Nouvelle exposition à l’espace culturel Gingko’Art de Pontoise: Un rendez-vous placé sous le signe de la représentation animale et du maxiréalisme.

 Le monde merveilleux de Dan Jacobson un nouveau rendez-vous pictural et aussi sculptural dans le cadre de la thématique « Regard sur la création animalière contemporaine », cette édition opus IV propose aux visiteurs de partir vers un voyage extraordinaire!

L’œuvre d’art délivre celui qui la crée, mais aussi ceux qui la contemplent de leurs tensions intérieures en leur permettant de les extérioriser.

Le quatrième rendez-vous de la création animalière contemporaine se déroulera à partir du 15 décembre prochain et jusqu’au 15 janvier 2017. Une nouvelle exposition placée sous le signe de l’Art animalier et plus particulièrement de découvrir les aquarelles inédites du peintre maxiréaliste Dan Jacobson, les sculptures animalières d’Isabelle Panélas Huard notamment le grand hippocampe déjà exposé au Musée national de la Marine à Paris ainsi que l’incontournable « Puppy » une sculpture en substrat représentant un petit chien vert par l’artiste américain Jeff Koons.

Quand le Possible devient Réel…

Le Maxi réalisme

C’est un mouvement réaliste imaginaire, un décalage par rapport au temps présent, passé, ou futur entre deux mondes qui se rejoignent, créant ainsi une virtualité plausible. Physiquement, tout est possible, concrètement le rêve l’emporte sur la réalité. Le Maxiréalisme s’éloigne du réalisme photographique, n’est pas figé comme l’hyperréalisme, plus humain, pas statique mais scénique, intimiste ou humoristique.

Les toiles généralement de grand format, sont brossées ou lissées avec une exigence du dessin et de la perspective poussée à l’extrême de façon à perturber l’œil du spectateur et à créer l’ambiguïté entre le Rêve et le Réel. Le Maxiréalisme apporte une créativité contemporaine nourrie par l’héritage de nos anciens Maîtres. “Rimbaud n’avait-il pas des visions de Bateau Ivre lorsqu’il longeait la seine?” Dan Jacobson.

Ce peintre absorbe le temps pour le remodeler dans un dérèglement qui prend tout son sens. Ses tableaux expriment l’éventualité d’une rencontre entre deux mondes complètement opposés et ne pouvant s’unir que par la force du rêve et de la perception. Le droit au rêve devient une réalité. Les normes du raisonnable se modifient au profit de l’impensable. Par le biais de sa peinture et de ses aquarelles, Dan Jacobson nous guide vers d’autres dimensions parallèles affleurant notre présent. Parfois, elles se résument à la téléportation d’un élément. Mais elles peuvent aussi se transformer en une confrontation entre deux époques. En clair, l’impossible n’est possible que lorsqu’il n’y a plus de barrière. Et cet obstacle, c’est le temps. L’artiste nous en livre la clé par le truchement d’un imaginaire bien plus que réel. Et c’est là le « Paris » de Dan Jacobson.

Extrait de « Arts Actualités Magazine » de Harry Kampianne.

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux d‘hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

« Lire dans l’oeuvre objective…la vision intérieure de l’artiste, voilà le but de l’analyse psychologique. Et cette vision nous mène bientôt à l’état d’âme qui est à sa base. »

Dan Jacobson est un peintre français contemporain, né en 1942 à Paris. Il vit entre ses ateliers du Val d’Oise et de Paris.
Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Graphiques ESTIENNE, ses professeurs sont Albert Flocon et Jean Cluseau Lanauve.
1962 : Il Obtient le Grand Prix de l’Art et l’Industrie aux Beaux Arts de Paris. La Marine Nationale lui commande un reportage de 40 aquarelles sur la vie des marins à la base d’Hourtin.
Parallèlement à sa peinture, il exerce une activité de Directeur Artistique dans les grandes agences de publicités parisiennes.
1975 : Roger Tagliana lui offre les cimaises de la « Maison de Van Gogh » à Auvers sur Oise pour sa première exposition, avec un reportage télévisé par Micheline Sandrel sur FR3.
1978 : la galerie Drouant lui décerne le prix de la Jeune Peinture parrainé par Tofoli ; il y exposera régulièrement.
Ses expositions à thème se multiplient dans les galeries en France et à l’étranger : » la mer et les marins pêcheurs, passion pour la voile, les marchés, les bistrots, Paris d’Hier et d’aujourd’hui, Evasion, à Fleur d’eau » ( galeries les Heures Claires / Médicis / la Caverne des Arts/ les Orfèvres / Drouant / Saint Roch / Colette Dubois / Arts Expo / Opéra Gallery / l’Orée du Rêve …)
1995 : création du mouvement « MAXIREALISTE » au Salon COMPARAISONS; il en devient le chef de file.
Pendant la Coupe du Monde de Football, il expose au Toit de la Grande Arche ses grandes toiles « Imagine Paris » … Depuis l’Edition 1999, Dan figure au « BENEZIT »
2001 : Il est l’invité officiel à MEXICO de « FRANCIA 2001 » organisé par le centre Français du Commerce Extérieur.
2002 : Acquisition d’une de ses œuvres par le Musée de la Marine.
2005 : Le Député Maire Axel PONIATOWSKI invite au Centre d’Art Jacques Henri Lartigue de l’ISLE ADAM « Dan Jacobson et les Maxiréalistes ».
Invité d’honneur dans plusieurs salons, il est Sociétaire du Salon d’Automne / Comparaison / SNBA / Salon du Dessin et de la Peinture à l’eau / Salon de la Marine. Ses œuvres figurent dans de nombreuses collections particulières.dan-jacobson-le-montreur-dours-sest-echappe

Histoire:
La représentation des animaux dans la peinture est particulièrement ancienne puisqu’on la retrouve dans les premières peintures de la Préhistoire (art rupestre et art pariétal) comme les grandes fresques murales de la grotte Chauvet, la grotte Cosquer et surtout, durant le Magdalénien, dans les grottes de Lascaux et d’Altamira.

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Fresque de Pompéi (premier siècle av. J.-C.)
Durant l’Antiquité, dans l’Égypte antique on trouve de nombreuses représentation de figures d’animaux dont beaucoup avaient une signification religieuse (lion, hyène, chacal, chat, chien, chèvre, loups, bouquetin, oryx ainsi que des oiseaux et des poissons).
Si les Phéniciens ont laissé très peu de peintures animalières, en revanche, les Étrusques représentaient assez souvent des animaux, surtout des chevaux, sur les amphores, les cratères ou les murs de salles funéraires (félins de la période orientalisante). Les Grecs ont également contribué à développer ce genre de peinture même si c’est plutôt dans la sculpture que l’art animalier s’est exprimé. Le goût pour les bêtes peintes apparaît aussi dans les mosaïques et les peintures de Pompéi. La peinture de la Renaissance marqua un renouveau du style avec une volonté d’imiter la nature.

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Isabelle Panélas Huard dite Isabelle Huard commence sa carrière artistique en 1999. Elle fréquente alors l’atelier de l’ADAC de Paris, dans la section modèle vivant. Deux ans plus tard, elle fait sa première exposition au Festival européen de la sculpture avenue Georges V à Paris.
A ses débuts, elle sculpte des nus dans un style académique avant d’évoluer vers un style personnel. Son univers se peuple alors de personnages asiatiques et d’animaux. Elle rapporte de ses voyages des sujets à thèmes, en particulier des Mandarins et des Samouraïs.
Les animaux se font peu à peu très présents avec des hippopotames, des ours, tout en rondeur, aux formes épurées, aux surfaces lisses. Actuellement ses recherches la conduisent vers un travail en force, au couteau, de façon à accentuer la dynamique de l’animal, à donner plus de relief à ses lignes et ses caractéristiques propres. En fonction du message qu’elle veut véhiculer, elle imprime plus ou moins fortement son empreinte dans la terre. C’est le cas de son fameux Rhino-féroce, très travaillé. A noter que ces animaux sont souvent traités dans un sens symbolique, avec une attention toute particulière portée à la tête, généralement plus grosse que la normale : rhinocéros et hippopotames nous apparaissent dotés d’une tête qui fait la moitié du corps alors qu’en réalité elle représente le tiers.
Isabelle Huard développe régulièrement son apprentissage dans le domaine de la ciselure, du moulage et de la patine dans la fonderie d’art Chapon.

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L’artiste participe à de nombreuses exposition depuis 2001, en particulier le salon des Artistes indépendants, le salon Nature et animaux à Paris, le salon international du monde de la culture et des arts à Cannes. Ses travaux ont été de nombreuses fois récompensés, en particulier son Rhino-Féroce, trois médailles d’or. En 2004, elle vient d’être sélectionnée pour le Salon National des Artistes Français. Elle signe ses pièces I.P.H, monogramme de son nom.
Isabelle Panélas-Huard, après avoir travaillé avec différentes galeries de Paris (place des Vosges), de province et à l’étranger (Allemagne, Suisse, Italie), est actuellement exposée en permanence à la « galerie 23 » au domaine de Rochevilaine à Billiers, ainsi qu’a la galerie « les artistes et la mer » à St Malo.
Article paru dans le « Dictionnaire illustré des Sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours » Jean Charles HACHET / Éditeur : argusvalentines. http://www.argusvalentines.com/ Jeff Koons, considéré comme le maître incontestable du kitsch.

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Jeff Koons a commencé sa carrière comme courtier à la bourse de Wall Street à New York avant d’étudier les arts plastiques à Baltimore et Chicago.
Passionné par l’art depuis l’enfance, il installe son atelier à Chelsea où il travaille avec ses collaborateurs toutes sortes de supports et où il pratique le détournement d’objets du quotidien. Koons puise son inspiration dans le thème de l’enfance et réalise des jouets et des animaux gonflables.

Son Rabbit, lapin en acier inoxydable réalisé en 1986, Lobster, son homard géant en aluminium polychrome ou ses Balloon Dogs ont séduit les plus grands collectionneurs.

« L’art m’a permis de développer ma personnalité d’abord au sein de ma famille. J’ai une sœur, de trois ans mon aînée, qui faisait toujours mieux que moi. Elle était meilleure en maths ou en langues mais en art, c’était l’inverse, j’étais plus doué. C’est d’ailleurs le domaine où mes parents me valorisaient un peu. J’étais encore un enfant, je devais avoir 5 ans et cela m’a donné une grande force et une confiance en moi. »

Il est aussi fasciné par les mythes et les légendes de la culture de masse et l’auteur des célèbres sculptures de Michael Jackson et de la Panthère rose. En 1992, l’artiste a conçu Puppy, un chien de douze mètres de haut, recouvert de fleurs, qui se trouve actuellement à l’entrée du musée Guggenheim de Bilbao.

Puppy , fleurs et mascottes

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« Avec Puppy, Koons allie passé et présent, en employant un modèle d’ordinateur sophistiqué pour créer une œuvre qui fait référence à un jardin classique européen du XVIIIe siècle. Le West Highland Terrier géant avec sa livrée de plantes en fleur combine l’iconographie la plus édulcorée — fleurs et mascottes — dans un monument au sentimentalisme. Sa taille imposante, fermement contenue et en même temps, échappant à tout contrôle apparent (l’animal continue de grandir, au sens littéral et au figuré), et la juxtaposition de références élitistes et de la culture populaire (l’art de sculpter des arbustes et l’élevage de chiens, la céramique décorative et les cartes de vœux), peuvent être interprétées comme une analogie de la culture contemporaine. Koons a irrévocablement cherché, avec cette sculpture publique, à attirer, à inspirer l’optimisme et à transmettre, selon ses propres mots, « confiance et sécurité ». Puppy, gardien majestueux et robuste des portes du Musée, remplit les spectateurs d’admiration et de joie.»

« Mon père était décorateur architecte d’intérieur et il avait un magasin de meubles. C’est donc à travers lui que j’ai découvert l’esthétique, et c’est à ses côtés que j’ai appris la couleur et comment différentes combinaisons de couleurs et de surfaces peuvent faire éprouver des émotions extrêmement variées. »

Son art peut être considéré comme le croisement entre les ready-made de Marcel Duchamp et le Pop Art d’Andy Warhol, le tout mêlé à l’imagerie populaire américain.

« Je suis probablement devenu artiste car mon père était décorateur d’intérieur. C’est lui qui m’a initié à l’esthétique. Je me rendais dans son magasin et je voyais toutes ces couleurs, ces textures et ces objets : des lampes, des tables, des chaises… »

L’ARTISTE ET L’ANIMAL : DE L’ESTHÉTIQUE A L’ÉTHIQUE

Animal : du latin anima « vent, souffle, respiration, être vivant, être animé, créature »

Premier sujet de l’art, toujours à l’étude, l’animal représenté témoigne de la longue et lointaine relation qui l’unit à l’homme, dans tous les arts et dans tous les pays, réunissant dès l’origine tout le répertoire des formes : naturalisme, symbolisme, stylisation, hybridation.

C’est à partir du XVIIe siècle que la représentation des animaux devient un genre particulier de la peinture occidentale. Longtemps tenue pour mineure, la sculpture animalière connaît son apogée au XIXe siècle. Le premier salon d’art animalier ouvre ses portes en 1912. L’artiste animalier choisit de faire de l’animal le sujet principal de son œuvre où lui donne la prééminence, se distinguant en cela des artistes qui l’intègrent à des scènes plus générales.

Cet art nécessite une observation patiente et sensible afin de saisir la justesse des formes et des postures et faire en sorte de « déceler l’âme animale » (Les représentations plastiques de l’animal / Claude-Georges Mallet). Dans la hiérarchie des genres « celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que celui qui représente des choses mortes et sans mouvement » (Conférences de l’Académie / André Félibien, 1667), pour autant des peintres de chasse et de natures mortes comme le flamand Snyders et les français Desportes et Oudry excellèrent en cette manière. Bien loin de la création fabuleuse tirée du bestiaire médiéval (Le jardin des délices de Bosch), l’étude quasi scientifique de l’animal par les maîtres anciens comme Léonard de Vinci (Étude de chevaux) ou Dürer (Le lièvre) ouvre la voie à des illustrateurs chevronnés auxquels fera appel Buffon pour les planches de son « Histoire naturelle » -revisitée par Picasso- puis aux naturalistes du XIXe siècle (Birds of America du peintre naturaliste Jacques-Audubon) resserrant ainsi les liens entre art et science.

La relation plus intime que l’homme et l’animal nouent à la Renaissance prend un caractère plus familier voire anecdotique au XVIIIe siècle avec la mode de la scène de genre, qui associe aux portraits de femmes et d’enfants un animal de compagnie (Greuze). L’animal devient le miroir des émotions humaines. L’intérêt grandissant pour la représentation des animaux familiers, animaux domestiques (Paulus Potter) ou animaux sauvages (Barye) trouve un nouveau souffle au XIXe siècle. Parmi les animaux les plus représentés figure le cheval, symbole de noblesse et de liberté. Depuis la préhistoire, la liste est longue des artistes qui tentèrent de capturer sa beauté naturelle (…Wouvermans, Stubbs, dit le peintre du cheval, Géricault, Delacroix, Degas, Franz Marc…).

Sa représentation, qui tient de la fascination et du sentiment, se transforme dans l’art contemporain en d’inquiétantes et tragiques mises en scène comme dans La Ballade de Trotski, « un véritable cheval empaillé à suspendre à un haut plafond », de Maurizio Cattelan ou dans Le cheval noir, cheval empaillé à l’agonie, de Berlinde de Bruyckere.

Dans le même registre regardons « les chiens multicolores, couleurs du temps », Puppies de Jeff Koons, dérisoire avatar du fidèle compagnon de l’homme ou encore les hybrides monstrueux de Barney (Cycle Cremaster) ou Piccini…dans un rapport inversé animalité/ humanité, lointaine référence à la mythologie ou aux études de physiognomonie de Le Brun.

Ainsi, depuis une cinquantaine d’années, l’art contemporain développe une antithèse de la sacralisation de l’animal des temps anciens, et exprime peut-être le regret du lien vital, de notre humanité perdue. Cependant, l’utilisation transgressive de l’animal au-delà de ce qu’elle dénonce (exploitation, clonage, fétichisme, réification…) pose la question éthique et la légitimité de la démarche artistique.

Marié aux larges masses d’insoumis, brassé dans l’universel attroupement des choses, livré aux dénicheurs de graves tourments, aux radicelles humaines figées dans le recueillement et la complicité des jaloux, tu te regardes accomplir les gestes quotidiens dans les limites serrées des souples ‘branches. Au désir de papier buvard, tu t’opposes, tu t’agites sous le vent d’un sillage toujours en fleurs. Que je n’arrive pas à distinguer des choses les fantômes des parties qui ont aidé à leur épanchement hors de moi, cela est dû à la continuité de leur action médiatrice entre le monde et mon adolescence. Et, désormais soumis à un sentiment, morcelé et étranger, de gouffre, pouvais-je, sinon subir avec terreur leur désertique et ferrugineux appel? Tout l’espace terreux se cabrait sous les bancs de nuages. Je me suis entouré d’hivernages fragiles, de forces desséchantes. Que reste-t-il d’humain sur les glabres visages tannés par les lectures et les astreignantes politesses des dossiers dont je me suis constitué un décor famélique? Coutumière faiblesse il sera dit un jour de révolte que les yeux qu’on a cherchés étaient vides de la joie des hommes. Et les hommes et la joie, j’ai toujours essayé de me mêler à eux, à défaut de la féroce fusion promise que l’on trouve cependant encore vivante au fond résiduel des contes, parmi les germes de froid et les portes parsemées d’enfances.

TRISTAN TZARA – LA MAIN PASSE

UNE SOIRÉE EN PARTENARIAT AVEC LA 31ÈME ÉDITION DU FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE LE JEUDI 15 SEPTEMBRE

LES RENDEZ-VOUS DE LA RENTRÉE:

“La culture, c’est un peu comme le bonheur, ça se partage.”

UNE SOIRÉE EN PARTENARIAT AVEC LA 31ÈME ÉDITION DU FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE LE JEUDI 15 SEPTEMBRE

Turbulences, Attachez vos ceintures ! » En compagnie de Marco Angioloni, ténor de l’ensemble Il Groviglio, qui se produira au festival le 7 octobre prochain à l’église Saint-Aubin d’Ennery.

COUP D’ENVOI DE LA NOUVELLE EXPOSITION, DU 15 SEPTEMBRE AU
15 NOVEMBRE, « Turbulences et les quatre éléments», subligraphies par Éric Milochau et compositions abstraites par Pierre Gauthier.

PRÉFACE DES JOURNÉES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE, LES 17 ET 18 SEPTEMBRE; Le thème de cette année « Patrimoine et citoyenneté. »

L’Espace culturel Gingko’Art conçu autour d’une architecture du XIVème siècle , l’ancienne chapelle du couvent des Cordeliers, Bossuet y fût sacré évêque de Condom le 21 septembre 1670, lieu chargé d’Histoire qui a accueilli les Etats Généraux en l’an 1561, le Parlement de 1652, 1720, 1753 et les Assemblées Générales du Clergé en 1656, 1660, 1665 et 1670.

Cette année, l’oratoire, ( petit édifice à l’intérieur du Gingko’Art appelant à la prière, selon la tradition religieuse pour invoquer la protection divine) recevra les nouvelles oeuvres du peintre pontoisien Éric Milochau, une série de subligraphies ou l’image sublimée, consacrées aux quatre éléments, qui sont l’air, le feu, l’eau et la terre.

Cette nouvelle exposition est placée sous le signe d’un partenariat avec nos amis du Festival baroque de pontoise et permettra au public de voyager vers les éléments et sur le fil des turbulences.

TURBULENCES: L’esprit du Festival Baroque dePontoise pour sa 31ème édition…

Attachez vos ceintures ! Le tonnerre gronde sa colère et l’implacable foudre lance ses éclairs acérés ! Il y a de l’orage dans les airs. Prenez-garde ! Des turbulences harmoniques en tous genres investissent notre programmation et viennent ébranler vos sens sidérés…

Eric Milochau est né le 07 décembre 1962 à Paris. L’artiste, peintre et musicien vit et travaille à Pontoise.

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La théorie des quatre éléments est la théorie qui place le feu et l’eau, l’air et la terre au centre d’un système de correspondances symboliques. Il ne faut donc pas comprendre le mot « élément » avec sa signification actuelle, réduite aux domaines physique et chimique. Il s’agirait plutôt de « carrefours de sens », à mi-chemin entre le réel et l’imaginaire, comme peut l’être une peinture. Ce sont ces « peintures élémentaires » que l’alchimie a réutilisées, avant que l’alchimie ne se réduise à la chimie et que la chimie ne réduise la signification du mot « élément ». Pour rappeler cette réduction, nous utiliserons une majuscule dans la suite de notre étude pour désigner les quatre symboles élémentaires: le Feu, l’Eau, l’Air et la Terre.

Rêver magnifiquement n’est pas un don accordé à tous les hommes, et, même chez ceux qui le possèdent, il risque fort d’être de plus en plus diminué par la dissipation moderne toujours croissante et par la turbulence du progrès matériel.

Charles Baudelaire Les Paradis artificiels Un Mangeur d’opium

« Quelques lectures qui ont jalonnées ma vie m’ont bouleversées, « l’hypothèse Gaïa » de James Lovelock, « le singe nu » de Desmond Morris, « une brève histoire du temps » de Stephen Hawking, les oeuvres de Rupert Sheldrake et ses champs morphogénétiques…Petit à petit j’ai éprouvé le besoin dans mes tableaux et dans ma musique d’en venir à l’ expression de l’universel, de l’essentiel, du retour à l’essence même de ce qu’est notre nature et la nature elle même. De contrer ce monde fou de l’humanité qui a perdu son sens. Après avoir traité de ma pagaille intérieure, il m’a fallu traiter de la pagaille extérieure ! Merci Baleines, merci dauphins de nous rappeler dans votre glissade incessante au milieu des eaux que la nature a besoin d’être caressée avant tout, et non brusquée, exploitée torturée. Si le rêve m’a permis de survivre, l’espoir me permet de vivre.»

La surface de mon esprit était parfaitement calme. Mais sous la surface, une houle montait des profondeurs, un courant sous-marin qui agitait les eaux. Pendant des années, une épave avait reposé dans les grands fonds, un vaisseau rouillé chargé d’une cargaison d’ossements. Mais maintenant, il bougeait.

 Je l’avais dérangé, j’avais provoqué une turbulence qui faisait monter des nuages de sable du fond de la mer. Les grains tourbillonnaient follement dans l’eau sombre et troublée.

Le Treizième Conte Diane Setterfield.

 Pierre Gauthier revisite le thème des tournesols monochromes depuis l’année 2013 et pour se consacrer pleinement à cette série qui comprends aujourd’hui plus de huit cent variations.

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Ses oeuvres abstraites, dominées par des couleurs sombres, tranchent avec les compositions figuratives et les collages .

Durant cette période, l’artiste expérimente ses premiers brous de noix. L’utilisation de ce médium, habituellement utilisé par les artisans, lui offre un jeu d’opacité et de transparence, ainsi que des possibilités chromatiques, allant du marron au noir. Les compositions ainsi réalisées délaissent la ligne qui marquait jusque là son oeuvre, pour lui préférer des formes charpentées, des traces assemblées en un signe se livrant immédiatement à la vue.

Le brou de noix est fabriqué à partir de l’enveloppe verte de la noix, pilée jusqu’à former une poudre qui sera ensuite diluée dans de l’eau chaude.

Dans cette oeuvre, la couleur noire recouvre presque intégralement la toile qu’elle n’épargne que par de rares percées. Elle dévoile par endroits une matière brune, répandue au préalable de manière à faire apparaître dans un même temps une forme et une surface sur lesquelles le peintre peut alors travailler.

Par la confrontation de ces deux couleurs, l’artiste cherche à explorer la capacité du noir à illuminer par contraste le blanc qu’il cerne ou laisse deviner.

L’artiste se trouve plongé dans l’évocation comme un disciple-admirateur d’ Anselm Kiefer dont les Tournesols (1996) appartiennent à une série d’images que Kiefer réalisa en juxtaposant les formes fossilisées des tournesols sombres et l’image d’un homme nu. Bien que la figure montre une grande ressemblance avec l’artiste, on identifie habituellement cet homme à Robert Fludd (1574–1637), un philosophe et occultiste anglais du XVIIe siècle qui pensait que chaque plante de l’univers avait son étoile équivalente dans le firmament, et qu’il y avait une connexion entre le monde microcosmique de la terre et le monde macrocosmique du ciel. (Les idées de Fludd inspirèrent aussi le livre de Kiefer Pour Robert Fludd [Für Robert Fludd, 1995–96], qui appartient à la collection du Musée Guggenheim Bilbao.) Cette image suggère aussi un lien entre l’individu et le cosmos qui l’entoure.

Y a-t-il une couleur philosophique?

La question paraît aussi absurde que de demander, comme dans le Peau d’âne, de Perrault, une robe couleur du temps.

C’est-à-dire: y a-t-il une couleur qui soit un objet particulièrement philosophique? Une rapide réflexion nous convaincra, même si l’on est daltonien, que les couleurs ne sont pas des propriétés des objets. Chacun peut en faire l’expérience chez soi: qu’on baisse suffisamment la lumière et toutes disparaissent. A l’inverse, un stylo dont la coque en plastique est noire, exposé à un rayon de soleil correctement anglé devient… brillant? En tout cas, il n’est plus noir.

Chez Platon déjà, la couleur n’est pas bonne camarade pour la pensée. Le Timée lui consacre plusieurs paragraphes: la couleur résulte de flammes qui s’échappent des objets et vont frapper le feu des yeux pour produire du blanc ou du noir, puis des mélanges intermédiaires difficiles à qualifier, selon la proportion d’humidité et de feu qui se mêlent et dont on ne « saurait donner la raison nécessaire ni la raison probable d’une manière satisfaisante ». La couleur est une réaction insaisissable entre deux corps. Elle n’intéresse donc pas tellement les classiques du point de vue esthétique: pour penser l’art, c’est la ligne, le dessin, qui importent. En dehors du blanc et du  noir, la couleur est informe et accidentelle.

La seule couleur qui intéresserait la philosophie, c’est, si l’on peut dire, la couleur du ratage, ou plutôt l’échec à définir la couleur.

Tu me parles du fond d’un rêve Comme une âme parle aux vivants.

Comme l’écume de la grève, Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre, Le captif du destin vainqueur ; Je suis celui que toute l’ombre Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île, Et mon sort à cet océan ; Et je suis l’habitant tranquille De la foudre et de l’ouragan.

Depuis la nuit des temps les hommes se sont trouvés en contact avec les quatre éléments aussi indispensables à leur vie matérielle qu’a leur vie psychique. L’impérieux besoin de l’eau pour se désaltérer, l’air pour respirer, du feu pour se nourrir et se réchauffer, dans la terre sa substance, ces éléments essentiels et primordiaux étaient là avant l’homme, autonomes près à servir la vie.

L’esprit universel de Léonard de Vinci l’avait génialement formulé: « les anciens ont appelé l’homme microcosme et la formule est bienvenue puisque l’homme est composé de terre, d’eau, d’air et de feu, et le corps de la terre est analogue.

Assimilés à des divinités, l’eau, le feu, la terre, l’air ont toujours été convoqués, utilisés par les hommes pour leurs cérémonies religieuses.

Chaque rite appelle pour s’accomplir l’eau bienfaisante qui lave, baigne, régénère ; le feu purificateur qui consume les offrandes, brûle l’encens et fait monter jusqu’aux narines des dieux la fumée portée par les airs; la terre mère divine est à la fois respectable des dons et offrandes elle-même, à travers ses fruits et ses récoltes.

L’homme est alors, le grand prêtre d’une création qu’il respecte et qu’il craint.Pour les anciens, le terme clémenta, pluriel latin, désignant d’une manière globale l’eau, le feu, l’air et la terre.

Il en va de même pour la F\M\ et le rituel initiatique: cette série d’actes bien réels qui ne sont qu’une simulation préparatrice à une nouvelle vie. Car le profane, celui qui n’est pas vraiment né, va de la poussière matérielle vers l’or vulgaire. De lourdes paupières ferment encore son regard.

Pour le F \l’Or des initiés n’est pas le métal des marchands. C’est le corps de la lumière, la splendeur de la vie, le signe de l’impérissable. C’est lui qui illumine la loge. C’est la lumière qui donne vie à la pierre, la lumière est dans la vie du sculpteur. L’homme a toujours eu l’esprit hanté par le besoin de prendre un point d’appui dans l’immensité de l’espace et du temps. Et son plus sûr soutien fut le miracle originel, révélé durant l’initiation.

L’initiation c’est l’art de remporter des victoires sur nos faiblesses et nos limites, pour retrouver notre vocation d’être divin. Elle offre un secret par conversion, l’initiation donne le sens de la nature, le sourire flamboyant de la recherche de la connaissance. On nous invite à plonger dans le printemps de la vie et à rejoindre le point ultime de la conscience.

Depuis le cabinet de réflexion, il y a 4 voyages initiatiques = 4 éléments ( la terre, l’air, l’eau, le feu)

Les forces naturelles qui nous entourent sont les 4 éléments: l’eau qui nous abreuve, l’air que nous respirons, le feu qui nous réchauffe et la terre qui nous porte; L’âme au feu, l’esprit à l’air, l’âme animale à l’eau et le corps pour la terre

Attachez vos ceintures ! Le tonnerre gronde sa colère et l’implacable foudre lance ses éclairs acérés ! Il y a de l’orage dans les airs. Prenez-garde ! Des turbulences harmoniques en tous genres investissent notre programmation et viennent ébranler vos sens sidérés.

A l’époque baroque la nature se fait volontiers querelleuse en musique. Afin de restituer avec la plus grande acuité la rageuse véhémence des forces naturelles, les compositeurs, dont elles alimentent et stimulent l’imaginaire, rivalisent d’inventions, élaborent de savantes et puissantes alchimies fusionnant les notes répétées, les gammes descendantes, les tempi accélérés, les trémolos vigoureux, les pizzicati trépidants et l’éclat des fanfares. Ces œuvres divinement expressives déchaînent les éléments.

Avide de sensations fortes la musique baroque se veut descriptive. Puisant son inspiration au cœur des tumultes du ciel et de la terre, elle ambitionne par la puissance évocatrice de ses effets sonores de nous faire éprouver la fragilité de notre humaine condition. Son art de la transposition nous donne à revivre les émotions suscitées par les perturbations les plus dramatiques.

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Fougueux sont les souffles qui traversent cette turbulente édition.

Cependant, ne craignez pas leur virulence, ils vous entraîneront, ardents à exciter vos esprits comme à provoquer l’effervescence de vos sens, vers de surprenantes découvertes, vers des moments intensément émouvants au cours desquels s’épanouira, pour votre plus grand plaisir, le jubilatoire dialogue que la musique entretient au sein du Festival avec le théâtre et la danse.

Patrick Lhotellier directeur du Festival Baroque de Pontoise.

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Retrouvez le ténor Marco Angioloni le Vendredi 7 octobre 2016, église Saint- Aubin – ENNERY

VOYAGES EN ITALIE

Les Souffles Impétueux

Œuvres de Vivaldi, Sances, Merula, Kapsberger

Au cœur de la Méditerranée baroque, l’Italie est une terre de voyages, d’influences et de passions. Épicentre artistique de toute l’Europe, la péninsule est alors traversée par de nombreuses turbulences transcrites en musique par les plus sublimes pages jamais écrites. L’esprit d’innovation des compositeurs italiens ne peut que provoquer l’admiration du musicien et du public d’aujourd’hui.

Comme une ode à son pays d’origine, Marco Angioloni et ses acolytes d’Il Groviglio vous invitent à un périple initiatique dans le paysage instrumental et vocal des XVIIe et XVIIIe siècles, suivant la ligne de ses côtes, les crêtes de ses montagnes et poussés par la force des vents.

Né à Arezzo (Italie), issu du Conservatoire de musique “L. Cherubini” de Florence, où en 2010 il obtient son diplôme en hautbois, il se forme au chant lyrique toujours à Florence avec D. Debolini et à partir de l’année suivante à Paris avec J. F. Rouchon.

Il participe à des Masterclasses notamment auprès de L. Serra et F. Zingariello et il se perfectionne dans le chant Baroque avec S. Mingardo, G. Lesne et C. Lefilliatre.

Après avoir intégré le CMBV (Centre de Musique Baroque de Versailles) où il se forme auprès de:

  1. Durand, il se perfectionne également avec E. La Selva.

Il fait ses débuts en 2013 dans le rôle de Normanno (Lucia di Lammermoor) à l’Apostrophe, scène nationale de CergyPontoise. Depuis il se produit dans différentes salles et festivals, parmi lesquels, Festival International de Assisi,

Tuscan Sun Festival, Auditorium Parco della Musica de Rome, Chapelle Royale de Versailles, Teatro Verdi et Teatro Comunale de Florence, Théâtre de Gagny, Théâtre de Poissy, Théâtre du Châtelet, Opéra Royal du Château de Versailles.

Parmi ses rôles figurent Orfeo (Orfeo de Monteverdi), Lurcanio (Ariodante), Mercurio (La Virtù de’ Strali d’Amore), Goro Madama Butterfly), Pang (Turandot), Gastone (La Traviata), Arlecchino (Pagliacci), Bastien (Bastien et Bastienne), le Fils (Les mamelles de Tirésias), le Brésilien (La Vie Parisienne), Don Basilio (Le Nozze di Figaro), le Chevalier de la Force (Dialogues des Carmélites), Tempo (Il trionfo del Tempo e del Disinganno).

Il se produit sous la directions de chefs comme A. L. King, M. Beltrami, P. Neumann, I. Marchini,

  1. De Pablo, J. Webb, J.

Hantai, D. Fallis, O. Schneebeli et P. Agnew.

Il est lauréat de concours comme « L. Zanuccoli » et « N. Orizzonti » et a participé à des enregistrements tels que la musique pour les funérailles de la reine MarieThérèse de Charpentier avec l’Ensemble La Rêveuse ainsi que des extraits d’opéras de Cherubini pour la maison de disque Aethalia.

Récemment on a pu l’entendre en duo avec le pianiste Jacques Comby, ce qui lui permet d’explorer le grand répertoire de musique vocale de chambre, ainsi qu’avec l’ensemble baroque Il Groviglio, où on pourra l’entendre dans le cadre de plusieurs festivals comme, entre autres, le Petit Festival de Bretagne ainsi que le Festival Marin Marais.

espace-gingkoart

Espace Gingko’Art de Pontoise.
2, Place de l’Hôtel de Ville, 95300 Pontoise
du 15  septembre au 15 novembre 2016.

L’exposition participe aux journées Européennes du Patrimoine:
Ouverture le jeudi 15 septembre à partir de 19 heures.

Heures d’ouvertures de la semaine: du lundi au dimanche de 15h30 à 19h.
Contacts:  01 34 43 55 13 et 06 10 20 05 56
E.mail: gingko-art@orange.fr

Yi Myung Rim sur le chemin des Nymphéas: Entre l’eau et la lumière du peintre Claude Monet

« La femme-artiste possède un certain regard qui la fait disparaître; elle et tout le reste, êtres, terre et ciel; et qui fixe un temps, hors du temps.»

Yi Myung Rim portrait

« J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas… Je les cultivais sans songer à les peindre… Un paysage ne vous imprègne pas en un jour… Et puis, tout d’un coup, j’ai eu la révélation des féeries de mon étang. J’ai pris ma palette. Depuis ce temps, je n’ai guère eu d’autre modèle. »

Claude Monet

Le ministère de la culture et de la communication présente: « RENDEZ-VOUS AUX JARDINS » les, 3, 4 et 5 juin 2016.

Cette année: « Les couleurs du jardin », l’espace culturel Gingko’Art de Pontoise participe avec en exclusivité la présentation des Nymphéas, un hommage au peintre Claude Monet par l’artiste coréenne Yi Myung Rim.

Près de 3000 événements à découvrir partout en France pour la 14ème édition des Rendez-vous aux jardins. Retrouvez le programme des 2 300 jardins participants sur la carte interactive et dans la rubrique « Dans votre région » !

http://rendezvousauxjardins.culturecommunication.gouv.fr/

L’artiste coréenne s’inspire des chefs-d’œuvre du Maître de l’impressionnisme et trempe son pinceau dans l’eau de l’étang de Giverny; déjà, autrefois, l’artiste expressionniste américaine Joan Mitchell avait dans une technique picturale appelée « All over », réalisée de remarquable compositions abstraites. Tandis que le peintre chinois Zao Wou-Ki grand admirateur de Monet, réalisa en 1991 un triptyque intitulé hommage à Claude Monet qui évoque d’une part le pont et les nymphéas de Giverny.

Claude Monet

Au printemps de 1883, après avoir arpenté les rives de la Seine du Havre à Paris pendant vingt ans, Claude Monet (1840-1926) se fixe à Giverny. Le peintre a participé à l’aventure collective de l’impressionnisme et exposé aux quatre premières expositions du groupe, de 1874 à 1879. Auréolé de succès, il se retire et acquiert la maison du Pressoir en 1890. Sa peinture prend bientôt un tour différent. Alors que l’exaltation de la couleur demeure, l’étude de l’espace pictural l’occupe de plus en plus. En 1893, Claude Monet demande l’autorisation de détourner la rivière du Ru afin de créer un « jardin d’eau ». Il aménage un bassin enjambé par un pont, référence à l’art japonais qu’il apprécie tout particulièrement.

Dès 1899, avec la série des Nymphéas, Monet oriente son oeuvre vers une recherche inédite en s’attachant à un motif qui deviendra comme une signature. Ayant achevé en 1900 la série du pont japonais, l’artiste entreprend de se consacrer à l’étang fleuri de nénuphars. D’abord par intermittence, quand il ne travaille pas à sa série consacrée au Waterloo Bridge, puis de façon continue à partir de 1904, il se lance dans une grande série consacrée à ce thème. Du printemps à l’automne, l’artiste, installé au bord de l’étang, traduit simultanément sur plusieurs toiles des sensations qu’il reprendra ensuite à l’atelier. Les Nymphéas du MuMa, peints en 1904, font partie d’un ensemble de quarante-huit tableaux intitulés « Les Nymphéas, séries de paysages d’eau », exposés à la galerie Durand-Ruel à Paris en 1909.

« Le jardin de Monet compte parmi ses œuvres, réalisant le charme d’une adaptation de la nature aux travaux du peintre et de la lumière. Un prolongement d’atelier en plein air, avec des palettes de couleurs profusément répandues de toutes parts pour les gymnastiques de l’œil, au travers des appétits de vibrations dont une rétine fiévreuse attend des joies jamais apaisées (…). Il n’est pas besoin de savoir comment il fit son jardin. Il est bien certain qu’il le fit tel que son œil le commanda successivement, aux invitations de chaque journée, pour la satisfaction de ses appétits de couleurs. »

Georges Clemenceau

Monet conçoit donc les Nymphéas comme un ensemble devant lequel le spectateur peut laisser vagabonder son esprit, il voyage. Or ce voyage spirituel n’est possible que grâce à la grande maîtrise du peintre qui a su illustrer les changements éphémères de la lumière naturelle par ses habiles jeux de couleurs.

Méditation

Monet a soixante-quatorze ans quand il commence ce décor et son élaboration coïncide avec le début de la Première Guerre mondiale. Ce projet de peinture a une mission ambitieuse : réaliser une œuvre de paix dans un monde en guerre. L’artiste plonge le spectateur dans une nature pure et silencieuse propice à la rêverie et à la réflexion. L’indéterminé stimule l’imaginaire même si le regard est arrêté par quelques nymphéas, dont le rythme pourrait suggérer une douce musique. Ce paysage, sans présence humaine ni animale, pose une question sur le lien entre l’homme et la nature, un lien perdu, peut-être, avec l’ère industrielle et la civilisation urbaine. Plus on avance dans les salles, plus le calme et le silence nous entourent. Le temps s’écoule avec la course des nuages et la scansion des arbres. Une tonalité bleue, propice à la méditation et chère aux symbolistes, y domine. L’Orangerie prend, au cœur de Paris, une dimension paisible : c’est un havre où l’on s’abrite des trépidations de la vie moderne. Un message universel d’espoir et de recommencement possible est induit par le cycle rassurant de la course du soleil.

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*La force et la signification du geste créateur, le traitement large de toute la surface de la toile sans distinction de plans, sont autant d’éléments qui séduiront, après 1945, les jeunes artistes américains de l’expressionnisme abstrait, comme Joan Mitchell dans ses œuvres « all over ».*

Joan Mitchell et les nymphéas

Fonctionnant souvent en diptyque, les œuvres doivent être vues de loin, dans leur ensemble. Ainsi, Edrita Fried (1981) est constituée de quatre panneaux parcourus de grandes traces bleues, violettes et jaunes. Par endroits, on croit reconnaître des feuillages, des tiges. Le mouvement naît de ces gerbes colorées qui investissent tout l’espace. C’est depuis les années cinquante que Joan Mitchell, qui fait partie de l’École de New-York, réalise des toiles où la composition naît de la gestuelle. L’emploi de couleurs vives et variées, comme la répétition de gestes expansifs, caractérise son style expressionniste abstrait. Née à Chicago en 1925, l’artiste n’a pas seulement été influencée par des peintres américains, comme Franz Kline et Willem de Kooning. En 1955, Joan Mitchell s’installe en France pour rejoindre son compagnon le peintre canadien Jean-Paul Riopelle. C’est à Vétheuil, qu’elle passe l’essentiel de sa carrière, à quelques kilomètres de l’atelier de Claude Monet à Giverny. Marquée par les nymphéas du peintre impressionniste, Joan Mitchell peint de grandes toiles, avec pour ambition de retranscrire ses souvenirs de jardins environnants et les paysages de la Seine. Ainsi La Grande Vallée IX (1983) donne à voir la vallée de la Seine dans deux panneaux verticaux. Les larges coups de pinceaux envahissent l’espace.

Yi Myung Rim et les nymphéas

Par ses compositions subtiles et pleines d’énergie, Myung Rim s’accorde aux sources de l’âme et au miroir de l’esprit, ainsi le spectateur ne discerne plus si le paysage intérieur est un reflet du paysage extérieur-ou le contraire. Le dialogue du dessin et de l’encre se poursuit, mais dans un autre univers, mystique et primordial. L’intelligence, l’intuition et une maîtrise parfaite des techniques, nous fait découvrir ici, un  disciple révélé par l’enseignement et la philosophie des grands maître d’Extrême-Orient, et précisément de ceux qui furent profondément imprégnés de bouddhisme, ou de la philosophie morale du Tao. Une célèbre phrase de Paul Valéry, à laquelle les surréalistes souvent se réfèrent, constate que « l’homme possède un certain regard qui le fait disparaître; lui et tout le reste, êtres, terre et ciel; et qui fixe un temps, hors du temps.»

Mais l’œuvre de Myung Rim ne fait pas disparaître les êtres, la terre, le ciel, elle anéantit seulement toute séparation entre l’homme et Dieu, entre la spiritualité et l’homme.

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C’est à l’âge de13 ans, que la jeune adolescente découvre les écrits du philosophe chinois Zhuangzi et son ouvrage, « le rêve du papillon ». L’auteur, apprécié par celle qui venait de découvrir les métaphores de l’écrivain avait permis de révéler une sensibilité naturelle, elle avait alors pris conscience du silence dans lequel était muré ce qu’il y avait de plus précieux, de plus unique et inexploré en chacun.

L’expression du vide comme un état primordial et nécessaire à toute création objective, le vide par quoi tout commence et tout s’achève; un principe que l’artiste préconise dans la construction métaphysiques de ses créations.

Zao Wou-Ki et Claude Monet

Né à Pékin en 1921, dans une famille de grands lettrés chinois, Zao Wou-Ki passe son enfance à étudier la calligraphie, puis la peinture chinoise et occidentale à l’école des Beaux-arts de Hang-Tcheou. Il arrive à Paris en 1948 et s’installe à Montparnasse, la France étant devenue son pays d’adoption. Grand admirateur de Monet, Zao Wou-Ki réalisa en 1991 un triptyque intitulé Hommage à Claude Monet qui évoque d’une part le pont et les nymphéas de Giverny et d’autre part le pont que Zao Wou-Ki est parvenu à jeter entre la peinture chinoise et la peinture occidentale. Un paysage onirique à la gloire du génie des hommes. Comment Zao Wou-Ki a-t-il connu Monet ? Quel a été son impact sur son œuvre ? Quel rôle la France a t-elle joué sur lui ? sont les questions que nous posons à notre invité rencontré au domicile de l’académicien des beaux-arts. Yann Hendgen nous rappelle que Zao Wou-Ki a été formé en Chine, à l’école de Hang-Tcheou. Dans le cadre de cette formation il suit un double cursus composé de tradition chinoise (calligraphie, peinture chinoise) et de l’enseignement de la peinture occidentale (perspective, peinture à l’huile). Il étudie le fauvisme et l’impressionnisme.

C’est certainement à ce moment-là que l’académicien entend parler de Monet pour la première fois.

Il apparait évident que Zao Wou-Ki a cherché à aller au-delà de la simple étude de quelques tableaux du peintre impressionniste. Dès le départ il acquiert des livres, des revues, des périodiques qui traitent du Paris des années 40 mais il s’intéresse aussi à Renoir et Modigliani. Il voue très tôt un véritable intérêt pour l’impressionnisme. Lorsqu’il arrive à Paris, son premier geste est d’aller au musée du Louvre et au musée de l’Orangerie.

*Le all-over est une pratique apparue en peinture vers 1948, qui consiste à répartir de façon plus ou moins uniforme les éléments picturaux sur toute (en anglais all over) la surface du tableau ; celle-ci semble ainsi se prolonger au-delà des bords, ce qui élimine le problème du champ. Chaque coup de pinceau annule le précédent et le rapport de celui-ci avec la surface du fond. Cette technique a été inventée par Janet Sobel (1894–1968), peintre américaine d’origine ukrainienne. Jackson Pollock a vu son travail exposé en 1944, à la galerie Art of This Century, et s’en est inspiré pour créer ses propres drippings, en 19451. Avec sa manière, qui était de peindre une toile étendue sur le sol, il ne pouvait jamais voir la composition de façon globale. Par conséquent, la seule façon de lui redonner une unité était pour lui de répandre de la peinture partout, de manière égale[réf. nécessaire]. Dans son cas, il utilisait des bâtonnets et de la peinture industrielle, qu’il répartissait par gestes amples, mais contrôlés. Le résultat est une pure abstraction dans l’espace pictural.

Cycle des Nymphéas:

Offerts par le peintre Claude Monet à la France le lendemain même de l’armistice du 11 novembre 1918 comme symbole de la paix, les Nymphéas sont installés selon ses plans au musée de l’Orangerie en 1927, quelques mois après sa mort. Cet ensemble unique, véritable « Sixtine de l’impressionnisme », selon l’expression d’André Masson en 1952, offre un témoignage de l’œuvre du dernier Monet conçu comme un véritable environnement et vient couronner le cycle des Nymphéas débuté près d’une trentaine d’années auparavant. L’ensemble est l’une des plus vastes réalisations monumentales de la peinture de la première moitié du XXe siècle. Les dimensions et la surface couverte par la peinture environnent et englobent le spectateur sur près de cent mètres linéaires où se déploie un paysage d’eau jalonné de nymphéas, de branches de saules, de reflets d’arbres et de nuages, donnant « l’illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage » selon les termes mêmes de Monet. Ce chef-d’œuvre unique ne connaît pas d’équivalent de par le monde.

Expressionnisme abstrait :

Mouvement de peintres américains qui renouvellent l’abstraction après 1945. Chez ces peintres, le tableau est affirmé comme surface peinte et expérience intérieure du réel.

On distingue généralement deux groupes : le color field, qui valorise le champ coloré (Mark Rothko, Barnett Newman…) et l’action painting qui valorise la gestuelle (Jackson Pollock, Willem de Kooning…).

« Si je puis voir un jour le jardin de Claude Monet, je sens bien que j’y verrai, dans un jardin de tons et de couleurs plus encore que de fleurs, un jardin qui doit être moins l’ancien jardin-fleuriste qu’un jardin coloriste, si l’on peut dire, des fleurs disposés en un ensemble qui n’est pas tout à fait celui de la nature, puisqu’elles ont été semées de façon que ne fleurissent en même temps que celles dont les nuances s’assortissent, s’harmonisent à l’infini en une étendue bleue ou rosée, et que cette intention de peintre puissamment manifestée a dématérialisée, en quelque sorte, de tout ce qui n’est pas la couleur. »

Marcel Proust

Zao Wou Ki-COLLAGE 1

BONNE ET HEUSEUSE ANNÉE À TOUTE LA PLANÈTE

Puissiez vous trouver, comme chaque habitant de la Terre, grâce à la magie du nouvel an, l’étoile infaillible qui vous guidera vers la lumière, la paix, la vérité et l’amour universel.

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Meilleurs Vœux ! Que la paisibilité, la créativité et la joie soient avec vous tous les jours de l’Année nouvelle !

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BONNE ET HEUSEUSE ANNÉE À TOUTE LA PLANÈTE
L’ESPACE GINGKO’ART

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Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage au moins, semons des fleurs.

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J’ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler ‘véritablement, jusqu’à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s’était cassée dans mon moteur. Et comme je n’avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C’était pour moi une question de vie ou de mort. J’avais à peine de l’eau à boire pour huit jours,

Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J’étais bien plus isolé qu’un naufragé sur un radeau au milieu de l’Océan. Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m’a réveillé. Elle disait :

– S’il vous plaît… dessine-moi un mouton !
– Dessine-moi un mouton…

J’ai sauté sur mes pieds comme si j’avais été frappé par la foudre. J’ai bien frotté mes yeux. J’ai bien regardé. Et j’ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement. Voilà le meilleur portrait que, plus tard, j’ai réussi à faire de lui. Mais mon dessin, bien sûr, est beaucoup moins ravissant que le modèle. Ce n’est pas ma faute. J’avais été découragé dans ma carrière de peintre par les grandes personnes, à l’âge de six ans, et je n’avais rien appris à dessiner, sauf les boas fermés et les boas ouverts.

je regardai donc cette apparition avec des yeux tout ronds d’étonnement. N’oubliez pas que je me trouvais à mille milles de toute région habitée. Or mon petit bonhomme ne me semblait ni égaré, ni mort de fatigue, ni mort de faim, ni mort de soif, ni mort de peur. Il n’avait en rien l’apparence d’un enfant perdu au milieu du désert, à mille milles de toute région habitée. Quand je réussis enfin à parler, je lui dis :

– Mais… qu’est-ce que tu fais là ?

Et il me répéta alors, tout doucement, comme une chose très sérieuse :

– S’il vous plaît… dessine-moi un mouton…

Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir. Aussi absurde que cela me semblât à mille milles de tous les endroits habités et en danger de mort, je sortis de ma poche une feuille de papier et un stylographe. Mais je me rappelai alors que j’avais surtout étudié la géographie, l’histoire, le calcul et la grammaire et je dis au petit bonhomme (avec un peu de mauvaise humeur) que je ne savais pas dessiner. Il me répondit :

– Ça ne fait rien. Dessine-moi un mouton.

Comme je n’avais jamais dessiné un mouton je refis, pour lui, l’un des deux seuls dessins dont j’étais capable. Celui du boa fermé. Et je fus stupéfait d’entendre le petit bonhomme me répondre :

– Non ! Non ! je ne veux pas d’un éléphant dans un boa. Un boa c’est très dangereux, et un éléphant c’est très encombrant. Chez moi c’est tout petit. J’ai besoin d’un mouton. Dessine-moi un mouton.

Alors j’ai dessiné. Il regarda attentivement, puis:

– Non ! Celui-là est déjà très malade. Fais-en un autre.

Je dessinai :

Mon ami sourit gentiment, avec indulgence :

– Tu vois bien… Ce n’est pas un mouton, c’est un bélier. Il a des cornes…

Je refis donc encore mon dessin. Mais il fut refusé, comme les précédents :

– Celui-là est trop vieux. je veux un mouton qui vive longtemps.

Alors, faute de patience, comme j’avais hâte de commencer le démontage de mon moteur, je griffonnai ce dessin-ci. Et je lançai :

– Ça c’est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans.

Mais je fus bien surpris de voir s’illuminer le visage de mon jeune juge :

– C’est tout à fait comme ça que je le voulais ! Crois-tu qu’il faille beaucoup d’herbe à ce mouton ?
– Pourquoi ?
– Parce que chez moi c’est tout petit…
– Ça suffira sûrement. je t’ai donné un tout petit mouton.

Il pencha la tête vers le dessin :

– Pas si petit que ça… Tiens Il s’est endormi…

Et c’est ainsi que je fis la connaissance du petit prince.

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Extrait: « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry. Publié en 1943 à New York.

ALLEMAND ein gutes neues Jahr / prost Neujahr,
ALSACIEN e glëckliches nëies / güets nëies johr,
ANGLAIS happy new year,
ARABE aam saiid / sana saiida, BAMBARA bonne année
BASQUE urte berri on,
BERBÈRE asgwas amegas, BETI mbembe mbu,
BIÉLORUSSE Z novym hodam,
BOSNIAQUE sretna nova godina,
BRETON bloavez mat,
BULGARE chestita nova godina,
CANTONAIS kung hé fat tsoi,
CATALAN bon any nou,
CHINOIS xin nièn kuai le / xin nièn hao,
CORÉEN seh heh bok mani bat uh seyo,
CORSE pace e salute,
CRÉOLE ANTILLAIS bon lanné ,
CRÉOLE GUADELOUPÉEN bonne année,
CRÉOLE GUYANAIS bon nannen / bon lannen,
CRÉOLE HAITIEN bònn ané,
CRÉOLE MARTINIQUAIS bon lanné / bonanné
CRÉOLE MAURICIEN mo swet zot la banané,
CRÉOLE RÉUNIONNAIS bone-érèz ané
CROATE sretna nova godina,
DANOIS godt nytår, ESPAGNOLfeliz año nuevo,
ESTONIEN head uut aastat,
FINNOIS onnellista uutta vuotta,
FLAMAND gelukkig Nieuwjaar,
GALLOIS blwyddyn newydd dda,
GREC kali chronia / kali xronia eutichismenos o kainourgios chronos,
HÉBREU shana tova,
HONGROIS boldog új évet,
ISLANDAIS farsælt komandi ár,
ITALIEN felice anno nuovo, buon anno,
JAPONAIS akemashite omedetô,
KABYLE asseguèsse-ameguèsse
LANGUEDOCIEN (OCCITAN) bona annada,
LETTON laimigo Jauno gadu,
LITUANIEN laimingu Naujuju Metu,
MACÉDONIEN srekna nova godina,
MAORI kia hari te tau hou
NÉERLANDAIS gelukkig Nieuwjaar,
NORVÉGIEN godt nytt år,
OCCITAN bona annada
POLONAIS szczesliwego nowego roku,
PORTUGAIS feliz ano novo,
PROVENÇAL bòna annada / bono annado (provençal rhodanien)
ROUMAIN un an nou fericit / la multi ani,
RUSSE S novim godom,
SERBE srecna nova godina
SLOVAQUE stastlivy novy rok
SLOVÈNE srecno novo leto,
SUÉDOIS gott nytt år,
SWAHILI mwaka mzuri,
TAHITIEN ia ora te matahiti api,
TCHÈQUE štastný nový rok,
TURC yeni yiliniz kutlu olsun,
UKRAINIEN Z novym rokom,
WALLON bone annéye / bone annéye èt bone santéye.

Sur les ailes du temps: un rendez-vous placé sous le signe de la représentation animale et de la vanité

Nouvelle exposition à l’espace culturel Gingko’Art de Pontoise:

Un rendez-vous placé sous le signe de la représentation animale et de la vanité: Sur les ailes du temps, cette nouvelle exposition propose aux visiteurs de partir vers un voyage intérieur et d’entendre les voix du silence!

L’œuvre d’art délivre celui qui la crée, mais aussi ceux qui la contemplent de leurs tensions intérieures en leur permettant de les extérioriser.

Le troisième rendez-vous de la création animalière contemporaine se déroulera à partir du 10 septembre prochain et jusqu’au 10 novembre 2015. Une nouvelle exposition placée sous le signe de l’Art animalier et plus particulièrement des techniques de la photographie.

Des « exclusions » en tirages numériques réalisées par l’artiste Auréliane Chaillet-Vestur, un travail qui plonge le spectateur dans le monde de Kafka et de « La Métamorphose », aux « Jungles urbaines » proposées à partir de clichés-verre par la photographe Catherine Gugelmann, un panorama incomplet et partial de la créativité de la représentation animale dans le street art, à travers des photographies réalisées à Paris, Berlin, Marseille,Bruxelles ou New York. Alors que le contexte urbain accentue la frontière entre Nature et Culture, une faune exilée hante les murs des capitales et interroge sur la présence de l’animal dans nos vies.

L’espace culturel Gingko’Art est heureux de rendre hommage à la trentième édition du festival baroque de Pontoise et de présenter en partenariat avec nos amis de la musique une exposition sur le thème de la vanité, huit subligraphies réalisées par l’artiste Enzo Abak et présentées dans la chapelle du XIVème siècle.

Une série de peintures numériques teintée d’influences hétéroclites et baroques, des crânes scintillant de rêves ont parfois fait sombrer des équipages dans la nuit sans faire ce vain détour par la gloire et la fortune.

L’exposition se prolonge avec une œuvre symboliste réalisée par l’artiste numérique Dominique Giral, la « Rosace.» La rosace symbolise la terre ou les planètes, la terre et ses quatre éléments ( la terre, le feu, l’air et l’eau ) , les schémas de l’harmonie des saisons et des éléments, des éléments et des humeurs du corps humain.

«Acteur et spectateur»

Le visiteur contemple l’évolution des images et des sons dans un espace émotionnel.

L’œuvre d’art délivre celui qui la crée, mais aussi ceux qui la contemplent de leurs tensions intérieures en leur permettant de les extérioriser. Telle un sismographe ultra-sensible, elle enregistre les désirs et les craintes, la façon de concevoir la vie et le monde, les émotions familières, et la façon d’y vibrer propre aux hommes d’une même foi, d’une même époque, d’un même groupe social, d’une même culture. En même temps, l’art est un des rares moyens dont dispose un individu pour rendre perceptible aux autres ce qui le différencie d’eux : le monde de rêves, de tourments ou d’obsessions dont il est seul à porter le poids. De chacun, alors, il exprime ce qu’on croyait inexprimable : son secret.

Memento mori,
« Souviens-toi que tu vas mourir! »

La nature de l’amour-propre et de ce moi humain est de n’aimer que soi et de ne considérer que soi. Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu’il aime ne soit plein de défauts et de misères : il veut être grand, il se voit petit ; il veut être heureux, et il se voit misérable ; il veut être parfait, et il se voit plein d’imperfections ; il veut être l’objet de l’amour et de l’estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris.

Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu’il soit possible d’imaginer ; car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts. Il désirerait de l’anéantir, et, ne pouvant la détruire elle-même il la détruit autant qu’il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres ; c’est-à-dire qu’il met tout son soin à couvrir ses défauts et aux autres et à soi-même, et qu’il ne peut souffrir qu’on les lui fasse voir ni qu’on les voie.
C’est sans doute un mal que d’être plein de défauts ; mais c’est encore un plus grand mal que d’en être plein et de ne les vouloir pas reconnaître, puisque c’est y ajouter encore celui d’une illusion volontaire. Nous ne voulons pas que les autres nous trompent ; nous ne trouvons pas juste qu’ils veuillent être estimés de nous plus qu’ils ne méritent : il n’est donc pas juste aussi que nous les trompions et que nous voulions qu’ils nous estiment plus que nous ne méritons. »

(Pascal, Pensées)

Variation sur les vanités

« Vanité des vanités, dit le Maître, oui vanité des vanités !

Tout est dérisoire. Quel avantage l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil » Ecclésiaste « Loué soit Dieu, le Père de notre Seigneur : Jésus le Christ, car il nous a comblés des bénédictions de l’Esprit dans le monde céleste qui, toutes, sont en Christ. » L’homme le plus sage de tous les temps, Salomon, a éprouvé toutes les satisfactions de son temps sur le plan du pouvoir, de la science, des plaisirs du corps, de tout ce qu’on peut imaginer alors. Il a fait toutes les expériences possibles, tiré toutes les déductions, examiné toutes les possibilités pour conclure enfin : « Vanité des vanités ! Tout est vanité » et ce mot vanité désigne quelque chose qui n’existe pas: le néant: tout est néant ! Voilà ce qui caractérise ce qui est sous le soleil, sur cette terre sans relation avec Dieu qui est dans le ciel. « Quel profit tire l’homme de tout son labeur dont il se tourmente sous le soleil »

Auréliane CHAILLET-VESTUR

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EXCLUSION

L’artiste nous propose ici un travail plongeant dans le monde de Kafka et de
« La Métamorphose ». 

C’est en utilisant la métaphore des insectes que je souhaite parler du phénomène d’exclusion que ressentent, de par une différence quelle qu’elle soit, des personnes au sein d’une société. Au travers de paysages et de portraits hybrides, l’insecte, sans nul doute l’animal le plus exclu de notre société, qui nous inspire peur, curiosité, sentiment d’envahissement et dégout se mêle à l’humain dans une représentation fantastique très imagée. L’exclu, en marge, devient tel qu’il est perçu ; un parasite qui ne peut que se greffer à une société qui le repousse.

Afin de réaliser ce projet, j’ai choisi le genre portrait ainsi que le genre paysage comportant deux approches.

Dans un premier temps, j’ai réalisé des photographies de paysages au grand format présentés en diptyques afin de confronter deux points de vues d’usagers de la ville: celui qui en fait partie intégrante dans son quotidien et celui qui comme l’insecte se glisse dans ses interstices voyant tout sans être remarqué mais n’en faisant pas vraiment parti.

Le premier point de vue représente ce que l’ont exclu consciemment ou inconsciemment lors de nos déplacements, dans l’espace urbain, dans notre quotidien. Le principe de l’anti scheimpflug sert à mettre en exergue une seule partie de l’image (une seule ligne de netteté), afin de souligner cette exclusion visuelle. Le second, point de vue de l’insecte, de l’exclu, présent dans des interstices, perçoit tout de façon net car il ne peut se permettre d’exclure quoi que ce soit de sa vision.

J’ai réalisé dans un deuxième temps, des photo-montages entre des paysages et des éléments insectes. J’ai, pour cette approche, voulu représenter à travers des greffes dans le paysage urbain, les personnes exclues qui ne peuvent que venir se greffer à la société sans parvenir à s’y inclure totalement. Ces paysages imaginaires où quelque chose s’est glissée sont inspirés du travail de John Goto dans sa série « Hight Summer ». Ces greffes insectes perçues comme venant parasiter l’espace urbain sont également en lien avec le travail du sculpteur Tadashi Kawamata. Le paysage étonnant garde néanmoins des couleurs naturelles ce qui permet une progression dans un univers fantastique.

Dans un dernier temps, j’ai également produit des photos montages représentant des êtres hybrides et fantastiques à partir de portraits et de photographies d’insectes réalisés en studio avec un éclairage construit. Inspiré du travail de J. Bosch et de F. Kafka ces créatures sont dans des postures d’exclusion comme la honte, la souffrance, le repli sur soi même.

Ces images volontairement fantastiques pour la plupart d’entre elles résultent de ma volonté de faire passer un message face à ces exclusions autrement que par un reportage plus proche de la réalité. Ma passion des insectes a également pesé dans mon choix de ce sujet et c’est en ramenant ces « petites bêtes » à une échelle humaine que je souhaite attirer l’attention sur ceux à qui nous ne prêtons que rarement attention.

Ce travail de photographie contemporaine cherche à faire passer un message mais aussi à provoquer chez vous, contemplateurs, des émotions et des interprétations qui vous seront propres.

« L’araignée qui fait peur est écrasée, le phasme parmi ses branchages est occulté, le papillon de nuit drogué de lumière est ignoré jusqu’à sa funeste overdose, une cité de fourmis devenue gênante gazée. »

Catherine Gugelmann

catherine

Née en 1969, Catherine Gugelmann commence la photo à 16 ans.

Après des études de cinéma, elle travaille comme photographe indépendante puis, depuis 2001, avec l’Agence France Presse et l’agence Opale. Tout en privilégiant le portrait, elle développe un travail personnel présenté en expositions, mêlant numérique et argentique, autour du street art, du corps et des portraits d’animaux. »

Pour la présentation de l’exposition « Jungle urbaine » autour de la création animale:

« Jungle urbaine » présente un panorama incomplet et partial de la créativité de la représentation animale dans le street art, à travers des photographies réalisées à Paris, Berlin, Marseille,Bruxelles ou New York. Alors que le contexte urbain accentue la frontière entre Nature et Culture, une faune exilée hante les murs des capitales et interroge sur la présence de l’animal dans nos vies. Bestiaire ludique où animaux réels et imaginaires affichent leur personnalité, s’imposant, démesurés, sur toute une façade ou à déceler, minuscules, au détour d’une ruelle.

J’ai voulu donner une vision pérenne à ces silhouettes fugaces, prolonger la durée de vie de ces visions

J’ai voulu mêler numérique et argentique dans ma démarche. Avec le numérique, faire la prise de vue, nettoyer les traces et dégradations, et ajuster la réalité à mon idée. Avec l’argentique, retrouver la poésie de l’aléatoire, utiliser des plaques de verre du début du XXème siècle et leur émulsion chimique altérée comme ces surfaces de mur soumises aux diktats du temps qui passe.

J’ai voulu donner une vision pérenne à ces silhouettes fugaces, prolonger la durée de vie de ces visions colorées qui égayent la ville et sont vouées à disparaître sous les graffs d’autres artistes, les tracés intempestifs du vandalisme, les manifestations météorologiques ou sous le Torcher des services de la ville. »

Un portrait n’est pas une ressemblance. Dès lors qu’une émotion ou qu’un fait est traduit en photo, il cesse d’être un fait pour devenir une opinion. L’inexactitude n’existe pas en photographie. Toutes les photos sont exactes. Aucune d’elles n’est la vérité. »
Richard Avedon.

La photographe ne va pas seulement à la découverte d’images. Ou plutôt au cours de son exercice l’artiste découvre autre chose qui est la nature de son propre regard: d’où et comment elle regarde le monde. Apprendre à se connaître soi-même, finalement, c’est prendre connaissance de cet angle qui nous fixe dans un rapport singulier au monde.

Cette connaissance est d’un accès direct impossible. Il faut un détour pour qu’apparaissent la position subjective d’où on regarde. La photographie peut-être ce détour. De ce point de vue, une image s’origine en dehors d’elle-même, mais l’ombre de cette origine y est décelable : c’est l’ombre du regard du photographe.

«La photo n’est pas à l’extérieur du photographe, elle est en lui-même, comme la rencontre qu’il attend.»

Edouard BOUBAT

Le « Street art » est l’art, développé sous une multitude de formes, dans des endroits publiques ou dans la rue. Le terme englobe la pratique du graffiti, du graffiti au pochoir, de la projection vidéo, de la création d’affiche, du pastel sur rues et trottoirs. Le terme « street art » est habituellement utilisé pour distinguer une forme d’art d’un acte de vandalisme réalisé par un individu ou un groupe d’individus qui défendent leur territoire, qui expriment par le billet du graffiti leur appartenance à un groupe ou encore qui désirent passer un message qui n’a aucune valeur artistique.
La valeur subversive du « street art » est très puissante et les motivations qui poussent les artistes à afficher leur art dans la rue sont des plus variées. Parfois par activisme, parfois pour signifier un mécontentement face à un fait de société ou tout simplement pour passer un message percutant, le « street art » est un peu la tribune libre des artistes contemporains. Il s’agit d’un médium de communication très puissant qui vise un large public puisque facilement accessible et visible.

La rue devient un musée à ciel ouvert…
Enzo Abak

enzo

Cette série de peintures numériques est teintée d’influences hétéroclites et baroques.

Par ce biais je souhaite donner à mes vanités une liberté visuelle et symbolique plus large. J’évite de les rattacher trop explicitement à une époque ou un courant esthétique donné.

Elles oscillent entre la représentation sacralisée de la mort, la farce et l’effroi.

Pour ces variations, j’ai puisé l’inspiration non seulement dans des représentations très contemporaines de la mort, mais aussi dans des évocations plus tribales.

Invoquer les anciens esprits à travers les masques rappelle parfois l’effet de sidération produit par la diffusion continuelle d’images macabres déversées jusqu’à l’overdose par les médias actuels.»

Ces mises en scène revêtent un esthétisme souvent douteux, voire choquant.

Cette prolifération virtuelle finit par désincarner la mort dans nos cultures, mais le magnétisme qu’elle exerce reste naturellement aussi fort.

Une telle déréalisation m’apparaît comme une tentative, vaine par définition, de se soustraire à la décrépitude programmée. Le besoin de rentrer dans une transe visuelle qui ne livre aucun secret. Son pouvoir hypnotique réside dans la boulimie de représentations qu’elle exhibe.

J’expose ce télescopage visuel pour en tirer une harmonie paradoxale, comme si elle relevait d’une constante universelle, voire d’une nécessité culturelle.

Les Tableaux « Enchaînement » et « Mine d’Or » des subligraphies bienveillantes aux contours étranges de deux masques dorés qui correspondent à la fascination qui mêle les rêves de richesse et la foi en la bienveillance du sort.

Leurs regards voraces creusent l’espace et invitent le spectateur à y plonger.

J’ai voulu figer l’avidité, le vertige et la terreur, dans une seule et même expression, fondue dans un bain d’or.

Le masque « Mine d’Or » semble mâcher des dés d’or ou broyer les cailloux d’une mine.

Précieuses ou non, ces pépites indigestes étouffent son avidité boulimique et la pétrifie.

Le crâne bloque jalousement entre ses mâchoires ses rêves de pierre.

Le sourire du hasard se métamorphose finalement en rictus doré.

Le masque « Enchaînement » joue sur les deux sens du terme.

D’une part, les liens qui enchaînent, et d’autre part, le roulement implacable des cycles naturels qui poussent la vie dans l’abîme.

Sa surface est faite de maillons de chaînes inextricables soudées entre elles, épousant parfaitement sa forme.

Pris dans son propre excès, le masque devient lui-même objet de surabondance et affiche cette expression bouffonne et hallucinée propre à la suffocation.

Le Tableau « Crack » Subligraphie:

Le terme « crack » évoque une crise boursière. Plus trivialement, c’est aussi le nom donné aux champions. L’ironie veut que certains de ces champions sont régulièrement à l’origine des crises qu’ils chercheraient à nous épargner.

Cette vanité écarlate exhibe ses chiffres comme une peinture de guerre. Elle voudrait planter son étendard sur tous les écrans. Elle n’affiche ses courbes que sous leur profil le plus flatteur, comme un horizon trompeur.

Ce crâne grimé de graphiques se convertit en sinistre clown. Objet de dévotion moderne, l’économie commandant les activités humaines bat le rythme d’une ronde parfois macabre. Elle demande sacrifices et prosternation, telle une divinité insatiable.

Son ciel bleu promet un Paradis plombé, et son électrocardiogramme suit les rythmes boursiers avec frénésie.

Puis le public découvrira une série de 3 tableaux : Santa Muerte I, II et Croque La Mort.

Au Mexique, le rapport à la mort est très équivoque. Le mélange constant de sacré et de dérision, de fêtes et de fatalités mélancoliques me captivent particulièrement. L’humour et la « gourmandise macabre » ajoutent à ce cocktail une saveur particulière.

La série des Santa Muerte 1 et 2 s’inspire des crânes mexicains omniprésents dans cette culture, mais aussi d’un culte assez récent nommé Santa Muerte que l’église officielle taxe de satanique.

Ces dualités se traduisent récemment par une lutte insolite entre les cérémonies « traditionnelles » et les rituels parfois sulfureux du culte de la mort que prône Santa Muerte. Ces derniers puisent davantage leurs racines dans des adorations et des croyances religieuses pré-hispaniques et viennent bousculer les coutumes catholiques.

Le tableau Croque La Mort quant à lui, fait référence à cette coutume qui consiste à manger des têtes de mort sous forme de pâtisseries ou de friandises durant les fêtes. La métaphore évidente souligne son caractère folklorique banalisé et naïf, où enfants et adultes jouent à croquer la mort à pleines dents pour la conjurer, s’en emparer ou simplement l’accepter.

La Galaxie des Vanités
« La Galaxie des Vanités » se rattache indirectement à la série
des « Vanités Martiennes ».

Ici, les constellations formant une tête de mort sortent du chaos galactique.

C’est une allusion contemporaine à la recherche de la Terra Incognita qui supposait la traversée des océans, avec pour seul guide, la voûte étoilée.

Ces crânes scintillant de rêves ont parfois fait sombrer des équipages dans la nuit sans faire ce vain détour par la gloire et la fortune.

Réunir des astres pour courir aux désastres, ad vitam aeternam.

Tableau « Meridiani Planum II »

(Issu de la série « Les Vanités Martiennes* »)

Ce tableau fait partie d’une série intitulée « Les Vanités Martiennes ». Chaque œuvre porte le nom d’une région de la planète rouge.

Dans ce tableau, je symbolise la trace que l’homme espère laisser durant la prochaine étape de l’exploration spatiale que Mars représente.

Mais certains y avaient déjà projeté leur image narcissique en croyant distinguer à sa surface des visages humains qui ne sont en réalité qu’un chaos de roches fracassées et de cratères refroidis.

Le crâne déifié que j’ai placé au centre de l’impact, et le cycle perpétuel des autres crânes autour de lui représentent ce bel acharnement stérile à investir d’un caractère sacré la moindre pierre tombée du ciel, en oubliant que nous marchons déjà sur un caillou perdu dans l’espace qui file aussi vers sa désintégration totale.

J’aborde aussi dans cette peinture le fantasme de propager la vie à travers l’univers, dans l’hypothèse où elle n’aurait pas eu « l’intelligence » de se développer ailleurs que sur la Terre. Le désir impatient de se substituer à Dieu, et de tenter le Diable, avec l’infini pour limite.

Les contours arbitraires des constellations balisaient autrefois le chemin des explorateurs. Le désir d’expansion de l’humanité se tourne aujourd’hui vers Mars en priant pour y trouver d’anciennes traces de vie, qu’on appelle encore autrement : la mort.

Repousser inlassablement les frontières, c’est aussi s’exposer à une fin prématurée. C’est l’évasion, invariablement avortée, d’une prison dont les murs reculent toujours plus loin.

L’homme plante des drapeaux, imprime sa marque, dresse des temples et sculpte les montagnes. Il creuse des chemins qui ont parfois l’allure d’impasses ou la forme de tremplins qui se jettent dans un vide infini. Quels que soient l’élan et la vitesse, la nuit insondable le ramène à sa condition dérisoire.

J’utilise comme point de départ de ces créations des photos de Mars prises par HiRISE (télescope embarqué à bord de la sonde spatiale Mars Reconnaissance Orbiter) pour cartographier sa surface afin de préparer l’envoi de futures colonies humaines.

Dominique Giral

dominique

La «Rosace», un monde en état de rotation, le projet d’une installation interactive sur le mur de la chapelle du couvent des cordeliers, une architecture gothique pour recevoir le spectacle conçu par l’artiste numérique local.

Avec un ciel ou des astres toujours en mouvement, la rosace se colore selon les saisons et les planètes .

Chacun vit au rythme du temps. Le cycle des saisons s’enchaine inexorablement et nous rappelle le pouvoir et la beauté de la nature.

Dans le monde en rotation, l’homme acteur ou spectateur tente de nous en donner une représentation , en allant même au delà de son univers.

Le temps ne s’arrête pas, mais le visiteur, par son mouvement, peut influencer momentanément son déroulement:

  • La rosace ou le monde vont tourner, dans le bon sens ou à l’envers ?
  • Les vitraux, modulées en transparence ou en couleurs, filtrent le ciel à l’intérieur de la rosace ( une vision différente ou sélective du monde?) .
  • Des sons in-harmoniques de cloches l’interpellent alors que des sons harmoniques de chœur monastique l’incite à la méditation.
  • La pluie ou les astres modifient leurs trajectoires

Toutes les formes de rosaces réalisées dans nos églises et cathédrales ne sont pas des virtuosités uniquement architecturales et esthétiques, mais elles sont des schémas de la conception du Monde. Ces rosaces peuvent être comprises comme étant les représentations de rituels soit quotidiens, saisonniers, cosmiques ou liturgiques.

«Nous voulons intéresser le spectateur, le sortir des inhibitions, le décontracter
Nous voulons le faire participer.
Nous voulons le placer dans une situation qu’il déclenche et qu’il transforme par sa seule présence.
Nous voulons qu’il s’oriente vers une interaction avec d’autres spectateurs.
Enfin, nous souhaitons développer chez le spectateur une forte capacité de perception et d’action.»

Vingt ans auront suffi pour que l’ordinateur, artefact technologique principal de la fin du XXe siècle, investisse de manière durable le champ artistique et qu’une forme d’art prenne corps et s’affirme. Paru en anglais à Londres en 2003, cet ouvrage fait suite aux propos engagés par Michael Rush (Les nouveaux Médias dans l’art, trad. de l’anglais par Chr.-M. Diebold, Paris, Thames & Hudson, coll. L’univers de l’art, 2003), publié par le même éditeur à un an d’intervalle. L’auteure de L’art numérique esquisse un premier bilan de deux décennies – fastes au plan du développement technologique du médium numérique – et propose des pistes d’avenir.

Prenant soin d’éviter l’utilisation du qualificatif nouveau au risque d’ajouter au caractère éphémère de la dénomination qui est passée de « l’art à l’ordinateur » ou de « l’art informatique » des années 70 à celle d’« art multimédia » pour devenir aujourd’hui « art numérique », cette conservatrice – adjointe au département d’art des nouveaux médias du Whitney Museum à New York – rappelle d’entrée que la véritable nouveauté réside dans le degré de développement « auquel la technologie est parvenue [et que ce progrès technologique ouvre] des perspectives radicalement nouvelles à la création et à 7). Qu’on ne se trompe pas, » (p. l’expérience de l’art il ne s’agit pas pour Christiane Paul de plonger dans les racines de l’art technologique ou de l’art conceptuel pour justifier de l’articité des expériences relatées dans son ouvrage.

Bien au contraire, elle prend soin de rappeler les moments forts qui ont balisé l’introduction de la technologie dans l’art et replace le développement technique dans un contexte fertile qui amène certains artistes pionniers de la réflexion (Marcel Duchamp, László Moholy-Nagy, Man Ray et Raymond Queneau ainsi que les artistes de Fluxus, puis John Cage et Nam June Paik) tout comme certains parmi leurs dignes héritiers actuels à croiser potentialités et promesses technologiques avec leurs interrogations esthétiques.

Du concept visionnaire de Memex imaginé par Vannevar Bush, qui fait figure d’ancêtre de l’hypertexte, à la cybernétique de Norbert Wiener, de l’invention de l’hypertexte par Theodor Nelson que l’on côtoie au quotidien dans le réseau internet, toutes les inventions sont accompagnées du regard et de l’expérimentation d’artistes soucieux de remettre en cause l’unicité et la matérialité de l’art et curieux au point d’user des dispositifs techniques pour explorer, à travers la création artistique, des concepts aussi divers que l’aléatoire .

« Pour Malraux, l’art est, en soi, une médiation immédiate. Cette conception résonne avec celle de Kant pour qui l’art est une finalité sans fin opérant sans la médiation du concept. L’idéologie de l’art de Malraux est bien un point de vue de la médiation, mais d’une médiation qui n’aurait pas besoin de médiateur ni de technique propédeutique, ni même de sensibilisation. La rencontre avec l’art est dans la politique de Malraux le moyen de l’acculturation. »