo Picasso

Les invités contemporains

Hélène Legrand.

Hélène Legrand

Des études poursuivies à l’UER d’art plastique (Paris 1) au cours des années 80 me destinaient à produire du concept plutôt que de la peinture de chevalet jugée obsolète par les modernes radicaux qui nous enseignaient. Force nous était faite de constater qu’après Duchamp « on ne pouvait plus peindre » !

Pourtant mon parcours divergea : ma rencontre avec la pensée de Claude Lévi-Strauss (le structuralisme teintait encore, à l’époque, le discours universitaire) fut décisive : préservation, transmission devinrent l’enjeu de mon travail et l’inquiétude de voir la peinture devenir « un métier perdu », une « perte sévère », le moteur d’une nécessité à représenter le monde en peinture.

Depuis, dans le lieu du tableau, je tente de « piéger » dans l’embuscade de la représentation ce qui est menacé de disparition du monde avec une nette prédilection pour les instances silencieuses : sujets délaissés de l’histoire de l’art en un premier temps puis l’animal, le végétal et le paysage dans l’expérience vivante du réel.. C’est à l’exemple des autres arts non affectés par les ruptures successives du xxème siècle et une absence de transmission du métier que j’ai recours à une esthétique éclectique : citations de codes, de signes, restauration du sujet, pluralité des styles, anachronismes etc.

La phénoménologie accompagne depuis quelques années ce travail (Maurice Merleau-Ponty et Henry Maldiney notamment) en ce qu’elle permet de restaurer une continuité du sens au mouvement temporel de l’attention : saisir par le regard, sans l’arracher à l’ensemble, « la chose même » dans son inépuisable permanence.

David Rondin.

David Rondin

de la peinture dite abstraite.

Prenons une image… Un aveugle ayant toute sa tête devrait sans hésiter faire la différence entre la vibration d’une rose et celle d’un camion à l’arrêt. Il n’aura aucun mal à ressentir la puissance de la rose, et l’inertie du camion, inertie d’autant plus sensible, vibratoire, que la vie ne l’anime pas au sens organique du terme. Donc le peintre abstrait démarre comme çà, en aveugle, aveuglé doublement par la simple mobilité de son regard, qui ne s’appuie sur aucune mise en scène visible du réel. Puis au fur et à mesure qu’il avance son tableau, il se fait voyant, il devient captif des sensations vibratoires de la peinture, de l’acte de peindre au moyen duquel il va tenter d’extraire de la nuit du regard le sentiment du monde qui l’habite à ce moment-là précis où il peint.

Tout son corps et plus, tout son être, deviennent alors un canal par où circulent non seulement l’énergie de l’univers, une totalité vivante vivant en lui, mais aussi les vibrations de la mémoire active dans son psychisme. Notre mémoire étant un réservoir évolutif-sujet à de permanentes variations- une matière en fusion dont il serait compliqué de mesurer l’impact exact sur nos actions présentes. Un tableau dit abstrait est une sorte de miroir qu’on tend à la création même, et qu’on arrache à la matière. C’est en miniature une recréation du monde, une matière-esprit ou un esprit-matière, comme on veut… La matérialité de la peinture se confond avec l’esprit des formes que le peintre engendre quand sa conscience de peintre est au maximum en alerte, au pic de sa concentration, c’est-à-dire assez proche de l’ivresse ou de la transe chamanique.

Bernadette Wiener.

Bernadette Wiener

« Petite chaise » offerte par Klod …

Témoin de notre dialogue pour l’exposition

« Reflets de Mémoires »

dans la chapelle du Collège de Carpentras.

Elle dessine, je modèle sur le thème de cette rencontre improbable entre le fauteuil du prophète Elie et la petite chaise d’Arles de Vincent Van Gogh…

Chaise vide…

Mais chargée, habitée par l’esprit du peintren!

Bernadette Wiener, artiste plasticienne céramiste, a trouvé dans la terre son univers de création.

Son cheminement, tantôt grave, tantôt léger, est à l’image de la dualité qu’elle montre dans son travail, qui peut se lire dans deux axes principaux: gravité associée à la recherche de l’essence même de la matière, à la pureté des formes; légèreté associée à l’aspect ludique et gai, parfois franchement drôle. Ainsi les éléphants « Célestes », s’échappant de leur cage ou courant sur des ressorts, semblent légers et suspendus à un fil, en lévitation.

Mais, quelles que soient les œuvres, plus graves ou plus légères en fonction des périodes de son cheminement personnel, elle sait toujours nous conduire sur les chemins du rêve.

Sous notre regard, les céramiques se transforment, soit par la magie de ses installations, soit par celle de notre imagination. Ainsi la lumière qui accroche sur les émaux les transforme en « bols à rêves. »

Evitant tout lyrisme, elle nous fait entrer dans un resserrement de notre rapport au monde, nous emmène dans la profondeur des choses. Et ce contact intime qu’elle entretient avec la matière, elle l’utilise comme tremplin vers le poétique, l’étrange, l’inattendu.

Sa connaissance du travail de la terre et des émaux, elle n’en fait pas étalage, mais l’utilise au service de sa sensibilité pour pénétrer la personnalité des choses simples, faisant de ses œuvres de véritables poèmes en terre.

Klotho APELBAUM

Yi Myung Rim, artiste coréenne.

Yi Myung Rim, née en 1962. __Composition abstraite__.

L’intelligence, l’intuition et la chance de Yi Myung Rim vont la préserver de ces deux écueils. La rencontre des œuvres de Klee lui fait découvrir un maître européen dont l’enseignement et l’exemple ne l’arracheront pas brutalement à l’esprit de sa culture originelle. Klee n’a jamais été, vers l’Orient, plus loin que Kairouan. Il n’a pas subi d’influence précise de la part des paysagistes ou des calligraphes chinois.

Mais il aborde la peinture avec une attitude intérieure analogue à celle des grands maîtres d’Extrême-Orient, et très précisément de ceux qui furent profondément imprégnés de bouddhisme, ou de la philosophie morale du Tao.

« Avant de faire le tour du monde, proposait Diderot, si nous faisions le tour de nous-même.»

Yi Myung Rim a évolué comme Kandinsky et Klee et ne songe qu’au vrai, à détacher la subjectivité du peintre et de la réalité objective, à opposer le monde du dehors à l’univers intérieur. Il ne s’agit pas pour l’artiste coréenne de s’abstraire non plus que de se retraire. Il s’agit de se retrouver, que l’eau calme du lac et le calme miroir du ciel s’accordent aux sources de l’âme et au miroir de l’esprit, et qu’on ne puisse plus discerner si le paysage intérieur est un reflet du paysage extérieur – ou le contraire.

 

Nous remercions vivement la formation musicale BMPB, (Big Martroy Place Band), pour sa participation et sa générosité.

Formation musicale Big Martroy Place Band

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Galerie Gingko’Art

Ouverture du mardi au dimanche de 15h à 19 heures, & sur rendez-vous!