Grand succès pour Monsieur Serge Jacques, Photographe

Portrait croisé d’un homme passionné par son métier, à mi-parcours de l’exposition, « Le Jazz dans tous ses états », aucune fausse note et le public en redemande !

À la libération, un jeune homme prénommé Serge quitte la Haute-Savoie, où il a contribué à chasser les occupants…Il prend la direction de la capitale, il est âgé alors de 18 ans. Curieux, enthousiaste, avide de connaissances, de sensations, d’émotions…
Il veut être là où il se passe quelque chose, où la vie bouillonne. La littérature, le cinéma, le théâtre, la musique le passionnent. Il veut être au plus près de ces créateurs.
Le Hasard d’une rencontre, celle du photographe de mode Max Ottoni, décide de son destin : il devient son assistant et apprend auprès de lui les fondamentaux du métier.

Armé de son premier appareil, un Rolleiflex, Serge commence alors à capturer des images des célébrités qu’il côtoie à Saint-Germain-des-Prés (Juliette Gréco, Raymond Queneau, Jean Cocteau et Boris Vian). Bientôt s’offrira à lui l’opportunité d’accéder à la réussite sociale, puis à la célébrité, en axant son nouveau métier vers la photo de nu.

Ce que l’on sait moins, c’est la passion que Serge n’a cessé de porter au jazz, depuis qu’il l’a découvert au lendemain de la guerre, bénéficiant en cela de l’érudition encyclopédique de son ami André Francis (lequel allait devenir le « pape » du jazz à Radio-France). Grand fan de Django Reinhardt, Serge aura même le privilège d’avoir le propre frère de Django, Joseph, comme professeur de guitare. Serge Jacques est partout où vit le jazz à Paris. Il fréquente assidument les musiciens, tant autochtones qu’Américains de passage… et ceux-ci sont légions !
Il semble que la Ville Lumière soit devenue pour eux une étape obligée. Célèbres ou obscurs, noirs ou blancs, de toutes générations, pratiquants de tous styles, y affluent.
Le photographe les saisit sur scène, en coulisses, où encore au cours de jam sessions impromptues.

Un panthéon  Jazziste extraordinaire… Satchmo, Fatha, Swing, Boppers et Cool.

Quelle galerie mythique…il y a là les représentants du jazz des origines à la Nouvelle-Orléans, à commencer par le « père fondateur », Louis « Satchmo » Armstrong, en compagnie de son pianiste Earl  « Fatha » Hines, Sidney Bechet, flanqué de deux de ses émules locales, Claude Luter et Pierre Braslawski, « l’inventeur du saxophone ténor », Coleman Hawkins, les grands chefs d’orchestre de l’ère « Swing », Duke Ellington (avec son inséparable Johnny Hodges), Benny Goodman, Lionel Hampton et les principaux solistes de ce style : Lester Young, Don Byas, Illinois Jacquet, Buck Clayton, Roy Eldridge…Et enfin les « Boppers » avec Gillespie et ses acolytes James Moody et Percy Heat ; sans oublier le prince « cool » Miles Davis.

« Cette période bénie remonte à – disons « quelques années » – mais Serge en parle toujours avec le même éclat juvénile dans le regard… Zut, il va m’engueuler, car j’ai transgressé ses instructions formelles : « Parlez des musiciens ; ne parlez pas de moi ! ».

Son Ami de toujours, Joël Dufour.

Exposition Serge Jacques, « Le Jazz dans tous ses États », espace Gingko’Art,
2, Place de l’Hôtel de Ville, 95300 Pontoise
ouvert du mardi au samedi de 15 heures à 19 heures

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